8, Place du Parlement 33000 Bordeaux France Tel : 05.56.48.03.87 Fax : 05.56.48.16.83.

ouvert du mardi au samedi de 10h00 à 20h00 et le lundi de 14h00 à 19h00.

Tramway : Bourse (C), Palais (A). Stationnement : Bourse, Camille-Jullian.

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PROGRAMME DES RENCONTRES JANVIER-JUIN 2005

 


Mercredi 8 décembre à 18h30

Étienne Rousseau-Ploto

Pour son livre : "Ravel, portraits basques", publié aux éditions Séguier.

D'origine franco-russe et basque d'adoption, Etienne Rousseau-Plotto est titulaire d'une maîtrise d'Histoire (Bordeaux), d'un premier prix d'orgue (Bayonne) et d'une maîtrise de théologie sur Olivier Messiaen (Strasbourg). Il est professeur d'histoire à Biarritz et organiste de l'église Saint-André à Bayonne. Il est l'auteur de "Stravinsky à Biarritz" (Séguier, 2001).

"Maurice Ravel, le compositeur le plus célèbre du XXe siècle, est né à Ciboure en 1875 de mère basque. Mais on sait peu en général qu'il parlait parfaitement la langue basque, qu'il aimait le vin d'Irouléguy et se baignait quotidiennement dans la baie de Saint-Jean-de-Luz lors de ses nombreux séjours sur la Côte d'Argent. Ce livre tente d'éclaircir les liens qui unissent l'auteur de "Daphnis et Chloé" à son pays natal, son œuvre à la culture euskarienne. Il décrit en même temps le passionnant monde culturel européen des années 1900-1930, dont l'élite se retrouvait sur la Côte basque, avant comme après la tragique coupure du premier conflit mondial. Celui-ci marque un tournant dramatique dans le destin du compositeur, d'autant que sa mère, son seul amour assumé, disparut pendant la guerre.

Il faut imaginer Ravel, déjà prêt à aller se baigner en peignoir de bain jaune et bonnet rouge, faisant découvrir à son ami Samazeuilh le thème du "Boléro" joué d'un doigt sur le piano dans l'appartement qu'il louait à Saint-Jean-de-Luz. Vraiment français et vraiment basque, Ravel nous révèle que puiser dans ses racines est pour un artiste le meilleur moyen d'être universel. Son attachement passionné pour sa patrie et ses "frères de race" (comme l'on disait à cette époque) ne l'empêchait pas d'ignorer les frontières et les chauvinismes, scandaleux terreaux des violences et des guerres.

Il nous enseigne aussi que seul le partage de la création artistique nous permet d'atteindre à l'essentiel des êtres et des choses."

La rencontre sera illustrée d'extraits musicaux.


Samedi 11 décembre à 17h

Anne Garde et Laure Vernière

Autour de leur livre : "Pondichéry Masala" publié aux éditions du Seuil.

Anne Garde et Laure Vernière ont déjà publié ensemble : "Sur les routes de la soie" (Albin Michel, 1995), "Symboles de la Côte Basque" (Assouline, 2001), et "Japan express : travel mystery" (Seuil, 2003) où apparaissent les personnages de l'inspecteur Ramen et de sa co-équipière Massima.

Anne Garde a publié de nombreux ouvrages de photographie dont "Rendez-vous balnéaire" (Apogée, 1995), "Les Quinconces" avec Jean-Marie Planes (Confluences, 1998), ainsi que "François Mauriac ou le regard de la mémoire" avec Michel Suffran (Colona, 1985) et "De l'esprit des vins : Bordeaux" avec Pierre Veilletet (Adam Biro, 1988) tous deux malheureusement épuisés.

"Pondichéry, hier et aujourd'hui, l'influence française et la très ancienne civilisation tamoule, les castes qui existent toujours, la douceur et la difficulté de vivre, ce qui est clair et abscons à la fois... Mais que recèle donc cette ville blanche, bien qu'indienne, au refrain français saugrenu ? " La ville aux mille paradoxes n'a pas fini d'intriguer l'inspecteur Ramen et Massima, son double littéraire persuadé que la fiction est l'arme maîtresse du détective intelligent. Plume et appareil photo en main, tous deux se lancent sur les traces de Bambi Lafayette, jeune Français fou de musique anglo-indienne contemporaine et du cinéma de Bollywood, mystérieusement disparu à Pondichéry. Pondichéry, Chennai, Auroville, Tanjore, le Chettinad : l'Inde les fascine, l'Inde leur fait signes, et au fil des indices, se dessinera un parcours riche en aventures, rencontres, couleurs et poésie au goût masala...

Récit illustré et polar fantaisiste : une folle histoire digne des plus grands films indiens."

La rencontre sera animée par Michel Suffran, Anne Garde exposera quelques unes des photographies de l'ouvrage à la Galerie.


Jeudi 6 janvier à 18h30

Eva Thomas

Pour son livre "Le sang des mots, Les victimes, l'inceste et le droit" publié aux éditons Desclée de Brouwer.

Eva Thomas, fondatrice de SOS Inceste, fut institutrice, conseillère en éducation au Tchad, puis rééducatrice et psychopédagogue dans les écoles. Elle a participé activement au groupe de pilotage du Ministère de la Santé sur la prévention des abus sexuels auprès des enfants. Elle a fondé l'ARENI, puis a participé à la création de la FNAREN pour l'aide aux enfants en difficulté à l'école. Depuis 2002, elle anime des ateliers d'écriture autour de l'imaginaire.

Eva Thomas écrit Le Viol du silence en 1986. Elle crée au même moment l'association SOS Inceste et participe à une émission télévisée à visage découvert ; elle libère alors la parole sur les viols incestueux et se lance dans une campagne de dénonciation de ces crimes souvent secrets. Mais d'avoir vu, en juin 1989, une victime d'inceste condamnée pour diffamation, elle se retrouve en état de choc.

"Le Sang des mots" est le récit de cet effondrement, et de la lente renaissance qui l'a suivi. À la voix de l'auteur s'en mêlent d’autres : celles des victimes d'abord, mais aussi des magistrats, des psychanalystes, des professionnels concernés par ce problème. Questions difficiles à entendre. À quoi sert le corps d'une petite fille violée dans l'économie familiale ? Quel est le lien entre inceste, suicide et prostitution ? En quoi l'inceste représente-t-il une des formes les plus achevées de la torture ? Comment éviter que les pères violeurs ne deviennent des grands-pères violeurs ? Pourquoi la prescription condamne-t-elle les victimes à porter la faute du père, souvent jusqu'à ce que mort s'en suive ?

Publié en 1992, "Le Sang des mots" est ainsi devenu un ouvrage de référence sur la question. Les aléas de l'édition l’avaient rendu introuvable. L'évolution des mentalités imposait qu'il fût réédité. En dix ans en effet, le débat s'est largement ouvert dans les médias ; le regard sur les victimes a changé, la prescription est en passe d'être modifiée. Restent des milliers de victimes adultes qui se battent chaque jour pour survivre à la catastrophe vécue dans leur enfance, sans le secours de la loi.

Cette nouvelle édition est précédée d'une préface de Marie Balmary et d'une introduction inédite de l'auteur.


Jeudi 13 janvier à 18h30

Dominique Boudou

Autour de son livre : "L'école et la danse des ours" publié aux éditions le Bord de l'eau.

Né en à Paris en 1955, Dominique Boudou entre en 1976 dans l'Éducation nationale comme instituteur. Il a déjà publié : "Un grand silence" (Le Bord de l'eau, 1995), "Les boîtes noires" (Gallimard, 1999), "Fragments pour une dormeuse" (Opales, 2001).

Instituteur dans une école primaire de la banlieue bordelaise, Dominique Boudou nous parle de l'École qui selon les docteurs de tout poil de Bruxelles, du Medef, des gouvernements successifs et du ministère de l'Éducation lui-même "va mal". Nous faisant part de son expérience en lettré attentif aux enfants, Dominique Boudou dresse le portrait d'une école toujours debout constituée de maîtres "affranchis du carcan pédagogique, à la fois humbles et ambitieux" pour lesquels l'éducation n'a rien d’un dressage selon le mot de Leibnitz : "l’éducation, (confondue avec le dressage), peut tout puisqu'elle fait danser les ours". Cela suppose, de leur part, "qu'ils refusent de s'inféoder à tous les pouvoirs, économique, politique, médiatique, et qu'ils osent, enfin, lever les yeux vers le grand large. La mission éducative est un voyage au long cours sur l'insondable immensité de l’être."

Ce énième livre sur l'école n'émane pas d'un énième spécialiste rendu aveugle à la globalité par l'exiguïté de son champ d'études. "Ma qualité d'instituteur généraliste plus féru de déambulations littéraires que de pédagogie cognitive est un atout."

L'auteur fait la démonstration que les "adversaires" d'une école plus accessible à l'égalité des possibles sont parfois ceux qui opèrent de l'intérieur : par exemple quelques pédagogues en mal de notoriété…

Le débat sera animé par Patrick Rödel.


Samedi 15 janvier à 17h

Nicolle Kress-Rosen

Pour la parution de son livre : "Martha F. : roman" publié aux éditions Lattès.

Agrégée de grammaire, Nicole Rosen a enseigné à l'université avant de se consacrer à la psychanalyse. Elle a déjà publié : "Trois figures de la passion" (Arcanes, 1994), "Du côté de l'hystérie" (Arcanes, 1999), "Chez les Thomas, on est très famille" (Lattès, 2002), "Moi, j'ai un homme dans ma vie" (Lattès, 2003).

"J'ai envie de comprendre soudain pourquoi j'ai renoncé, toute ma vie, à penser par moi-même, à décider de mon sort. Pourquoi je me suis vouée tout entière à l'accomplissement d'une vie, d'une oeuvre qui n'étaient pas les miennes."

Voilà les questions qui s'imposent à Martha, la veuve de Sigmund Freud, au terme de la correspondance qu'au soir de sa vie, dans la solitude de son exil londonien, elle vient d'échanger avec une journaliste américaine.

D'avoir confié à cette jeune étrangère le récit de son existence lui fait apparaître sous un jour nouveau les cinquante-trois années passées dans l'ombre du grand homme. Celle que les biographes ont dépeinte comme la meilleure des épouses prend peu à peu la mesure de sa soumission. Devait-elle accepter de s'effacer, auprès de son mari, devant sa sœur, puis sa fille? Lui fallait-il, pour lui complaire, renoncer à sa religion?

Et donnant la parole à cette femme que l'on a toujours réduite au silence, Nicolle Rosen en fait un témoin privilégié : de la vie de Freud d'abord, dont elle trace un portrait sans complaisance, de l'invention et de l'essor de la psychanalyse, de son temps aussi, qui a vu changer la face du monde. Mais ce roman est avant tout un travail de mémoire, comparable à une analyse, qui permet, enfin, à un sujet de parler en son nom."

La rencontre est organisée par l'association Trait.


Mercredi 19 janvier à 18h30

Cécile Croce

Pour son livre : "Psychanalyse de l'art symboliste pictural : l'art, une érosgraphie", publié aux éditions Champ Vallon.

