8, Place du Parlement 33000 Bordeaux France Tel : 05.56.48.03.87 Fax : 05.56.48.16.83.

ouvert du mardi au samedi de 10h00 à 20h00 et le lundi de 14h00 à 19h00.

Tramway : Bourse (C), Palais (A). Stationnement : Bourse, Camille-Jullian.

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PROGRAMME DES RENCONTRES JUILLET-DECEMBRE 2004

 


Jeudi 1er juillet à 18h

Esther Mujawayo

Pour son livre "Survivantes : Rwanda, dix ans après le génocide" publié aux éditons de l'Aube.

Sociologue, mère de trois filles, Tutsi, Esther Mujawayo a échappé à la tuerie, alors que sa famille et son mari ont été massacrés. Elle raconte son parcours de sa naissance dans un village Tutsi à sa vie actuelle en Allemagne.

La rencontre est organisée par l'association Cauri et sera animée par Pascal Bianchini.


Vendredi 2 juillet à 19h

Jacques Ballarin

Autour de son livre "Le Ballarin, guide des restaurants de Bordeaux à Bilbao" (éditions Sud-Ouest).

Chroniqueur gastronomique à Sud-Ouest, auteur de plusieurs livres, Jacques Ballarin quadrille ici un territoire entre deux métropoles en pleine mutation où les cultures et les traditions culinaires se mêlent et se métissent.

Rencontre dégustative et apéritive avec la participation complice de Philippe Téchoueyre et Carlos Loureda.


Samedi 18 septembre à 17h

Charles Melman

Autour de son ouvrage "L'homme sans gravité, jouir à tout prix", entretiens avec Jean-Pierre Lebrun, publié aux éditions Denoël.

Charles Melman, fondateur de l'Association Freudienne Internationale, devenue depuis peu l'Association Lacanienne Internationale, est né en 1931, à Paris. Psychanalyste, de formation médicale, assistant à Sainte-Anne puis médecin des Hôpitaux psychiatriques, il fut directeur de l'enseignement de l'École freudienne de Paris et responsable de sa revue, Scilicet. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages dont : "Nouvelles études sur l'hystérie" (Denoël, 1986), "La nature du symptôme" (Association Freudienne, 1994), "Questions de clinique psychanalytique" (Association Freudienne, 1997), ainsi que de nombreux travaux et articles.

"Rejet du "réel" au profit du "virtuel", banalisation de la violence, perte de légitimité des figures de l'autorité, montée des diverses toxicomanies, attitudes inédites face à la procréation comme face à la mort, nouvelles formes de libertinage, difficultés d'une jeunesse sans perspectives, multiplication spectaculaire des états dépressifs... la liste est longue des changements récents qui témoignent d'une évolution radicale des comportements des individus et de la vie en société. Et qui provoquent une véritable crise des repères suscitant le désarroi des humains, à commencer par ceux qui font profession d'éduquer, de soigner ou de gouverner leurs semblables. C'est à une véritable mutation à la fois de la subjectivité et de l'existence collective que nous assistons aujourd'hui, où l'on voit apparaître ce que l'on peut déjà appeler, avec Charles Melman, "la nouvelle économie psychique". Son moteur n'est plus le désir mais la jouissance. L'homme du début du XXIe siècle est sans boussole, sans lest, affranchi du refoulement, moins citoyen que consommateur, un "homme sans gravité", produit d'une société libérale aujourd'hui triomphante, qui semble n'avoir plus le choix : il est en quelque sorte sommé de jouir."

La rencontre est organisée par l'association Trait et sera animée par Michel Demangeat et Serge Bedère.


Jeudi 30 septembre à 18h30

Franck Lafossas

Pour son ouvrage : "Oratorio pour Oradour" publié aux Dossiers d'Aquitaine.

Originaire du Limousin, Franck Lafossas a déjà publié "Les fantômes de Pompéi" (2001).

L'ouvrage est suivi d'un dessin et d'un poème illustré de Lucette Morliéras.

"Enfant, dans les années 50 alors que j'habitais Limoges, mes parents m'ont souvent fait visiter les ruines d'Oradour proche, où l'on sentait encore la fumée âcre qui noircissait les pierres chancelantes sur lesquelles était affiché "ni haine ni oubli". Ces mots me hantaient... je voulais venger les enfants... ma mère expliquait que la haine menait à la guerre... "Oratorio pour Oradour" est un récit historique fidèle, décrivant la montée vers la Normandie de la division SS das Reich, la vie au village avant son arrivée, le massacre. Je l'ai conçu de façon méthodique et précise, sur la base des témoignages... et des dépositions au procès de Bordeaux. Mais "Oratorio pour Oradour" est un ouvrage poétique, écrit en vers régulier classique ; la pensée du lecteur n'est plus prisonnière d'une prose, elle s'évade par l'imaginaire ainsi créé." (F.L.)

"Cet Oratorio retrace de façon poignante le destin dramatique des six cent quarante-deux victimes du nazisme, massacrées à Oradour-sur-Glane le 10 juin 1944. C'est aussi l'occasion d'un retour sur les enjeux judiciaires et humains de cette période. Que l'on me permette à cette occasion de rappeler que notre département, la Gironde connut lui aussi son triste lot de martyrs, puisque plus de 400 militants syndicalistes, communistes, socialistes, juifs furent fusillés par les nazis au camp de Souge à Martignas, sans oublier les juifs déportés alors que Papon était secrétaire Général de la Préfecture de Gironde. Mais ceci est une autre histoire. Encore que…" (D.B.)

La rencontre est organisée par Espaces Marx et sera animée par Dominique Belougne.


