8, Place du Parlement 33000 Bordeaux France Tel : 05.56.48.03.87 Fax : 05.56.48.16.83.

ouvert du mardi au samedi de 10h00 à 20h00 et le lundi de 14h00 à 19h00.

Tramway : Bourse (C), Palais (A). Stationnement : Bourse, Camille-Jullian.

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PROGRAMME DES RENCONTRES JANVIER-JUILLET 2007

 

 

 

 


Samedi 13 janvier à 17h

Lectures de Peter Handke

En juin dernier, l'administrateur de la Comédie Française déprogramme la pièce de Peter Handke "Voyage au pays sonore ou l'art de la question" (Gallimard, 1993), prévue pour la saison 2006-2007.

Une intense polémique fait le feuilleton de l'été 2006 où les positions de Peter Handke et sa présence aux obsèques de Slobodan Milosevic monopolisent l'attention. De sa pièce et des questions qu'elle pose, pas un mot.

Il a semblé nécessaire au Groupe 33 de la faire connaître.

"Sans questions, sans musique ! Je ne connais de belle de questions que dans la fatigue... Jadis l'avenir n'était-il pas un continent ? Et la question des questions, en tout cas de mon temps. "Que devons-nous faire ?. Et pourquoi ce continent est-il de nos jours réduit à ton, à mon îlot - questions : "Que dois - je faire moi, moi tout seul ?" Où a disparu notre communauté avec tous ceux qui s'en allaient partout ? N'étions-nous pas jadis tous réunis dans le tremblement, fût-ce celui des nappes en papier dans un jardin d'auberge abandonné, la nuit, à la sortie d'une ville ? "Paresseusement s'effaçait de la corniche du toit la fable d'enfance de l'hirondelle successive" ? Qui pourrait appeler les temps actuels une époque ?"

Né en 1942 à Griffen (Autriche), de père inconnu et d'une mère d'origine slovène, Peter Handke s'impose dès la publication de son premier roman "Die Hornissen" (Les Frelons) en 1965 comme l'un des plus grands écrivains contemporains de langue allemande. Son théâtre est joué sur les scènes du monde entier.

Lectures par Jacques Albert-Canque, présentation par Philippe Rouyer.


Jeudi 18 janvier à 18h30

Alain Duphil

Pour la parution de son livre : "Au pays de Jésus, les chrétiens et la lignée d'Abraham" publié aux éditions Amalthée.

Alain Duphil, diacre du diocèse de Toulouse, père de famille et professionnel agricole, qui avait déjà fait plus jeune le pèlerinage en Terre Sainte à vélo depuis Paris, s'est rendu plusieurs fois ces dernières années en Israël et dans les Territoires palestiniens. Ce livre est le fruit des contacts serrés qu'il garde avec tous, dans ce qui est pour lui "le pays de Jésus".

"Les chrétiens du pays de Jésus sont porteurs d’une signification théologique qui concerne l'Église Universelle, et aussi le dialogue judéo-chrétien. Pourquoi sont-ils si peu connus? Pourquoi leur dynamisme est-il ignoré? Pourquoi leur avis précieux sur le conflit israélo-palestinien est-il si peu pris en compte?

Ce petit livre voudrait aider à mettre au clair des notions comme "la lignée d'Abraham", le "peuple élu", ou "la promesse de la terre". En effet, ces notions qui traînent dans nos têtes d'occidentaux, sont souvent mal interprétées et, probablement, nous empêchent d'avoir un avis objectif sur le conflit tristement interminable du Proche-Orient.

"Cet ouvrage est écrit par un chrétien engagé et qui s'engage, sans éviter les terrains minés et les sujets brûlants. Il décrit avec empathie, en témoin lucide, la situation précaire des chrétiens qui habitent aujourd'hui "la terre de Jésus". Ce faisant, il démonte nombre de clichés qui courent abondamment dans les esprits, y compris au sein des Églises. Son étude de l'enseignement du concile Vatican II relatif au Judaïsme constitue un appel à la clairvoyance et au discernement. Sur cette question délicate et souvent polémique, l'auteur invite à bien distinguer les plans : historique, politique, biblique, religieux… Ses prises de position, tranchées et argumentées, ne manqueront pas de susciter de vifs débats." (Jean Rigal)

La rencontre sera animée par Mary Bonnaud et Alain de Wailly.


Vendredi 19 janvier à 19h

Dominique Noguez

Autour de son livre : "Dans le bonheur des villes : Rouen, Bordeaux, Lille", publié aux éditions du Rocher.

Dominique Noguez est né en 1942. Écrivain, essayiste, romancier, critique, spécialiste du cinéma expérimental et de quelques pochades et canulars littéraires, il est l'auteur de nombreux ouvrages parmi lesquels : "Le Cinéma, autrement" (Cerf, 1987), "Les deux veuves" (La Différence, 1990), "Les Trois Rimbaud" (Minuit, 1991), "Aimables quoique fermes propositions pour une politique modeste" (Rocher, 1993), "Amour noir" (Gallimard, 1997, Prix Fémina), "Immoralités" (Gallimard, 1999), "Éloge du cinéma expérimental" (Paris expérimental, 1999), "Le grantécrivain" (Gallimard, 2000).

"On m'a demandé d'écrire sur un lieu où j'aime voyager. J'ai choisi trois villes de France. Loin d'être un pensum, ce livre est devenu un plaisir car j'ai pu y parler de mon enfance, de ma jeunesse, des miens, de quelques amis, de mes études, de mille choses. Et du bonheur général de vivre dans les villes.

Rouen, Bordeaux, Lille comme Stendhal disait Rome, Naples, Florence ? En tout cas, Stendhal représente pour moi ici un idéal de liberté, de légèreté, d'autobiographie, d'effort aussi pour créer un livre d'une forme inédite."

"Bordeaux, pour moi, cela a presque tout de suite été le 118, cours Victor-Hugo. Nouveau bachelier désireux d'aller à Paris faire Sciences-Po et la suite, je m'étais vu conseiller, puisque j'avais un peu d'avance, de faire auparavant une hypokhâgne. C'était bon pour la culture générale, cela pouvait servir à l'oral de l'ENA. Je fus donc admis comme pensionnaire au lycée Montaigne. Ainsi, je ne quittais pas tout à fait le logis familial de Biarritz, où je rentrais chaque samedi ; et je ne montais pas d'un coup à Paris, je faisais une halte au premier quart du chemin. Nous avons dû arriver à Bordeaux un dimanche, en voiture, avec une malle de linge et de livres. Après les pins des Landes, les bords de la Garonne, le quai des Chartrons, les Quinconces, la noire porte de Bourgogne nous avait livré passage vers le cours Victor-Hugo, large, bordé d'arbres et de sombres façades…"

La rencontre sera animée par Patrick Rödel.


Mercredi 24 janvier à 18h30

Hommage à Georges Hyvernaud

Présentation et lectures théâtrales de son œuvre.

Né en 1902 en Charente, professeur dans les écoles normales d'instituteurs, mobilisé en 1939, Georges Hyvernaud fait partie des écrivains injustement méconnus du XXe siècle. Son expérience de la captivité de 1940 à 1945 marque profondément son œuvre. Il est mort à Paris en 1985.

"La peau et les os" (Pocket, 2002), "Le wagon à vaches" (Pocket, 2002), "Lettre anonyme" (Le Dilettante, 2002), "Carnets d'Oflag" (Le Dilettante, 1999) et "Feuilles volantes" (Le Dilettante, 1995).

La rencontre réunira Paul Roussy, étudiant en thèse à l’université Michel de Montaigne, Guy Durliat, secrétaire de la Société des Lecteurs de Georges Hyvernaud , Éric Domanges, comédien (Fenêtre sur Clown).


Jeudi 25 janvier à 18h30

Xavier Treuiller-Schlachter

Autour de son livre "David Alfaro Siqueiros muraliste mexicain et politique" aux éditions L'Harmattan.

Xavier Treuiller-Schlachter, né à Saintes en 1971 est historien d'art et administrateur du FRAC-Aquitaine (Fonds Régional d'Art Contemporain).

Considéré comme l'une des grandes figures de l'art mexicain, proche du couple mythique Diego Rivera-Frida Kahlo, Siqueiros est le théoricien d'un mouvement pictural qui va s'étendre à l'ensemble du continent américain et marquer les artistes nord-américains de l'après-guerre, parmi lesquels Jackson Pollock. A travers le muralisme et Siqueiros, c'est un aspect majeur de l'art du XXe siècle que l'on découvre, au centre d'une réflexion sur les rapports entre l'Art et le pouvoir politique, une analyse de la notion de "diversité culturelle".


Samedi 3 février à 17h

Catherine Millot

Autour de son dernier ouvrage "La vie parfaite. Jeanne Guyon, Simone Weil, Etty Hillesum", publié aux éditions Gallimard - L'Infini.

Écrivain et psychanalyste, Catherine Millot est l'auteur de nombreux ouvrages : "Horsexe, essai sur le transsexualisme" (Point-Hors-Ligne, 1983), "Freud, anti-pédagogue" (Navarin, 1983, réédité chez Flammarion-Champs, 1997), "Nobodaddy : l'hystérie dans le siècle" (Point-Hors-Ligne, 1988), "La vocation de l'écrivain" (Gallimard, 1991), "Gide, Genet, Mishima : intelligence de la perversion" (Gallimard, 1996), "Abîmes ordinaires" (Gallimard, 2001).