Cécile Croce est maître de conférences à l'Université Michel de Montaigne Bordeaux 3 et enseigne à l'IUT et en Arts Plastiques où elle dispense un cours de "psychanalyse et art" depuis une douzaine d'années. Elle est l'auteur de plusieurs articles et conférences sollicitant le plus souvent une approche psychanalytique de l'oeuvre d'art.

"La vérité est multiple : elle prend la voix de la philosophie, celle de la psychanalyse, du mythe, de l'histoire, de la sémiologie, et tant d'autres… Ces modes de pensée différents ne se tournent pas le dos : il leur arrive qu'ils se croisent, se rencontrent, s'accompagnent, se font écho, s'appuient, s'élucident, s'épaulent. Oui, nous avons recours quelquefois à des penseurs de diverses disciplines lorsque leurs investigations sur le thème questionné semblent avoir été si profondes et si pertinentes…"

"Nés de la même époque, l'art symboliste et la psychanalyse auraient semblable objet - Psyché visitée par Eros. Ces deux domaines, selon leurs méthodes propres, en oeuvre ou en investigation analytique élaborant un ensemble théorique, tendent les miroirs de notre âme, soulevant de lourdes questions (la séduction et le trauma, la mort et le deuil, l'angoisse, l'amour...) - nos énigmes. Ils peuvent ainsi s'enrichir mutuellement : la psychanalyse relançant la compréhension de l'oeuvre, tandis que celle-ci interroge à nouveau les concepts soulevés, apportant parfois un éclairage inédit. Une esthétique psychanalytique se distingue ainsi d'une psychanalyse appliquée à l'oeuvre et se fonde toujours sur l'analyse plastique. De "Oedipe et le Sphinx" de Gustave Moreau à "La Vie et la Mort" de Gustav Klimt, en passant par le magnifique "Péché" de Franz von Stuck, l'art symboliste pictural tire les fils sensibles de nos parts obscures, excitant encore la définition de l'esthétique, assurant sa place clef dans l'histoire de l'art."

La rencontre sera animée par Jean Broustra et Bernard Lafargue.


Jeudi 20 janvier à 18h30

Hommage à René Lourau

Autour de l'ouvrage collectif "Actualité de la théorie de l'institution" publié aux éditions L'Harmattan.

Universitaires, les neuf auteurs sont à la fois des artisans et des utilisateurs de la théorie de l'institution. Certains d'entre eux ont été des compagnons de route de René Lourau, aujourd'hui disparu. Témoignage à la fois de la vigueur d'une pensée et de certains moments du parcours, cet ouvrage, coordonné par Jacques Ardoino, Patrick Boumard et Jean-Claude Sallaberry, se veut aussi hommage à l'un des fondateurs tant du mouvement institutionnaliste que de la théorie.

"Au moment où certains auteurs pensent observer le "déclin" de l'institution, au moment où la question de la "citoyenneté" se pose avec insistance à la République, au moment où il devient urgent de penser le changement (nécessaire) tout en tenant compte de l'actuel, il est indispensable de concevoir et de modéliser l'institution. "L'actualité" d'une théorie de l'institution est, ainsi, double. Il s'agit d'une part de rappeler sa pertinence dans la situation actuelle de la société française et des sociétés modernes, d'autre part de témoigner de la vitalité d'une pensée."

"...Ce choix m'a mené vers des impertinences que j'espère fécondes... et fidèles. La question de la fidélité peut paraître ici étrange. Elle est importante pour moi. Elle est toujours en lien avec ce qui un jour a fondé une relation et une histoire, avec ce qui, à ce moment là, a fait sens… Même si plus tard s'est imposée la reconnaissance de ce qu'il pouvait y avoir d'illusoire en tout cela... Ici la fidélité n'a rien à voir avec la morale. Elle est ce qui relie à sa propre histoire. Pour ce qui me concerne, mettre ici en œuvre une démarche inspirée par la symbolisation institutionnelle ente simplement de prendre au sérieux ce que j'ai cru comprendre, au tout début des années 1970 dans la rencontre avec René Lourau et Georges Lapassade. L'analyse institutionnelle, ses concepts et leurs implications, doit aussi permettre de regarder sa propre histoire et ses propres turbulences." (Marc Guiraud)

La rencontre réunira Jean-Claude Sallaberry et Marc Guiraud.


Mercredi 26 janvier à 18h30

Xavière Gauthier

Pour la parution de son livre "Paroles d'avortées, quand l'avortement était clandestin" aux éditions La Martinière.

Maîtresse de conférences à l'Université Bordeaux - III et chercheuse au CNRS, Xavière Gauthier est l'auteure de nombreux ouvrages dont "Surréalisme et sexualité" (éditions Gallimard, 1971), "Les parleuses", avec Marguerite Duras (éditions de Minuit, 1974), "La Vierge rouge : biographie de Louise Michel" (éditions de Paris, 1999). Elle a publié en 2002 "Naissance d'une liberté, avortement, contraception : le grand combat des femmes au XXe siècle" (éditions Robert Laffont).

"Il suffit d'écouter les femmes", plaidait Simone Veil pour défendre son projet de loi. C'était en novembre 1974, devant un parlement déchaîné contre l'idée de légaliser l'avortement ; c'était il y a trente ans. De quelles femmes la ministre parlait-elle alors ? Des 800.000 femmes environ qui avortaient clandestinement chaque année ; de toutes celles qui avaient subi la plus grande solitude, la souffrance physique, l'anonymat et l'opprobre de toute une société. Simone Veil parlait pour toutes ces femmes qui, dans l'immense majorité, se taisaient.

Il suffit d'écouter les femmes.., encore faut-il qu'elles parlent. Par devoir de mémoire, Xavière Gauthier est allée à leur rencontre et les a écoutées raconter les années noires de l'avortement clandestin. Elle a recueilli ces témoignages avant que les souvenirs s'émoussent, avant que cette histoire se perde : pour sortir du silence les femmes qui ont payé cher leur refus d'une maternité esclave ; pour que les jeunes générations mesurent la valeur de la légalisation de l'avortement, comprennent qu'il y a eu un avant et un après la loi Veil ; pour que l'on n'oublie pas que, chaque jour, dans certains pays du monde, des femmes souffrent et meurent encore d'avortements clandestins.

La rencontre sera animée par Josée Lartet-Geffard.


Samedi 29 janvier à 17h

Cepdivin

Rencontres gastronomiques :

"Ce que manger Sud-Ouest veut dire", de Christian Coulon, et Château de Bachen, du cuisinier Michel Guérard (Eugénie les Bains)

Christian Coulon, professeur à l'Institut d'études Politiques de Bordeaux et auteur de Le Cuisinier Médoquin (éditions Confluences, 2000) présentera son dernier livre, "Ce que manger Sud-Ouest veut dire : essai vagabond" (éditions Confluences, 2003).

Olivier Dupond, responsable technique de Château de Bachen, organisera la dégustation de ses différents vins et expliquera la spécificité de son métier en relation directe avec l'un des plus importants représentants de la cuisine du Sud-Ouest.

La rencontre sera animée par Éric Pothier, historien du vin (Université Michel de Montaigne-Bordeaux 3).

Le débat portera particulièrement sur la conclusion du livre de Christian Coulon "Le vin horizontal" et sa réflexion sur la richesse des appellations du Sud-Ouest. Cette approche "repose sur un élément essentiel de la philosophie du goût : la curiosité". Les deux intervenants exprimeront la vision qu'ils ont du monde du vin actuellement en profond renouvellement. L'expérience de Michel Guérard, en cuisine comme au cuvier, est-elle une recherche d'équilibre gustatif parfait ? Est-ce l'esquisse d'un idéal gastronomique allant jusqu'à considérer le vin comme un plat à créer ?

Entrée libre, participation : 3 €. ; gratuit pour les adhérents de Cepdivin. Vin dégusté : Château de Bachen, 40800 Duhort-Bachen.


Mercredi 2 février à 18h30

Figures de l'art

Autour de la huitième livraison de la revue Figures de l'art : "Animaux d'artistes", publiée aux Publications de l'Université de Pau.

"Pourquoi les animaux jouent-ils un rôle si important dans l'art des quarante dernières années? Suivant l'exemple de Joseph Beuys, apprenant à cohabiter avec un coyote américain pour soigner la dermatose qu'il avait contractée dans les camps de jeunesse allemands, d'Hermann Nitsch se baignant dans les entrailles sanglantes des moutons qu'il vient de sacrifier aux morts de la deuxième guerre mondiale ou d'Ana Mendieta revêtant les plumes d'un poulet qu'elle vient de saigner au rythme d'un vaudou cubain, Huang Yong Ping demande à des crapauds, serpents, lézards, scorpions, araignées, mille-pattes, scolopendres, etc... d'être les acteurs du Théâtre du monde qu'il installe au Centre Georges Pompidou, Damien Hirst découpe des vaches et des veaux qu'il expose à côté de requins entiers dans des aquariums remplis de formol, Matthew Barney lance son Cremaster dans des devenirs escargot, bélier, abeilles, bison, poisson, pigeons jacobins, chimères très spéciaux, Oleg Kulik se met à aboyer et mordre en chien cannibale, Patricia Piccinini fabrique des familles d'hybrides heureux et pacifiques qui paraissent en mesure de supprimer les frontières entre les animaux et les humains, les artistes biotech comme Eduardo Kac, Georges Gessert, Joe Davis, Marta de Menezes, ... font de l'ADN leur médium de prédilection afin d'embellir le monde de nouvelles chimères ou de cultiver une viande qui n'ait plus le goût du meurtre, etc. La liste des artistes qui, aujourd'hui, font oeuvre avec des animaux, serait infinie.

Suivant les pistes d'Adorno et d'Horkheimer, reprises par Cyrulnik, Serres, Deleuze et Derrida, ces hordes d'animaux chassent "l'animal" du zoo des philosophes idéalistes, comme un concept bête et méchant, dont les camps de concentration nazis auraient révélé les effroyables conséquences. Peut-être ouvrent-elles la voie à des "transgénésariums" païens, propres à chavirer la petite barque à casiers, que Noé avait réussie à mener jusqu'à nous. Les barrières des taxinomistes seraient-elles en passe de perdre leurs barbelés? Après avoir mis en évidence les fonctions principales de la représentation des animaux dans l'histoire de l'art, c'est à ces nouvelles pratiques artistiques animalières, particulièrement troublantes, que ce huitième numéro de Figures de l'art se consacre". (Bernard Lafargue)

La rencontre réunira Olivier Le Bihan, Cecile Croce, Jens Hauser, Elisabeth Magne, Lydie Pearl avec Bernard Lafargue (rédacteur en chef de Figures de l'art).


Jeudi 3 février à 18h30

Olivier Chadoin

Autour de son ouvrage "La ville des individus, sociologie, urbanisme et architecture" publié aux éditions L'Harmattan.

Olivier Chadoin est sociologue et enseigne à l'école d'architecture et de paysage de Bordeaux et à l'université de Limoges. Il a, entre autres, publié : "Du politique à l'œuvre, systèmes et acteurs des grands projets urbains et architecturaux", avec Patrice Godier et Guy Tapie, (éditions de l'Aube, 2000) et co-dirigé "Activités d'architecte en Europe : nouvelles pratiques" (éditions de la Villette, 2004).