Lundi 4 octobre à 18h30

Éditions Teraèdre

Présentation de la collection : "Tains sociaux" et des ouvrages : "Anthropo-logiques d'un travailleur social", "Séductions et écueils du travail social", "Un éducateur dans les murs" et "Adomamans".

"Nous ne vivons pas seuls, (sur)vivent à nos côtés des personnes "autres", handicapées, malades, inadaptées, âgées, étrangères, etc. Car c'est rarement l'individu qui, par choix, s'isole, mais bien nos organisations et fonctionnements sociaux de pays riches, qui, de plus en plus, l'isolent. La promotion libérale de l'individu, que justifierait la primauté de la liberté de chacun, pénalise ceux d'entre nous qui, pour diverses raisons, ont un accès faible ou inexistant aux progrès, notamment à ceux dominés par les techniques et les lois du marché.

Qui sont-ils donc, ces sujets relégués à la périphérie ? Quels espaces occupent-ils ou leur concède-t-on ? Historiquement, les sociétés ont opéré, à leur endroit, trois types de choix politiques : la suppression (de l’euthanasie à l'invisibilisation, en passant par l'eugénisme), la prévention (les manières de prendre soin, d’accompagner, de former), la répression (les diverses formes de contrôle social). Les politiques sociales contemporaines, françaises notamment, jamais anodines, doivent être repensées, à l’heure où prolifèrent, dans un silence assourdissant, d’inquiétantes dérives qui accentuent les formes floues du travail social. Qui sont les travailleurs sociaux d'aujourd'hui ? À quoi participent-ils ? Quel rôle social ont-ils ? (ou leur assigne-t-on ?)

Cette collection ouverte à tous les publics souhaite répondre à ces questions, car la réalité vécue des problématiques sociales reste, pour la grande majorité d'entre nous, une terre quasi inconnue, un continent immergé, une face cachée du monde. Notre but est l'exploration de ces territoires - loin du mythe de la transparence, des miroirs sans tain - de les analyser pour ce qu'ils sont : des révélateurs, des tains sociaux, un miroir de nous-mêmes et de la société."

La rencontre réunira Jean Ferreux (éditeur), Thierry Goguel d'Allondans, Pierre Le Roy (directeurs de collection), Nelly Carpentier et Jean-François Gomez.


Samedi 9 octobre à 16h30

Jean-Philippe Ibos

Pour sa pièce : "Mobylette", publiée aux éditions Script.

Jean-Philippe Ibos a déjà publié : "Des Gens : fait divers hors saison" (L'Esprit du temps, 1993), "Le chieur de poivre" (Script, 1995), "Les yeux si clairs de Bonny et Clyde" (Script, 1997), "Des jours meilheurs, bientôt" (N'a qu'un œil, 1998).

"Théâtre (le). - Est tout à fait inutile : passé de mode. Voilà une définition que Flaubert aurait pu proposer dans son Dictionnaire des idées reçues. Jean-Philippe Ibos a lui aussi le goût du lieu commun. Il en fait collection pour y cultiver une ironie bonhomme, d'autant plus dévastatrice qu'elle s'insinue par le sourire. C'est sa manière de faire pièce à la tyrannie du bon sens. Il y réussit à merveille dans cette fable tendre et caustique qui met en scène un père mécanicien et son dramaturge de fils.

Les deux protagonistes font d'une mobylette le prétexte à un démontage en règle des idées reçues sur le théâtre et la mécanique. À travers ce joyeux désossage de l'objet de leur conversation, ils s'instruisent mutuellement sur les ressorts de la transmission. Là où justement ni la mode ni l'utile n'ont voix au chapitre.

N'est-ce pas le lieu même du théâtre ? Du moins quand le théâtre fait objection aux bons sentiments et qu'il prend à rebours l'autorité de la tradition. Ainsi orientée à contre-pente, l'invention poétique en vient à sauver la part vivante de la filiation. Avec Mobylette, Jean-Philippe Ibos nous offre une belle démonstration. Sobrement émouvante et malicieusement instructive."

(Jean-Paul Rathier)

Autour de l'auteur et metteur en scène, les comédiens : Marc Depond, Hubert Chaperon et Edith Gambier, avec Jean-Paul Rathier (éditions Script).

Le spectacle "Mobylette" sera repris au Glob, 69 rue Joséphine à Bordeaux du 19 au 23 octobre à 20h30.

 


Mardi 12 octobre à 18h30

Collectif Asais

Rencontre autour de l'ouvrage "La mémoire buissonnière, Chroniques intimes de l'école" publié par les éditions confluences

"Les auteurs, cinq hommes et femmes d'âges et de cultures différentes, ont travaillé ensemble pendant six mois pour réaliser cet ouvrage. Deux d'entre eux sont des professionnels de l'écriture, les trois autres, enquêtrices rédactrices, effectuent un Contrat Emploi et Solidarité. C'est l'autre originalité de ce livre, qui montre que les clercs n'ont pas le monopole de l'écriture.

Que nous reste-t-il du temps de l’école ? Des souvenirs, des images, des regrets parfois. Les auteurs de cette Mémoire buissonnière sont allés à la rencontre de quarante anciens élèves, des années 1950 à 1990, pour qu’ils témoignent de cette période de leur histoire. Les professeurs, les copains, la classe et la cour de récréation, les angoisses et les joies, le tableau noir et la feuille blanche, les cours et les cris, le bic et le bac, c’est tout l’imaginaire et la mémoire de l’enfance qui remontent entre ces pages. Du premier de la classe au cancre, du primaire au lycée, tous ces potaches devenus adultes nous montrent, d’anecdotes en réflexions, qu’il n’y a sans doute pas une école mais bien des écoliers, tous différents.