"Trois histoires au féminin spirituel. Ainsi la mystique Jeanne Guyon qui, selon un de ses confesseurs de ce XVIIème finissant, "cherchait au-dehors ce qu'elle avait au-dedans". Elle entama sur ces paroles prophétiques une authentique conversion qui la conduisit, non sans les - inévitables - détours chaotiques et chemins semés d'embûches, sur les voies d'une "vie parfaite". Vient ensuite celle toute "droite du garçon" qu'une mère exigeante recommanda un jour à sa fille. Le destin tragique de l'écrivain Simone Weil était tracé. D'une rigueur aussi implacable qu’avait pu l'être pour elle l'injonction maternelle, elle s'imposa de ne jamais s'écarter d'un sentier étroit et coincé entre "les deux clefs du vide et du rien", espérant y trouver comme l'énonçait déjà Sophocle l'essence même de la condition humaine. Elle fit sienne la conséquence du retrait divin, le fameux "Tsim Tsoum" des kabbalistes juifs qui laisse l'homme à la fois libre et prisonnier d'un incommensurable néant. Elle se réfugia dans la pensée et les livres, battue d'avance dans un combat physique contre la barbarie qu'elle aurait voulu livrer mais que le destin lui refusa. La trilogie se termine par l'évocation de la vie d'Etty Hillesum, contemporaine de Simone Weil et déportée à Auschwitz en 1943. Contemporaine et alliée dans cette communauté de destin. Mais avec cette différence qu'elle se jeta dans le "foyer de la souffrance humaine" de Westerbork, un des deux camps de transit des Pays-Bas d'où les Juifs étaient envoyés en Pologne. Cernée par l'effroyable, au cœur de l'insoutenable, elle parvint néanmoins à cet "immense silence" qui ne cessa de "croître en elle" au point de transformer "les épreuves en beauté". Résignation totale qui devient un dépassement, une issue pour échapper à l'inéluctable." (Jean-Luc Vannier)

La rencontre est organisée La Lettre Lacanienne et Divan d'Ouest.


Mercredi 7 février à 19h

Rémi Checchetto

Autour de l'ouvrage : "Valises", publié aux éditions Script.

Depuis dix ans, Rémi Checchetto a écrit de nombreuses pièces de théâtre et quelques livres de fragments poétiques. Parallèlement à son travail d'auteur, Rémi Checchetto dirige des ateliers d'écriture. Il a déjà publié : "Portes" (Script, 2003), "P'tit déj" (Attente, 2003), "Confiotes" (Attente, 2005), "Une disparition et tout et tout" (Attente, 2006), "Là ou l'âme se déchire un peu mais pas toute" (Inventaire-invention, 2006).

"En 2004, à l'initiative de l'association Mélanges (collectif d'associations girondines), cinq auteurs dont Rémi Checchetto ont écrit des textes courts inspirés par l'histoire de la Nationale 10. Récits et fictions poétiques sur l'expérience de l'exil et de l'immigration. Rémi Checchetto a fait le voyage avec 46 Valises pour les remplir de paroles et de voix qui disent le départ et le retour, les séparations et les retrouvailles, l'entre-deux et les rencontres, souvent l'errance, parfois aussi les grandes solitudes et la nostalgie.

Des textes à jouer que Mélanges a proposé à 5 équipes artistiques. Le Clastic Théâtre a choisi 12 Valises pour un spectacle de marionnettes mis en scène et interprété par François Lazaro et Aurelia Ivan. Esquissé en 2005 au Festival de Blaye puis au Molière Scène d'Aquitaine, le spectacle a été présenté en mai 2006 au Théâtre de Gennevilliers puis en septembre au Festival mondial de la marionnette de Charleville-Mézières.

A vous de prendre la route pour une longue tournée.

Partie prenante de cette aventure artistique, Script publie ces Valises pour qu'elles passent de main en main. Pour que d'autres aient le désir de les ouvrir sur scène. Pour faire entendre cette langue si singulière de Rémi Checchetto, une langue musicale, grave et ludique où se mêlent des couleurs, des rythmes et des accents les plus divers. Le chant des vivants voyageurs."

Rencontre organisée par les éditions Script.


Jeudi 8 février à 18h30

René Misslin

Autour de son livre : "Le comportement de peur, une approche multidimensionnelle", publié aux éditions Publibook.

René Misslin est professeur émérite de l'Université Louis Pasteur de Strasbourg. Après avoir enseigné les lettres classiques durant plusieurs années, il s'est tourné vers les sciences comportementales (psychologie, éthologie). La pharmacologie comportementale chez la souris a constitué son domaine de recherche. Il a soutenu sa thèse "Contribution neuroéthologique à l'étude des conduites néotiques chez la souris" en 1983.

"En s'appuyant sur des exemples empruntés à la vie animale, en tirant ses arguments de la littérature, de la philosophie et même de la religion, René Misslin nous offre une thèse poussée et pertinente qui analyse en profondeur le comportement humain. Un livre principalement destiné aux étudiants et aux professionnels de la psychologie qui s'adresse aussi à tous ceux voulant mieux connaître l'homme, et donc mieux se comprendre soi-même.."

"Si l’on définit la peur comme un phénomène mental, on se heurte au même genre de difficulté que Descartes : comment l'esprit, cette substance immatérielle, peut-elle agir sur le corps matériel, puisqu'à l'évidence, quand nous avons peur, notre corps est aussi bien engagé dans l'aventure que notre esprit ? Que penser lorsqu'on dit de quelqu'un qu'on peut lire sa peur sur les traits de son visage ? Faut-il envisager les choses d'après le schéma dualiste à savoir que nous éprouvons mentalement le sentiment de peur et le visage ne fait que traduire sous la forme d'une espèce de grimace l'événement psychique qu'il est censé exprimer ? Quelle signification a cette mimique faciale si l'essentiel du phénomène se passe à l’intérieur de nous, dans l'espace mental ? Freud, qui était mentaliste, a un jour parlé du saut mystérieux de la psychê dans le soma, quand il a voulu rendre compte des symptômes hystériques qu'il lisait sur le corps de ses patientes en les interprétant comme l'expression de désirs refoulés inconscients."

Le débat sera animé par Bernard Lafargue et Christophe Puyou.


Vendredi 9 février à 18h30

Les Manufactures Verbales

Pour le CD "Sonets, Bernat Manciet".

"Le sonnet "un petit son"… il n'est pas question d'y mettre ni de l'épopée, ni du grand lyrisme, il faut que ce soit mesuré… limité … c'est de la cuisine à l'étouffée … il ne faut pas que ce soit délirant… c'est très intime un sonnet, on se parle à soi même…"

Présentation chantée de 12 sonnets du poète Bernard Manciet, mis en musique par Jakes Aymonino et interprétés par le sextet Manufactures Verbales.


Mercredi 14 février à 17h30

Jean Bollack

Autour de son livre : "Parménide, de l'étant au monde", publié aux éditions Verdier.

Jean Bollack est né en 1923 à Strasbourg et a poursuivi à Bâle des études de philologie classique. Il a fondé à Lille le centre de recherche philologique d'herméneutique, puis, à la Maison des Sciences de l'homme, le Centre d'histoire de l'interprétation. Parmi ses travaux, principalement consacrés aux philosophes présocratiques et à la traduction de nombreuses tragédies (Antigone, Œdipe roi, Hélène). : "La lettre d'Epicure" (Minuit, 1971), "Empédocle" (Gallimard, 3 volumes, 1992, "Héraclite ou la séparation" (Minuit, 2001), "Dionysos et la tragédie" (Bayard, 2005).

"La vision des sages de la Grèce archaïque est sortie profondément transformée par la réflexion qu'a menée tout au long de sa vie Jean Bollack. Son ambition est ici de surmonter la fragmentation d'un poème exceptionnel que nous avons perdu. Il construit un ensemble avec des pleins et des vides à remplir. Le caractère initiatique de cet exercice de méditation facilite la tâche du déchiffrement ; tout s'y tient et le lecteur moderne peut se conformer à ses lois. L'analyse du langage prime. La pensée s'y libère et découvre un référent sûr. Une cosmologie s'y projette, des astres à la vie des hommes, de l'Étant au Monde, dont ce livre s'applique à dégager les correspondances."

"Après s'être, entre autre, intéressé à Empédocle, Jean Bollack nous livre aujourd'hui une brillante étude sur un autre de ces philosophes présocratiques, Parménide, dans son ouvrage "Parménide, de l’étant au monde". Ce dernier repose essentiellement sur une lecture - ou plutôt une relecture détaillée - des fragments du penseur d'Élée. Le célèbre philologue l'avoue d'ailleurs sans ambages : "La lecture de Parménide a accompagné ma vie, du moins depuis mes années d'études". On comprend alors aisément pourquoi il s'attache, avec une minutie qui lui est propre, à nous restituer un texte soumis à totale révision et à une nouvelle traduction." (Michaël Martin)

Le débat sera animé par Valéry Laurand (UFR de philosophie, université Michel de Montaigne) et Pascal Enard (Démocraties Nouvelles).

Lectures par Pierre Dubois.


Jeudi 15 février à 18h30

Jean Esponde

Pour son dernier ouvrage : "Une longue marche, Victor Segalen", publié par les éditions confluences.

Jean Esponde vit à Bordeaux. Il est l'auteur de "Mourir aux fleuves barbares, Arthur Rimbaud, une non biographie" (Confluences, 2004), "Couleurs Harar", "Hébergements, et Agadir (Atelier de l'agneau, 1999, 2002 et 2004).

Dimanche 18 mai 1919 : réfugié dans l'ancienne forêt du Huelgoat, au fond du Finistère, à 41 ans, Victor Ségalen est épuisé. Que fait-il, à quoi pense-t-il durant ces quatre jours lui restant à vivre ?

A Bordeaux, il fut un étudiant brillant à l'École de Médecine de la Marine. Aux Marquises, il découvre le génie et l'œuvre de Gauguin qui vient de mourir. Médecin, il n'oublie pas de soigner ses semblables, étudie le chinois et part à Pékin en 1909, puis à la frontière de la Mandchourie où il faut faire barrage à la peste. Pour se confronter plus durement au Temps, au "Divers", au "Mystérieux", il se fait sinologue et archéologue ; c'est lui qui découvre le site exact de la sépulture du plus grand empereur chinois, Ts'in-che-Houangdi, qui deviendra le chantier du siècle. Puis retour à l'hôpital de Brest, dépression. Il part enfin se reposer dans la forêt de Huelgoat. Le 23 mai 1919, on le retrouve contre un arbre, mort.

À travers le cadre éminemment romanesque des derniers moments d'une vie, Jean Esponde revient par fragments sur les aventures de l'auteur de Stèles, comme il l'avait fait précédemment sur celles de Rimbaud. Une fois encore, l'auteur nous propose une magnifique méditation sur une des œuvres les plus singulières de la littérature française

La rencontre, organisée par les éditions confluences et l'université Bordeaux II - Victor Segalen, sera animée par Serge Sanchez.