"La forme donnée à cet ouvrage part d'un doute pédagogique : comment enseigner et expliquer ladite "fin de la ville", ou son éclatement, sans brader les catégories conceptuelles et les notions qui forment la tradition intellectuelle de la pensée sur la ville ? D'un côté les analystes de la ville mettent l'accent sur l'éclatement de la forme classique de nos villes, de l'autre, de nombreux sociologues insistent sur la fin de l'idée de société ou la pluralité des "régimes d'action". Quels rapports établir entre ces travaux ? Doit-on en conclure l'obsolescence de nos catégories d'analyse fondées sur les notions de ville et de société ?

Comprendre les pensées contemporaines sur les changements urbains en les reliant aux travaux classiques du domaine : tel est le premier fondement de cet essai. Pour parvenir à cette fin, il combine l'exigence didactique du manuel et le caractère problématique de l'essai.

À la fois parcours dans la pensée urbaine, sous la forme de rappels de travaux dispersés en filigrane, et tentative de synthèse des débats et problématiques qui traversent les travaux sur la ville et l'architecture aujourd'hui, il établit un lien entre l'état des questions et l'état des savoirs."

La rencontre sera animée par Jean-Philippe Guillemet.


Samedi 12 février à 18h

Roland Gori

Autour de son livre : "La santé totalitaire, essai sur la médicalisation de l'existence" publié aux éditions Denoël-L'espace analytique, en collaboration avec Marie-José Del Vogo.

Roland Gori est professeur de psychopathologie à l'Université d'Aix-Marseille I et psychanalyste, membre d'Espace analytique. Il a notamment publié : "L'unité de la psychologie?" (Navarin, 1989), "La science au risque de la psychanalyse" (Érès, 1999), "Logique des passions" (Denoël, 2002) et "La difficulté d'être malade aujourd'hui : essai sur l'éthique médicale" (Albin-Michel, 2005).

"Comment peut-on être malade aujourd'hui dans une médecine qui transforme le patient en consommateur, sans souci authentique pour sa souffrance psychique ? L'oubli du malade dans la médecine contemporaine semble être le prix à payer pour des soins toujours plus rationnels et scientifiques. L'exploration du corps humain, le diagnostic précoce des maladies, l'acharnement à les combattre par des traitements douloureux et invasifs, exproprient "pour son bien" le patient de son corps. À travers des protocoles de diagnostic et de soins très standardisés, à travers le contrôle social de nos existences par une surveillance médicale accrue au nom de la santé publique, nos modes de vie se retrouvent toujours plus normalisés. Comment alors restituer au patient sa valeur de sujet et ses droits pour éviter de le transformer en marchandise au profit des industries de santé ? Comment concilier les exigences de la médecine scientifique et sa nécessaire vocation "thérapeutique", c'est-à-dire humaniste ?

À partir de son expérience du soin psychique, le psychanalyste a plus que jamais le devoir éthique et politique de mettre en garde contre les dérives de cette médicalisation généralisée et la "passion de l'ordre" qu'elle semble recouvrir. "

La rencontre est organisée par le groupe Trait et sera animée par Serge Bedère.


Mardi 15 février à 18h30

Bernard Jährling

Autour de son livre "Pierre d'homme", publié aux éditions Quart Monde.

"Réfugié avec sa mère allemande dans la France de l'après guerre, Bernard Jährling a 14 ans en 1955, quand on le dépose avec les siens au "camp des sans-logis" de Noisy-le-Grand près de Paris. Des abris en tôle et des tentes militaires alignés à la hâte sur une ancienne décharge, la boue, les rats, quelques pompes à eau... Dans ce lieu vivent jusqu'à deux mille personnes. "C'est quoi ça ? s'inquiète le nouvel arrivant, un camp de prisonniers ?".

Aux yeux de ce garçon, le seul homme qui représente le père qu'il n'a pas connu, c'est l'aumônier du camp, l'abbé Joseph Wresinski… L'auteur, maçon tailleur de pierres, nous fait découvrir ce prêtre qui tient bon parmi ces naufragés avec lesquels il crée le mouvement A.T.D. Quart Monde.

Avec ses yeux de jeune en colère puis son regard d'homme mûr, Bernard Jährling nous entraîne sur un chemin inédit de la haine à l'espérance."

La rencontre sera suivie de la projection à l'Utopia du film "Le camp de Noisy, combat universel", de la réalisatrice Claire Jeanteur.


Jeudi 17 février à 18h30

Ignacio Ramonet

Pour son dernier ouvrage : "Irak, Histoire d'un désastre", publié aux éditions Galilée.

Ignacio Ramonet est né en 1943 à Redondela en Galice (Espagne). Ses parents immigrent au Maroc après la guerre. Il fait des études de lettres, après avoir commencé des études d’ingénieur, à Bordeaux et à Rabat puis à Paris. Il s’installe à Paris en 1972, écrit aux Cahiers du cinéma, Libération puis Le Monde Diplomatique dont il devient le directeur en 1985. Il enseigne également la théorie de la communication audiovisuelle à l’Université Denis Diderot (Paris VII). Il est l'auteur de nombreux ouvrages dont : "Géopolitique du chaos" (Galilée, 1997), "La tyrannie de la communication" (Galilée, 1999), "Les propagandes silencieuses" (Galilée, 2000), "Nouveaux pouvoirs, nouveaux maîtres du monde" (Fides, 2001), "Guerres du XXIe siècle" (Galiléé, 2002), "Abécédaire partiel, et partial, de la mondialisation" avec Ramon Chao (Plon, 2003).

"Comment fut prise, au sein de l'Administration Bush, la décision d'envahir l'Irak ? Comment a été conçue, pour convaincre l'opinion mondiale, la plus ambitieuse opération de propagande et d'intoxication de tous les temps ? Quelles personnalités, autour du président des États-Unis, souhaitaient depuis toujours cette "guerre préventive" ? Pour quelles raisons ? Pour le pétrole ? Qui sont les "faucons" ? Quelle est l'idéologie des néoconservateurs ? Quels sont les liens entre cette guerre et les attentats du 11 septembre ? Comment les médias ont-ils été manipulés ? Qui a fabriqué les grands mensonges qui servirent de prétexte à l'invasion ? Pourquoi l'occupation de l'Irak a-t-elle tourné au désastre ? Qui sont les résistants ? Les États-Unis peuvent-ils se dégager du bourbier irakien ?

Ignacio Ramonet répond de manière documentée à chacune de ces questions, en reconstituant la chaîne d'événements et de décisions ayant abouti à l'invasion et à l'occupation de l'Irak : une réflexion passionnante sur les ambitions du néo-impérialisme américain."

Le débat sera animé par Dominique de Laage (Sud-Ouest).

 


Samedi 19 février à 17h

Huy Thiêp Nguyên

Pour son dernier livre "À nos vingt ans !" publié aux éditions de l'Aube.

Nguyên Huy Thiêp vit à Hanoi, où il est né en 1950. Il se consacre aujourd'hui à ce qu'il aime : écriture, peinture, sculpture et céramique. Sont déjà publiés aux éditions de l'Aube : "La vengeance du loup" (1997), "Conte d'amour un soir de pluie" (1999), "Une petite source douce et tranquille" (2002) et "L'or et le feu" (2002).

Thiêp nous propose ici son premier roman, à la fois très fort et émouvant. Écrit à la première personne, il ressemble à un double cri : celui d'un adolescent qui hurle sa révolte et son mal être et celui d'un père démuni et inquiet.

Rencontre organisée avec l'Association franco-vietnamienne Bordeaux-Aquitaine, en présence de son éditeur Marion Hennebert.


Mercredi 2 mars à 18h

Bernard Thibault

Pour le livre d'entretiens avec Pierre-Marie Thiaville et Marcel Trillat "Ma voix ouvrière" qu'il vient de publier aux éditions Stock.

"C'est l'histoire d'un gamin de la banlieue parisienne qui est devenu sans l'avoir voulu "l'homme par qui la France peut s'arrêter". C'est un collégien hésitant qui choisit la sécurité du service public pour soulager ses parents. Mais qui a piloté en 1995 l'une des plus grandes grèves de la SNCF. C'est un apprenti mécano qui ne voulait surtout pas être chef de bande dans sa cité… et qui dirige aujourd'hui une organisation de 700.000 adhérents. C'est un adolescent timide qui ne savait pas où était le Rideau de fer et ignorait tout des affaires du monde… Et qui, quelques années plus tard, s'est retrouvé devant la Porte de Brandebourg à Berlin, acclamé par 250.000 salariés allemands. C'est un jeune ouvrier de gauche qui chante L'Internationale le 10 mai 1981. Et qui découvre peu après que le Front national est en train de devenir le premier parti ouvrier de France. C'est un militant syndical qui a pris sa carte du PC quand le communisme s'est effondré… mais qui coupe méthodiquement, un par un, les liens historiques entre le Parti communiste et la CGT… C'est l'histoire d'un responsable profondément atypique et pourtant au sommet d'un monde syndical peu accoutumé au renouvellement. C'est en même temps toute l'histoire récente de la CGT et du syndicalisme, avec ses victoires, ses désastres, ses secrets, ses trahisons et son espérance pour demain."

Pierre-Marie Thiaville est journaliste économique et rédacteur en chef adjoint à France 2. Marcel Trillat est journaliste, rédacteur en chef à France 2 et documentariste. Il a réalisé pour la télévision, notamment pour le magazine "Envoyé spécial", de nombreux reportages et récemment pour "À contre-courant" deux documentaires consacrés au monde ouvrier : Trois cents jours de colère et Les Prolos.

La rencontre est organisée par l'U.D. CGT et sera animée par Bernard Broustet, avec la participation (sous réserve) de Marcel Trillat.


Mardi 8 mars à 20h30

Alexandre Nielsberg

Autour de son ouvrage : "L'idéologie toujours présente" aux éditions La Dispute.

Jérôme-Alexandre Nielsberg est critique littéraire et directeur de la revue "Contrepoints". Il a déjà publié : "Violences impériales et lutte de classes" (PUF, 2004).

"Idéologie : le mot a beaucoup servi. Forgé en 1796 par le philosophe Destutt de Tracy, il a traversé les frontières - académiques, nationales - et connu des fortunes diverses. C'est pourtant à travers la marque donnée par la tradition marxiste qu'il fut le plus utilisé au vingtième siècle. En revenant sur ses aventures philosophiques et sociologiques, de Destutt à Althusser en passant par Durkheim, Adorno, Arendt et d'autres, ce livre permet de comprendre la complexité et la subtilité du concept. Ni pure illusion, ni moteur de l'histoire, l'idéologie accompagne toute pratique et toute connaissance du réel. Ainsi "la mort des idéologies" ne serait-elle pas elle-même une idéologie, la pire des idéologies ? Enfin, Alexandre Nielsberg et Arnaud Spire, montrent que si l'idéologie libérale sert bien au maintien du capitalisme, informant nos rapports sociaux, notre économie, nos normes juridiques, jusqu'à nos loisirs, elle est ainsi aussi un "état réel" du monde."

Débat organisé dans le cadre des Rencontres Philosophiques Espaces Marx.


Mercredi 9 mars à 18h30

Gérard Boulanger et Édith Gorren

Pour leur livre "Plaidoyer pour quelques juifs obscurs victimes de Monsieur Papon" publié aux éditions Calmann-Lévy.