Touchants, drôles, simples, complexes, graves ou futiles, leurs témoignages nous renvoient en tout cas à ce patrimoine collectif que sont nos premières années de formation."

"Le collectif Asais (Association d’aide à l’insertion sociale) poursuit avec cet ouvrage une collection sur les questions émergentes dans nos sociétés contemporaines en donnant la parole, sous forme d’entretiens, aux principaux acteurs de ces transformations.

Ces livres tenteront de témoigner, au plus près de la parole des citoyens, des mutations de notre culture."

La rencontre réunira, autour du collectif d'auteurs, Brigitte Comard (présidente d'Asais), Martine Faure (vice-présidente du Conseil Général de la Gironde), Jean Broustra (écrivain) et Éric Bonneau (enseignant).


Jeudi 14 octobre à 19h

Lecture : Chi Li

Lecture par le comédien Alain Chaniot (Compagnie du Si) et présentation de Chi Li par son traducteur Shao Baoqing (Université Michel de Montaigne - Bordeaux III)

"Trouée dans les nuages", de Chi Li, roman traduit du chinois par Isabelle Rabut et Shao Baoqing (éditions Actes Sud, 2001).

"En dépit de l'image idyllique qu'ils offrent au monde extérieur, le temps est venu pour Jin Xiang et son épouse Zeng Shanmei de se déchirer...

L'enfer c'est le couple... Ce drame domestique atteint des sommets de lucidité et témoigne à la fois du statut subalterne des femmes dans la société chinoise, de l'arrogance masculine incarnée par Jian Xiang et de l'insoumission et de la finesse d'esprit d'une femme assoiffée de justice."

Rencontre organisée dans le cadre de la manifestation "Lettres du Monde" du 8 au 18 octobre.


Vendredi 15 octobre à 20h

Performance : Richard Martel

Lecture performance de Richard Martel, avant parution du livre "Gymnastiques d'étendues"

Né en 1950, Richard Martel vit et travaille à Québec. Artiste multidisciplinaire, théoricien activiste, performeur, professeur d'art actuel à l'université de Québec, il est également l'un des fondateurs du centre d'art actuel Le Lieu (à Québec) et des éditions Interventions dont est issue la revue Inter. Il organise depuis plusieurs années les rencontres internationales d'art performance.

Ce texte dédié à sa mère, Laure Alice Fortin, fut écrit au rythme de trois pages par jour, à partir du 2 août 1998, pendant trente jours, pour honorer son quatre-vingtième anniversaire.

Rencontre organisée par le Bleu du ciel, dans le cadre de "Lire en fête".


Mercredi 20 octobre à 18h30

Jean-Marie Harribey

Autour de l'ouvrage publié sous sa direction par Attac : "Le développement a-t-il un avenir ? Pour une économie économe et solidaire" aux éditions Mille et une nuits.

Jean-Michel Harribey est Maître de conférences d'économie à l'université Montesquieu -Bordeaux IV.

Il a déjà publié : "Le développement soutenable" (Economica, 1998), "L'Économie économe" (L'Harmattan, 1998), "Capital contre nature" (PUF, 2003), "La démence sénile du capital : fragments d'économie critique" (réédition Le Passant, 2004).

"À la croisée des cheminements critiques qui défrichent les territoires mondiaux du néolibéralisme - OMC, institutions financières internationales, paradis fiscaux, G8, privatisations, etc. - se pose une question primordiale, mais complexe et controversée : celle du développement.

Depuis plus de cinquante ans, aussi bien à l'Ouest qu'à l'Est, un type de production et de consommation gaspilleur a été présenté comme la voie unique à emprunter par tous les peuples pour accéder au bien-être social.

Or non seulement ce modèle a engendré dans bien des cas des effets pervers d'appauvrissement et d'inégalité, mais tout démontre qu'il n'est absolument pas généralisable, compte tenu des contraintes environnementales : il est à proprement parler insoutenable.

Alors, quelle conception du développement pour demain ? Convient-il de le déconnecter de l'idée de croissance économique ? Et, si oui, comment ? L'enjeu est considérable: il s'agit, ni plus ni moins, de s'interroger sur nos modes de vie individuels et collectifs, sur la manière dont fonctionnent nos sociétés, et sur l'avenir de la planète.

Dans cet ouvrage, produit d'une réflexion menée au sein de son Conseil scientifique, Attac ouvre un débat qui ne peut plus être éludé."

La rencontre sera animée par Jacques Toiser.


Du jeudi 21 au samedi 23 octobre

Les fils de la critique

Troisièmes journées de la pensée critique organisées par Discordances et Espaces Marx.

"Ne pas se résigner, c'est d'abord tâcher de retrouver une certaine posture intellectuelle : celle de la pensée critique et, pour cela, de chercher à renouer les fils rompus au cours des années 70 par le redéploiement du capitalisme. Il ne s'agit nullement d'évoquer avec nostalgie un passé devenu mythique, mais plutôt de se mettre à l'écoute de ce qui aujourd'hui est devenu inaudible, poussant par là même à repenser, au-delà de ce que d'aucuns voudraient occulter, l'héritage que nous voulons nôtre. Nulle volonté de sacralisation ici, mais simplement le désir de penser collectivement un avenir à partir d'un regard éclairé sur son passé. Bref, il ne s'agit que de renouer les fils de la critique pour (re)devenir des fils rebelles à l'ordre social établi."

Jeudi 21 octobre 20h15

Soirée d'ouverture au cinéma Jean Vigo : "Le Gai savoir" de Jean-Luc Godard, débat.

Vendredi 22 octobre 17h30 : Deux parcours critiques

Benjamin Stora et Daniel Bensaïd autour de leurs ouvrages respectifs : "La dernière génération d’Octobre" (Stock, 2003) et "Une lente impatience" (Stock, 2004).

