8, Place du Parlement 33000 Bordeaux France Tel : 05.56.48.03.87 Fax : 05.56.48.16.83.

ouvert du mardi au samedi de 10h00 à 20h00 et le lundi de 14h00 à 19h00.

Tramway : Bourse (C), Palais (A). Stationnement : Bourse, Camille-Jullian.

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PROGRAMME DES RENCONTRES JANVIER-JUILLET 2003

 


Samedi 11 janvier à 10h15

Alain de Mijolla

À propos du "Dictionnaire international de la psychanalyse" (éditions Calmann-Lévy).

Alain de Mijolla est psychanalyste, membre de la Société Psychanalytique de Paris, Président de l'Association Internationale d'Histoire de la Psychanalyse. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages dont : "Pour une psychanalyse de l'alcoolisme" (Payot, 1973), "Les visiteurs du moi" (Belles-Lettres, 1996) et "Freud, fragments d'une histoire" (P.U.F., à paraître).

"Une vue panoramique exceptionnelle sur la psychanalyse vivante. Près de 1600 articles rédigés par 460 auteurs, venus d'horizons culturels, linguistiques et théoriques les plus divers et une traduction en cinq langues des principales notions" (Lire)

La rencontre sera animée par Michel Demangeat.


Samedi 11 janvier à 17h

François Balmès

Autour de son livre : "Ce que Lacan dit de l'être" publié aux Presses Universitaires de France.

François Balmès, philosophe et psychanalyste, est actuellement directeur de programme au Collège international de philosophie. Il a déjà publié : "Le nom, la loi, la voix" (Érès, 1997).

"La relation à l'ontologie et à la pensée de l'être, qui passe de la revendication au rejet, est au cœur de l'impossible rapport de Lacan à la philosophie.

L'être joue un rôle décisif dans l'élaboration des catégories du symbolique, de l'imaginaire et du réel, qu'il concerne toutes les trois à des titres et à des moments divers, de même que pour nombre de signifiants majeurs du chemin de Lacan.

Essentiel pour la rectification et l'innovation que comporte le retour à Freud, il intéresse la spécificité de la psychanalyse dans sa pensée, son éthique, son expérience - son discours. C'est un recours précieux sinon indispensable pour la démarcation de ses fins d'avec celles de la psychologie, de la médecine et de toute thérapie sociale.

Incontournable tant parce qu'il est dans nos langues que par ses élaborations philosophiques et théologiques, l'être sert à Lacan à cerner des points de l'expérience qui excèdent toute la terminologie psychanalytique ; ainsi l'amour, l'interprétation, la fin de l'analyse - le parlêtre enfin.

On suivra ici une partie de ce chemin, dont chaque moment garde sa valeur, hors de tout système - il n'y a pas de système de Lacan -, localement, dans ses avancées, ses constantes et ses ruptures."

"Le risque est grand, chez les analystes, d'être des M.Jourdain de l'ontologie. Et comment feraient-ils autrement, si toutefois ils veulent garder quelque chose de Lacan ? Il y a danger de revendiquer avec quelque excès le "Je ne pense pas" de l'analyste."

La conférence est organisée par l'association R.S.I. et sera animée par Yves Rocher.


Mercredi 22 janvier à 18h30

François Dubet

Pour la parution de son livre : "Le déclin de l'institution" aux éditions du Seuil.

François Dubet sociologue, enseignant à l'université Bordeaux II et à l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS), chercheur au Centre d'analyse et d'intervention sociologique (CADIS), a publié notamment "La Galère" (Fayard, 1987), "Les Lycéens" (Seuil, 1991), "Pourquoi changer l'école" (Textuel, 1999), et "L'Hypocrisie scolaire" (Seuil, 2000. avec Marie Duru-Bellat).

"On ne cesse de parler de crise des institutions, de l'école, de l'hôpital, du travail social ... et, à terme, de la République. Il faut aller au-delà de cette plainte et de cette nostalgie.

Longtemps, le travail sur autrui, le travail consistant à éduquer, à former, à soigner, s'est inscrit dans ce que j'appelle un programme institutionnel : le professionnel, armé d'une vocation, appuyé sur des valeurs légitimes et universelles, mettait en oeuvre une discipline dont il pensait qu'elle socialisait et libérait les individus. Les contradictions de la modernité épuisent aujourd'hui ce modèle et les professionnels du travail sur autrui ont le sentiment d'être emportés par une crise continue et par une sorte de décadence irréversible.

Dans Le Déclin de l'institution, j'ai voulu montrer que cette mutation procédait de la modernité elle-même et qu'elle n'avait pas que des aspects négatifs, qu'elle n'était pas la fin de la vie sociale. Plutôt que de se laisser emporter par un sentiment de chute parce qu'il n'imagine pas d'autre avenir qu'un passé idéalisé, il nous faut essayer de maîtriser les effets de cette mutation en inventant des figures institutionnelles plus démocratiques, plus diversifiées et plus humaines." (François Dubet).

La réflexion théorique de François Dubet s'organise sur de solides enquêtes de terrain auprès des instituteurs, des professeurs, des infirmières, des médiateurs, des formateurs - bref, de ceux dont le travail consiste à "agir sur autrui".

Ce livre décapant nous invite à faire bon usage de la crise.

La rencontre sera animée par Gérard Boulanger


Vendredi 24 janvier à 21h30

Ornicar ?

Présentation de la cinquantième livraison de la revue : "De Jacques Lacan à Lewis Carroll" (éditions Navarin).

"Mais où est donc la psychanalyse? C'est à croire qu'elle est partout, parce que dans les médias tous les psys sont psychanalystes et aussi des essayistes des économistes, divers fumistes. Du coup, ou se dit que la psychanalyse elle n'est plus nulle part. Non, ce n'est pas ça : elle est ailleurs. Ce qui advient et se trémousse sur la scène, n'est pas ce qui se passe. C'est seulement ce qui passe. Ce qui dure, le noyau dur, est moins en évidence. Parce qu'il est discret qu'il ne fait pas de bruit, on croit qu'il n'existe pas."

La soirée est organisée par l'ACF-Aquitania, avec la participation de Carole Dewambrechies-La Sagna, Alain Merlet, Patrick Monribot.


Vendredi 31 janvier à 19h30

Claude Meillassoux

Autour de son ouvrage : "Mythes et limites de l'anthropologie : le sang et les mots", publié aux éditions Page deux.

Claude Meillassoux, né en 1925, est anthropologue et économiste, directeur honoraire de recherche au CNRS. Il est l'auteur de nombreux ouvrages parmi lesquels : "Femmes, greniers et capitaux" (réédition l'Harmattan, 1992), "Anthropologie de l'esclavage" (PUF, 1986), "Terrains et théories, Voir poindre" (Page deux, 1999).

"Depuis Lewis Morgan (1877) l'ethnologie est basée, par référence au système social de l'auteur, sur un postulat : la parenté est une institution née des connections biologiques, dites consanguines (relations présumées être "par le sang" d'êtres humains descendants d'un même ancêtre) entre individus.

Pour le continuateur le plus renommé de cette discipline, Claude Lévi-Stauss, la sociabilité humaine trouverait son origine dans un interdit universel, donc lui aussi naturel, la prohibition de l'inceste qui obligerait les individus à rechercher leurs partenaires matrimoniaux hors de leur parenté. Mais cette hypothétique parenté provient d'un aporisme : on ne peut se reconnaître comme incestueux sans déjà se connaître comme consanguins. L'anthropologie s'enferme davantage dans ses incertitudes par certaines pratiques qui préjugent de la consanguinité, telles la recherche systématique de généalogies chez les populations étudiées ou l'usage d'un vocabulaire parental traduit de celui de l'ethnologue.

La sémantique des termes de parenté du linguiste Émile Benveniste (1969) donne un autre éclairage, institutionnel, et non naturel, à ce phénomène et fournit une base théorique plus rigoureuse et plus subtile à l'anthropologie, que celle des théoriciens de cette discipline." C.M.

La rencontre est organisée dans le cadre des Ateliers philo d'Espaces Marx et sera animée par Bernard Vainqueur.


Samedi 1er février à 17h

"Traduire Freud"

Pour la parution du douzième volume des Œuvres Complètes de Sigmund Freud : "L'interprétation du rêve" aux Presses Universitaires de France.