Avocat au barreau de Bordeaux depuis plus de vingt-cinq ans, Gérard Boulanger est également président de la Ligue des Droits de l'Homme de Gironde, ancien président du Syndicat des avocats de France, fondateur et président d'honneur de la confédération Avocats européens démocrates. Il a déjà publié : "Maurice Papon : un technocrate français dans la collaboration" (Seuil, 1993), et "Papon, un intrus dans la République" (Seuil, 1997).

Édith Gorren est artiste peintre et illustratrice.

"Le 2 avril 1998, le verdict de l'un des plus importants procès français du siècle est rendu : Maurice Papon est condamné par la cour d'Assises de Bordeaux à une peine de dix ans de réclusion criminelle pour complicité de crimes contre l'humanité. Secrétaire général de la préfecture de Bordeaux de 1942 à 1944, il avait alors contribué à la déportation de mille six cents Juifs, hommes, femmes et enfants.

Un mois auparavant, le 9 mars 1998, Gérard Boulanger entame les plaidoiries en tant que représentant des premiers plaignants individuels et de la majorité des parties civiles. Il se bat activement pour la réalisation de ce procès depuis le 8 décembre 1981. Il aura donc fallu dix-sept ans d’une instruction à rebondissements pour qu’enfin il puisse plaider.

Cet ouvrage est la retranscription fidèle de sa plaidoirie. Gérard Boulanger fait l'historique de cette instruction de dix-sept ans, de la bataille acharnée des parties civiles pour que le procès ait lieu malgré des tentatives de déstabilisation. Puis il rend compte du rôle qu'a joué Maurice Papon pendant la Collaboration. Arrivé en 1942 à Bordeaux, on lui confie la responsabilité des "questions juives" et, de facto, d'importants pouvoirs de police qui aboutiront à des réquisitions et à plusieurs rafles, à commencer par celle de la nuit du 15 au 16 juillet 1942, puis à la mise en place d'un redoutable fichier de juifs. À partir de 1944, Papon cherche à se couvrir, mais Gérard Boulanger met en pièce la pseudo-résistance du haut fonctionnaire.

Ce livre, illustré au fil du texte par les dessins d'audience d'Edith Gorren, est un document indispensable qui participe du devoir de mémoire national, un texte essentiel pour les générations n'ayant pas connu la guerre. C'est un plaidoyer contre l'oubli et pour que la vérité éclate : Papon ne fut pas un rouage de la machine bureaucratique de Vichy, mais bien un exécutant actif et sans pitié de sa politique de collaboration."

La rencontre sera animée par Françoise Taliano - des Garets.


Jeudi 10 mars à 18h30

Autour de Georges Perros

Présentation du catalogue : "Dessiner ce qu'on a envie d'écrire", textes et dessins de Georges Perros (co-édition Finitude, Musée des Beaux-Arts de Bordeaux).

Le Musée des Beaux-Arts de Bordeaux organise une exposition des dessins de Georges Perros. Présentée dans le cadre du "Printemps des Poètes", elle réunit pour la première fois, un ensemble de plus de cent œuvres : peintures, dessins, gravures, correspondances illustrées…

Rencontre avec Thierry Gillyboeuf et Thierry Boizet.


Vendredi 11 mars à partir de 19h

Lecture-concert

Avec Didier Arnaudet, Jacques Perconte et Jérôme Mauche.

La librairie sera exceptionnellement sonorisée pour vous faire écouter une lecture de Didier Arnaudet, manipulée, transformée et mise en musique par l'artiste multimédia, Jacques Perconte. Jeu d'échanges et d'écoute entre les deux artistes qui se servent l'un de l'autre afin de construire un collage sonore éphémère, cette première pièce, amorcée à l'occasion de la parution, en 2003, de l'ouvrage et CD-Rom, Exercices d'équilibre, va aboutir, en avril, à la conception d¹un recueil électronique de textes musicaux. (à  paraître en avril : coffret audio avec 1 CD-Audio + 1 livret de 48 pages).

Didier Arnaudet est poète et critique d'art pour différentes revues, et notamment pour art press. Il a publié, aux éditions Le bleu du ciel : "La déchirure venue" (1996) ; "En bras de chemise malgré la fraîcheur matinale" (2001) et L'Affiche n° 24, "Donc, il va falloir sévir. Mais bon, d'une autre manière" (1999).

Suivie de la lecture d'Électuaire du discount de Jérôme Mauche (2004)
Un électuaire était une substance constituée de poudres diverses employées pour combattre certaines maladies que l¹on mélangeait avec du miel. Prenant à rebours cette pratique, cherchant les voix de la guérison, Jérôme Mauche livre ici un codex de nouvelles courtes dont la narration, efficace et drôle, suggère que le mal gît probablement dans le remède.
Né en 1965, Jérôme Mauche vit à Paris où il est organisateur du cycle de lectures de poésie contemporaine au musée Zadkine, à Paris (2002-2004), critique d¹art et membre de la commission poésie du Centre national du Livre (2003-2006).
Déjà paru : "Fenêtre, porte et façade" (éditions  Le bleu ciel, 2004).

La rencontre est organisée dans le cadre du Printemps des poètes avec le soutien des "Libraries Atlantiques".


Lundi 14 mars à 18h30

Dominique Sigaud

Pour son roman : "The dark side of the moon" aux éditions Actes-Sud.

Dominique Sigaud a déjà publié : "La fracture algérienne, carnets de route" (Calmann-Lévy, 1991), "Blue Moon" (Gallimard, 1998), "Les innocents" (Gallimard, 2000), "De chape et de plomb" (Gallimard, 2003).

Anna Maria Maiol de Lagoa est journaliste. Elle vit à Guadaja del Sur, une ville imaginaire au bord de la mer. Par ambition, par naïveté, par arrogance ou peut-être de façon totalement suicidaire, cette jeune femme va se mettre en danger. Seule, et dans le plus grand secret – son courage doit être remarquable, son indépendance affirmée –, elle quitte la ville pour recueillir le témoignage d'un homme ayant survécu à la torture. Seule, elle note l'insoutenable sans même prendre le temps de regarder celui qui face à elle risque sa vie.

Le récit terminé, les noms, les faits à jamais mémorisés, Anna Maria repart. Elle pense rejoindre la ville, écrire son article, publier. Elle n'aura pas le temps de prendre la mesure de son erreur, à peine le temps d'avoir peur…

Un livre magnifique sur le passage insidieux entre l'orgueil et le mépris, l'assurance et l'arrogance. Un grand roman dans lequel la part animale de chaque personnage semble incarner l'humanité entière et ceci jusqu'au moindre repli de nos âmes.

La rencontreest organisée par l'Arpel Aquitaine et  sera animée par Michèle Sales.


Mercredi 16 mars à 18h30

Marc Pautrel

Pour son livre : "Le métier de dormir" aux éditions confluences.

Marc Pautrel est né en 1967. Il vit et il écrit à Bordeaux. "Le Métier de dormir" est son premier ouvrage.

"Des gens étranges le payaient pour dormir jour et nuit. Lorsqu'il se réveillait, il devait noter sur un carnet les rêves qu'il avait faits. Les rêves seulement, et jamais les cauchemars. Peut-être ne faisait-il pas de cauchemars, quoi qu'il en soit il n'avait pas à les noter. Les assistants passaient chaque jour dans la chambre récupérer le carnet qu'ils manipulaient avec de grandes précautions. L'homme aimait son travail. Il l'exerçait consciencieusement et avec efficacité. On disait de lui qu'il était le meilleur : celui qui dormait le plus longtemps sans se réveiller, celui qui effectuait les rêves les plus nombreux et les plus divers. Il était heureux de dormir."

La rencontre sera animée par Dominique Rabaté.


Samedi 19 mars à 17h

Jacques Nassif

Autour de son dernier ouvrage : "L'écrit, la voix : fonctions et champ de la voix en psychanalyse" (éditions Aubier).

Philosophe et psychanalyste, Jacques Nassif est l'auteur de nombreux articles et ouvrages dont "Freud l'inconscient : sur les commencements de la psychanalyse" (Galilée, 1977), "Le bon mariage : l'appareil de la psychanalyse" (Aubier, 1992), "Pourquoi faire une analyse ?" (Érès, 1993), "Comment devient-on psychanalyste" (Érès, 1999).

"La psychanalyse, a-t-on coutume de dire, serait née de l'abandon de l'hypnose, donc du renoncement au pouvoir de la voix. Pour Freud, lui succède le texte du rêve qui, déchiffré dans la cure, fait de l'inconscient une chose qui s'écrit. Lacan dénude la voix comme cause du désir, le dire comme seul avènement de la vérité ; mais, à son tour, il refoule sa propre découverte en rêvant d'un langage sans parole : l'écrit…

Pourtant, comme l'atteste le retour à la voix qui s'annonce dans ce livre, c'est bien elle seule qui, dans la cure, ouvre l'accès à l'inconscient. C'est elle seule qui se fait entendre dans toute lecture, que ce soit celle du rêve, de la séance ou de ces œuvres littéraires qui, loin d'effacer le pouvoir de la voix, comme l'ont toujours fait les récits de cas cliniques (impossible d'entendre la voix de l'Homme aux rats ou de l'Homme aux loups), restituent l'effet de la voix même, comme révélation du monde et de la vie.

L'enjeu est de taille, on le voit, puisqu'il s'agit de rien moins que du fondement de la psychanalyse elle-même et de la possibilité de sa transmission."

La rencontre est organisée par le groupe Trait et sera animée par Michel Demangeat.


Mardi 22 mars à 18h30

Jean Lemieux

Pour son livre "On finit toujours par payer" aux éditions La courte échelle.

Jean Lemieux est médecin et vit à Québec. Il a pratiqué aux Îles-de-la-Madeleine, où se situe l'action de son roman policier. Il vient d'obtenir le prix littéraire "Association France-Québec/Philippe-Rossillon".

"Par une nuit pluvieuse d'octobre, la fille d'un pêcheur de crabes disparaît derrière un bar de Cap-aux-Meules. On retrouve son corps nu dans un endroit désert. Dans cet univers clos et venteux, le sergent André Surprenant cherche à percer les secrets des insulaires. Une intrigue policière méticuleusement tissée et pleine d'humour.."

La rencontre est organisée par l'association Bordeaux-Gironde-Québec et sera animée par Marie Line Piccione.


Jeudi 24 mars à 18h30

Soirée éditions de l'Attente

Avec Hélène Gerster et Françoise Valéry.

Hélène Gerster est plasticienne, revuiste et écrivain. Elle vit et travaille à Genève et a publié : "Petit fait curieux dont le récit peut éclairer le dessous des choses"

Françoise Valéry est artiste et écrivain. Elle intervient dans l'association Promo-Femmes Saint Michel à Bordeaux pour concevoir des objets de transmissions des savoirs et des savoir-faire de femmes en situation de double culture.

Françoise Valéry présentera ses ouvrages "Elles cuisinent...", 68 recettes du monde avec des conseils diététiques pour un équilibre alimentaire de tous les jours et "Elles racontent...", des recettes du monde pour la santé et la beauté.