Samedi 23 Octobre à partir de 15h : La révolution repensée

15h-17h : La critique à la fin des années 50

Hélène Harnold et Daniel Blanchard : l'apport de Socialisme ou Barbarie.

Anselm Jappe ("L'avant-garde inacceptable", Lignes, 2004) : la figure de Guy Debord

17h30-19h30 : Et aujourd'hui ?

Avec Henri Vaugrand, Fabien Ollier, Anselm Jappe et Michel Vanni

À partir de 19h30  : Poursuite du débat, apéritif, repas de clôture.


Vendredi 22 octobre à 20h

Revues d'art et de littérature

Leur place dans le paysage artistique et littéraire actuel.

Avec les revues et revuistes suivants (entre autres) :

Fin : revue éditée par Pierre Brullé, directeur de Galerie et dirigée par Jean Daive. " éditer c’est donner à lire, et dans le cas d’une revue comme Fin lire des mots et des images… "( Pierre Brullé). " Fin est une revue. Composée. (…). Composée par un poète, Jean Daive. Chaque intervention d’un plasticien, d’un poète, d’un analyste, d’un philosophe, le tout est d’un poète. Une traduction."( Marie-Louise Chapelle).

Hiems : Revue de littérature et d’art dirigée par Pierre Parlant.

On : Revue d’art et littérature fondée en 2000, dirigée et éditée par le collectif d’artistes et d’écrivains Mix.

Rencontre en présence de Jean Daive, Claire Malrieux, Pierre Parlant, Alex Pou, Fabien Vallos, animée par Marie-Laure Picot, organisée dans le cadre du Festival Ritournelles.


Mercredi 27 octobre à 18h30

Alain Veinstein

Pour la parution de son roman : "La Partition" aux éditions Grasset.

Alain Veinstein a commencé par publier des poèmes. Il a reçu le prix Mallarmé pour son dernier recueil "Tout se passe comme si" (Mercure de France, 2002), et le grand Prix de poésie de l'Académie française, en 2003, pour l'ensemble de son œuvre.

Alain Veinstein a créé en 1978 les Nuits Magnétiques de France Culture, où il présente, depuis 1985, Du jour au lendemain, et produit Surpris par la nuit. Il dirige les éditions Melville.

"J'ai longtemps été hanté par un cauchemar de séparation. Je quittais mon pays pour un autre monde, totalement inconnu, dont j'ignorais jusqu'à la langue. C'était le départ. J'étais sur le bateau et adressais des signes aux "miens", ceux que j'aimais et que je venais d'abandonner pour toujours, de minuscules figures à présent, que je voyais s'agiter, se déchirer plutôt, de plus en plus petites, sur le quai qui s'éloignait...

Si j'arrivais à expulser ces mots, j'atteindrais probablement l'autre rive où respirer, j'en étais sûr, serait plus facile. Je pourrais peut-être enfin parler, articuler les mots qu'il faut, ne plus dériver loin de mon histoire. Mais ils sont toujours là les mots de la séparation. Ils ont grandi en même temps que moi, en travers de ma gorge. Le fuyard a dû faire face aux vents contraires et, à un moment, changer de cap. C'est là qu'il s'est heurté à une nouvelle venue : la non-reconnaissance.

Mon livre est né de ce heurt. Franchissant un pas de plus au-delà de la séparation, j'imaginais des êtres que tout rapprochait, liés par un même lien de sang, mais qui ne se reconnaissaient pas, qui auraient été bien en peine de mettre un nom sur leurs visages. Ils coexistaient sans se voir.

La Partition tente de s'approcher de cette cécité, qui n'est sans doute qu'une radicale impossibilité de se parler. Le cœur n'y est pas. Le sang ne circule plus. Chacun s'absente dans l'étranger.

Il est probable que cette violence culmine lorsqu'on constate qu'un proche parmi les plus proches "perd la tête", comme on dit, et ne vous reconnaît plus...

Mais je me suis demandé si l'accidentel n'était pas en train de faire tache d'huile. Les uns et les autres, nous ne nous reconnaîtrions plus. Nous nous installerions dans la cacophonie du désaccord. La partition (comme séparation) nous tiendrait lieu de musique. Les personnages du livre, eux (ces deux hommes qui vont improviser au piano et au violon, à la fin, et se reconnaître sans s'adresser la parole), veulent à tout prix retrouver la musique perdue de l'amour."

La rencontre sera animée par Maïalen Lafite.


Mercredi 3 novembre à 18h30

Barros, Urbs et Gasset

Autour du journal "Nouvelles Vagues".

Il manquait à Bordeaux et à la Gironde un journal d'information différent. C'est chose faite depuis l'automne 2000 avec Nouvelles vagues, bimestriel papier d'informations différentes, incisives, associatives, humoristiques et sans aucun publi-rédactionnel ! L'actualité locale, régionale, nationale et même planétaire y est traitée en toute liberté et sous un angle résolument satirique.

Quelle existence et quelle pérennité pour un titre comme Nouvelles vagues dans le paysage éditorial bordelais ? Comment un journal satirique et indépendant peut-il y garder sa place et augmenter sa visibilité ? Et pour quel contenu, pour quel lectorat, avec quelle diffusion et quels moyens ?

Les dessinateurs dédicaceront le dernier supplément du journal "À Dieu Juppé", le débat sera animé par les membres de la rédaction.


Jeudi 4 novembre à 18h30

Patrice Clarac

Autour de son livre : "Gens de mer, gens de rivière en Gironde au XXe siècle", publié aux éditions L'Harmattan en coédition avec l'Oareil.