"Pas une seule traduction française !", se lamente Freud recevant en 1920 Claparède, l'un de ses premiers traducteurs français, et lui montrant sa bibliothèque où figurent les versions anglaise, hongroise, polonaise, hollandaise, russe ou encore italienne de ses œuvres.

Si la plupart des textes du fondateur de la psychanalyse auront été peu à peu traduits en français, c'est de façon disparate et très inégale, le plus souvent par des germanistes étrangers à la psychanalyse. Il aura ainsi fallu attendre presque cinquante ans après la mort du fondateur de la psychanalyse pour que soit enfin éditée en France la traduction de ses œuvres complètes alors que, paradoxe, la "Standard Édition" de James Strachey aura été longtemps la seule référence des lecteurs français de Freud qui avaient la malchance d'être non germanistes.

Au terme de nombreuses péripéties, une équipe est enfin constituée sous la direction de Jean Laplanche et Pierre Cotet, hébergée par les Presses Universitaires de France. Cette traduction se veut littérale, d'une fidélité absolue au texte allemand et respectant scrupuleusement les termes et la pensée de Freud, mais la parution du premier volume n'a pas manqué de faire rejaillir la controverse : de nouveau, les philologues se sont opposés aux "scientifiques".

Inauguré en 1989, le "monument" compte aujourd'hui douze volumes. Le dernier paru (quatrième tome dans l'ordre chronologique : 1899-1900) est consacré à un texte central dans l'œuvre de Sigmund Freud : "Die Traumdeutung". Traité scientifique, journal intime, confession, clé des songes, voyage fantastique, vaste fresque allégorique de l'inconscient, ce texte inaugure une méthode à laquelle Freud demeurera fidèle dans ses ouvrages suivants : "construire la théorie de l'objet à partir de l'expérience clinique".

Pour la première fois, cette nouvelle traduction propose un état des éditions successives, dues aux multiples remaniements du livre par Freud lui-même.

Le débat réunira trois des membres de l'équipe de traduction : Janine Altounian, Pierre Cotet et François Robert et sera animé par Patrick Rödel.


Vendredi 7 février à 19h30

Philippe Corcuff

Pour la parution de son livre "La société de verre, pour une éthique de la fragilité" aux éditions Armand Colin.

Philippe Corcuff est sociologue et philosophe. Il est maître de conférences de science politique à l'Institut d'études politiques de Lyon (Université de Lyon II). Intellectuel engagé sur le terrain social et politique, chroniqueur de Charlie Hebdo, il a publié notamment : "La sociologie de Bourdieu" (Mascaret, 1989), "Les Nouvelles sociologies" (Nathan, 1995) et "Philosophie politique" (Nathan, 2000).

"Nos sociétés contemporaines sont devenues des sociétés de verre, aux institutions fragiles et fragilisantes pour les individus. Les incertitudes quant à l'avenir se nourrissent des difficultés à tirer des enseignements du passé. Les désillusions quant aux promesses de la vie comme les déceptions à l'égard des politiques annonçant l'avènement d'un monde meilleur assèchent chaque jour un peu plus nos réserves d'enthousiasme.

"Qui suis-je ?" et "Qui sommes-nous ?" : la quête identitaire s'exprime tant au niveau individuel qu'au plan collectif. Philippe Corcuff nous convie à des investigations existentielles, qui éclairent le problème du sens de notre vie, dessinent une éthique de l'inquiétude et esquissent une politique de la fragilité.

Le cheminement de ce questionnement est illustré par des matériaux aussi différents que les chansons d'Eddy Mitchell et d'Axelle Red, les films de Martin Scorcese et de John Woo les polars américains, la poésie de René Char, les philosophies de Ludwig Wittgenstein et de Maurice Merleau-Ponty, la sociologie de Pierre Bourdieu, la pensée écologique de Hans Jonas ou les politiques de Rosa Luxemburg et du sous-commandant Marcos."

La rencontre sera animée par Frédéric Neyrat et Philippe Caumières (Espaces Marx).


Mercredi 26 février à 18h30

Gabriel Okoundji

Rencontre – lecture autour de son livre "L'Âme blessée d'un éléphant noir" (éditions William Blake and Co.).

Gabriel Okoundji est né en 1962 au Congo-Brazzaville.


Jeudi 6 mars à 18h30

Stéphane Lévêque

Autour de sa traduction du recueil de nouvelles de Yu Dafu : "Rivière d'automne" publié aux éditions Picquier.

Stéphane Lévêque, né en 1967, est enseignant détaché au CNED de Toulouse. Titulaire d'une maîtrise de langue, littérature et civilisation chinoises (1999). Il prépare, chez le même éditeur, une traduction d'une écrivaine chinoise contemporaine.

"L'analyse de l'éclosion d'une littérature chinoise "moderne" permet de mieux comprendre le contexte intellectuel et historique d'un pays dont la tradition littéraire, rétive au roman tel que l'occident le conçoit, a su créer les passerelles vers de nouveaux territoires. Comment s'est effectué cette mutation littéraire ? En quoi Yu Dafu a-t-il apporté sa pierre à l'édifice ?"

Yu Dafu, né en 1896, fut assez vite réputé pour un écrivain scandaleux. Mettant à bas les traditionnelles valeurs confucéennes, il incarne pour la jeunesse chinoise des années 1920 celui qui ose évoquer sans détours la sexualité dans des oeuvres d'inspiration autobiographique.

Publié en 1932, "Une femme sans volonté" montre une jeune femme, insipide et vénale, découvrant les plaisirs saphiques dans les bras d'une bisexuelle dominatrice et perverse. Éconduite par son amante, elle se tourne alors vers un homme sans relief qu'elle finit par épouser avant de s'en aller, de liaison en liaison, jusqu'à son destin tragique. Dans "Le Passé", un homme se souvient de la relation masochiste qu'il a entretenue avec une femme. "Rivière d'automne" met en scène des amours croisées au sein d'une famille. "Pour me débarrasser de l'hypocrisie criminelle, il faut me mettre à nu", écrivait Yu Dafu qui est considéré aujourd'hui comme l'un des auteurs les plus novateurs de son temps.

La rencontre sera animée par Jacques Abeille.


Samedi 8 mars à 17h

Karla Suárez

Pour son roman "Tropique des silences" traduit par François Gaudry et publié aux éditions Métailié.

Karla Suárez est née en 1969 à La Havane où elle a suivi des études d'ingénieur en informatique, métier qu'elle exerce aujourd'hui.

Elle a écrit de nombreuses nouvelles que l’on retrouve dans des anthologies publiées à Cuba, en Espagne, en Italie, ainsi que dans des revues littéraires au Mexique, en Argentine et à Cuba.

Sa nouvelle Aniversario a été adaptée au théâtre, en 1996, à Cuba. "Tropiques des silences" a obtenu en Espagne, le prix du Premier roman.

La rencontre est organisée par l'association France-Amérique Latine à l'occasion des Vingtièmes Rencontres avec le cinéma d'Amérique latine.


Jeudi 13 mars à 18h30

Patrimoine industriel et reconversion

Autour de la parution des actes du séminaire de Bilbao (2001) publiés aux éditions confluence.

Dans tous les pays d'Europe, le patrimoine bâti historique bénéficie maintenant d'une politique officielle de conservation dont l'objectif est le plus souvent muséal. Le patrimoine industriel du début du XXe siècle se situe, lui, à la marge d'un tel dispositif et continuera de disparaître si l'intérêt qu'il suscite dans la mémoire collective et chez certains architectes et archéologues, déjà investis sur le terrain, n'est pas relayé par des décisions et des mesures concrètes de sauvetage. Forte de cette prise de conscience, l’association Renaissance des cités d'Europe a conçu et mené à bien le projet Sauvegarde et mise en valeur de sites européens de travail ouvrier du début du XXe siècle en France, Espagne et Allemagne. La Commission Européenne l'a sélectionné en 2001, dans le cadre du Programme Culture 2000.

La rencontre réunira Noël Mamère, député maire de Bègles, Jean-Etienne Surlève-Bazeille, délégué à l'urbanisme et à l'environnement à la mairie de Bègles, Bruno Fayolle-Lussac, professeur à l'école d'architecture et de paysage de Bordeaux à l'initiative des éditions confluence et de Renaissance des Cités d'Europe.