Lundi 19 février à 18h

Zola au cinéma

Table ronde avec Jean-Michel Leterrier, animée par Vincent Taconet .

Élu, militant, responsable culturel, Jean-Michel Leterrier est essayiste et auteur de nombreux ouvrages sur le travail et la culture.

Dans le cadre des Quatrièmes rencontres cinématographiques Utopia Espaces Marx : La classe ouvrière, c'est pas du cinéma.


Vendredi 23 février à 18h

Noël Mamére

Autour de son livre "Chaud devant, effet de serre et bouleversement démocratiques en 7 leçons" publié aux éditions Ramsay.

"À quelques négationnistes près, plus personne ne conteste aujourd'hui la réalité climatique, ainsi que ses conséquences sur notre mode de vie. Pourtant, ce constat n'incite pas les responsables politiques à remettre en cause leurs objectifs. "La maison brûle", peut-être, mais nous continuons à regarder ailleurs, du côté de la croissance d'avant les crises pétrolières ou d'avant la canicule. Les temps changent ? Non, le temps a changé et ceux qui jouent les autruches devront bientôt rendre des comptes à leurs concitoyens. Lorsque les cataclysmes succéderont aux catastrophes, lorsque la désertification engendrera des millions d'écoréfugiés, lorsque la fonte des glaciers entraînera la montée des eaux, personne ne pourra dire : "Je ne savais pas." Nous ne pouvons plus nous contenter d'alerter la population, comme Al Gore qui expose cette "vérité qui dérange". Il faut expliquer comment s'emparer de ce débat vital pour l'avenir de la planète et des générations futures. Le réchauffement climatique est la question qui fédérera bientôt toutes les autres, parce qu'elle recouvre les contradictions essentielles du monde moderne : sud et nord, riches et pauvres, local et global, Chine et Occident, migrations, guerre de civilisation... Il convient désormais de passer de la logique intergouvernementale à la gouvernance politique mondiale du climat. Quant aux citoyens, ils ne peuvent laisser aux seuls experts le soin de gérer des décisions qui les concernent au premier plan. Pour enrayer le changement climatique, une révolution démocratique mondiale est nécessaire : les populations doivent remettre en cause notre mode de développement, qui repose sur l'exploitation des énergies fossiles, et doivent réfléchir à un mode de développement solidaire."


Vendredi 2 mars à 18h30

François Morin

Autour de son livre "Le nouveau mur de l'argent, essai sur la finance globalisée" publié aux éditions du Seuil.

François Morin, professeur de sciences économiques à l'université de Toulouse I, a été membre du Conseil général de la Banque de France et du Conseil d'analyse économique. Il a notamment publié "La Structure financière du capitalisme français" (Calmann-Lévy, 1974), "Le Capitalisme en France" (Cerf, 1976), "Le cœur financier européen" (en collaboration, Économica, 1993).

"François Morin s'inspire avec ce nouvel essai d'une expression des années trente qui visait à stigmatiser l'intervention brutale et désastreuse du grand capital dans la politique. Le "mur de l’argent", aujourd'hui c'est le processus de libéralisation et de déréglementation de la sphère financière qui se développe à l'échelle mondiale. Dans le prolongement de la "révolution conservatrice" des années soixante-dix, le phénomène s'épanouit pleinement à partir de 1995 alors que les marchés monétaires et financiers ont acquis une autonomie relative par rapport à la sphère de l'économie réelle. Les mouvements de capitaux prennent des proportions colossales. En 2002, par exemple, le total des transactions interbancaires atteint 1 155 milliards de dollars.

Le "nouveau mur de l’argent" s'édifie sur la recherche de la "valeur actionnariale", qui pousse les grandes firmes à la pression sur les coûts sociaux et salariaux, aux gains spéculatifs, entraîne à la hausse les taux des grandes banques internationales et détourne le crédit de l'investissement productif et favorable à l'emploi. Mouvement d'autant plus fort qu'il est grandement stimulé par des investisseurs institutionnels, d'origine pour la plupart nord-américaine. En vingt-cinq ans, la libéralisation financière a conduit à subordonner les taux d'intérêts aux grands groupes bancaires internationaux leur permettant de fixer en grande partie leur niveau et d'imposer une sélectivité néfaste des financements. Les banques centrales dites "indépendantes", les institutions financières internationales n'ont fait en réalité qu'accompagner ce mouvement."

Débat organisé par le GREThA, animé par Claude Dupuy (université Montesquieu Bordeaux IV).


Samedi 3 mars à 17h

Gérard Boulanger

Pour son livre "Le "Juif" Mendès France" publié aux éditions Calmann-Lévy.

Avocat au barreau de Bordeaux, Gérard Boulanger est l'ancien président du Syndicat des avocats de France, fondateur et président d'honneur de la confédération Avocats européens démocrates. Il a publié trois ouvrages de référence sur Maurice Papon : "Maurice Papon : un technocrate français dans la collaboration" (Seuil, 1993), "Papon, un intrus dans la République" (Seuil, 1997) et "Plaidoyer pour quelques Juifs obscurs victimes de Monsieur Papon" (Calmann-Lévy, 2005) puis, en 2006 "À mort la gueuse !" (Calmann-Lévy).

"Nous savons que Pierre Mendès France était juif, et qu'il fut victime sa vie durant d'attaques antisémites incessantes. Ce que l'on sait moins, c'est qu'il était passionné de ses origines, et qu'il a constitué un fonds d'archives impressionnant retraçant la généalogie de sa famille.

En s'appuyant sur les archives mises à sa disposition par Michel, le fils de Pierre Mendès France, Gérard Boulanger restitue ici cette vaste fresque traversant trois pays et quatre siècles, avec un fil conducteur : la persécution des Juifs ou de ceux qui étaient soupçonnés de l'être. Le racisme moderne est né à Tolède en 1449 avec la traque, par l'Inquisition, des catholiques ayant du "sang impur", c'est-à-dire un converti parmi leurs ancêtres. Plus tard, au Portugal, un certain Luis Mendes de França, catholique fervent, sera dénoncé comme "nouveau chrétien". Il devra dénoncer sa famille pour échapper à l'estrapade, avant de s'exiler en France. Ainsi naît à Bordeaux en 1683 la lignée des Mendès France, judaïsée par réaction à la persécution de l'Inquisition. Deux siècles et demi plus tard, Pierre Mendès France, homme politique démocrate et patriote au-dessus de tout soupçon, se voit, comme Léon Blum, accuser de n'avoir "pas assez de terre française à la semelle de ses souliers", arrêter et jeter en prison sous l'Occupation.

En relatant une histoire familiale marquée par la persécution, ce livre montre la genèse et la persistance d'une névrose européenne et éclaire, à rebours, la vie de cet homme d'exception qu'était Pierre Mendès France."

Le débat sera animé par Dominique Lormier.


Mardi 6 mars à 18h

Najwa Barakat

Autour de son roman : "Le bus des gens bien" publié aux éditions Stock.

Née à Beyrouth, Najwa Barakat , après des études de théâtre et de cinéma, s'est installée en 1985 à Paris où elle travaille dans la presse écrite, radiophonique et télévisée. Elle a écrit cinq romans. "Le bus des gens bien" publié à Beyrouth en 1996 a reçu le "Prix de la meilleure création littéraire de l'année".

"Sur la place déserte d'une petite ville du nord de la péninsule arabique, un vieil autobus est comme échoué. Ils sont peu à peu une douzaine de passagers improbables à s'embarquer pour un voyage qui n'aura d'innocent que les apparences. Et l'autobus, ayant récupéré son chauffeur, pas très net lui non plus, entame son périple au bout de la nuit, la nuit qui prête aux confidences, aux épanchements et aux mensonges…"

La rencontre est organisée par la Clé des Ondes et sera animée par Gilbert Hanna.


Mercredi 7 mars à 18h30

Éric Chauvier

Autour de son livre "Anthropologie " publié aux éditions Allia.

Éric Chauvier a 34 ans et vit à Bordeaux. Anthropologue, il travaille actuellement sur la perception des risques industriels. Il a publié deux ouvrages : "Fiction familiale" (Presses universitaires de Bordeaux, 2003) et "Profession anthropologue" (William Blake, 2004).

"Malgré son titre, Anthropologie n'a rien d'un ouvrage austère et théorique. A mi-chemin du récit et de l'étude sociologique, ce livre propose une enquête en creux, née de l'impression suscitée par le regard d'une jeune Rom qui s'adonne à la mendicité devant un centre commercial. Troublé par ce visage, l'auteur évite d'abord la rencontre. Il se contente d'analyser les propos que tiennent ses proches au sujet de cette fille.

Cette expérience, lui semblant insuffisante, il décide finalement de rencontrer celle qui est à l'origine de son trouble. Mais elle disparaît justement à ce moment-là. Il tente alors de la retrouver et de percer le secret de cette figure devenue obsédante, dont il est peut-être amoureux. À la façon du héros de Mr. Arkadin d'Orson Welles, il part à la recherche de tous ceux qui ont pu la croiser et recueille leurs témoignages. Mais ces paroles fragmentaires, parfois contradictoires, ne lui permettent pas d'éclaircir le mystère. L'enquête ne peut cependant se réduire à un échec.

Cette quête minutieuse, traque d'une absence, constitue un programme en soi, une discipline de vie. Il s'en dégage un tableau sociologique de la France contemporaine et de ses "exclus". Avec cet ouvrage, Eric Chauvier jette les bases d’une nouvelle façon de concevoir et de pratiquer l'anthropologie, qui échappe à la froide analyse pour devenir littérature.

L'enquête est vouée à continuer."

"C'est le miracle de ce bref récit d'être à la fois mise en question du langage et exploration de ses possibilités. Les lignes qui tentent de saisir l'impression de "familiarité rompue" renvoient à des réminiscences venues de l'enfance : odeurs, images fugitives. Proust n'est pas loin." (Isabelle Rüf)

La rencontre est organisée par Espaces Marx et sera animée par Vincent Taconnet.


Jeudi 8 mars à 19h

Yolande Magni

Autour de son livre : "Madeleine compte jusqu'à 3" publié aux éditions Les Bords perdus.

Yolande Magni est professeur d'Arts plastiques. Elle vit et travaille à Bordeaux, collabore à la revue Le Festin et prépare un ouvrage sur l'immigration italienne dans le Sud-Ouest.