Ethnologue, Patrice Clarac incarne depuis quinze ans le programme de mémoire collective de l'Oareil. Il y a déjà publié plusieurs recueils où il met en œuvre ces opérations de collecte et de recherche dans le droit fil des méthodes développées par l'anthropologie culturelle. Il prépare un "Algérie Blanquefort, une histoire de mémoire" aux éditions Castor Astral.

"Gens de mer, gens de rivière en Gironde au vingtième siècle nous conte des vies tout entières vouées au fleuve Garonne devenant Gironde. Il nous parle de ce qu'il a partagé avec ces femmes, ces hommes qui l'ont côtoyé quotidiennement s'en servant pour commercer, se nourrir, s'amuser, découvrir tout en le servant lorsqu'ils structuraient ses berges, draguaient son lit… Lamaneurs, capitaines, femmes de marins, gardiens de phares, pêcheurs professionnels ou de fortune, riverains, dockers, plaisanciers, pilotes et bien d'autres encore... Tous ont aimé le fleuve, tous l'ont fréquenté si souvent… Le cours d'eau aujourd'hui paisible se charge lentement de remorqueurs, de grues flottantes, d'impressionnantes dragues à godets, les mangeuses d'hommes, de pilotes accompagnant jusqu'au port de somptueux transatlantiques... Les quais débordent de marchandises, partout des hommes s'interpellent, se saluent, des jeunes gens viennent voir sur les quais et les berges bruyants et enfumés ce qu'ils seront demain ! Les plus âgés se rappellent ces relations que les hommes ont entretenues avec le fleuve, le dévoilant dans ces fragments de culture extraits de leur mémoire comme un minerai. Cette parole devient ici un authentique bien patrimonial."

La rencontre est organisée en collaboration avec l'association "Océan" et sera animée par Danielle Guidon et Didier Coquillas. Elle sera suivie d'une lecture des récits de l'ouvrage.

La Boite à jouer présente, du 29 octobre au 6 novembre, des lectures publiques itinérantes à partir du travail de Patrice Clarac.


Samedi 6 novembre à 15h30

Gérard Pommier

Rencontre autour de son livre "Comment les neurosciences démontrent la psychanalyse", publié aux éditions Flammarion.

Psychiatre, psychanalyste, maître de conférences à l’université de Nantes, Gérard Pommier est notamment l’auteur de : "Qu’est-ce que le Réel?" (Erès, 2004), "Les Corps angéliques de la postmodernité" (Calmann-Lévy, 2000) et "Naissance et renaissance de l’écriture" (PUF, 1993).

"Les recherches sur le cerveau ont tant progressé ces dernières années que la conception de l’homme en est bouleversée : le corps ne serait plus qu’une "machine" dont il suffirait de réparer les rouages en cas d'avarie ; les sentiments comme l'amour, le désir, des créations comme la poésie, ne seraient plus qu'une question d'hormones et de connexions nerveuses ; quant à l'activité psychique, les rêves, l'inconscient, les symptômes, de bons médicaments les disciplineraient. Eternel débat du corps et de l'esprit que les neuroscientifiques invitent les psychanalystes à remettre sur le métier. A tel point qu'une question se pose avec de plus en plus d'insistance : peut-il y avoir deux approches différentes, voire contradictoires, d'un même phénomène ?

Ce livre fait justice de cette opposition infondée, qui doit surtout sa force à une méconnaissance des processus cérébraux et de la vie psychique. Il ne viendrait pas à l’idée d’un psychanalyste de nier l'importance des processus organiques : comment la puissance psychique se dispenserait-elle des potentialités du corps? Dès ses débuts, la psychanalyse a subverti cette opposition grâce à l'une de ses découvertes majeures : celle de la pulsion, qui anime le psychique en même temps qu'elle intègre le somatique, et dialectise au point de l'invalider toute opposition entre le mental et le cérébral.

Mais il y a plus sensationnel encore, car nombre de découvertes de la neurophysiologie apportent de l'eau au moulin de Freud. En mesurant l’apport des neurosciences à la psychanalyse, on commence à avoir une idée plus précise de ce qu'est un "sujet" mais aussi de ce corps dont nous sommes si conflictuellement les curieux locataires."

La rencontre sera animée par Isabelle Morin.


Mercredi 10 novembre à 18h30

Gérard Thouraille

Autour de son livre "Relaxation et présence humaine, autour d'une expérience intime", publié aux éditions l'Harmattan.

"Nous pensons et fonctionnons largement à partir d'idées reçues et de schémas mentaux traditionnels. Ce texte se veut d'abord une mise en question. En lien avec une expérience de relaxation psychothérapique vécue par l'auteur, il s'agit de revisiter un certain nombre de concepts usités : par exemple ceux de corps, de realité ou de vérité. Puis les notions centrales de conscience et d'inconscient sont envisagées dans une perspective unitaire et sous un éclairage phénoménologique existentiel. Peu à peu se dégage une conception du sujet humain comme lieu intense où se rassemblent un existant, confronté à l'être et au temps, et une psyché individuelle. Toujours inséré dans la situation vécue, cet essai propose une approche incarnée du sens et du langage. Il tient parfois du récit intime et se termine sur une vision de l'acte poétique comme ouverture foncière à la présence humaine."

La rencontre sera animée par Jean Broustra et Jean Marvaud.


Samedi 13 novembre à 17h

Marie Borin

Pour la parution de son roman : "Garde à vue", aux éditions L'Âge d'Homme.

"Persuadée de se rendre à une convocation faisant suite à une demande de changement de nom, Aurélie Neveu se retrouve inculpée d'"atteinte à la sûreté de l’État" et mise en garde à vue.

Il lui faudra du temps pour comprendre qu'en fait, elle subit des représailles de deux thérapeutes venant de faire l'objet d'une condamnation du Conseil de l'Ordre des Médecins.