Vendredi 25 mars à 18h

Michel Suffran

Présentera son dernier roman : "Le colporteur bossu" publié aux éditions Aubéron.

Michel Suffran est l'auteur de nombreux romans, pièces de théâtre, biographies, ouvrages historiques et essais littéraires, notamment sur Mauriac, Francis Jammes, Dino Buzzatti et Jean de la Ville de Mirmont. Son œuvre a reçu le Grand Prix Littéraire de la Ville de Bordeaux.

"Qu'attendre d'une reliure vide acquise "dans un lot" au hasard d'une vente aux enchères, eût-elle jadis enfermé l'un des grands textes fondateurs de notre condition humaine? Rien d’autre qu'une amère frustration, rumine, d'emblée, Sébastien Lechat, bibliolâtre impénitent, toujours à l'affût de l'oiseau rare... Avant de se trouver happé, au péril de sa quiétude, peut-être même de sa vie, à travers un inextricable labyrinthe de passions et de convoitises assez âpres pour engendrer une série de meurtres plus ou moins déguisés."

La rencontre sera animée par Patrick Berthomeau.


Mercredi 30 mars à 18h30

Hommage à Bernard Charbonneau

Autour de la publication de l'essai inédit "Comment ne pas penser" aux éditions Opales.

Bernard Charbonneau dont Jacques Ellul se reconnaissait le disciple, est l'auteur d'une vingtaine d'ouvrages. Il a également publié de nombreux articles dans des revues et journaux divers telles que "La Gueule Ouverte", "Réforme", "Foi et Vie" et "Combat Nature". Les éditions Denoël viennent de rééditer "L'hommauto"

"Voici un manuel pratique, un livre de recettes pour éradiquer ce rongeur redoutable : la pensée, "source d’angoisses, de remords, de psychoses et de révolutions". Certes, on s'en délivre plus aisément avec les industries du divertissement : télé, internet, tourisme, fêtes sportives, festivals etc. qui occupent le temps et l'espace, donc la tête. Mais l'angoisse peut profiter de la moindre fissure : "Si le malade se trouve par hasard seul, inoccupé que sa télé soit en panne... il se sent mal à l’aise et il s'interroge... Alerte! il va se mettre à penser..." (Henriette Charbonneau)

La rencontre réunira Henriette Charbonneau, Simon Charbonneau et Daniel Cérézuelle.


Mardi 5 avril à 18h30

Gérard Streiff

L'eurocommunisme est une notion qui marqua la vie publique française de 1975 à 1978. Plus exactement, ce terme brilla de mille feux, tel un météore, durant l’année 1977.

Docteur en Histoire (IEP Paris), historien du Parti Communiste, auteur de nombreux ouvrages (dont des romans policiers et des ouvrages pour la jeunesse) et du livre "Jean Kanapa, une singulière histoire du PCF" (L'Harmattan), Gérard Streiff se propose de revenir sur la question de la critique kanapiste des pays de l'Est et de son échec.

Rencontre à l'initiative d'Espaces Marx.


Mercredi 6 avril à 18h30

Pierre Vermeren

Pour son ouvrage : "Maghreb : la démocratie impossible", publié aux éditions Fayard.

Pierre Vermeren est Normalien, agrégé d'histoire et a vécu huit années au Maroc, en Égypte et en Tunisie. Ses travaux de recherches portent sur le Maghreb contemporain. Il enseigne à Bordeaux après six années passées au lycée Descartes de Rabat.

Il a déjà publié : "Le Maroc en transition" (La Découverte, 2001), "École, élite, pouvoir" (Alizés, 2002), "La formation des élites par l'enseignement supérieur au Maroc" (La Découverte, 2002), "Histoire du Maroc depuis l'indépendance" (La Découverte, 2002).

"L'Algérie, le Maroc et la Tunisie ont constitué l'Afrique du Nord française. Ils forment aujourd'hui le Maghreb indépendant. Cet Occident des Arabes est devenu l'Orient proche des Français. Un monde à la fois voisin et très mal connu. Après les luttes anticoloniales, le tiers-mondisme triomphant et la seconde guerre d'Algérie, le temps de la maturité est venu.

Mais entre pouvoir autoritaire et menace islamique, la démocratie est-elle envisageable dans cette région du monde ? C'est la question que pose cet essai et à laquelle il tente de répondre grâce à un éclairage historique approfondi. Le nationalisme arabo-musulman ne peut occulter vingt siècles d'une histoire complexe que les militants pour l'indépendance ont voulu gommer.

À l'heure de la démocratie planétaire et du grand jeu américain au Proche-Orient, quel destin pour le Maghreb ? Poste avancé de l'Amérique dans le monde arabe, ou marge démocratique de l'Union européenne ?"

Le débat sera animé par Laurent Dornel.


Jeudi 7 avril à 18h30

Bénédicte Lavaud-Legendre

Autour de son livre : "Où sont passées les bonnes moeurs" aux Presses Universitaires de France.

Bénédicte Lavaud-Legendre a été en 2004 lauréate du prix Le Monde de la recherche universitaire. Elle est titulaire d'un DEA de droit pénal et sciences criminelles (Université Montesquieu - Bordeaux IV) et d'un certificat d'Aptitude à la Profession d'Avocat.

"Fais ce que tu veux tant que tu ne portes pas atteinte à la liberté d'autrui." Tel est semble-t-il le credo de notre société en matière de moeurs, chaque fois que se pose une question soulevant un enjeu moral. Ce consensus se traduit juridiquement par l'effacement si ce n'est la disparition de la notion de bonnes moeurs. On peut néanmoins s'interroger sur la légitimité de cet effacement. Le droit français peut-il faire l'économie de toute référence à une norme autre que le respect de la liberté individuelle ? De fait, le déclin de la notion de bonnes moeurs révèle une mutation considérable non seulement du droit (en particulier dans son articulation avec la morale), mais aussi du rapport de l'individu à la norme dans la société contemporaine. Dans ce contexte, la dignité de la personne humaine serait-elle à même d'intégrer un critère moral dans le droit, remplaçant ainsi les bonnes moeurs ? À travers l'étude de thèmes aussi divers que le mariage des personnes homosexuelles, l'adoption d'enfants par des couples homosexuels, la protection des mineurs contre la pornographie, la réforme du divorce, la censure..., Bénédicte Lavaud-Legendre montre que la disparition des "bonnes mœurs" s'accompagne paradoxalement d'une pénalisation et d'une juridicisation croissantes des rapports humains.

La rencontre est organisée à l'initiative de l'Association Française de Criminologie en Aquitaine et sera animée par Olivier Claverie et Didier Lapeyronnie.


Samedi 9 avril à 17h

Franck Chaumon

Pour son ouvrage "Lacan, la loi, le sujet et la jouissance" publié aux éditions Michalon.

Franck Chaumon est psychanalyste et psychiatre de service public. Il a déjà publié : "Psychiatrie et justice" (La Documentation Française, 1988) et "Délire et construction" (Erès, 2002).

"L'œuvre de Lacan (1901-1981) a exercé une influence profonde bien au-delà du champ de la clinique. En témoigne le fait que nombre de concepts lacaniens ont diffusé très largement dans le domaine juridique où la prise en compte du "sujet", sa confrontation à "la loi" dans l'espace du procès conçu comme espace "symbolique" font désormais partie du discours courant. Mais au prix d'un affaiblissement, voire d'un détournement de ces concepts. Aujourd'hui la confusion est grande quant à la place et à la fonction de chacun, le juge se faisant thérapeute et le clinicien revendiquant la vertu du jugement. La critique de cette confusion passe par un retour à quelques concepts fondamentaux forgés par Lacan, de manière à distinguer l'éthique du droit et celle de la psychanalyse, toujours menacée d'être enrôlée au service des biens."

La rencontre, organisée par l'association La Lettre Lacanienne, sera animée par Noëlle Combet, Cécile Drouet et Jean-Louis Meurant.


Jeudi 14 avril à 18h30

Jean Laurenti

Pour son roman "La 403 et quelques scrupules" publié aux éditions Farrago.

Jean Laurenti est né en 1963 à Marseille. Il est documentaliste dans l'enseignement, collabore au Matricule des anges et a déjà publié "Eden et autres jardins" (éditions du Loup, 2003).

"Un jeune garçon est placé dans un institut pour orphelins ou pour enfants séparés de leur mère. On l'appelle Toinou. Au pavillon où il réside, la vie est rude, traversée néanmoins, parfois, de figures amies. Malgré les aléas de cette vie, la magie de l'enfance et de ses mots cristallins subsiste. Mais le futur est toujours désenchanté. Le texte fait entendre des fragments de voix, des promesses… En grandissant, Toinou rassemble peu à peu les pièces du puzzle éparpillées dans un souvenir qui résonne comme un impact, avec pour personnage principal une 403 verte qui roule trop vite, cheval emballé qui emporte le père, la mère, l'enfant et les illusions de bonheur, elles aussi, au fond du gouffre.

La rencontre sera animée par Dominique Rabaté.


Vendredi 15 avril à 19h45

Olivier Le Cour Grandmaison

Pour son livre : "Coloniser exterminer : sur la guerre et l'état colonial", publié aux éditions Fayard.

Olivier Le Cour Grandmaison enseigne les sciences politiques et la philosophie politique à l’Université. Il a notamment publié "Les Citoyennetés en Révolution (1789-1794)" (PUF, 1992), "Le 17 octobre 1961 : un crime d’Etat à Paris" (collectif, La Dispute, 2001) et "Haine(s). Philosophie et Politique" (PUF, 2002).

"Quelles furent les spécificités des conflits coloniaux engagés par la France en Afrique du Nord et ailleurs ? Que nous apprennent les méthodes singulières – enfumades, massacres de prisonniers et de civils, razzias, destructions de cultures et de villages – couramment employées par les militaires français sur la nature de la guerre conduite pour pacifier l'ancienne Régence d'Alger ? Pourquoi de nombreuses mesures racistes et discriminatoires ont-elles été élaborées puis appliquées au cours de la conquête et de la colonisation de l'Algérie ? Comment furent-elles codifiées sous la Troisième République puis étendues aux nouveaux territoires de l'empire tels que l'Indochine, la Nouvelle-Calédonie et l'Afrique-Occidentale française ?

Telles sont quelques-unes des questions auxquelles cet ouvrage entend répondre. En effet, la conquête puis la colonisation difficiles et meurtrières de l'Algérie doivent être considérées comme une sorte de vaste laboratoire au sein duquel des concepts – ceux de "races inférieures", de "vie sans valeur" et d'"espace vital", promis à l'avenir et aux usages que l'on sait – furent forgés. De même, on découvre les origines de nouvelles techniques répressives – l'internement administratif et la responsabilité collective notamment – qui, avec le Code de l'indigénat adopté en 1881, firent de l'État colonial un état d'exception permanent. Plus tard, l'internement fut même importé en métropole pour s'appliquer, à la fin des années 1930, aux étrangers d'abord, aux communistes ensuite puis aux Juifs après l'arrivée de Pétain au pouvoir.

S'appuyant sur quantité de documents peu connus voire oubliés, sur la littérature aussi, cette étude originale et dédisciplinarisée éclaire d’un jour nouveau les particularités du dernier conflit qui s'est déroulé entre 1954 et 1962, mais aussi les violences extrêmes et les guerres totales qui ont ravagé le Vieux Continent au cours du XXe siècle."