Samedi 15 mars à 15h30

Jean-Yves Pouilloux

"Liqueurs spiritueuses et liqueurs spirituelles chez Raymond Queneau"

Jean-Yves Pouilloux est Professeur de littérature à l'Université de Pau. Il est spécialiste de Montaigne, de Rabelais et de littérature contemporaine (Queneau, Borges…). Parmi ses derniers ouvrages : "Montaigne, l'éveil de la pensée" (Champion, 1995), "Rabelais, Rire est le propre de l'homme" (Gallimard, 1993), "Fictions de Jorge Luis Borges" (Gallimard), "Les fleurs bleues de Raymond Queneau" (Gallimard,1991).

La rencontre sera animée par Gabriel Saad, lectures par Gérard Fronty. Dégustation vins et spiritueux des Landes : Domaine du Tastet et Domaine de Labaigt, Bas Armagnacs Francis Darroze, proposée par Jean-Jacques Cabassy (œnologue) et Amancio Tenaguillo y Cortázar (Cepdivin).


Mardi 18 mars à 18h30

Joël Vernet

À l'occasion de la parution de l'ouvrage qu'il vient de publier avec Jean-Gilles Badaire : "Cri de pierre" aux éditions La part des anges.

Joël Vernet est né en 1954 dans un petit village de la Haute-Loire. Outre son travail d'écriture, il a produit de nombreuses émissions radiophoniques pour France-Culture de 1983 à 1997 (Les Nuits magnétiques, Les Chemins de la connaissance). Il est le créateur, en 1986, de la revue Noir sur Blanc, où ont été publiés de très nombreux artistes contemporains du monde entier (poètes, peintres, photographes). Il est l'auteur de nombreux ouvrages, parmi lesquels : "Lettre d’Afrique à une jeune fille morte" (Phalène 1986), "Lettre à l’abandon dans un jardin" (Fata Morgana, 1994), "La vie nue" (Lettres Vives, 1997), "Lettre pour un très lent détour" ( Filigranes, 1999), "Les jours sont une ombre sur la terre" (Lettres vives, 1999), "La journée vide" (Lettres Vives, 2001).

"A l'origine, deux trajectoires sensiblement différentes se rejoignent, en 1993, au cœur d'un premier livre. L'une, celle du peintre Jean-Gilles Badaire, partiellement sédentaire, l'autre, celle de l'écrivain Joël Vernet, nomade, vagabonde..., se découvrent et provoquent ce point de fusion rare dans l'aventure fraternelle et complice du livre contemporain et de la peinture d'où le chant des mots prend comme un second envol. Depuis, les deux hommes cheminent ensemble... Comme si le chant et la lumière devenaient de jour en jour inséparables."

Le texte sera lu par Jacques Abeille.

La soirée est organisée en hommage aux éditions "La part des anges" qui fête son cinquième anniversaire et le douzième titre de son catalogue, avec la participation d'Éric Bonneau, Jean-Louis Burc, Jean-Luc Chapin, autour d'un verre apéritif.


Mercredi 19 mars à 18h30

Jean-Pierre Tailleur

Autour de son ouvrage : "Bévues de presse, l'information aux yeux bandés", publié aux éditions du Félin.

Jean-Pierre Tailleur est journaliste et observateur critique des pratiques journalistiques en France. Il doit bientôt faire paraître "Le journalisme à la française" (éditions du Seuil).

"La presse française est-elle digne d'une grande démocratie ?... L'enquête de Jean-Pierre Tailleur prend le contre-pied des débats escamotés, trop corporatistes ou théoriques sur les médias. L'auteur juge les journaux sur pièces, les compare avec leurs confrères étrangers : les reporters français sont-ils moins sérieux que les autres ? Sont-ils seulement des victimes des pouvoirs de l'argent ou d'informateurs malhonnêtes ? Cet essai est destiné à un large public intéressé par le travail des journalistes ou préoccupé des blocages propres à la France. Son approche, cosmopolite et concrète, en fait un outil pour apprendre à mieux utiliser les journaux et aiguiser la sensibilité et l'œil critique des lecteurs."

La rencontre est organisée par le Club de la Presse de Bordeaux et sera animé par Philippe Loquay.


Mercredi 26 mars à 18h30

Jacques Roussillat

Pour son ouvrage : "Marcel Jouhandeau, le diable de Chaminadour", publié aux éditions Bartillat.

Jacques Roussillat, qui a connu Jouhandeau et Chaminadour, est médecin.

Voici la première biographie d'un des grands écrivains français du XXe siècle. Marcel Jouhandeau appartient aux signatures prestigieuses de la N.R.F., et de lui on retient une oeuvre immense, pas moins de cent trente livres publiés, des écrits autobiographiques, comme le Mémorial et ses Journaliers, qui cernent les multiples contours de sa personnalité. Le professeur de latin Jouhandeau s'est bâti une légende où enfer et paradis se confondent : son attirance irrésistible pour les garçons, sa passion-répulsion pour sa femme Elise, son attitude lors des années trente et de l'Occupation … Sur ce "garçon en désarroi", comme l'appelait Julien Green, l'auteur fait le point avec rigueur et justesse, et donne sans complaisance les clés nécessaires à la compréhension d'un écrivain aussi méconnu qu'illustre.

La rencontre sera animée par Jean-Marie Planes


Jeudi 27 mars à 18h30

Christiane Restier-Melleray

Autour de son ouvrage : "Que sont devenues nos campagnes électorales ? L'éclairage par la succession de J. Chaban-Delmas en 1995" aux Presses Universitaires de Bordeaux.

Christiane Restier-Melleray est Maître de conférence à l'Institut d'Études Politiques de Bordeaux.

"Fin janvier 2002 les polémiques gravitent autour du fait que la campagne présidentielle n'aurait pas commencé cent jours avant l'échéance ; c'est oublier que Libération titrait déjà le 26 août 1999 : "Le RPR en campagne présidentielle… "

De telles affirmations tout aussi définitives que contradictoires sont légion (et ne concernent pas, loin s'en faut, seulement ce dernier scrutin). L'utilisation du terme campagne nous pose si peu question que nous l'utilisons sans même avoir conscience du flou et des contradictions de nos discours !

C'est sur ces approximations récurrentes - et sur leur signification - que se penche cette étude. Qu'est-ce donc qu'une campagne électorale ? Que s'y passe-t-il ? Quand et où a-t-elle lieu ? Est-ce dans les limites que lui assigne éventuellement le droit ? Qu'attendons-nous de ces séquences routinières et exceptionnelles censées rythmer la vie des démocraties ? Et nous référons-nous à des schémas interprétatifs adaptés aux modalités contemporaines de la communication politique ?

À la lumière d'une élection municipale médiatisée, celle de la succession de J. Chaban-Delmas à Bordeaux en 1995, Christiane Restier-Melleray tente de poser ces questions simples en menant une enquête avant, pendant et après l'élection à partir du terrain bordelais mais aussi à la lumière des travaux anglo-saxons. Les résultats de ces éclairages diversifiés permettent de faire table rase de nos certitudes et de reconsidérer les campagnes électorales : ce ne sont en aucune façon des séquences routinisées et balisées de la vie démocratique mais une mosaïque de représentations simultanées et contradictoires mobilisées de façon consciente ou non, stratégique ou non, par les candidats, les journalistes mais aussi les profanes."

Le débat sera animé par Marion Paoletti.


Vendredi 28 mars à 20h

Ignacio Gárate Martinez

Pour la parution de son livre "L'institution autrement, pour une clinique du travail social" aux éditions Érès.

Ignacio Gárate Martinez est docteur en sciences de l'éducation, membre d'Espace analytique ; il exerce la psychanalyse à Bordeaux.

"Donc l'institution, sous forme de structure ou d'organisation, ce n'est pas ça qui compte. Comme le réel, elle est impossible, jamais atteinte, toujours à renouveler, rebut, déchet, scorie. Bref, on l'aura compris, ce qui compte, c'est ce qu'il y a "avant" et "pendant", car dès qu'elle est mise en place, l'institution, prise ainsi, est irrémédiablement "après"... Car ce qui compte, c'est l'acte d'instituer…" (Ginette Michaud)

La rencontre sera animée par Serge Bedère et Didier Robin.