A contrario, ses interlocuteurs chargés de l'enquête auront aussi besoin de temps pour comprendre qu'elle n'est peut-être pas la dangereuse déséquilibrée qu'ils la soupçonnent d'être.

Alternant l’humour et le tragique, ce roman se situe doublement au cœur de la modernité : par les problématiques évoquées et leur actualité sociale, et par son style ciselé, incisif et poétique, produisant une écriture efficace.

Le lecteur, pris dans le jeu émotionnel, s'identifie tour à tour à l'accusée et aux policiers. Ainsi, au-delà de tout parti pris, il est conduit à une réflexion sur les ressorts du pouvoir et les racines que celui-ci trouve dans l'histoire intime de chacun."

Garde à vue est le premier livre publié de Marie Borin, mais ce n'est pas le premier livre écrit. Depuis plusieurs années, les œuvres de Marie Borin (une vingtaine) font l'objet d’études, de séminaires (dont une conférence lors d'une décade à Cerisy-la-Salle) autour de la question de la création littéraire.

C'est ce qu'Anne Roche, professeur à l'Université de Provence, rappelle dans la postface : "Si la modernité d'une oeuvre se mesure entre autres à ce qu'elle travaille sur les frontières traditionnelles des genres, à les rendre poreuses, aux confins du roman, du théâtre, de la poésie, voire du scénario, les textes de Marie Borin s'inscrivent de plein droit dans la modernité."

La rencontre sera animée par Dominique Chancé et Chantal Cambronne-Desvigne avec la participation de Serge Bedère.


Mardi 23 novembre à 18h30

Laurent Gervereau

A propos de son livre : "Inventer l'actualité : la construction imaginaire du monde par les médias internationaux", publié aux éditions La Découverte.

Laurent Gervereau préside l'institut des images, à Paris. Auteur de nombreux ouvrages dont "Voir, comprendre, analyser les images" (La Découverte, 2004), il se consacre depuis plus de vingt ans à l'analyse de tous les types d'images. Il a organisé plusieurs sites d'éducation à l'image, dont www.imageduc.net, programme européen à l'origine du Baromètre européen des médias.

"Attention, ce livre va vous faire douter de votre rapport au monde... Nous soupçonnons tous que les médias ne nous proposent pas une version parfaitement fidèle de l'actualité. Mais jusqu'à quel point ? Pour le savoir, Laurent Gervereau et ses équipes ont réalisé une première : tout au long de l'année 2003, ils ont observé tous les jours les unes des principaux quotidiens et les journaux télévisés des chaînes de cinq grands pays européens, des Etats-Unis et de l'Algérie. Les résultats de ces observations, restitués dans ce livre, sont terrifiants.

Premier constat massif : l'information mondiale est "tenue" par quelques pays, qui donnent au reste du monde leur vision d'eux-mêmes et des autres.

Deuxième constat : la circulation planétaire de l'information sélectionne une minorité de faits, assortis des commentaires d'une minorité d'individus, à destination d'une majorité de consommateurs. Des événements, des conflits, des groupes sociaux, des zones géographiques entières sont totalement absents des médias, car supposés "ne pas intéresser".

Troisième constat : la recherche de l'émotion et du scoop conduit à théâtraliser l'actualité, le marché des images commandant un discours destiné d'abord à se vendre, même s'il contrevient aux faits.

Quatrième constat, pas le moins surprenant : ces techniques s'adaptent à chaque pays, proposant autant de "visions du monde" spécifiques.

Notre monde est-il l'objet d'un bourrage de crânes généralisé, ou relève-t-il d'une guerre structurée de l'information ? Pour Laurent Gervereau, il n'existe aucun complot mondial visant à contrôler l'information, mais un réel danger des conformismes empêchant la pluralité de points de vue."

La rencontre est organisée dans le cadre du Festival international du film d'histoire de Pessac et sera animée par François Aymé.


Mercredi 24 novembre à 18h30

Nguyen Quang Than

Nguyen Quang Than est un des premiers écrivains à avoir apporté un souffle nouveau à la littérature vietnamienne au début des années 90. Il dénonce avec force et réalisme les contraintes et le poids écrasant du système politique et social.

Également auteur pour l'enfance, mais non encore traduit, il est membre de l'Association des Écrivains Vietnamiens et travaille aussi comme journaliste dans plusieurs journaux. En août 2004, il terminera un projet de scénario de film, "Histoire de Thang Long", destiné à la grande cérémonie d'anniversaire du Millénaire d'Hanoï en 2010.

Les éditions Philippe Picquier ont publié en 1997 "Au Large de la Terre Promise".

Le débat est organisé par l'IDDAC dans le cadre des rencontres Écritures et littératures étrangères et par l'Association franco-vietnamienne Bordeaux-Aquitaine.


Mardi 30 novembre à 18h30

"Le vin dans ses œuvres"

Rencontre autour de l'ouvrage "Le vin dans ses œuvres", publié sous la direction d'Amancio Tenaguillo y Cortázar.

"Intimement liés à l'histoire de l'humanité, la vigne et le vin ont profondément marqué les paysages et l'architecture, l'économie et l'histoire, les religions et les traditions, la littérature et les arts..., élaborant au fil des siècles, dans de très nombreux pays, un type de société et un art de vivre.

Le vin est notre mémoire culturelle. Pour comprendre comment il élabore du sens, il faut l'appréhender selon différents points de vue : lexicologie, littérature, peinture, musique, sociologie, histoire, géographie, architecture... C'est ce qu'ont fait les participants du colloque "Le Vin dans ses Œuvres", réunis au Lycée Viticole de Libourne-Montagne, en mai 2001."