La rencontre est organisée par l'association "Discordances".


Mardi 19 avril à 18h30

Danielle Bleitrach

Danielle Bleitrach est universitaire, sociologue à l'université d'Aix-Marseille, auteur de plusieurs ouvrages et vient de publier : "Cuba est une île" aux éditions Le Temps des Cerises.

"Qu'on ne s'attende pas à trouver ici un ouvrage nuancé, équilibré, mettant en perspective les réussites, mais aussi les échecs, voire les fautes de la Révolution cubaine. Il s'agit d'un plaidoyer que l'on qualifiera de "pro-cubain". À ce titre, il irritera plus d'une fois. Toutefois, il possède un mérite indiscutable : donner à entendre la version cubaine de l'histoire, une voix systématiquement censurée dans le faux débat consistant à juger- et par définition à condamner!- La Havane."

La rencontre est organisée à l'initiative de France-Cuba Gironde et Espaces Marx.


Mercredi 27 avril à 18h30

Dominique Lormier

Pour son ouvrage : "Comme des lions, mai juin 1940", publié chez Calmann Lévy.

Dominique Lormier est historien, spécialiste de la Seconde Guerre mondiale. Membre de l'institut Jean Moulin, il est l'auteur de nombreux ouvrages, dont : "Histoire de la France militaire et résistante" (Rocher, 2000), "Rommel, la fin d'un mythe" (le Cherche Midi, 2003), "Histoire de la presse en France" (De Vecchi, 2004).

"Quand on évoque la défaite de 1940, celle qui donna naissance au régime de Vichy, la plupart des Français éprouvent une certaine gêne. Pour eux, elle est synonyme de débâcle, de couardise, de déshonneur militaire, car elle se confond dans la mémoire collective avec la Drôle de guerre qui l'a précédée et l'exode qui l'a accompagnée. Il était temps de balayer ces idées reçues et de rétablir la vérité sur ce que fut la résistance de l'armée française, trahie par un haut commandement en retard d'une guerre et des hommes politiques viscéralement anti-républicains. Sait-on qu'en 45 jours de combats, les pertes quotidiennes allemandes furent supérieures à celles de la campagne de Russie du 22 juin au 10 décembre 1941 ? ... Que l'opiniâtre résistance des troupes françaises à Lille et Dunkerque permit de sauver de la capture 340 000 soldats alliés, et donc de sanctuariser l'Angleterre ? … Et surtout, que près de 100 000 soldats français moururent au champ d’honneur en 45 jours de combat ?

Dominique Lormier, qui suit l'évolution des troupes sur le terrain, pointe les erreurs du commandement français et s'appuie sur de nombreux témoignages, rend un hommage tardif mais ô combien mérité à ces héros méconnus."


Mercredi 4 mai à 18h30

Michel Brossard

A l'occasion de la parution de son livre : "Vygotski, Lectures et perspectives de recherches en éducation" aux Presses Universitaires du Septentrion.

Professeur émérite en psychologie du développement à l'Université de Bordeaux 2, Michel Brossard travaille sur les apprentissages scolaires et sur leur rôle dans le développement de l'enfant. Les questions relatives à l'entrée dans l'écrit - envisagée comme entrée dans une culture d'écrit - ont fait l'objet de plusieurs recherches et publications dont : "Apprendre à l'école, perspectives piagétiennes et vygotskiennes" (Presses universitaires de Bordeaux, 1998). La Théorie Historico-Culturelle de L.S. Vygotski constitue le cadre de référence de ses différents travaux.

"Le nom du psychologue russe - Lev Semenovitch Vygotski - est enfin connu en France des lecteurs avertis. Mais il n'est souvent que trop rapidement cité et le tranchant de ses thèses s'en trouve dès lors fréquemment émoussé. L'auteur ne cherche pas ici à "résumer" la pensée de Vygotski mais à la questionner. Après avoir présenté quelques-unes des thèses de la Théorie Historico-Culturelle, il examine avec soin les arguments qui permettent à Vygotski d'affirmer que les apprentissages devancent le développement. Suivant le fil de la pensée de Vygotski, il s'efforce de montrer combien il est éclairant de replacer la question des rapports entre apprentissage et développement dans un cadre historique. Les concepts de situation scolaire, de contexte, de recontextualisation, de conceptualisation en situation scolaire permettent d'approfondir et d'opérationnaliser les thèses et hypothèses proposées par Vygotski.

Enfin Olga Anokhina et l'auteur proposent au lecteur un inédit en français de L.S. Vygotski datant de 1929 particulièrement instructif pour comprendre la genèse de la Théorie Historico-Culturelle.."

Le débat sera animé par Jean-Paul Bernié.


Mercredi 11 mai à 18h30

Jean-Philippe de Tonnac

Pour son livre : "Anorexia, enquête sur l'expérience de la faim" publié aux éditions Albin Michel.

Jean-Philippe de Tonnac est écrivain et journaliste. Il a publié un livre d'entretien avec Théodore Monod : "Révérence à la vie" (Grasset, 2000) et codirigé (avec Frédéric Lenoir) "L'Encyclopédie des savoirs et des croyances : La mort et l'immortalité" (Bayard, 2004).

"Les témoignages des jeunes filles qui ont traversé l'épreuve de l'anorexie se multiplient depuis près de trente ans. Ils suscitent l'intérêt et l'émoi grandissants du grand public et des milieux médicaux. Cette écrasante proportion de femmes et le silence que les hommes victimes de cette pathologie ont observé jusqu'à ce jour ont fait croire qu'on ne pouvait parler de l'anorexie qu'au féminin. L'enquête que propose Jean-Philippe de Tonnac est sans précédent. C'est en interrogeant son expérience de la faim, celle des anorexiques qu'il a rencontrées, en questionnant des thérapeutes, des sociologues, des historiens de la mode, des spécialistes de la mystique, qu'il a cherché à comprendre ce qu'est l'anorexie et les raisons de la fascination qu'elle exerce. De quoi a faim celui qui dit qu'il a faim d'autre chose ? Quel rêve, quelle nostalgie, quelle souffrance partagent les femmes et les hommes des sociétés occidentales qui se laissent mourir de faim ? ."

La rencontre sera animée par Serge Bedère.


Jeudi 12 mai à 19h30

Betty Mindlin

Lecture autour de son ouvrage : "Fricassée de maris : mythes érotiques d'Amazonie" publié aux éditions Métailié.

Betty Mindlin est anthropologue, elle vit et travaille à São Paolo.

Les récits publiés ici ont été recueillis auprès de six peuples indiens de la province amazonienne du Rondonia, vivant selon des traditions différentes. Les fils conducteurs de ces histoires sont les thèmes éternels : la recherche de l'amour, la séduction, la jalousie, le plaisir, les affrontements entre les hommes et les femmes, les mères et les filles…

La rencontre est organisée par Lettres du Monde dans le cadre de la manifestation "Brésil, Brésils" et se déroulera dans la librairie


Jeudi 12 mai à 18h30

Claude Serfati

Pour son ouvrage : "Impérialisme et militarisme : actualité du XXIe siècle", publié aux éditions Page deux.

Claude Serfati est maître de conférences en économie, membre du C3ED (Université de Saint-Quentin-en-Yvelines) et l'auteur de plusieurs ouvrages consacrés au rôle des systèmes d'armes, à l'innovation et aux politiques technologiques, ainsi qu'aux enjeux de la mondialisation.

"L'impasse à laquelle conduit la domination du capital rentier, et qui est désormais perceptible même aux États-Unis, renforce la recherche de solutions dans lesquelles la préservation des intérêts des élites politiques et des classes dominantes doit être directement assurée par la force. Le "clan Bush" a été sérieusement épuré des personnalités "modérées" qui entouraient Bush père. Ses appuis sont les groupes financiers, pétroliers et militaro industriels. Il représente l'aile marchante des classes dominantes des États-Unis."

La rencontre est organisée par Espaces Marx et sera animée par Jacques Toiser.


Vendredi 13 mai à 19h

Daniel Keene

Lectures de l'auteur et de sa traductrice, Séverine Magois.

Originaire de Melbourne, Daniel Keene est aujourd'hui un auteur qui compte dans l'art dramatique contemporain. Lancé dans l'écriture pour le théâtre, le cinéma, la radio et la télévision depuis 1979, ses pièces sont régulièrement jouées et distinguées en Australie. Il est aussi acteur, metteur en scène, cofondateur et rédacteur de la revue Masthead (Arts et Littérature). Bon nombre de ses œuvres ont toutes été jouées dans le cadre du Keene/Taylor Theatre Project, en collaboration avec le metteur en scène Ariette Taylor. Daniel Keene est édité en France aux Editions Théâtrales.

Daniel Keene est en résidence en Gironde à l'initiative de l'IDDAC.


Samedi 14 mai à 17h

Janine Halbreich-Euvrard

Pour son livre : "Israéliens, Palestiniens, que peut le cinéma" publié aux éditions Michalon.

Janine Halbreich-Euvrard est critique de cinéma et membre du jury FIPRECI de la critique.

Trois ans après le début de la deuxième intifada, Janine Halbreich-Euvrard organisait, dans le cinéma parisien des Trois Luxembourg, la première manifestation en images, avec la diffusion d'une cinquantaine de films, donnant à voir les deux côtés de cette guerre. Au-delà d'Amos Gitaï et d'Elia Suleiman, le cinéma israélien et palestinien existe bel et bien, vivace, controversé, engagé. Elle est partie cette année à la rencontre de cinéastes, en Palestine et en Israël, pérégrination clandestine et éreintante dont elle rapporte des entretiens, des questionnements, des points de vue et un carnet de route.

La rencontre est organisée par l'association des Cinémas de proximité de la Gironde dans le cadre des "Clins-d'Œil Cinéma" et sera animée par Jean-Louis Ribreau.


Vendredi 20 mai à 18h30

Adolphe Nysenholc

Autour de son livre : "Charles Chaplin : l'âge d'or du comique", aux éditions L'Harmattan.

Adolphe Nysenholc est professeur honoraire de l'université libre de Bruxelles. Il y a défendu la première thèse de doctorat sur Charles Chaplin, rééditée dans la collection dirigée par Alain Brun, "L'Œuvre et la Psyché" et qui reste "incontournable" (Positif, 2004). Il a organisé un colloque international Charles Chaplin en 1989 à la Sorbonne. En dehors de ses enseignements sur le cinéma, il est l'auteur d'une œuvre théâtrale, dont plusieurs pièces furent primées : "La Passion du diable" (Prix du Parlement de la Communauté française), "Les Amants de Thèbes" (Prix du texte, Agadir). "Mère de guerre" fut créée à Cracovie et "Survivre ou la mémoire blanche" traduite en quatre langues.

"Charles Chaplin est une des figures mythiques du XXe siècle. Ce livre nous révèle comment fonctionne son image. Chaplin exploite de manière intensive le domaine de l'enfance pour faire rire. À tous les niveaux de sa profondeur, dans les formes du sujet comme dans ses relations à l'objet. Ses gags, sa silhouette, sa fameuse démarche, en recèlent des traits inédits. En un perpétuel jaillissement, l'originalité de Charlot nous fait revivre notre premier temps, celui où chacun fait rire naturellement, c'est à dire l'âge d'or du comique."