Mardi 1er avril à 18h30

Jean-Yves Blot

Pilleurs du Médoc et héros de Saint-Jean de Luz : les coulisses d'une énigme (naufrage d'une escadre portugaise sur la côte du Sud-Ouest, Janvier 1627), autour de l'ouvrage "Le naufrage des Portugais" (éditions Chandeigne).

Jean-Yves Blot, archéologue du monde marin, consultant scientifique du Centre National d'Archéologie Nautique et Subaquatique de l'Institut Portugais d'Archéologie (Lisbonne) est responsable des programmes pluridisciplinaires d'analyse spatiale et prospection géophysique appliqués à l'archéologie sous-marine. Particulièrement concerné par l'étude des sites de naufrage de grande dispersion et par l'approche pluridisciplinaire pour les sites tardifs où l'étude des matériaux et sites archéologiques s'articule avec les sources documentaires disponibles.

"En janvier 1627, lors d'une tempête exceptionnelle, eut lieu le plus grand naufrage de l'histoire de la marine portugaise, devant les côtes françaises de Saint-Jean-de-Luz et d'Arcachon. Bilan : 7 navires coulés - deux énormes caraques des Indes de 1800 tonneaux, chargées de pierres précieuses et d'épices, escortées par cinq galions de guerre portant la fine fleur de l'aristocratie portugaise -, 2000 morts, 300 rescapés. Parmi eux le capitaine-général dom Manuel de Meneses, qui publia un mémoire, et le jeune dom Francisco Manuel de Melo qui rédigea le récit de ces événements trente ans plus tard. Tout cela donna lieu à un imbroglio diplomatique entre la France et le Portugal, qui impliqua le duc d'Épernon, Richelieu, Louis XIII, l'Église et les grandes familles du Médoc. Car si les "bourgeois" de Saint-Jean-de-Luz recueillirent avec charité des naufragés, il apparaît que plus au nord, sur les côtes des Landes et du Médoc, les Français pillèrent les épaves et massacrèrent les survivants.

Ce naufrage était cependant retombé dans l'oubli : aucun livre n'avait été publié sur ce sujet ; les faits sont à peine mentionnés, même par les historiens locaux. Jean-Yves Blot et Patrick Lizé ont réuni de nombreux documents retrouvés dans les archives espagnoles, portugaises et françaises. "

Conférence organisée par le service culturel de l'Université Michel de Montaigne-Bordeaux III, avec la participation de Michel Chandeigne


Mercredi 2 avril à 18h30

Alain-Julien Rudefoucauld

À l'occasion de la parution de son roman : "J'irai seul" aux éditions du Seuil-Fiction & Cie.

Romancier et auteur de théâtre, directeur de collections aux éditions de L'Harmattan et à L'Esprit du temps, Alain-Julien Rudefoucauld vit à Bordeaux. Il a déjà publié : "En faire quoi" (Esprit du temps, 1993), "Fatsflat" (Esprit du Temps, 1996), "Autonomie d'un meurtre" (Calmann-Lévy, 1998), "Dancing" (Esprit du Temps, 1998).

Le narrateur, homme jeune et froid, est un homme sans nom, un homme de fuite et d'obsession. De lui on saura seulement qu'il est kabyle, fils de harki, qu'il a quitté l'Algérie pour le Midi de la France, qu'il ne peut se débarrasser de l'image de ses parents massacrés sous ses yeux par ceux qu'il appelle "les autres" ou "les dénégateurs".

C'est aussi un halluciné : à preuve la manière dont l'action même du récit - lente, haletante, plombée par la lumière du sud, constellée de sang et de sexe - est minée çà et là par des retours aveuglants d'images et de souvenirs qui bousculent la chronologie sans que jamais ne cesse cette extraordinaire façon qu'a la phrase d'avancer et la parole de rouler inexorablement. Faulkner n'est pas loin: même folie triviale, crue et prophétique.

Éventré accidentellement dans sa fuite, le narrateur est soigné par son cousin Khalef et pris en charge par une bande de souteneurs sous les ordres de Georghyu. Pour prix de sa dette, ce dernier veut le forcer à faire le proxénète et il lui confie quatre jeunes Roumaines.

La situation, déjà très dangereuse, bascule. C'est le moment que choisit l'effroi, en douce pourrait-on dire, pour passer la main: désormais c'est à la terreur qu'il faudra rendre des comptes. Et ce sera aux "autres" de rendre gorge. Chacun son tour.

En pleine lumière et en plein sang.

Beaucoup de livres parlent de violence, de meurtre, de folie religieuse aussi, de fanatisme. Mais rares, très rares, sont ceux qui atteignent à une pareille flambée sèche de l'écriture.

La rencontre sera animée par Patrick Rödel.


Vendredi 4 avril à 19h30

Didier Arnaudet et Jacques Perconte

Pour la parution du livre accompagné d'un CD-Rom : "Exercices d'équilibre" aux éditions Le Bleu du Ciel.

Critique d'art et poète, Didier Arnaudet collabore notamment à la revue art press. Il a déjà publié : "Alain Lestié" (Castor Astral, 1997), "Jean-François Dumont, une galerie à Bordeaux 1984-1988" (confluences, 1999), "En bras de chemise malgré la fraîcheur matinale" (Le Bleu du Ciel, 2002).

Chaque texte convoque des voix qui ne sont ni nommées ni liées. Elles jouent sur des degrés de familiarité et des effets d'étrangeté, et produisent des emballements fictionnels. Il s'agit plutôt de fausses nouvelles, qui posent des questions sans y répondre vraiment, donnant lieu à une "ouverture" plastique, œuvres spécifiques réalisées par des artistes contemporains.

Le livre est accompagné d'un CD-Rom intitulé "Je sens le doute s'installer", d'une durée de trente minutes. Il donne à voir, par la mise en scène et le mouvement cinématographique, l'installation d'un texte volontairement éclaté, composé d'éléments flottants, issus du quotidien ou basculant dans la fiction.

Performances sonores de Didier Arnaudet et Jacques Perconte.


Vendredi 11 avril à 19h

Patrick Espagnet

Pour la parution de son recueil de nouvelles : "XV histoires de Rugby", publié aux éditions Culture Suds.

Patrick Espagnet vit à Bordeaux. Il a longtemps été journaliste à Sud-Ouest et "number two" à Grignols.

Il a déjà publié, chez le même éditeur : "La Gueuze" (2001).

"Jacky a trente-cinq ans. Il est foutu comme un bon cèpe. Rond et ferme comme une tête noire. Cet après-midi il jouera pour la première fois en championnat de France de Deuxième division. Les imbéciles ricaneront. Leur pauvre cervelle pensera que ce n'est quand même pas un exploit...Ceux qui connaissent le rugby, ceux qui l'aiment sauront bien que cela veut vraiment dire quelque chose pour un joueur en fin de carrière. Voilà presque vingt ans que Jacky Loubrie, de Grignols (33), trimballe son petit bide et ses genoux rafistolés sur tous les terrains du Sud-Ouest. En Honneur et en Troisième division. Vingt ans qu'il souffre dans les mêlées de la Côte d'argent ou de la Côte Basque. Qu'il bouffe la boue de l'automne et la poussière de l'été, l'herbe givrée de l'hiver et les pâquerettes de mai. Jamais il ne prendra l'avion pour Cardiff ou n'accrochera son maillot dans les vestiaires d'Armandie. Jamais l'œil d'un sélectionneur ne se posera sur sa silhouette trapue. Et pourtant Jacky Loubrie est l'un des meilleurs piliers qu'il m'ait été donné de voir. Mais il est petit, trop petit, et la meilleure technique du monde ne remplacera jamais les centimètres. Urtizvéréa n'a jamais été Cholley. Pourtant lequel des deux fut le plus difficile à toréer ? Alors Jacky a fait une carrière modeste. À sa place, avec une humilité qui, comme disait Malaparte, évite toujours l'humiliation. Son numéro 1 sur les épaules, il s'est cogné tout le monde. De la vieille rogne en rupture de Nationale B au jeunot costaud qui piste France A ; du pilier gras comme un chien de restaurant au pilier sec et osseux que le Béarn invente encore… Jacky a toujours baissé la tête et n'a pas souvent reculé. Jacky n'a jamais été redouté. Il a toujours été respecté. Il y a, dans cette étrange corporation des pilars, un code secret, une intelligence avec l'ennemi qui se trompe rarement. En vingt ans, Jacky n'a jamais été suspendu, il n'a presque jamais pris un coup vicelard. Tout simplement parce qu'il n'en donne pas et que cela se sait…"                (extrait)

La rencontre sera animée par Serge Simon et suivie d'une verre apéritif.