"Yolande Magni raconte Madeleine à la manière de Claude Simon : "les mots possèdent ce prodigieux pouvoir de rapprocher et de confronter ce qui, sans eux, resterait épars dans le temps des horloges et l'espace mesurable". Son héroïne pose son regard sur ce qui l'entoure comme un voyageur sur le monde. Après Madeleine voyage et Madeleine s'ennuie, ce troisième récit clôture la série sans pour autant fermer la marche. L'occasion de confronter l'auteur à son personnage et de reprendre le fil de ses divagations qui l'amènent aussi bien vers une grande métropole américaine que sur un terrain de camping de la campagne gersoise."

Rencontre animée par Eric Puech, lecture par Miren Lassus-Olasagasti, vin offert par le Château Chasse-Spleen.


Vendredi 9 mars à 18h

Paul Alliès

Autour de son livre : "Le grand renoncement : la gauche et les institutions de la Ve République", publié aux éditions Textuel.

Paul Alliès est professeur de Sciences Politiques à l'université de Montpellier et Conseiller régional socialiste du Languedoc Roussillon.

"Jamais comme durant ce dernier quart de siècle, la gauche française n'aura autant occupé les institutions de la République. Qu'elle doive ce "gouvernement durable" à un régime qu'elle avait si violemment dénoncé comme un "coup d'état permanent" n'est pas le moindre paradoxe. C'est l'histoire de l'abandon progressif par la gauche de toute réflexion critique sur le pouvoir dans la société que retrace ici Paul Alliès.

En confrontant l'impensé radical de la gauche d'aujourd'hui à ses ambitions d'origine, l'auteur démontre comment cette gauche a été ensevelie par les institutions de la Ve République et comment elle a sa part de responsabilité dans la crise contemporaine de la démocratie française."

La rencontre est reportée à une date ultérieure.

Avec toutes nos excuses.


Samedi 10 mars à 17h

L'Autre campagne

Autour de l'ouvrage collectif : "L'Autre campagne, 80 propositions à débattre d'urgence" publié aux éditions La Découverte.

"Une droite chassant sur les terres du Front national, un PS qui n'oppose au projet de démantèlement de l'État social qu'un soupçon de redistribution fiscale ; des médias réduisant l'enjeu électoral à l'affrontement de deux ego ; en guise de débats de fond, des joutes verbales à coup de petites phrases creuses décortiquées à l'infini ; tel est le décor de la campagne officielle pour l'élection présidentielle. Une autre campagne est-elle possible ? Ce livre en est la preuve. Voici 80 contributions originales issues du monde social - syndicats, associations, mouvements - et intellectuel. Fort de leur engagement de terrain, de leur travail de recherche, chacun des auteurs formule dans des termes nouveaux une question politique, élabore une proposition ouvrant enfin de nouvelles perspectives d'action. Ce livre est un antidote au désenchantement politique. Il offre des outils de compréhension rigoureux sur les questions à poser d'urgence. L'Autre campagne est aussi un site www.lautrecampagne.org et participe d'un mouvement de réappropriation citoyenne de la politique."

Rencontre avec les auteurs : Éric Chevance (directeur du TNT), Thomas Lacoste (éditeur, Le Passant Ordinaire), Frédéric Neyrat (sociologue, université de Limoges) et Marion Paoletti (université Bordeaux IV).


Lundi 12 mars à 18h30

Didier Arnaudet, David Lespiau

David Lespiau vit et travaille à Marseille. Il vient de publier : "Quatre morcellements ou l'affaire du volume restitué" (Le bleu du ciel, 2006). Parmi ses nombreux ouvrages : "L'épreuve du prussien" (Le bleu du ciel, 2003), "La poursuite de Tom" (Farrago, 2003), "De l'électricité comme moteur" (Attente, 2006).

Didier Arnaudet est né en 1951. Il vit et travaille à Bordeaux. Critique d'art, il collabore notamment avec la revue artpress. Il vient de faire paraître "des artistes, des écrits, une anthologie" (Le bleu du ciel, 2006) et a déjà publié : "Alain Lestié" (Castor Astral, 1997), "Jean-François Dumont" (confluences, 1999), "À surveiller de près, à punir parfois" (Le bleu du ciel, 2005).

Rencontre organisée par le Bleu du Ciel dans le cadre du Printemps des Poètes.


Mercredi 14 mars à 18h

Franck Venaille

Né à Paris en 1936, Franck Venaille n'a quitté le onzième arrondissement qu'à l'âge de vingt ans, pour effectuer son service militaire en Algérie.

Son retour en France est difficile, il s'inscrit au Parti Communiste, collabore à la revue Action Poétique qui publie ses premiers textes en 1960, crée les revues Chorus et Monsieur Bloom et produit plus d'une centaine d'émissions radiophoniques pour France-Culture.

Poète volontairement distant, il a su dès son premier livre trouver le ton pour imposer une écriture forte, déchirée, tendue entre réalité sociale, réminiscences d'une enfance "triste et catholique" (il dira plus tard qu’on n'en guérit jamais) et fragments désarticulés de sa propre histoire.

Il est l'auteur de très nombreux ouvrages et recueils, dont : "La descente de l'Escaut" (Obsidiane, 2001), "Tragique" (Obsidiane, 2001), "Cavalier cheval" (Castor Astral, 2003), "Chaos" (Mercure de France, 2006).

Rencontre lecture organisée par le Théâtre des Tafurs, animée par Claude Chambard, dans le cadre du festival "Demandez l'impossible" Printemps des poètes 2007.


Vendredi 16 mars à 18h30

Robert Dumont

Pour son livre : "Mémoires d'un prêtre-ouvrier : regards sur l'Église et le monde", publié aux éditions Karthala.

Robert Dumont a initié et animé un collectif de recherche sur la "Mémoire des prêtres-ouvriers". À ce titre, il a mené une quarantaine d'interviews de prêtres-ouvriers ou de femmes engagées dans la mission ouvrière. Il dirige aux éditions Karthala la collection "Signes des temps".

Le débat sera animé par Jean Landry.


Mardi 20 mars à 18h30

Catherine Larrère

La distinction du naturel et de l'artificiel à l'épreuve des nouvelles technologies.

"L'idée, couramment reçue, est que les développements des nouvelles technologies (biotechnologies et nanotechnologies, notamment) effacent toute distinction tranchée entre nature et artifice. Pourtant la distinction entre nature et artifice perdure, particulièrement dans sa dimension normative. Les appels à l' "autorité" de la nature ne seraient-ils que la trace d'un âge dépassé dans l'opinion mal informée des avancées technologiques récentes ? Nous voudrions, à partir de là, nous interroger sur la signification de l'effacement de la distinction entre le naturel et l'artificiel, et sur les implications éthiques de cet effacement."

Catherine Larrère enseigne au département de Philosophie de l'université Paris I.

Conférence organisée par la Société de philosophie de Bordeaux.


Mercredi 21 mars à 18h30

"La porte à côté"

Présentation de la collection des éditions Atelier in 8.

"Nouvelles d'aujourd'hui narguant les lendemains tristes de l'automne à venir ; nouvelles fraîches pour une lecture rapide, récréative. Réjouissante. Troublante parfois, pas trop, juste ce qu’il faut pour exciter la curiosité des uns et alimenter l'insatiable fringale de drame et de mystère des autres.

Chaque titre est un style, un monde, une fuite, un regard porté sur l'insignifiant ou le scandaleux, le caché, l'insaisissable qui s'insinuent et surgissent… Vous verrez, c'est bien la porte à côté, à quelques soupirs de votre émotion."

Avec Chantal Detcherry : "La fiancée du mascaret", Danielle Estèbe-Hoursiangou : "Le jardin" et Claude Chambard : "La dormition".


Samedi 24 mars à 17h

Gérard Bazalgette

Pour son livre "La tentation du biologique et la psychanalyse" publié aux éditions Érès.

Gérard Bazalgette est psychiatre, psychanalyste à Bordeaux. Il est vice-président du Quatrième Groupe (après en avoir été le président) fondé en 1969 par Piera Aulagnier, Jean-Paul Valabrega et François Perrier.

"Que veut dire "percevoir" ? Ou, encore, "représenter" ? Quelle est la situation du "traumatisme" pour le sujet humain qui en est affecté ? Ces questions, suscitées par l'énigme, la souffrance ou le symptôme du sujet, sont aujourd’hui saisies sur deux versants principaux, celui des neurosciences et celui de la psychanalyse. Et l'on se plairait à imaginer que cette double appréhension de phénomènes partiellement superposables se produise de façon non conflictuelle. Chacun sait que ce n'est pas le cas, et que pour une partie au moins des neurosciences et nommément de la psychiatrie neurocognitiviste radicale, il s'agirait tout simplement d'invalider la psychanalyse ou de la renvoyer au domaine des "philosophies de la vie" pour cause de non-scientificité. Ces mises en cause ne sont pas nouvelles, mais leur violence et la forte médiatisation dont elles font l'objet nécessitent plus que jamais des réponses précises et argumentées. Au-delà des polémiques stériles, cet essai montre pourquoi et comment la psychanalyse est venue, dès son origine, proposer une appréhension scientifique du fait mental. La mise en évidence par Freud d'un "appareil psychique", d'un "appareil psychosexuel" est à la base de la forme de scientificité qui en résulte.

Gérard Bazalgette propose ici une relecture de la genèse et de la structure de cet appareil qui le conduit à formuler des hypothèses nouvelles sur les concepts de perception, de représentation, de pulsion, de traumatisme, mais aussi à envisager les modalités spécifiques d'évaluation de la psychanalyse."

Débat avec Brigitte Dollé-Monglond, psychanalyste à Toulouse, Michel Minard, psychiatre des hôpitaux et directeur de la collection "Des travaux et des jours" aux éditions Érès et Jean-Louis Queheillard, psychanalyste à Bordeaux.


Mercredi 4 avril à 17h

Musique et Géographie

Conférence débat avec Claire Guiu (université Paris IV) et Yves Raimbaud (université Bordeaux III).

Organisée dans le cadre du festival Géocinéma, regards de géographes sur le thème du "Pont", du 2 au 5 avril.