Présentation par Alain Julien Rudefoucauld avec Patrick Brun, Docteur en Arts et Sciences de l'Art et Christian Malaurie, Docteur en sciences de l'Information et de la communication, diplômé de l'école des Hautes Études (université de Bordeaux III).


Samedi 21 mai à 15h

Marie-Hélène Bourcier et Éric Macé

"Homme/Femme : mode de désemploi ? Ou l’apport du post-féminisme sur la question des genres"

Marie-Hélène Bourcier, sociologue, activiste et (tête) chercheuse queer ; elle vient de publier "Sexpolitiques, Queer Zone 2" (La Fabrique, 2005).

Eric Macé, chercheur en sciences sociales (EHESS), animateur de la revue Cosmopolitiques, est l'auteur de "Les féminismes et le garçon arabe" (Aube, 2004).

La rencontre est organisée dans le cadre du festival Cinémarges, du 19 au 22 mai.


Jeudi 26 mai à 18h30

Michel Vanoosthuyse

Autour de son livre : "Fascisme et littérature pure, la fabrique d'Ernst Jünger" (Agone éditeur).

Spécialiste de littérature allemande du XXe siècle, Michel Vanoosthuyse est professeur à l'université Paul-Valéry de Montpellier. Il a notamment publié "Le Roman historique : Mann, Brecht, Döblin" (P.U.F., 1996), "Entre critique et rire, le disparu de Franz Kafka" (Université Paul Valéry, 1997), et "Alfred Döblin, théorie et pratique de l'œuvre épique" (Belin, 2005).

"Consacré dans notre pays comme l'un des plus grands écrivains allemands du XXe siècle, Ernst Jünger est aussi, pour le public français, ce sage à l'éternelle jeunesse et au port altier, goûtant par-dessus tout la contemplation des fleurs et des papillons, que décrivent complaisamment les récits des voyageurs qui lui rendirent visite, jusqu'à sa mort en 1998 à l'âge de 103 ans, dans le village du sud de l'Allemagne où il avait élu domicile après la guerre.

C'est précisément cette image et ce mythe que bouscule le livre de Michel Vanoosthuyse. On connaît, certes, depuis longtemps le passé guerrier et nationaliste de Jünger, mais il est communément admis que loin d'avoir jamais fait preuve, comme c'est le cas de Heidegger, de quelque faiblesse que ce soit à l'égard du nazisme, il en a même été un adversaire résolu et que son œuvre la plus célèbre, Sur les falaises de marbre, est, sous une forme allégorique et cryptée, une dénonciation de Hitler, dépeint dans le livre sous les traits du "Grand Forestier". Or, non seulement la chose est loin d'avoir sauté aux yeux de tout le monde en 1939 à la parution du livre, mais il semble bien que les nazis, qui en autorisèrent l'édition et en favorisèrent la diffusion, aient eu en réalité de bonnes raisons de le trouver à leur goût. Aussi bien esthétiquement - étant donné son "classicisme" archaïsant - qu'idéologiquement, dans la mesure où on y retrouve, sous une forme sublimée, les principaux thèmes de la propagande de l'époque. Contre ceux qui n'ont toujours voulu voir en lui que le représentant par excellence d'une littérature "protégée dès son seuil contre le coudoiement" - selon l'expression de Julien Gracq - et détachée de toute contingence historique ou politique, Michel Vanoosthuyse montre très précisément que cette exaltation de Jünger comme "écrivain en soi" est bel et bien un "trompe-l'œil" destiné à marquer un fascisme esthétisant des plus convenus."  (Jean Blain, Lire février 2005)

La rencontre est organisée par les éditions Agone.


Les éditions Gaïa

Dans le cadre de la manifestation l'Aquitaine se livre, la librairie réservera la semaine du 23 au 29 mai à la présentation du catalogue des éditions Gaïa.

Du 19 au 28 mai, librairies et bibliothèques vont mettre en avant l'édition et les auteurs de la région Aquitaine, en organisant rencontres, débats, expositions, vitrines, tables de présentation…, sous le parrainage de Jean Lacouture.

Gaïa a été créée en 1991 et avait pour projet d'emmener ses lecteurs faire le tour de la Terre (Gaïa, pour les Grecs) par les livres. Vaste programme d'exploration de la littérature étrangère, ou de l'ailleurs. "Nous n'avons pas renoncé au projet mais l'avons quelque peu recentré, pour ne pas nous disperser, et pour approfondir les domaines qui font aujourd'hui notre spécificité : la littérature scandinave, la littérature serbo-croate, un domaine français en développement et quelques incursions en littérature anglophone."

Vendredi 27 mai à 18h

Linda Gardelle

Pour son livre "Aylal, une année en Mongolie"

Née en 1979 à Limoges de père français et de mère suédoise, Linda Gardelle est rompue très jeune au voyage. Après un séjour au Mali à seize ans, événement déclencheur, puis un premier voyage en Mongolie à dix-sept ans, Linda repart pour une année entière cette fois.

Aylal (qui signifie "voyage" en mongol) est le récit réaliste de cette expérience. Elle raconte son impatience, ses envies et ses exigences : l'hospitalité des gens qu'elle rencontre, sa joie simple face à l'immensité de la steppe, la sensation de liberté lors de chevauchées dans le Khentii - terre natale de Gengis Khan -, le plaisir de partager la vie quotidienne des nomades sous la yourte, les amitiés naissantes, et aussi les frayeurs, les déceptions et la désolation face aux plus mauvais aspects d'une modernisation qui n'épargne pas la Mongolie.

La rencontre est organisée par l’association "Librairies Atlantiques".


Mercredi 1er juin à 18h30

Christophe Puyou

Autour de ses ouvrages : "Petite philosophie du jet-setter" (éditions Milan) et "Porte close" (En Cavale éditions).

Né en 1972, Christophe Puyou a enseigné la philosophie à Bayonne et dans les Landes avant de se consacrer à l'écriture. Il partage désormais sa vie entre Paris et Biarritz.

"Dans l'esprit de Petite philosophie du tennis, du rugby, du joueur d'échecs et du Surfeur, une autre "passion" vue sous l'angle philosophique pour un ouvrage qui tente de faire se rapprocher deux univers que rien ne semble unir, l'amour de la sagesse le goût de la fête et de la surexposition médiatique. Et pourtant... La figure du jet-setter a traversé le XXe siècle au point de devenir une idole de la modernité. Tour à tour dandy ou people, chantre de l'instant ou colporteur de l'hédonisme ambiant, son influence ne se dément pas. Adulé ou décrié, il demeure dans la ligne de mire de l'homme ordinaire. C'est que nous aspirons tous… à mener un type d’existence où les objets du désir les plus en vue seraient enfin en notre possession…"

Le débat sera animé par Bernard Lafargue.


Jeudi 2 juin à 18h30

Catherine Bernatet

Autour de son livre : "Oser réussir l’insertion " aux éditions de l'Atelier.

Catherine Bernatet est consultante à l'Instep Aquitaine, et animatrice du réseau des 37 APP (Ateliers de Pédagogie Personnalisée) d'Aquitaine. Elle est également chargée de cours à l'université de Pau Pays de l'Adour.

"La société française s'accommode, depuis trente ans, d'un volant de plus en plus important de chômage et d'emplois précaires. Ni la participation solitaire à la bataille féroce du marché du travail qui élimine les plus faibles, ni la proposition d'une pléthore de contrats d'insertion ne sont parvenues à inclure les exclus. Comment atteindre cet objectif ? L'insertion est-elle un leurre ? Suffit-il d'adapter mécaniquement la main-d'œuvre disponible aux offres d'emplois non pourvues ?

À partir de la recherche "Cités de Mémoires" menée avec la Mission Locale et le PLIE d'Epinay-Sur-Seine, Catherine Bernatet s'intéresse aux processus d'accès à la réussite dans le cadre d'accompagnements spécifiques au cœur des dispositifs d'insertion sociale et professionnelle. Elle y présente une méthode ethnosociologique d'accompagnement des savoirs. Elle y développe des formes nouvelles d'accompagnement s'appuyant sur les dispositifs publics et une coopération avec le monde économique. Elle y affirme que cette collaboration inédite offre un accès original vers la mise en œuvre de parcours réussis et l'emploi durable."

La rencontre est organisée par l’Instep Aquitaine et sera animée Vincent Peron.

Des jeunes en stage actuellement à l'Instep Blanquefort dans le cadre d'une formation "Dynamisation sociale et professionnelle" témoigneront de leurs projets.

La Galerie exposera les travaux du photographe Vincent Carrié et de l'artiste peintre Macha Gambé. Une lecture de témoignages (extraits du livre) sera proposée par Hélène Graves, réalisatrice de cette manifestation qui se terminera autour d'un verre apéritif.


Jeudi 9 juin à 18h30

Jean-Louis Laville

Autour de son livre : "Action publique et économie solidaire" publié aux éditions Érès.

Jean-Louis Laville est sociologue, professeur au Conservatoire national des arts et métiers (CNAM), titulaire de la chaire "Relations de service" et codirecteur du LISE (CNRS-CNAM, Paris). Il est l'auteur de nombreux ouvrages dont : "Les services sociaux entre associations, état et marché" (La Découverte, 2001), "Dictionnaire de l'autre économie" (Desclée de Brouwer, 2005) et "Sociologie des services" (Erès, 2005).

"L'économie a pris une telle place dans la période contemporaine qu'il est devenu impossible d'envisager une démocratisation de la société sans démocratisation de l'économie. Or, pour de multiples raisons, cette perspective reste difficile à envisager parce qu'on a eu coutume de considérer que l'économie suivait un cours naturel, qui pouvait juste être amendé à la marge par des correctifs sociaux. C'est donc la crise de ce compromis entre économique et social symbolisé au XXe siècle par les social-démocraties européennes qui appelle un nouvel ensemble de réflexions, comme cela a été souligné par des auteurs comme Habermas. Il ne s'agit pas de se draper dans une pose postmoderne dans laquelle il n'y aurait plus qu'individus et tribus, mais au contraire de reprendre dans un nouveau contexte des interrogations récurrentes depuis l'avènement de la modernité démocratique. Autrement dit, se confronter à la question de l'invention d'une social-démocratie pour le XXIe siècle ou d'un nouveau rapport entre économie, social et environnement."

"Cette publication résulte d'une coopération entre des acteurs de la société civile, des responsables politiques et des chercheurs, entre le Brésil et la France. Dans ces deux pays, se sont développées dans les vingt dernières années des pratiques d'économie solidaire émanant de nouvelles formes d'organisations de la société civile. Le problème désormais posé est celui du lien à l'action publique ; cet ouvrage dresse un bilan des politiques publiques qui ont émergé dans ce domaine, aux niveaux local, régional et national. Ce livre répond aussi à une demande de la part d'un certain nombre de collectivités locales (municipalités, régions…) qui sont en train de mettre sur pied des politiques en faveur de l'économie solidaire."

Avec la participation des co-auteurs : Genauto Carvalho de França Filho (sociologue de l'université fédérale de Bahia), et Christiane Girard Ferreira Nunes (professeur de sociologie à l'Université de Brasilia).