Rencontre avec Amancio Tenaguillo y Cortázar (président de Cepdivin), les professeurs de l'université Michel de Montaigne-Bordeaux III : Françoise Argod-Dutard et Claude-Gilbert Dubois (spécialistes de littérature du 16e siècle), Bernard Lafargue (esthétique et histoire de l'art), ainsi que Eric Pothier (historien du vin) et Christine Escarmant (mythologue spécialiste de Rabelais).

Le peintre Alain Laborde présentera ses dernières œuvres sur le thème de la vigne et du vin et Gérard Fronty (professeur de philosophie et comédien) lira des textes.

Avec la participation de Marianne Berry (vigneronne à Lalande-de-Pomerol).

La présentation sera suivie d'une dégustation de "L’Honneur des Presses" proposé par François des Ligneris et de "Clos de l'Église" proposé par Marianne Berry.


Jeudi 2 décembre à 18h30

Svetlana Alexievitch

Autour de son ouvrage "La guerre n'a pas un visage de femme", publié aux Presses de la Renaissance.

Écrivain et journaliste biélorusse, dissidente soutenue par le Pen-Club et la fondation Soros, Svetlana Alexievitch a reçu de nombreux prix prestigieux pour "La supplication" (Lattès, 1998). Elle est aussi l'auteur des "Cercueils de zinc" (Bourgois, 2002) et "Ensorcelés par la mort" (Plon, 1995).

Diplômée de la faculté de journalisme de Minsk, Svetlana Alexievitch a commencé sa carrière dans un journal local. Très tôt, elle affûte sa méthode : attentive au son des voix, aux paroles vivantes, elle développe l'interview comme instrument de travail. Ces voix humaines, sensibles, particulières, recueillies au fil des quinze dernières années en Russie, composent aujourd'hui l'un des plus bouleversants témoignages de l'histoire et de la mémoire d'un peuple.

Depuis l'ouverture permise par la perestroïka dans les années quatre-vingt, elle mène en effet un inlassable travail de fouilles au cœur des récents traumatismes de l'histoire soviétique, occultés par le régime, voire refoulés, enfouies par les victimes elles-mêmes. "Nous n'avons pas d'autre choix, dit-elle. Soit nous ferons preuve de courage et apprendrons toute la vérité sur nous-mêmes, soit nous resterons à croupir dans les oubliettes de l'Histoire."

"Ensorcelés par la mort", paru en 1995, retrace de manière bouleversante la tragédie des "enfants du socialisme". Dans "La Supplication", elle retourne sur les lieux de la catastrophe de Tchernobyl, écoutant les voix, inouïes, de ceux qui ont vécu l'apocalypse.

"À partir de centaines de témoignages, Svetlana Alexievitch raconte la Seconde Guerre mondiale vue et vécue par les femmes. La réalité de la guerre se trouve ici démystifiée : alors que les hommes ont tendance à glorifier les combats et les héros, les femmes évoquent le plus souvent des luttes fratricides entre hommes ordinaires."

La rencontre est organisée par Patrimoine sans frontière et arc en rêve - centre d'Architecture.


Vendredi 3 décembre à 20h45

RSI invite la revue Psychanalyse

Pour sa première livraison, aux éditions Érès.

"La revue Psychanalyse entend intervenir dans le champ de la psychanalyse contemporaine pour faire avancer l'idée que la psychanalyse est capable de promouvoir (vraisemblablement la seule) un lien social qui se fonde sur l'identification de l'un au radical de sa singularité, moyennant quoi l'altérité de l'autre cesse d'être une menace. Elle se démarque ainsi tant du médical que du cosmétique."


Samedi 4 décembre à 16h30

Outre-Terre

Autour de la neuvième livraison de la revue : "Israël en Israël", publiée aux éditions Érès.

"La géopolitique se caractérise comme une pensée-action. D'où ses liens, étroits, avec des activités cousines comme le journalisme, la consultation et la prévision.

Outre-terre se situe par définition aux antipodes de la pensée unique. La revue n'a pas de ligne politique ou idéologique. Elle n'exclut aucun raisonnement. Au lecteur de se déterminer en faveur de l'option qui le convainc.

Outre-terre ne se veut pas académique. La revue fait intervenir aussi bien des universitaires que des journalistes, des militaires et surtout des acteurs de la vie (inter)nationale, régionale et locale. C'est précisément ce mélange des genres entre "spécialistes" et "gens de terrain" qui traduit son originalité."

La rencontre réunira Michel Koninman (directeur de la revue) et Yohanan Manor.


Mardi 7 décembre à 18h30

Maurice Godelier

À l'occasion de la parution de son livre : "Métamorphoses de la parenté", publié aux éditions Fayard.

Directeur d'étude à l'EHESS, Maurice Godelier est l'un des principaux chefs de file de l'anthropologie française. Ancien directeur scientifique du département des sciences de l'homme et de la société au CNRS, il a publié de nombreux ouvrages dont : "L’Idéel et le matériel : pensée, économies, sociétés" (Fayard, 1984), "Meurtre du père, sacrifice de la sexualité" (Arcanes, 1995), "La Production des grands hommes" (Fayard, 1982) et "L'Énigme du don" (Fayard, 1996).

"Vers quoi nous mènent les bouleversements en cours au sein de la famille ? Le contexte de cette interrogation est bien connu : on se marie de moins en moins, le taux de divorce augmente, les familles éclatent et se recomposent. Et si la filiation résiste lorsque les alliances se défont la revendication du mariage gay (et lesbien) et du droit à l'adoption par les couples homosexuels modifie complètement la donne.