Samedi 7 avril à 16h30

Roland Castro

Pour son livre : "Faut-il passer la banlieue au Kärcher ?" publié aux éditions L'Archipel.

Roland Castro est né en octobre 1940, mois de la promulgation du statut des juifs par Vichy. En 1961, il part pour Cuba et rencontre Che Guévara. Il reste plusieurs mois puis repart via les États- Unis. A son arrivée à Miami, il est arrêté par le FBI et restera interdit du territoire américain durant plus de vingt ans. Il s'implique dans les évènements étudiants des années 70, puis rencontre Jacques Lacan. En 1981, il lance Banlieue 89, est nommé délégué à la rénovation des banlieues par François Mitterrand mais démissionne lorsque ce dernier appelle Bernard Tapie comme ministre de la Ville. Le 21 avril 2002, à la suite de l'arrivée de Le Pen au second tour des élections présidentielles, il décide avec des amis de lancer le Mouvement de l'Utopie Concrète. Il vient de renoncer à présenter sa candidature aux présidentielles, mais ajoute : "Les raisons d'être du MUC sont plus que jamais actuelles et de long cours ; on n’a donc pas fini de m’entendre…"

"En novembre 2005, les banlieues, sur la quasi-totalité du territoire français, étaient la proie d'émeutes. À cette occasion, le ministre de l'intérieur, Nicolas Sarkozy, prononçait des paroles qui sont restées dans les mémoires, promettant notamment de nettoyer les "quartiers" au kärcher. Une expression, pour le moins malheureuse, répétée plusieurs fois devant des journalistes. Les habitants de ces mêmes quartiers s'en sont sentis humiliés, plus rejetés encore, si c'est possible, de la communauté nationale.

Ce volume veut, sans minimiser les problèmes existants, montrer que le rejet n'est jamais une solution et que ces quartiers réputés difficiles sont aussi des lieux où l'on peut trouver des richesses humaines insoupçonnées si l'on veux bien se donner la peine de les rechercher. Pour faire des banlieues des espaces urbains où l'on peut vivre heureux, des solutions existent."

Le débat sera animé par Gérard Boulanger.


Mardi 10 avril à 18h

Ignacio Ramonet

Pour le livre "Fidel Castro, biographie à deux voix" publié aux éditions Fayard.

Théoricien des médias, journaliste, l'une des voix les plus représentatives du mouvement altermondialiste, Ignacio Ramonet est directeur du Monde Diplomatique et auteur de plusieurs ouvrages dont : "Géopolitique du chaos" (Galilée, 1997), "La tyrannie de la communication" (Gallimard, 2001), "Guerres du XXIe siècle, peurs et menaces nouvelles" (Galilée, 2002) et "Irak, histoire d'un désastre" (Galilée, 2005).

"Résultat de plusieurs semaines d'intenses conversations entre Ignacio Ramonet et Fidel Castro, cette "biographie à deux voix" donne les clés de la révolution cubaine à travers le parcours personnel et politique du dernier "monstre sacré" de la politique internationale.

Quelle a été son enfance ? Où et quand s'est forgé le rebelle ? Quelles étaient ses relations avec Che Guevara ? Comment sa petite guérilla a-t-elle vaincu la puissante armée de Batista ? Le monde a-t-il été au bord de la guerre nucléaire pendant la "crise des missiles" d'octobre 1962 ? Combien de fois a-t-on tenté de l'assassiner ? Quelle impression lui a laissée le pape Jean-Paul II pendant sa visite à Cuba en 1998 ? Pourquoi critique-t-il si âprement Felipe Gonzalez et José Maria Aznar alors qu'il vante les qualités du roi Juan Carlos ? Quels souvenirs garde-t-il de François Mitterrand, de Régis Debray, du commandant Cousteau ? Comment explique-t-il l' "affaire Ochoa" ? Que pense-t-il de la globalisation néolibérale, de la guerre en Irak et du président Bush ? Pourquoi les autorités cubaines ont-elles arrêté quelques soixante-dix opposants non violents en mars 2003, et appliqué, la même année, la peine de mort aux responsables du détournement d'un bateau ? Le régime souffre-t-il de la corruption ? Le socialisme cubain est-il vraiment "irrévocable" ? Quel est le secret de l'alliance avec Hugo Chávez ? Quelles sont les orientations actuelles de la politique et de l'économie cubaines ? Qu'adviendra-t-il après Fidel Castro ?"

L'entretien exhaustif d'Ignacio Ramonet donne lieu à des réponses inédites, et constitue une démarche que la figure éminemment controversée de Fidel Castro rend passionnante. C'est aussi un récit instructif sur le passé, le présent et l’avenir de la révolution cubaine et de l'Amérique latine alors que prend fin le long règne du comandante.

La rencontre est organisée par l'association France-Cuba, Espaces Marx et les Amis du Monde Diplomatique, suivie d'une projection à l'Utopia de"Viva Cuba".


Mercredi 11 avril à 18h30

Olivier Chadoin

À l'occasion de la parution de son livre "Être architecte : les vertus de l'indétermination" aux Presses Universitaires de Limoges.

Olivier Chadoin est sociologue et enseigne à l'école d'architecture et de paysage de Bordeaux et à l'université de Limoges. Il a, entre autres, publié : "Du politique à l'œuvre, systèmes et acteurs des grands projets urbains et architecturaux", avec Patrice Godier et Guy Tapie, (éditions de l'Aube, 2000) et "La ville des individus, sociologie, urbanisme et architecture" (L'Harmattan, 2005) et co-dirigé "Activités d'architecte en Europe : nouvelles pratiques" (La Villette, 2004),

"La sociologie, des professions et du travail, des architectes pointe généralement la faiblesse de la cohésion professionnelle de ce groupe et ses difficultés à faire valoir une "compétence" spécifique lui permettant de maintenir et d'imposer clairement sa position dans la division sociale de l'acte de construire. Pourtant les architectes maintiennent leur place dans ce champ. Ils auraient même plutôt tendance à y développer une "multipositionnalité". Ce livre propose donc d'abandonner la volonté de caractériser la "compétence" ou "l'identité professionnelle" des architectes, pour comprendre comment ils parviennent à maintenir leur présence dans l'univers de la construction. Comment le titre d'architecte et les conceptions qui lui sont associées fonctionnent comme un capital mobilisable par ces derniers pour poursuivre leur existence et se maintenir comme "professionnels". L'hypothèse centrale de l'ouvrage est que, loin d'une "déprofessionnalisation" ou d'une "mutation d’identité", les architectes font montre d'une grande faculté d'adaptation liée au capital symbolique attaché à leur titre. Cette mobilisation du groupe professionnel pour maintenir et faire valoir sa place est décrite sous le terme de "travail professionnel" entendu comme un regard sur les pratiques renvoyant à deux dimensions : à la fois travail de production du bâti architectural et travail de production d'une identité professionnelle, celle d'architecte."

Le débat sera animé par Françoise Liot.


Vendredi 20 avril à 18h30

Laurent Lèguevaque et Frédéric Mazé

Pour son livre "Les sales dessous de Dame Justice" publié aux éditions Regain de lecture.

Après des études de droit et de psychologie, Laurent Lèguevaque intègre en 1989 l'École nationale de Magistrature. Nommé juge d'instruction à Thonon-les-Bains, Macon puis Tours, il gardera ce poste durant treize ans. Après un premier polar intitulé "Accusé, couchez-vous" (Gallimard), il reçoit quelques remontrances de la part de sa hiérarchie. Le 17 janvier 2005, il démissionne de son plein gré pour dénoncer les raideurs de la magistrature. Son récit "Un juge s'en va" (L'Archipel) reviendra sur cette décision, extrêmement rare dans le milieu judiciaire. Son précédent livre, "Plaidoyer pour le mensonge" (Denoël) traite du fonctionnement de la justice.

Frédéric Mazé est journaliste indépendant.

Laurent Lèguevaque revient sur cette quête de vérité, illustrée par la multiplication des expertises, scientifiques ou pas.

Rencontre organisée par Espaces Marx.


Mercredi 25 avril à 16h30

Boris Le Roy

Autour de son livre : "Quand j'étais petit, je voterai", illustré par Hélène Georges et publié aux éditions Actes Sud.

"Un vrai roman marrant pour entrer en politique par la petite porte. Le jeune narrateur, qui mettrait des culottes courtes si celles-ci étaient encore à la mode, part en campagne - et non à la campagne - pour devenir délégué. Sous son air de roman pour détendre, ce texte de Boris Le Roy donne en vrac toutes les définitions nécessaires pour construire un citoyen en herbe, conscient de ses droits, de ses devoirs et du fonctionnement des institutions… Quand à savoir qui du narrateur, de Cachot ou de Lune sera élu… Un roman plein de rebondissements." (Le Monde de l'éducation).

Rencontre, lecture et petit goûter.


Vendredi 27 avril à 18h

Didier Roth-Bettoni

Autour de son ouvrage : "L'homosexualité au cinéma" publié aux éditions La Musardine.

Journaliste et critique de cinéma, ancien rédacteur en chef du Mensuel du Cinéma et de La Saison cinématographique, Didier Roth-Bettoni est aussi l'ancien rédacteur en chef du magazine culturel gay Ex æquo. Il dirige actuellement le magazine Illico tout en continuant à écrire régulièrement sur le cinéma.

"La manière dont le cinéma parle d'homosexualité, entre caricatures avilissantes et productions underground ou militantes, est tout sauf neutre : que les homosexuels soient réprimés ou tolérés, les films en portent la trace, multipliant les personnages ou les sujets à caractère gay, ou au contraire niant jusqu’à l'existence des homosexuels des deux sexes. C'est donc cette histoire complexe, faite d'avancées et de reculs selon les époques et les pays, où se mêlent des aspects purement cinématographiques et d'autres de nature plus politique, que cet ouvrage va s'efforcer de retracer.

Unique en son genre, ce livre offre un panorama très complet des multiples représentations des gays et des lesbiennes dans le 7e art, de son invention à nos jours, à travers le monde entier. Un tour d'horizon qui ne se limite pas au cinéma gay ni aux grands films parlant d'homosexualité (Mort à Venise, L'Homme blessé, Victor Victoria, Le Secret de Brokeback Mountain…) mais qui englobe des genres plus secrets (le western, le film noir) ou plus inattendus (les duos comiques à la Laurel et Hardy, les comédies franchouillardes, le cinéma d'horreur), sans oublier l'érotisme.