Jeudi 17 avril à 18h30

Soazic Aaron

Autour de son roman : "Le non de Klara" aux éditions Maurice Nadeau.

Soazig Aaron est née à Rennes. Elle a travaillé quelques années dans une librairie parisienne et vit aujourd'hui à la campagne. Le Non de Klara est son premier récit.

Ce récit se présente sous la forme d'un journal, celui d'Angélika, l'amie et belle-sœur de Klara qui revient d'Auschwitz à Paris après une déambulation à travers l'Europe en août 1945. Le journal s'organise autour de la parole de Klara qui, jour après jour, pendant un mois, dévoile ce qu'elle a vécu. Pas de lamentations, mais elle dit froidement, avec force et violence, sa stupeur et sa colère permanente, son incapacité à accepter les codes de la vie redevenue normale. Elle refuse de revoir sa fille de trois ans et partira, au bout d'un mois, en Amérique.

Le livre a obtenu le prix Emmanuel Roblès et la Bourse Goncourt du premier roman.

Le débat sera animé par Maïalen Lafite.


Mercredi 7 mai à 18h30

Eustache Kouvélakis

A l'occasion de la parution de son livre : "Philosophie et révolution, de Kant à Marx" (Presses Universitaires de France-Actuel Marx).

Eustache Kouvélakis, né à Athènes (Grèce) en 1965, est sous-directeur de la revue Actuel Marx. Il a notamment dirigé le volume "Marx 2000" (PUF, 2000) et, avec Jacques Bidet, le "Dictionnaire Marx Contemporain" (PUF, 2001) et a publié "Introduction à la critique de la philosophie du droit" (Ellipses, 2000) et "L'autre Amérique" (Textuel, 2002).

"Constater que chaque génération fait sa propre réécriture de Marx est sans doute un truisme ; ce qu'il convient toutefois d'ajouter c'est que chaque époque apporte à ce procès son propre mode, historiquement spécifique, de réécriture. La nôtre, par exemple, est caractérisée par une combinaison paradoxale de méfiance vis-à-vis de la téléologie, et même du récit historique en tant que tel, et d'une extraordinaire renaissance du genre biographique...

La remarquable nouvelle histoire de la formation de la pensée de Marx proposée par Eustache Kouvélakis - peut-être la première nouvelle version véritablement originale de cette formation depuis la monumentale histoire écrite dans l'après-guerre par Auguste Cornu - ne doit pas être considérée comme un simple récit des contingences et des rencontres, des accidents de la découverte intellectuelle et de l'exposition imprévisible aux vents du Zeitgeist, mais aussi comme une nouvelle théorie de ce qui est structurellement central et original dans l'exploit de Marx, à savoir la nature politique unique et la puissance du prolétariat.

...A un moment où de nouvelles pensées politiques semblent particulièrement rares du côté de la gauche (si ce n'est en réalité partout), un tel Marx pourrait s'avérer pour nous d'un intérêt et d'une valeur des plus élevés."

Fredric Jameson (extrait de la préface)

La rencontre est organisée dans le cadre des Ateliers philo d'Espaces Marx et sera animée par Nicolas Vieillescaze.


Vendredi 9 mai à 18h

"En voilà des histoires"

Lecture rencontre à la Galerie avec Beatriz Gallizo-Espés et Stéphanie Pin à l'occasion du spectacle "En voilà des histoires", création théâtrale pour deux comédiennes autour de contes, fables et nouvelles d'Anne-Lise Grobéty et Rosa Montero.

Le spectacle sera donné à la Boite à jouer du 14 au 31 mai.


Lundi 12 mai à 18h

Marc Renneville

À l'occasion de la parution de son ouvrage : "Crime et folie : deux siècles d'enquètes médicales et judiciaires" aux éditions Fayard.

Marc Renneville maître de conférences à l'université Paris VIII est responsable du Centre interdisciplinaire de recherches de l'École nationale d'administration pénitentiaire. Il a reçu le prix du meilleur ouvrage de la société française d'histoire de la médecine pour "Le langage des crânes, une histoire de la phrénologie" (Empêcheurs de penser en rond, 2000).

"Le crime est-il une folie ? Autrement dit, celui qui commet un meurtre perd-il le contrôle de lui-même ? Faut-il le mettre à l'asile ou en prison ? Et si le criminel est un malade, peut-on le guérir ? Comment détecter les criminels potentiels pour les empêcher de nuire ? Ces questions se posent chaque fois que resurgit un tueur en série ou dans le débat actuel sur la pédophilie. Elles ne sont pas nouvelles : de la théorie de la "bosse du crime", qui imprégnait les mentalités du XIXe siècle, à celle du chromosome du crime, en passant par Lombroso, selon lequel le criminel est un sauvage égaré dans notre civilisation, médecins et psychiatres ont proposé depuis deux siècles de nombreuses réponses, faisant du criminel un "objet de science". Ce sont les grandes théories des criminologues qu'explique ce livre, en rappelant les débats qu'elles ont suscités, aussi bien du côté des législateurs et des magistrats que dans l'opinion publique."

Débat organisé par le collectif "Octobre 2001" et l'Association Française de Criminologie en présence de Pierre Tournier (président de l'A.F.C.).

C'est en juin 2000, que l'Association française de criminologie (AFC) a pris l'initiative de constituer le Collectif "Octobre 2001" avec les grandes associations de défense des droits de l’homme et des associations, fédérations, syndicats œuvrant dans le champ pénal.

La rencontre marquera la création d’un nouveau groupe régional trans-frontière, tourné vers le Portugal.


Mercredi 14 mai à 18h30

Patrick Chastenet

Pour la première livraison des "Cahiers Jacques Ellul" : "Les années personnalistes", publiés par l'Association Internationale Jacques Ellul.

Enseignant (université de Poitiers), Patrick Troude-Chastenet est l'auteur de nombreux ouvrages parmi lesquels : "Simenon, album de famille" (Presses de la Cité, 1989), "Chaban" (Seuil, 1991), "Entretiens avec Jacques Ellul" (Table ronde, 1994), "Citizen Hersant : de Pétain à Mitterrand" (Seuil, 1998).

"Parmi les multiples lieux communs associés au nom de Jacques Ellul, figure en bonne place le thème d'une pensée inclassable. Il faut d'emblée reconnaître que l'intéressé n'est pas pour rien dans cette réputation. Si tout au long d'une carrière riche d'une soixantaine d'ouvrages et de plusieurs centaines d'articles, il n'a poursuivi qu'un seul but : affirmer et défendre la liberté de l'homme face aux périls qui la menacent, les voies empruntées ont été trop diverses pour ne pas décourager les amateurs de frontières intangibles.

Mais là n'est pas l'essentiel. Son "inclassabilité" renvoie beaucoup plus au statut problématique d'une œuvre, divisée en deux registres distincts mais en étroite correspondance car traduisant la confrontation dialectique du Naturel et du Révélé, qu'à son positionnement dans le champ idéologico-politique...

...La nuit tous les chats sont gris ! Véritable leitmotiv d'Ellul depuis les années 30 : en face du fait déterminant - l'universalité de la technique - les particularités politico-institutionnelles doivent être considérées comme secondaires. D'où son indifférence à l'égard du conflit est/ouest, son refus de choisir une forme de dictature contre une autre puisque tous les régimes poursuivent des fins identiques: l'efficacité, la puissance...

Autrement dit, la combinaison de l'État moderne et de l'idéologie technicienne rend la politique non seulement illusoire mais dangereuse. Pourtant, loin d'un plaidoyer en faveur d'un apolitisme - tout aussi illusoire - qui n'aurait pour conséquence que de renforcer l'emprise de l'État, le message d'Ellul vise à réhabiliter les vertus de la résistance personnelle face au Léviathan. Pour l'homme, exister c'est résister. Il faut donc développer les "tensions", l'un des maîtres mots du vocabulaire personnaliste, contre toutes les tentatives totalitaires d'intégration sociale. Il convient en somme de réinventer une démocratie qui "a disparu depuis longtemps". (Patrick Chastenet) 

La rencontre est organisée par l'Association Internationale Jacques Ellul.