Pour comprendre ce qui nous arrive et nous attend, Maurice Godelier a décidé de rouvrir l'ensemble du dossier de la parenté, en brassant une matière qui engage l'ensemble des sociétés connues, à travers l'étude de l'expérience accumulée par l'humanité en matières d'alliance, d'organisation de la descendance, de sexualité et d’interdits sexuels.

Parallèlement, il revisite l'histoire de l'étude de la parenté, depuis le XIXe siècle jusqu'à nos jours, pour en recueillir le savoir établi, nécessaire à la construction de ses propres hypothèses.

Qu'en retenir ? D'abord ceci : nulle part un homme et une femme ne suffisent à faire un enfant. Et puis ceci : nulle part les rapports de parenté ou la famille ne constituent le fondement de la société.

Qu'annoncent les mutations en cours ? Si nulle part non plus l'homosexualité n'avait jusqu'à présent été revendiquée comme fondement de la famille et, de ce point de vue, le bouleversement est inédit, ce à quoi nous assistons depuis trente ans, ce n'est pas à la disparition ou à l'agonie de la parenté, mais à une formidable métamorphose qui, paradoxalement, nous a rapprochés des sociétés "traditionnelles", terrain privilégié des ethnologues."

La rencontre sera animée par Denis Decourchelle.

Dernière minute : Maurice Godelier souffrant, la rencontre est reportée à une date ultérieure.


Mercredi 8 décembre à 18h30

Étienne Rousseau-Ploto

Pour son livre : "Ravel, portraits basques", publié aux éditions Séguier.

D'origine franco-russe et basque d'adoption, Etienne Rousseau-Plotto est titulaire d'une maîtrise d'Histoire (Bordeaux), d'un premier prix d'orgue (Bayonne) et d'une maîtrise de théologie sur Olivier Messiaen (Strasbourg). Il est professeur d'histoire à Biarritz et organiste de l'église Saint-André à Bayonne. Il est l'auteur de "Stravinsky à Biarritz" (Séguier, 2001).

"Maurice Ravel, le compositeur le plus célèbre du XXe siècle, est né à Ciboure en 1875 de mère basque. Mais on sait peu en général qu'il parlait parfaitement la langue basque, qu'il aimait le vin d'Irouléguy et se baignait quotidiennement dans la baie de Saint-Jean-de-Luz lors de ses nombreux séjours sur la Côte d'Argent. Ce livre tente d'éclaircir les liens qui unissent l'auteur de "Daphnis et Chloé" à son pays natal, son œuvre à la culture euskarienne. Il décrit en même temps le passionnant monde culturel européen des années 1900-1930, dont l'élite se retrouvait sur la Côte basque, avant comme après la tragique coupure du premier conflit mondial. Celui-ci marque un tournant dramatique dans le destin du compositeur, d'autant que sa mère, son seul amour assumé, disparut pendant la guerre.

Il faut imaginer Ravel, déjà prêt à aller se baigner en peignoir de bain jaune et bonnet rouge, faisant découvrir à son ami Samazeuilh le thème du "Boléro" joué d'un doigt sur le piano dans l'appartement qu'il louait à Saint-Jean-de-Luz. Vraiment français et vraiment basque, Ravel nous révèle que puiser dans ses racines est pour un artiste le meilleur moyen d'être universel. Son attachement passionné pour sa patrie et ses "frères de race" (comme l'on disait à cette époque) ne l'empêchait pas d'ignorer les frontières et les chauvinismes, scandaleux terreaux des violences et des guerres.

Il nous enseigne aussi que seul le partage de la création artistique nous permet d'atteindre à l'essentiel des êtres et des choses."

La rencontre sera illustrée d'extraits musicaux.


Samedi 11 décembre à 17h

Anne Garde et Laure Vernière

Autour de leur livre : "Pondichéry Masala" publié aux éditions du Seuil.

Anne Garde et Laure Vernière ont déjà publié ensemble : "Sur les routes de la soie" (Albin Michel, 1995), "Symboles de la Côte Basque" (Assouline, 2001), et "Japan express : travel mystery" (Seuil, 2003) où apparaissent les personnages de l'inspecteur Ramen et de sa co-équipière Massima.

Anne Garde a publié de nombreux ouvrages de photographie dont "Rendez-vous balnéaire" (Apogée, 1995), "Les Quinconces" avec Jean-Marie Planes (Confluences, 1998), ainsi que "François Mauriac ou le regard de la mémoire" avec Michel Suffran (Colona, 1985) et "De l'esprit des vins : Bordeaux" avec Pierre Veilletet (Adam Biro, 1988) tous deux malheureusement épuisés.

"Pondichéry, hier et aujourd'hui, l'influence française et la très ancienne civilisation tamoule, les castes qui existent toujours, la douceur et la difficulté de vivre, ce qui est clair et abscons à la fois... Mais que recèle donc cette ville blanche, bien qu'indienne, au refrain français saugrenu ? " La ville aux mille paradoxes n'a pas fini d'intriguer l'inspecteur Ramen et Massima, son double littéraire persuadé que la fiction est l'arme maîtresse du détective intelligent. Plume et appareil photo en main, tous deux se lancent sur les traces de Bambi Lafayette, jeune Français fou de musique anglo-indienne contemporaine et du cinéma de Bollywood, mystérieusement disparu à Pondichéry. Pondichéry, Chennai, Auroville, Tanjore, le Chettinad : l'Inde les fascine, l'Inde leur fait signes, et au fil des indices, se dessinera un parcours riche en aventures, rencontres, couleurs et poésie au goût masala...

Récit illustré et polar fantaisiste : une folle histoire digne des plus grands films indiens."

La rencontre sera animée par Michel Suffran, Anne Garde exposera quelques unes des photographies de l'ouvrage à la Galerie.


 

 

 

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