Greta Garbo, Rainer Werner Fassbinder, Rock Hudson, Barbara Hammer, Wong Kar-wai, Michel Serrault, Chantal Akerman, Youssef Chahine, Jean Cocteau, Gus Van Sant, Derek Jarman, Pedro Almodovar, François Ozon, Pier Paolo Pasolini et Rose Troche font partie de ce voyage à la fois chronologique et géographique à travers plus de 5000 films."

Rencontre organisée dans le cadre du festival Cinémarges et animée par Eléonore Drexel.


Samedi 28 avril à 18h

Javier Sáez

Pour son livre : "Théorie queer et psychanalyse" publié aux éditions Epel.

Né à Burgos en 1965, Javier Sáez est sociologue et traducteur. Cofondateur de la revue philosophique Archipiélago, il doit sa formation en psychanalyse lacanienne à Jorge Alemán et à Carmen Gallano.

"Le développement de la théorie queer est inhérent à l'émergence de nouvelles lignes de pensées qui virent le jour, dans les années soixante-dix, sous le nom du "post-structuralisme". Ainsi, les travaux de Foucault (La Volonté de savoir), de Deleuze et Guattari (L'Anti-Œdipe, capitalisme et schizophrénie) de même que ceux de Derrida (concepts de "déconstruction", de "différance"…), travaux qui tous, entretenaient une relation complexe avec la psychanalyse."

"Javier Sáez brosse le tableau des avancées d'auteurs queer nord-américains (Judith Butler, Teresa de Lauretis, Gayle Rubin,) mais également européens (Monique Wittig, Beatriz Preciado, Marie-Hélène Bourcier, Didier Eribon). Il retrace les temps forts de cette tension entre le mouvement queer et la psychanalyse : reconnaissance, affrontements, malentendus."

"C'est que, comme le note Saez, les institutions psychanalytiques se sont développées dans une dérive moralisante et normalisatrice, "à l'opposé du potentiel critique que renfermaient les travaux freudiens", allant jusqu'à bannir les homosexuels de l'analyse. En France, il a fallu attendre l'esprit non conformiste de Lacan, exclu en 1963 de l'Association psychanalytique internationale, pour rompre avec les préjugés homophobes de l'institution psychanalytique.

Il s'ensuit une psychanalyse pas moins divisée par la critique queer que ne l'est celle-ci par celle-là : contestée pour son homophobie, pour n'avoir pas pu se déprendre de la normativité psychiatrique ou n'avoir pas su débusquer l'origine historique et idéologiquement marquée de certains de ses concepts, la psychanalyse s'avère cependant susceptible de redonner vie à sa capacité subversive."

Rencontre organisée dans le cadre du festival Cinémarges et animée par Jean-Paul Abribat.


Jeudi 3 mai à 18h30

Olivier Boulba-Olga

Autour de son ouvrage : "Les nouvelles géographies du capitalisme, comprendre et maîtriser les délocalisations" publié aux éditions du Seuil.

Olivier Bouba-Olga est maître de conférences à l'université de Poitiers et membre du CRIEF (Centre de recherche sur l'intégration économique et financière). Ses travaux portent sur l'économie de l'entreprise et de l'innovation et sur le développement économique local. Il a notamment publié "Économie de l'entreprise" (Seuil, 2003) et collaboré à "L'Invention du marché : une histoire économique de la mondialisation" (Seuil, 2004).

ST Microelectronics, Thomson, Hewlett Packard, Metaleurop, … la litanie des délocalisations semble ne jamais devoir s'interrompre… Et chacun de chercher le coupable idéal : les "avantages acquis" ; l'ouvrier chinois ; l'état et sa fiscalité ; les patrons voyous ; les fonds de pension anglo-saxons, etc.

Cet ouvrage propose une autre lecture. Il démontre que les délocalisations participent d'un processus plus général de réorganisation des activités économiques à l'échelle mondiale, au sein duquel le "déménagement" d'activités vers les pays en développement pèse finalement peu. Ce processus, soumet l'ensemble des acteurs à une triple dictature : dictature des coûts (où l'on apprend que la question du coût du travail n'est pas vraiment essentielle), dictature financière (où l'on constate que le fonctionnement des marchés financiers est loin d'être rationnel) et dictature des compétences (où l'on cerne les limites des politiques des pôles de compétitivité). Les effets de cette triple dictature sont ambivalents : elle est au cœur du processus de création de richesses et d'emplois, mais creuse aussi les inégalités spatiales et sociales, au profit, pour l'essentiel, des détenteurs du capital financier et de ressources spécifiques.

Inutile de rechercher les "méchants" de l'histoire, car le problème est systémique, indissociable des mutations du capitalisme dans une économie mondialisée. Mais cela n'implique en rien l'impuissance du politique. Si la dynamique du capitalisme est contraignante, les façons de répondre à la contrainte sont plurielles. C'est encore et toujours aux politiques de proposer les modèles alternatifs et aux citoyens de manifester leur préférence par leurs votes et leurs actions collectives.

Le premier mérite de cet ouvrage est de dresser l'inventaire rigoureux des choix possibles.

Rencontre organisés par le GREThA (université Montesquieu Bordeaux IV).


Vendredi 4 mai à 18h

Fatima Elayoubi

Autour de son livre : "Prière à la lune" publié aux éditions Bachari.

"Fatima Elayoubi est allée à l'école durant trois ans. Elle a écrit ce livre pour parler à la place de ceux qui se taisent, ceux dont le travail est invisible : femmes de ménage, caissières, balayeurs.
Page après page, Fatima se livre à la Lune. On suit le parcours de la petite fille qui doit quitter l'école, de la femme qui quitte son pays pour suivre son mari, de l'illettrée (en français) qui n'est bonne qu'à faire le ménage. On découvre aussi sa féminité enfouie sous la poussière, son corps malade qui rencontre le corps médical. Ce livre dit que l'Écriture sauve."

Rencontre organisée par l’association PromoFemmes Saint-Michel, lectures en français et arabe, intermèdes musicaux.


Mercredi 9 mai à 18h30

Laurent Mauduit

Autour de son livre : "Petits conseils" publié aux éditions Stock.

Après avoir été chef du service économique de Libération, Laurent Mauduit est entré au Monde, où il a tour à tour été responsable de la politique économique et sociale française, puis rédacteur en chef du service Entreprises, puis directeur adjoint de la rédaction et enfin éditorialiste. Victime d'une censure et en désaccord avec la politique éditoriale, il vient de quitter ce quotidien. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages, dont "La grande méprise" (Grasset, 1996), "La gauche imaginaire et le nouveau capitalisme" (Grasset, 1999), "L'adieu au socialisme" (Grasset, 2002), "Jacques le Petit" (Stock, 2005).

"Quelle est cette éminence grise du capitalisme parisien qui, au fil des ans, a conseillé plus de la moitié des plus grands patrons français, ceux dont les groupes sont cotés au CAC 40, et qui, les uns après les autres, les a presque tous trahis ? Quel est ce conseiller qui s'autorise, quand il aide à la cession d'une entreprise, à se faire payer deux fois, d'abord par le vendeur, ensuite par l'acquéreur, sans que quiconque n'ose lui faire publiquement grief de contrevenir à ce point aux règles de la vie des affaires ? Quel est ce banquier d'affaires d'un genre un peu singulier qui se fait rémunérer par des PDG pour son rôle d'entremetteur, mais qui n'hésite pas à changer brutalement de camp, pour ourdir des complots contre eux, les renverser et mettre à leur place de nouveaux dirigeants qui deviennent du même coup ses obligés ? Quel est cet auteur prolifique dont les livres sont souvent accueillis avec bienveillance par la critique, alors qu'il se fait fréquemment aider par des "nègres" et qu'il a même été une fois lourdement condamné pour plagiat ? Qui est cet ancien haut fonctionnaire qui conseille Nicolas Sarkozy sur ses priorités économiques et sociales, après avoir intrigué, en d'autres temps, pour être secrétaire d'État dans un gouvernement de gauche ? Entre OPA hostiles et tractations dans les coulisses du pouvoir et de la presse, quel est cet homme, qui joue si habilement de sa position à la tête de l'un des médias français parmi les plus influents et qui est devenu l'un des porte-drapeau les plus emblématiques du système français ? Bref, à la confluence de la vie des affaires, de celles des médias et de la politique, qui tire autant de ficelles à la fois ? Qui pèse autant, dans l'ombre, sur les affaires publiques et sur les affaires privées ? Dans un étrange mélange des genres, dans d'incessants conflits d'intérêts, qui dispense ainsi ses "petits conseils" et symbolise à ce point le capitalisme de connivence français ? Adossé à un récit méticuleux qui apporte de nombreuses révélations sur la presse ou le monde des affaires, l'ouvrage résout cette énigme et apporte, ce faisant, un éclairage saisissant sur l'opacité du capitalisme français."

Rencontre animée par Patrick Rödel et Maria Santos-Sainz et organisée avec la collaboration de l'Institut de Journalisme Bordeaux-Aquitaine.


Mardi 22 mai à 18h

Voyage au pays du vin

Autour de l'ouvrage : "Voyage au pays du vin, des origines à nos jours. Histoire, anthologie, dictionnaire", publié aux éditions Robert Laffont-Bouquins, sous la direction de Françoise Argod-Dutard, Pascal Charvet et Sandrine Lavaud.

"Cette somme inépuisable raconte l'odyssée du vin, héros central de notre culture, confluent de Noé et de Bacchus. Le vin livre ici son histoire intime, technique et économique, mais aussi religieuse, littéraire et artistique : sous toutes ses cultures, sous toutes ses couleurs, des racines aux feuilles, coule, au travers de ces pages, la vie du vin qui, plus qu'une substance stimulante, irrigue tous les domaines de notre civilisation."

"Ce volume de 1300 pages se compose de deux ensembles qui se développent chronologiquement et parallèlement : "L'histoire et les lieux" et  "Le Vin et les Lettres".