Vendredi 10 juin à 20h

Stéphanie Rubi

Autour de son livre : "Les crapuleuses, ces adolescentes déviantes" publié aux Presses Universitaires de France.

Docteur en sciences de l'éducation, coordinatrice de l'Observatoire Européen de la Violence Scolaire (Université Bordeaux II), Stéphanie Rubi a participé à plusieurs enquêtes nationales, parmi lesquelles l'Enquête nationale sur les micro-violences à l'école dirigée par Éric Debarbieux (2003).

"Si la littérature scientifique s'est souvent intéressée à la délinquance des mineurs, elle y a rarement étudié la participation des filles. L'approche, ici interactionniste, pense les actes déviants, délictueux des collégiennes dans un système relationnel.

Ainsi, un examen minutieux du système de socialisation juvénile, que ces adolescentes nomment la loi du plus fort, permet d’apprécier les enjeux identitaires sous-jacents aux actes et comportements dits déviants. Et l'analyse des logiques des "crapuleuses" qui, pour se forger une "réputation" honorable et distinguée, humilient et manœuvrent ceux qu'elles qualifient de "faibles", révèle en fait que ces adolescentes "insoumises" font preuve d'attributs et de comportements traditionnellement associés à la "masculinité", et reproduisent des dominations qu’elles subissent par ailleurs.

À partir de différentes enquêtes nationales sur la violence à l'école, d'une centaine d'entretiens avec des adolescentes de 12 à 16 ans et d'observations ethnographiques recueillies durant quatre ans - dans les 11e et 20e arrondissements de Paris, le centre ville de Bordeaux, et les quartiers nord de Marseille -, l'auteur brosse un portrait captivant de ces "crapuleuses" dans leurs collèges, leurs quartiers et leurs lieux de replis favoris (galeries commerciales, coins reculés de jardins publics...)."

La rencontre est organisée à l'initiative de l'Association Française de Criminologie en Aquitaine et sera animée par Olivier Claverie.


Mardi 14 juin à 20h30 (changement de date)

Jean-Paul Jouary

Autour de son livre : "Prendre la politique avec philosophie" publié aux éditions La Dispute.

Jean-Paul Jouary enseigne conjointement dans un lycée classé zone sensible à Saint-Denis et en classes préparatoires aux grandes écoles à Paris. Auteur d'une quinzaine d'ouvrages, parmi lesquels : "Sciences, les Français sont-ils nuls" (Jonas, 1989) "Entrer en philo" (Stock, 1994), "L'art de prendre son temps" (Temps des cerises, 1994), "Servitudes et grandeurs du cynisme" (Desclée de Brouwer, 1997), "Prendre la politique avec philosophie" (La Dispute, 2003).

La rencontre est organisée dans le cadre des Rencontres Philosophiques d'Espaces Marx et sera animée par Dominique Jobard.


Jeudi 16 juin à 18h

Philippe van Meerbeeck

Autour de son livre : "L'infamille ou la perversion du lien" publié aux éditions De Boeck, collection Oxalis.

Psychiatre, psychanalyste, Philippe van Meerbeeck   est professeur ordinaire à la Faculté de Médecine de l'Université catholique de Louvain et chef de service associé aux Cliniques universitaires Saint Luc où il est également responsable du Centre thérapeutique pour adolescents.

"Cet ouvrage est une réflexion, inspirée par la psychanalyse freudienne et lacanienne, sur les questions difficiles et souvent inquiétantes qui se posent à l'aube du nouveau millénaire, en particulier sur l'invraisemblable recrudescence d'affaires de pédophilie, effectives ou alléguées, dévoilées et médiatisées, depuis quelques années aux USA et depuis l’affaire Dutroux en Europe. Ce point de départ permet d'introduire une proposition relative à la perversion quasi généralisée du lien social, dans un monde dominé par l'économie de marché et le discours de la science, lesquels répondent à une logique binaire.

Cet essai est un plaidoyer pour un retour à la triangulation de la relation du lien ou tiercité, déniée, désavouée, court-circuitée par la logique perverse qui s'annonce comme devant dominer notre nouveau siècle. Tiercité mise à l'oeuvre, à la fin de l'ouvrage, dans une approche humanisante du pédophile et de sa victime.

Cette grille de lecture ne se limite pas à la seule approche critique des aspects de la clinique de la perversion : y sont également abordées des questions aussi diverses et fondamentales que le déclin de la fonction paternelle, la révolution sexuelle, l'homo-parentalité, la sexualité féminine, le clonage, le rôle des médias, l'enseignement, l'érotisation de la haine , etc."

Philippe van Meerbeeck présentera la collection Oxalis qu'il dirige. "Elle offre aux praticiens, chercheurs et scientifiques venant d'horizons différents un lieu d'expression ouvert au débat contemporain.
Comme sont quatre les folioles des feuilles de ce trèfle rouge, dit souvent trèfle à quatre feuilles, ainsi sont quatre les champs de travail des auteurs : psychiatrie, psychothérapie, psychanalyse et anthropologie. Y fleurissent également des écrits concernant les quatre âges de la vie : enfance, adolescence, âge dit adulte et celui que l'on désigne comme étant le troisième."

La rencontre sera animée par Michel Demangeat.


Vendredi 17 juin à 18h30

Christian Bouquet

Pour son ouvrage : "Géopolitique de la Côte d'Ivoire" publié aux éditions Armand Colin.

Christian Bouquet est professeur de géographie politique et du développement à l'université Michel de Montaigne (Bordeaux III). Sa carrière de conseiller chargé de la coopération auprès des ambassades de France l'a conduit à passer plus de trente ans dans les pays d'Afrique subsaharienne et de l'Océan Indien. C'est sa dernière affectation à Abidjan qui lui a permis de vivre au cœur de la crise ivoirienne.

Il a déjà publié : "Tchad, genèse d'un conflit" (L'Harmattan, 1982), "Insulaires et riverains du Tchad : étude géographique" en deux volumes, (L'Harmattan, 1990).

"Alors qu'on croyait la Côte d'Ivoire à l'abri des turbulences, elle a fini par sombrer dans le chaos. Pour en arriver là, elle a emprunté un chemin singulier, en partie tracé par son père fondateur, Félix Houphouët-Boigny. Mais s'il a creusé le lit de la crise qui corrode son pays depuis sa mort, il ne s'est trouvé personne après lui dans la classe politique ivoirienne pour infléchir le cours de l'histoire.

Dans le contexte néo-libéral imposé par les bailleurs de fonds, la rente issue du cacao ne pouvait plus cimenter le melting pot rêvé par le vieux chef. Les tenants du pouvoir se sont repliés à l'intérieur du concept réducteur et xénophobe de l'"ivoirité". Dès lors que l'État ne pesait presque plus rien face au FMI et à l'OMC, et que la nation s'attribuait une identité douteuse, la mise en place d'un processus démocratique ne pouvait qu'être chaotique : non respect du pluralisme politique, droits de l'homme ignorés, liberté d'expression bafouée. Sous les yeux incrédules de la France et du monde, le pays fut scindé en deux en septembre 2002.

Dans cette étude, l'auteur porte d'abord un diagnostic sur une société malade. Il suggère quelques éléments de réponse à la question : la Côte d'Ivoire va-t-elle mourir ?"


Samedi 18 juin à 17h

Frédéric Léal

Autour de ses livres : "Let's let's go" (éditions POL) et "in terroir gâteau" (éditions de l'Attente).

Frédéric Léal est médecin et écrivain. Il vit à Bordeaux et a déjà publié plusieurs récits dont : "Selva ! : La cité sans femmes" (POL, 2002), "Mismatch" (L'Attente, 2002), "Bleu note" (POL, 2003), "Le peigne-noir" (L'Attente, 2004).

"Je me demande souvent quel état d'âme t'anime (sic) lorsque tu réfléchis. Je me demande souvent si le fait de paraphraser un auteur en étant tout à fait en accord avec ce qu'il veut exprimer est honnête à cent pour cent. Je me demande souvent si la culture reste pour l'essentiel affaire de qualité ou affaire de quantité. Je me demande souvent dans quelle proportion il faut mélanger l'une et l'autre pour être dans les canons. Je me demande souvent jusqu'à quand il est licite de résumer." (extrait de Let's let's go).

La rencontre sera animée par Thomas Rushes.


Mercredi 22 juin à 18h30

Jean-Paul Scot

Pour son ouvrage : "Comprendre la loi de 1905, sur la séparation des Églises et de l'État" (éditions du Seuil).

Jean-Paul Scot enseigne l'histoire en classes préparatoires, en khâgne moderne au Lycée Lakanal de Sceaux. Il est l'auteur de "La Russie de Pierre le Grand à nos jours" (Armand Colin, 2000), "Le nazisme des origines à 1945" (Armand Colin, 1997) et, avec Henri Pena-Ruiz de "Un poète en politique : les combats de Victor Hugo" (Flammaron, 2002).

"Je veux l'État chez lui et l'Église chez elle", lançait Victor Hugo en 1850, cinquante-cinq ans avant la loi de séparation de l'Eglise et de l'Etat. Où en est l'idéal laïque aujourd'hui ? L'historien Jean-Paul Scot évoque le cheminement qui a abouti à la séparation de l'Église et de l'État. Pour la plupart des historiens, la loi de 1905 met fin au régime concordataire de Napoléon qui, en 1801-1802, a instauré le régime des cultes reconnus. Les cultes catholique, luthérien, calviniste, puis israélite étaient subventionnés, salariés et contrôlés par l'État. Les religions étaient assimilées à des services publics garantissant la morale et l'ordre public. Le catholicisme, déclaré "religion de la majorité des Français", était privilégié de fait. L'Église a été la grande bénéficiaire du Concordat qui n’était qu'une survivance des rapports d'Ancien Régime. La loi de 1905 est donc la consécration institutionnelle du long processus de laïcisation de l'État et de sécularisation de la société française. Le christianisme avait introduit la distinction entre pouvoirs temporel et spirituel, mais c'est la IIIe République qui en a élaboré la formule la plus radicale, respectueuse de la liberté de conscience des citoyens, comme de la liberté religieuse.»

La rencontre est organisée dans le cadre des conférencs débats d'Espaces Marx et sera  animée par Vincent Taconet.


Jeudi 23 juin à 18h30

Didier Nordon

Pour son livre : "À bas le savoir !" publié aux éditions de l'Atalante.

Didier Nordon enseigne à l'université de Bordeaux I. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages dont : "L'intellectuel et sa croyance" (L'Harmattan, 1990), "Les mathématiques pures n'existent pas" (Actes Sud, 1993), "L'ennui, féconde mélancolie" (Autrement, 1998), "Les obstinations d'un mathématicien" (Pour la science, 2003).

"Didier Nordon étudie ici les revers que l'explosion du savoir inflige à l'homme. Celui-ci prête à tort au savoir des vertus libératrices et refuse de voir ses aspects aliénants : problèmes éthiques, course au savoir, spécialistes obsédés par la compétition qui ne s'interrogent pas sur le sens ou le rôle social de leur domaine, et oublient de le relier avec d'autres domaines de la connaissance."

La rencontre sera animée par Patrick Rödel.


 

 

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