Jeudi 22 mai à 18h30

Francesco Maria Mottola

Pour la parution de son recueil de nouvelles : "Fautes", publié aux éditions Opales.

Francesco Maria Mottola, professeur d'italien, poète, spécialiste de l'œuvre de Louis Émié, français d'adoption... et tout cela par hasard.

"Francesco Mottola écrit au scalpel comme on grave au burin : du même tranchant suraigu, il attaque directement la page... et le tissu nerveux du lecteur !..

Entre Gogol et Kafka, ce jeune auteur italien utilise avec une liberté et une hardiesse confondantes la langue d'élection qu'est, pour lui, le français. Il lui arrache un sauf-conduit pour son monde jubilatoire et désespéré. Et, sans prétendre nous y entraîner, se borne à nous révéler que cet univers-là est aussi le nôtre." (Michel Suffran)

La rencontre sera animée par Dominique Rabaté.


Vendredi 23 mai à 18h

Sylvie Debs

Autour de son livre : "Cinéma et littérature au Brésil, les mythes du Sertao" aux éditions L'Harmattan.

Docteur en littérature comparée, Sylvie Debs est enseignante à l'université de Strasbourg III. Familière du Brésil, notamment du Nordeste, elle y a publié de nombreux articles sur la culture populaire, la littérature et le cinéma brésilien.

"Le cinéma brésilien est un des grands cinéma mondiaux dont Glauber Rocha et Walter Salles constituent des références incontournables. La littérature brésilienne a aussi, depuis longtemps, ses classiques lus sur toute la planète."

La rencontre est organisée par l'association des Cinémas de proximité de la Gironde dans le cadre du quarantième Clin-d'Œil Cinéma et sera animée par Jean-Louis Ribreau.


Samedi 24 mai à 17h

Georges Zimra

Pour son livre "Freud, les juifs, les Allemands" paru aux éditions Érès.

Georges Zimra, psychanalyste, psychiatre des hôpitaux, a déjà publié chez Érès "La passion d'être deux".

"Au siècle des Lumières, la sécularisation du judaïsme avait permis le réinvestissement de l'histoire et du politique. Devenu citoyen, et non plus étranger ou apatride, le juif fut plus allemand que les Allemands. Le mythe du juif errant avait vécu et l'Allemagne devenait la "patrie de l'âme juive". Au XIXe siècle, la psychanalyse a bouleversé les conceptions de l'homme sur la sexualité, l'identité, la temporalité. Le passé n'est pas révolu, il hante le présent, et le corps est l'espace d'une mémoire archivée à travers les symptômes où s'écrit l'histoire du sujet.

Pour Freud, le signifiant juif ne fut pas seulement le signifiant de la révolte et de la résistance à l'antisémitisme, il fut aussi un signifiant éclaté, disséminé, excessif, "quelque chose d'essentiel" qui lui permit de s'extraire de "la majorité compacte". Il refusa toujours de considérer la psychanalyse comme une science juive mais on ne peut ignorer que la judaïté de Freud regarde la psychanalyse. De la même manière, on ne peut méconnaître sa germanité, avec laquelle il entretenait des rapports ambivalents : "Ma langue est allemande... mais je préfère me dire juif."

L'assimilation fut la ligne de force du discours antisémite. Le nazisme consacra la rupture avec les idéaux de l'Aufklärung. La psychanalyse, considérée comme science juive, fut ravalée au rang de psychothérapie, sacrifiée sur l'autel de l'adaptation, du conformisme et de la soumission qui furent les valeurs d'asservissement de l'idéologie nazie. La race seule désormais suffisait à définir l'homme.

Aux nazis qui avaient décrété la supériorité de la race aryenne, Freud répond, comme il répond à Jung, qu'il n'y a pas de race pure et dominatrice, pas d'humanité homogène mais le brassage, le mélange et le métissage des hommes et des cultures. Moïse devient pour Freud le passeur de l'universel, l'affirmation que c'est l'étranger qui habite l'homme. La véritable filiation ne concerne ni le sang, ni la terre, ni le nom propre, mais la puissance vivifiante du Nom-du-Père qui inscrit le sujet dans une généalogie des signifiants, lui permettant de produire l'héritage plus que de le recevoir."

Rencontre proposée par l'association R.S.I.


Vendredi 30 mai à 21h

Philippe Lacadée

Autour de son ouvrage "Le malentendu de l'enfant", paru aux éditions Payot-Lausanne.

Philippe Lacadée psychiatre, psychanalyste à Bordeaux, est membre de École de la Cause Freudienne et de l'Association Mondiale de la psychanalyse. Il est coordinateur francophone du CIEN (Centre interdisciplinaire de l'enfant).

"L'heure est à l'apologie de la communication et de la parole. Les spécialistes de l'écoute prolifèrent, qui tentent de dissoudre par elle le moindre traumatisme et de lever tous les malentendus.

On oublie que donner la parole à l'Autre suppose que l'on sache que s'y révèle un réel hors sens qui se refuse à être pensé. C'est ce que découvre Freud, et qu'il appelle le "premier mensonge" du symptôme – ce malentendu où gîte le sujet de l'inconscient.

Quelle fonction joue ce malentendu dans l'histoire de la psychanalyse ? Quel rôle tient-il dans l'histoire et le destin du sujet ?

L'auteur répond d'abord à partir de la clinique de l'enfant, sans négliger certains exemples littéraires. Il lève par ce biais les équivoques qui règnent sur des concepts clés de la psychanalyse, tels la pulsion, la demande, la névrose infantile, le surmoi, l'interprétation etc. Il s'éclaire, pour ce faire, tout particulièrement de la lecture par Jacques Lacan du cas du Petit Hans.

Et nous conduit ainsi à des questions d'actualité où peuvent se découvrir des générations différentes : responsabilité de l'enfant et de l'adolescent, leurs inventions.

Ce livre, loin de dissoudre le malentendu, le dissipe : cette part inhérente au sujet ne saurait s'éliminer, même au prix de réduire le dire à un dit et celui qui le dit à son énoncé. À saluer l'indiscipline de cet incurable, un analyste, comme chacun de nous, est en mesure de prendre la responsabilité de trouver comment advenir là où c'était le malentendu."

Le débat sera animé par Michelle Elbaz, Jean-Pierre Klotz et Daniel Roy.


Jeudi 19 juin à 18h30

Guillaume le Blanc et Jean Terrel

Pour leur ouvrage : "Foucault au Collège de France, un itinéraire" publié aux Presses Universitaires de Bordeaux.

Les auteurs enseignent la philosophie à l'université Bordeaux III - Michel de Montaigne. Jean Terrel a déjà publié : "Hobbes, matérialisme et politique" (Vrin, 1994), "Hobbes" (Ellipses, 1997) et "Les théories du pacte social" (Seuil, 2001). Guillaume le Blanc est l'auteur de "Canguilhem et les normes" (PUF, 1998) et "La vie humaine : anthropologie et biologie chez Georges Canguilhem" (PUF, 2002).

"Ce livre a pour objet les cours aujourd'hui publiés (1975, 1976, 1982) et ceux des années 79 et 80, à paraître, dont nous publions un extrait. Mieux que tous les autres écrits, les cours révèlent une pensée au travail, hésitante virevoltante, revenant sur elle-même et risquant des synthèses audacieuses. A sa manière, celle d'un cachalot habitué au grand large, Foucault fait son métier de philosophe et dessine en pointillés un itinéraire dont nous tentons de ressaisir l'unité problématique, à même ses ruptures et ses difficultés, et à travers ses divers déplacements : du pouvoir psychiatrique à la pratique de la politique comme guerre continuée, du pouvoir disciplinaire au bio-pouvoir, des figures de la souveraineté au gouvernement des autres et de soi-même, de la résistance au pouvoir à l'invention de nouvelles formes de subjectivité."

Contributions de Frédéric Gros, Béatrice Han, Frédéric Keck, Guillaume le Blanc, Stéphane Legrand, Michel Senellart et Jean Terrel.

Inédit de Michel Foucault, extrait du cours de 1979 "Le libéralisme comme nouvel art de gouverner."

La rencontre est organisée avec l'aide des Presses Universitaires de Bordeaux.