"L'histoire et les lieux" embrasse tous les aspects, techniques, culturels et sociaux ; il va des origines jusqu'à nos jours et est exposé par les spécialistes du CERVIN ; européen et mondial, il prend en compte les toutes dernières données et intègre tout ce qui touche aux techniques de production et de vinification, aux goûts et manières de table, aux fêtes, et aux résonances artistiques, littéraires et religieuses...

L'ensemble "Le Vin et les Lettres", à côté des textes célèbres naturellement présents ici, recèle une foule de documents inédits, notamment pour l'Égypte grecque, les premiers traités de viticulture au Moyen âge, les récits de voyageurs et pèlerins, ou des textes peu connus, traduits et éclairés par des commentaires nouveaux. Les religions sont ici à l'honneur avec les livres saints et les traditions chrétiennes, juives ou islamiques, où vin et vigne sont omniprésents. On y trouve aussi les amateurs célèbres et leurs crus favoris : Rabelais, Érasme, Ronsard, Montaigne, Louis XIV, Samuel Pepys, Alexandre Dumas, François Mauriac, Michel Mau, Alexandre de Lur Saluces... Ce "Voyage au pays du vin" sait encore nous faire passer du vin, simple aliment, au vin du plaisir, lentement dégusté dans des verres adaptés, et du vin de la fête au vin érotique."

La rencontre est organisée par l’association CEPDIVIN. Avec la participation de Françoise Argod-Dutard, Sandrine Lavaud, Christian Coulon, Éric Pothier, Amancio Tenaguillo y Cortázar. Lectures théâtralisées par le comédien Éric Sanson, vins dégustés : différents pays d’Europe et du Monde.

Participation (débat et dégustation) : 4 € dans la limite des places disponibles. Réservation : 06.30.80.39.67.


Mercredi 23 mai à 18h30

Didier Nordon

À l'occasion de la parution de son livre "Vous reprendrez bien un peu de vérité ?" aux éditions Belin-Pour la science.

Didier Nordon est chroniqueur à la revue Pour la Science. Il a enseigné les mathématiques à l'Université de Bordeaux 1 et est l'auteur de nombreux ouvrages.

"Vérité. Ce à quoi l'esprit peut et doit donner son assentiment" (Grand Robert, 2001). Voilà bien une injonction ! La vérité est comme la loi : nul n'est censé l'ignorer. Serions-nous donc condamnés à étudier les deux millions d'articles scientifiques qui paraissent chaque année et qui, tous, prétendent dévoiler un peu de l'inépuisable vérité du monde? Non, rassurons-nous.

Plutôt qu'absorber la dose massive de vérité que diffusent ces articles, nous pouvons profiter, grâce à ce recueil, de l'humour dont sont porteurs leurs perles, leurs paradoxes, leurs contradictions."


Jeudi 24 mai à 18h30

Patrick Troude-Chastenet

Pour la dernière livraison des Cahiers Jacques Ellul : "La propagande" publiée aux éditions l'Esprit du Temps.

Patrick Troude-Chastenet est Professeur de Science Politique à l'Université de Poitiers, président de l'Association Internationale Jacques Ellul et directeur des Cahiers Jacques-Ellul. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages dont : "Chaban" (Seuil, 1991), "Entretiens avec Jacques Ellul" (La Table Ronde, 1994), "Citizen Hersant" (Seuil, 1998), "Jacques Ellul, penseur sans frontières" (L'Esprit du Temps, 2005).

"Au tout début des années 1950, Jacques Ellul s'est demandé si la démocratie pouvait faire bon ménage avec cette technique de formation de l'opinion. Il reconnaissait volontiers que l'information est la clef de la démocratie mais en même temps il rappelait que ce régime est historiquement lié à la propagande puisque, fondé sur la concurrence électorale, il suppose l'affrontement de propagandes rivales. Les régimes démocratiques prétendent s'appuyer sur la seule vérité mais au regard de l'Histoire, le vrai est le point de vue du plus fort, c'est-à-dire du plus efficace.

Parmi les multiples travaux publiés sur la propagande, les thèses d'Ellul font date. Contrairement à l'opinion dominante, Ellul a montré que la propagande était un phénomène ancien mais qui avait pris une nouvelle dimension dans la société technicienne et qu'elle n'était pas l'apanage des seules dictatures mais une nécessité pour tous les régimes. Jacques Ellul a également montré qu'il existait une complicité entre le propagandiste et le propagandé, que la propagande ne se limitait pas à la guerre psychologique mais englobait les relations publiques, la publicité et la communication, que l'information n'était pas nécessairement la clef de la démocratie mais que la distinction traditionnelle entre information et propagande était délicate à manier.

Ces analyses d'Ellul n'ont jamais été aussi actuelles."

La rencontre est organisée par l'Association Internationale Jacques Ellul.


Samedi 26 mai à 17h

Dominique Lormier

Pour son livre "La dérive intégriste" publié aux éditions Acropole.

Dominique Lormier est historien, spécialiste de la Seconde Guerre mondiale. Membre de l'institut Jean-Moulin, il est l'auteur de très nombreux ouvrages, dont "Le livre d'or de la Résistance dans le Sud-Ouest" (Sud-Ouest, 1991), "Histoire de la presse en France" (De Vecchi, 2004), "Comme des lions, mai-juin 1940" (Calmann-Lévy, 2005), "C'est nous les africains : l'épopée de l'armée française d'Afrique, 1940-1945" (Calmann-Lévy, 2006), "Jean Moulin" (Infolio, 2007).

"L'intégrisme religieux a toujours existé dans l'histoire de l'humanité. Il se fonde sur des critères que l'on retrouve dans toutes les grandes religions : la peur des autres et du changement, la certitude de détenir l'unique vérité salvatrice, la phobie du sexe, le mépris des femmes, le refus du dialogue, la guerre "sainte" comme objectif final, la bigoterie, une interprétation littérale des textes religieux, la haine des mystiques et des voies spirituelles dépassant les dogmes institués par des théologiens. De façon plus sournoise, l'intégrisme peut se manifester sous la forme d'un double langage, pétri de bons sentiments, mais cachant une logique fanatique dualiste. La pensée dualiste tient pour établi que devant deux propositions contradictoires il faut choisir la vraie, éliminer la fausse, car il n'y a pas de troisième solution. Ce principe du tiers exclu permet d'éliminer, dans tous les sens du terme, bien des exclus...

Ce recul affecte toutes les religions. Chez les chrétiens par exemple, il existe de nos jours des religieux qui considèrent les dinosaures comme un "symbole d'hérésie" parce qu'ils sont pour eux l'emblème de la négation de la création. Le monde, affirment les créationnistes, a été créé il y a 5 753 ans, alors que les scientifiques situent le règne de ces sauriens à environ cent millions d'années...

Que faire face à l'obscurantisme ? Allons-nous lentement mais sûrement vers un nouveau Moyen Âge religieux ?

Dans cet essai très documenté, Dominique Lormier analyse toutes les formes et tous les "visages" de l'intégrisme religieux, des origines à nos jours."


Vendredi 1er juin à 19h

Michel Danton et Corinne Enaudeau

Autour du livre d'artiste : "Milieux des Gestes" publié par la Galerie le Domaine Perdu.

Corinne Enaudeau est philosophe, directeur de programme au Collège international de philosophie et professeur en classes préparatoires aux Grandes Écoles.

Son travail s'est attaché à comprendre les mécanismes de la représentation, représentation mentale, théâtrale, politique. En témoignent son livre "Là-bas comme ici" (Gallimard, 1998) et ses contributions à plusieurs revues de psychanalyse (Nouvelle Revue de psychanalyse, Le Fait de l'analyse, L'Inactuel) et ouvrages collectifs, comme "Brûler les planches, crever l'écran" (L'Entretemps, 2001) et le "Temps du désespoir" (PUF, 2002).

Né à Caen en 1952, Michel Danton peintre, joue, déjoue, travaille sur, avec, dans un lieu commun : l'écriture. Pigments, liants, tarlatanes, papiers anciens cousus, tissés, collés sont les moyens souvent requis par l'artiste pour miner l'appareil du texte, les modestes matières d'un enchantement. Il a déjà publié "Peintures légendées, 1995/2005" (Alternatives, 2005), catalogue de l'exposition conjointe des musées de Cognac et Saintes.

La rencontre sera animée par Michel Enaudeau.


Jeudi 7 juin à 19h

Les éditions confluences

Dans le cadre de l'Aquitaine se livre, la Machine à Lire organise du 4 au 9 juin une semaine "portes ouvertes" aux éditions confluences, invitées à présenter leur collection littéraire, Traversées. Cette collection à ce jour réunit deux domaines : un domaine africain, dirigé par Alain Ricard, Traversées de l’Afrique et un domaine français, dirigé par Éric Audinet, Traversées. Sans a priori de genres, on trouve dans cette collection aussi bien des essais que des fictions, des récits ou des nouvelles. La réalisation des couvertures de la collection, depuis le début, a été confiée, sauf exception, au peintre Thierry Lahontàa.

Depuis 1994, date de la création de la maison d'édition, trente et un titres sont parus, vingt neuf auteurs publiés, que vous pourrez retrouver à l'occasion de cette semaine.

Le jeudi 7 juin, à partir de 19h, sera proposée une soirée en plusieurs temps, entrecoupée par un cocktail, qui réunira, autour d'Éric Audinet et Alain Ricard, les auteurs présents de la collection.

Par ordre alphabétique :

Jacques Abeille, Pierre Benoit, Jean-Pierre Bernés, Jean Broustra, Renaud Borderie, Sory Camara, Denis Caniaux, Christian Coulon, Jean Esponde, Alain Ferrari, Bertrand Guillot de Suduiraut, Jean-François Hamon, Yves Harté, Jean Lacouture, Michèle Laforest, James Machobane, Bernard Manciet, William Margolis, Thomas Mofolo, Olivier Mony, Edouard Motsamai, Marc Pautrel, Jean-Francis Pécresse, Jean-Marie Planes, Didier Pourquié, Patrick Rödel, Angelo de Sorr, Pierre Veilletet.

Le vin du cocktail est offert par le Château Lamblin (côtes de Bourg).

La manifestation l'Aquitaine se livre est soutenue par la Direction Régionale des Affaires Culturelles, l'Agence Régionale pour l'Écrit et le Livre, les Librairies Atlantiques et le Conseil Régional d'Aquitaine.