Vendredi 6 juin à 19h30

Alain Lipietz

Pour son livre : "Refonder l'espérance, leçons de la majorité plurielle" publié aux éditions La Découverte.

Alain Lipietz, économiste, est député européen des Verts. Il est l'auteur de nombreux ouvrages, dont, à La Découverte, "La Société en sablier" (1998), "Qu'est-ce que l'écologie politique ?" (1999), "Pour le tiers secteur" (2001), et chez d'autres éditeurs : "La crise" (Syros, 1983), "Phèdre, identification d'un crime" (Métailié, 1992), "Berlin, Bagdad, Rio" (Quai Voltaire, 1992), "La richesse des régions" (PUF, 2000).

"La spectaculaire défaite de la majorité plurielle aux élections de 2002 ne fut pas un coup de tonnerre dans un ciel serein. Elle relève plutôt de la chronique d'un désastre annoncé. L'échec de 2002, l'éclatement de la majorité, l'abstentionnisme de gauche résultent d'une somme de fautes tout au long de la législature. Ces fautes, il faut les repérer, les rectifier, pour explorer les voies d'une véritable politique alternative. Celle qui permettra de recoudre le camp du progrès humain, dans une nouvelle convergence écologiste et solidaire.

Observateur participant, membre de la direction des Verts et du Conseil économique du Premier ministre, Alain Lipietz a pu suivre pas à pas la dérive qui, du "gouvernement le plus à gauche d'Europe" menant les réformes réellement novatrices des deux premières années, a conduit peu à peu vers un nouvel enlisement social-libéral. Du traité d'Amsterdam à l'abandon de la loi sur le tiers secteur, en passant par les 35 heures, il propose ici un bilan sans complaisance de cette période, décortiquant les avancées réelles, les occasions perdues, les vraies trahisons. Il détaille une ambition nouvelle pour l'Europe, espace véritable du combat politique pour le changement social. Et il donne également sa "part de vérité" sur l'aventure de sa candidature à l'élection présidentielle...

Un bilan pour refonder l'espérance, car d'un malheur peut sortir un bien, à condition de tirer les leçons du passé."

Le débat sera animé par Pierre Hurmic (Les Verts Bordeaux).


Samedi 14 juin à 17h

Michel Lefebvre et Rémi Skoutelski

Pour leur ouvrage "Les brigades internationales : images retrouvées" (éditions du Seuil).

Journaliste au Monde, Michel Lefebvre y suit les questions relatives aux archives du Komintern, et à la mémoire de la guerre d'Espagne.

Historien, spécialiste de la guerre d'Espagne, Rémi Skoutelsky a publié chez Grasset, en 1998, "L'Espoir guidait leur pas, Les Volontaires français dans les Brigades internationales".

Dès le mois d'août 1936, en dépit des accords dits de non intervention, l'Allemagne nazie et l'Italie fasciste soutiennent activement les troupes de Franco. Celui-ci proclame qu'il prendra Madrid avant le 12 octobre.

La passivité des pays démocratiques indigne les antifascistes du monde entier. Le 1er octobre 1936, le premier noyau de volontaires appelés à former les Brigades Internationales arrive à Alicante. On en comptera 35.000 accourus d'Europe et d'Amérique pour défendre la jeune République Espagnole. 10.000 d'entre eux y feront le sacrifice de leur vie.

"La guerre d'Espagne est le premier conflit de l'ère des médias : reportages photographiques et radiophoniques, actualités cinématographiques permettent à l'opinion publique de suivre les événements au jour le jour. Les reporters photographes ont largement contribué à populariser cet engagement. Capa et Chim ont vu leur travail publié par les magazines Vu, Time, Regards ou les quotidiens Paris-Soir, L'Humanité. Les auteurs de ce livre, qui ont eu accès à des centaines de documents relatifs aux brigades, proposent une histoire iconographique : la mémoire retrouvée des Brigades internationales."

Le débat sera animé par René Martinez. 


Mercredi 18 juin à 18h30

Patrizia Ciambelli

Pour la parution de son ouvrage : "Bijoux à secrets", publié aux éditions de la Maison des Sciences de l'Homme.

Patrizia Ciambelli est ethnologue, conservateur au Musée National des Arts et Traditions Populaires de Rome et chercheur associé au Centre d'Anthropologie de Toulouse.

"Bijoux fantaisie, exotiques ou "ethniques "contre bijoux précieux, classiques, "de famille", les bijoux hier déclinés à tous les temps se conjuguent aujourd'hui à tous les modes au mépris des frontières spatiales et temporelles.

C'est en partant de ce métissage moderne et pour approcher l'énigme de la fascination ou du rejet qu'ils suscitent que Patrizia Ciambelli s'est mise à l'écoute des paroles et des pratiques contemporaines. Loin de réduire les bijoux à la somme de leurs usages, à leur dimension historique ou esthétique d'objets précieux, l'ethnologue cherche à en capter les éclats fugaces entre la présence et l'absence, le secret et le dévoilement, l'oubli et le souvenir.

Elle jette ici un pont entre présent et passé en éclairant tant les coutumes de jadis attachées à leur acquisition, à leur port, à leur conservation et à leur transmission que les manipulations et innovations actuelles, marques d'une volonté de rupture et de singularisation. Dans tous les cas, acheter un bijou, l'offrir, le vendre, le transformer, le perdre ou l'abandonner sont autant d'actes par lesquels un individu se pose comme personne et affiche la nature des relations qu'il entretient avec les autres. Du côté des femmes surtout, interlocutrices privilégiées en ce domaine, le "parler bijoux" a révélé, tout autant que les singuliers pouvoirs prêtés à ces objets, les manières dont ils scandent et ordonnent des parcours et des destins.

Secrets de famille, indiscrètes révélations, amours et ruptures, comme les bijoux qui les signent, peuvent être montrés ou cachés, vrais ou faux, enfouis dans les mémoires comme dans des coffrets et s'en échapper lorsque la parole les entrouvre…"

La rencontre est organisée par le Vice-Consulat d'Italie à Bordeaux et sera animée par Stéphane Felici et Mariane Van Haeren.


Vendredi 20 juin à 18h30

Didier-Marc Garin

Pour sa traduction de "La Divine Comédie" de Dante, parue aux éditions de La Différence.

Didier-Marc Garin est né en Bretagne en 1963. Il a suivi des études linguistiques ainsi que des études classiques d'écriture musicale, de composition et d'électroacoustique auprès de Michel Fusté-Lambezat, Klaus Huber, Emmanuel Nunes et Mesias Maiguashca. Il a rencontré Olivier Messiaen, Brian Ferneyhough et Franco Donatoni. Il a approfondi ce parcours musical par des séjours à Darmstadt, Villeneuve-lès-Avignon, Madrid et des voyages en Inde.

Compositeur, Didier-Marc Garin enseigne dans des collèges et dans des écoles de musique. Il est également chef de chœur, accompagnateur de films muets, et collabore avec l'ensemble de musique contemporaine Proxima Centauri. Il a composé quelque quarante-cinq partitions, du solo à l'orchestre avec chœurs et solistes, écrites et jouées dans divers pays.

C'est dans le but d'écrire un opéra qu'il s'est attaqué à la traduction de La Divine Comédie de Dante Alighieri.

"Une nouvelle traduction de La Divine Comédie ! Pourquoi ? Par qui ? Pour qui ? vont se demander ceux qui possèdent le texte dans "La Pléiade" ou dans d'autres éditions, plus anciennes ou plus récentes. Car plusieurs versions françaises existent. Éprouve-t-on, pour autant, du plaisir à les lire ? Là est toute la question… Didier-Marc Garin a choisi de proposer un texte rythmé principalement par des décasyllabes et des alexandrins pour édifier une travée rythmique de base autour de laquelle d'autres vers au mètre libre puissent librement s'épanouir. Il a posé comme seul objectif la recherche de la fluidité de la lecture. Et il a réussi, à notre avis, une merveille. Un texte dans une langue claire, jouant sur plusieurs registres syntaxiques et lexicaux, sans ajouts. Pour la première fois nous avons eu du plaisir à lire La Divine Comédie. Puisse-t-il en être de même pour vous !"

Avec la participation de Sylvain Millepied, flûtiste et Giorgio Bocci, lecteur.


Samedi 21 juin à 17h

Hector Yankelevich

Pour la parution de son ouvrage : "Du père à la lettre", publié aux éditions ÉrèsPoint Hors Ligne.