Vendredi 8 juin à 18h30

Daniel Grandclément

Autour de son livre : "L'affaire Grandclément" aux éditions Lucien Souny.

Auteur et réalisateur, Daniel Grandclément parcourt le monde depuis le début des années 80. Il commence comme journaliste politique (France Inter, RTL) puis devient présentateur de télévision (Antenne 2, France 3), rédacteur en chef de TF1, et abandonne les salles de rédaction pour voyager et filmer les sujets qui l’intéressent.

France 3 vient de diffuser son documentaire sur "L'affaire Grandclément" qui retrace les dix années d'enquête sur André Grandclément, figure emblématique et controversée de la Résistance Bordelaise.


Samedi 9 juin à 17h

Isabelle Morin

Autour de son livre : "La phobie, le vivant, le féminin" publié aux éditions Presses Universitaires du Mirail.

Isabelle Morin est psychanalyste, docteur en psychopathologie.

"Chacun a l'expérience de la phobie : la sienne ou celle d'un proche. Et il mesure la disproportion qu'il y a entre l'objet de la phobie et la peur que cet objet suscite. On soupçonne dès lors que cette peur peut en cacher une autre, plus énigmatique qui maintient le sujet à distance de cet objet.

À contrario des psychothérapies qui prennent le risque de démunir le sujet du symptôme pour le protéger de ce danger, Isabelle Morin examine les conditions d'émergence, les raisons et la fonction de la phobie. Elle en tire les conséquences pour la direction de la cure quand elle est menée jusqu'à son terme. La phobie permet au sujet de traiter son rapport à ce qu'il est comme "réel vivant". Elle borne le champ du désir, sa fonction est de mettre une limite là où règne la pulsion. De nombreuses références cliniques empruntées à la pratique de l'auteur ainsi qu'à la littérature contribuent à une démonstration des plus convaincantes."

"J'ai entendu à la radio c'matin : On a une chance sur dix millions de se faire mordre par une chauve-souris enragée. Faut quand même savoir qu'il y a un gars qui s'est sûrement cassé le cul pendant des mois et des mois (avec du matériel et tout !) pour arriver à la conclusion suivante : "on a une chance sur dix millions de se faire mordre par une chauve-souris enragée". Alors moi, j'suis pas curieux, mais j'aurais quand même bien voulu savoir comment il a fait, le gars pour déterminer qu'on avait tous - en moyenne - une chance sur dix millions de se faire mordre. Ben oui, parce que bon… Admettons que le gars soit très copain avec une bande de chauves-souris enragées, il les connaît depuis longtemps, il les a déjà dépannées quand elles étaient dans la merde et tout… Mon vieux, elles lui doivent tout, elles ne lui cachent rien, ils ont un degré d'intimité ensemble, mais bon…"

La rencontre est organisée par l'A.P.J.L., Divan d'Ouest et la Lettre lacanienne et sera animée par Michel Mesclier et Jean-Louis Meurant.


Jeudi 14 juin à 18h

Hommage à Jean Hugon

À propos de l'ouvrage : "Jean Hugon" de Michel Pétuaud-Létang, Christian Jean dit Cazaux, photographies de Jean-Bernard Nadeau et Jean-François Zamanski, préface de Dominique Dussol (A éditions).

"C'est dans la lumière que Jean Hugon, coloriste autodidacte, conduit son œuvre jusqu'à l'épanouissement de ses ultimes toiles.

Lumières de Marseille, où il naît en 1919, qui le guident des rives de la Méditerranée à celles de l'Atlantique dont il saura exploiter les nuances infinies. Lumières dont il guette tous les effets de ses premières ébauches, gauches et massives aux fulgurances de ses acryliques de la plénitude."

Dès la guerre finie, il n'a qu'un désir, peindre. Entre tradition perdue et abstraction sèche, il cherche un chemin personnel. Il fréquente de jeunes artistes très actifs, et fait sa première exposition en octobre 1946 à Toulouse.

Spontanément fauve dans ses premières œuvres, sa peinture s'épaissit dans une quête de paix qu'il semble ne pas trouver. Il intègre le "Groupe du Chariot" avec Yankel, Schmidt, Pagès, Goedgebuer, Patez, Teulières, Vernette, rencontre Dieuzaide dont l'amitié lui sera un soutien permanent et entretient une correspondance suivie avec Pignon.

Il s'installe à Bordeaux en 1953, au milieu d'une intense effervescence artistique et d'une floraison de groupes. Il y côtoie Labégorre, Carrère, Vallet, Pistre, Charazac, Bouilly, Lhote, Tessandier, Rivière, Belaubre, Maurin...

Dès le début des années 1970, il part exposer à l'étranger et en profite pour peindre des paysages nouveaux : le Maroc, le Canada en 1981, puis New York et Miami, la Martinique, Cincinnati en 1983 et surtout Moscou et Leningrad en avril 1986.

"Avec les tonalités pâles de la Russie, il va surprendre en créant une série toute en touches subtiles. Étonnante évolution qu'il développera lors de ses voyages à Berlin en juillet 1987."

Jean Hugon disparaît le 28 mars 1990.

Rencontre avec Michel Pétuaud-Létang, Christian Jean dit Cazaux et Catherine Hugon.


Samedi 23 juin à 17h

Roland Pfefferkorn

Pour son ouvrage : "Inégalités et rapports sociaux" publié aux éditions La Dispute.

Roland Pfefferkorn, professeur agrégé en sciences sociales, enseigne à l'université Marc-Bloch de Strasbourg. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages.

"Les défis à relever par une analyse en termes de classes ne manquent pas, notamment par rapport aux lacunes des analyses classistes antérieures et aux transformations de la structure sociale intervenues au cours des dernières décennies : modifications des contours et caractéristiques des différentes classes et fractions de classes, transformations induites par la montée de l’activité professionnelle des femmes et effets de la transnationalisation croissante de l’économie, sans compter la question de la subjectivité et de la conscience de classe qui mérite une attention particulière… L'effervescence théorique qui a résulté de la Révolution féministe des années 1969-1976 est l'autre point fort du livre. Les concepts de "genre" ou de "rapports sociaux de sexe" insistent sur le caractère construit et antagonique des rapports hommes-femmes."

La rencontre sera animée par Monique Nicolas.


Vendredi 22 juin à 18h30

Frédérique Deghelt

Pour ses deux ouvrages : "Je porte un enfant et dans mes yeux l'étreinte sublime qui l'a conçu" et "La vie d'une autre" publiés aux éditions Actes-Sud.

Journaliste et réalisatrice de télévision, voyageuse infatigable, avec Paris pour port d'attache, Frédérique Deghelt est déjà l'auteur de "La valse renversante" (Sauret, 1995).

"Frédérique Deghelt est une rusée. Elle ne craint pas de flirter avec le fantastique pour mieux nous accrocher. "La Vie d'une autre" joue sur du velours - notre fascination pour le mystère de l'amnésie. La narratrice se réveille un matin, amputée de sa vie récente. Douze années effacées. Tsunami de la mémoire. "Ai-je toujours une mère ? Ai-je toujours les mêmes amis ? Ai-je toujours un boulot ? Mais où ?" On ne sait pourquoi, elle s'abstient de parler de son étrange handicap à Pablo, son mari. Retrouvera-t-elle sa propre vie ? Réponse vers la fin du roman, à lire sans reprendre haleine..." (Catherine David)


Jeudi 28 juin à 18h30

Gabriel Périès

Autour de son livre : "Une guerre noire, enquête sur les origines du génocide rwandais (1959-1994)" publié aux éditions La Découverte.

Gabriel Périès, docteur en Sciences politiques, est enseignant à l'Institut National des Télécommunications d'Évry. Il est l'auteur de nombreux travaux sur les doctrines militaires contre-insurrectionnelles.

"Au printemps 1994, au Rwanda, près d'un million de personnes ont été exterminées en quelques semaines. À un rythme trois fois plus élevé que le génocide des juifs d'Europe. Comment un tel crime de masse a-t-il été rendu possible ? Quelle est la responsabilité des grandes puissances occidentales et de la France, surtout, si proche des génocidaires ? Après quatre ans d'enquête, dans les archives du monde entier, sur le terrain, auprès des militaires français, rwandais et belges, à interroger diplomates et politiques, Gabriel Périès et David Servenay tentent de répondre à ces questions. À l'aide de témoignages inédits et de documents confidentiels, ils lèvent le voile sur l'une des origines secrètes du génocide rwandais : la doctrine française de la "guerre révolutionnaire". Des opérations clandestines menées dans le " pré carré" au moment de la décolonisation, en passant par le trouble jeu du général De Gaulle, ils établissent la généalogie de ce qui fut pendant des décennies un véritable savoir-faire de l’armée française. Formalisé pendant la guerre d'Indochine et appliqué en Algérie, il a largement inspiré les dispositifs répressifs mis en place dans un grand nombre d'États africains… dont le Rwanda des années 1960. Et ce n'est pas le fruit du hasard si l'un des meilleurs élèves africains de la "guerre révolutionnaire" perpétra, plus de trois décennies plus tard, le dernier génocide du XXe siècle : hiérarchies politico-militaires parallèles, gardes présidentielles transformées en escadrons de la mort, action psychologique, quadrillage administratif et militaire des populations formèrent un système efficace susceptible de mobiliser toute une société au service du projet exterminateur de ses dirigeants. Cette histoire inconnue éclaire d'un jour nouveau la responsabilité de l'État français dans le génocide rwandais."

La rencontre est organisée par l'association Cauri et sera animée par Adelaïde Mukantabana et Pascal Bianchini.


Jeudi 5 juillet à 18h30

Marie-Pierre Servantie

Rencontre autour de son livre : "Chromo-architecture, l'art de construire en couleur" publié aux éditions Alternatives.

"La couleur n'est pas seulement un complément, une option venant agrémenter ou parachever une construction. Elle "participe à l'essence même de l'architecture". L'architecte se doit de l'intégrer dès les premières ébauches de son projet. Si la couleur, dans l'infinie richesse de ses nuances et modulations, est présente au cœur de la nature, pourquoi et comment pourrait-elle être absente du cadre de vie immédiat de l'être humain, à savoir de son habitat ?" (Sur la Route des Bâtisseurs)


 

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