Psychanalyste, de formation philosophique, Hector Yankelevich, ancien professeur-adjoint de l'université de Buenos-Aires, fut l'un des premiers à introduire la pensée de Lacan en Argentine. Ayant dû quitter son pays, il travaille en France depuis 1975. Membre d'Espace analytique, ancien enseignant du CES de psychiatrie de Rouen, il est l'auteur de nombreux articles dans des revues psychanalytiques françaises, américaines, espagnoles ou argentines, et donne régulièrement des conférences à l'étranger.

"Un livre de psychanalyse est la tentative impossible de faire se rejoindre les questions laissées par nos patients, auxquelles nous ne pouvions, ne devions ou ne savions - à ce moment-là - pas répondre, et le sillon laissé en nous par notre propre lecture des textes fondateurs...

… Ainsi, il nous est apparu nécessaire de réintroduire avec force l'importance décisive du désir du père dans la constitution non seulement de la féminité, mais aussi de ce qui préside chez la femme aux modalités par lesquelles elle devient mère. C'est dans ce travail avec des mères d'enfants autistes, ou des patientes en analyse qui se trouvaient avoir des enfants psychotiques, que nous avons été amenés à postuler l'existence d'une « fonction maternelle » qui, résidant dans un pari inconscient, peut parfois faire défaut.

Écrire en tant qu'analyste étant une tâche aussi énigmatique que le déroulement d'une analyse - on sait comment on commence, on ignore tout de la suite - , le lecteur ne trouvera pas tant ici des éclaircissements sur ce qui reste ardu dans le texte des fondateurs de la psychanalyse, que la description des sentiers parcourus avec nos patients et à travers nos lectures, chemins de forêt, voire de crête, pour l'abord desquels nous disposions, bien entendu, d'instruments de localisation dans l'espace, mais qui ne vous épargnent guère, de fait, d'avoir à les tracer…" H.Y.

La rencontre sera animée par Ignacio Gárate-Martinez.


Mercredi 25 juin à 18h30

Patrick Rödel

Pour la parution de son recueil de nouvelles "Le coiffeur du Splendid hôtel" aux éditions confluences.

Patrick Rödel est né, vit et enseigne la philosophie à Bordeaux. Rédacteur de la revue Le Parlement, il est l'auteur de trois romans : "La maison blanche de la rue Dubarry", "L'Été d'Elsa" (Tournefeuille 1995 et 1996), et "Marguerite et Salomé" (confluences, 2001), ainsi que d'une biographie imaginaire de Spinoza : "Spinoza, le masque de la sagesse" (Climats, 1997).

"Patrick Rödel sait que deux âges de la vie intéressent tout particulièrement la littérature : l'enfance et la vieillesse. De son ouvrage précédent, un roman, "Marguerite et Salomé", on retenait la première partie, des vacances familiales qui semblaient se souvenir de la Comtesse de Ségur, et la forte figure d'une vieille dame mélomane. Qui sait, peut-être retient-on surtout de la "Recherche" les émois de Combray et les spectres du "Temps retrouvé".

Vous rappelez-vous Bordelais, le Splendid Hôtel ? La dernière poignée de main entre de Gaulle et Pétain ? Patrick Rödel n'ignore pas que les pierres d'une ville sont faites de mémoire et que l'épaisseur romanesque (cela vaut pour les nouvelles) est tributaire du temps. Le récit court, c'est du temps porté à un haut degré d'incandescence et de condensation. Voilà donc qu'un adulte se rappelle le geste inaugural, émancipation audacieuse de la tutelle maternelle : aller seul chez le coiffeur. Un coiffeur de son choix, celui du titre, chez qui l'enfant apprendra que la passion amoureuse peut naître, croître et s'épanouir dans la servitude, l'humiliation et le secret. La vieille femme qui dépouille son appartement - au grand dam des héritiers - de vases signés Gallé, de pendules et de bergères, pour y accumuler les Pierrots qu'elle achète au bazar ; celle qui crée une manière de société secrète vouée à la sauvegarde des chats errants du cimetière de la Chartreuse ; celle qui, dans ses insomnies, recompose, phrase après phrase, le "Je vous salue Marie" (non, vraiment, le "fruit de vos entrailles", c'est trop laid !)… c'est avec complicité, compassion et pudeur que Rödel se penche sur ces destins modestes, fragiles, mais têtus dans la volonté de conduire jusqu'à leur terme un désarroi, une lubie, un égarement."

Jean-Marie Planes (Sud-Ouest Dimanche)

La rencontre sera animée par Jean Broustra et suivie d'un verre apéritif.


Jeudi 26 juin à 18h30

Bernard Vincent

A l'occasion de la sortie de son livre : "Présent au monde : Paul Goodman", aux éditions l'Exprimerie.

Bernard Vincent, professeur émérite à l'Université d'Orléans, est l'auteur de nombreux ouvrages consacrés à l'histoire intellectuelle et politique des États-Unis, notamment "Thomas Paine ou la religion de la liberté" (Aubier, 1987), "Histoire des États-Unis" (Flammarion, 1997), "Le sentier des larmes : le grand exil des indiens cherokee" (Flammarion, 2002).

Paul Goodman est né en 1911 à New York. Thérapeute, il enseigne la Gestalt-thérapie à New-York et Cleveland. Auteur d'une quarantaine d'ouvrages et de centaines d'articles et d'essais, il meurt le 2 août 1972.

"Revenir sur l'œuvre de Paul Goodman, inspirateur d'Ivan Illich et de bien d'autres intellectuels radicaux, est devenu une nécessité, voire une urgence à l'heure où l'intelligentsia, en mal de repères idéologiques, se rallie au néolibéralisme ou se résigne au silence (à l'exception, très goodmanienne, des contestataires de la mondialisation sauvage).

La pensée critique/utopique de Paul Goodman est à la fois passionnante à découvrir (ou à redécouvrir) et vertigineuse, tant le réalisme y côtoie l'irréalisable, tant l'audace avant-gardiste se conjugue avec la nécessité d'un « conservatisme néolithique ». À nos sociétés désemparées où l'égoïsme, la violence et la dépression tendent à devenir un mode de vie, à nos cultures avides et obèses, où l'homme « a tout pour être heureux » mais où l'imagination sociale semble lui faire défaut, Goodman lance un défi que, depuis la disparition d'Illich, plus personne n'ose formuler : et si, face à la pensée unique, c'est-à-dire à l'absence de pensée, nous imaginions, ici et maintenant, et en rétablissant le contact avec notre seul monde, des alternatives."

La rencontre sera animée par Didier Lapeyronnie (Université Bordeaux III) et Jean-Marie Robine (Institut Français de Gestalt-thérapie).


Samedi 28 juin à 17h

Salah Stétié

Salah Stétié, né en 1929 au Liban, a été diplomate longtemps en poste à Paris, ancien délégué permanent du Liban à l'UNESCO, puis ambassadeur au Maroc, secrétaire général du Ministère des Affaires Étrangères à Beyrouth puis ambassadeur à La Haye.

Poète, traducteur, essayiste de renommée internationale, il est l'auteur de nombreux ouvrages dont "Inversion de l'arbre et du silence" (Gallimard, 1980, Prix Max Jacob), "L'autre côté brûlé du très pur" (Gallimard, 1992), et a notamment écrit sur la spiritualité islamique : "Fraîcheur de l'Islam" (Fata Morgana, 1995), "Le vin mystique" (Albin Michel, 2002), "Mahomet" (Albin Michel, 2001). Il vient de publier "Fiançailles de la fraîcheur" (Imprimerie Nationale, 2003).

Salah Stétié a obtenu en 1995 le Grand Prix de la Francophonie, décerné par l'Académie française. Il est membre de la Commission de Terminologie et de Néologie de la langue française.

"L'homme du double pays", comme il aime à se définir, a apporté à l'objection que la création littéraire ne puisse se faire que dans la langue de sa nation et de son enfance, une réfutation sans appel. C'est ce qu'il appelle "la preuve par le fruit". Plus que toute autre langue, ce qui distingue le français, c'est son fruité , déclare-t-il. "Il n'est point de langues plus riches en parfum, plus délicates en saveurs"…. "Aux écrivains venus de l'ailleurs, la langue française propose un grain qui, par sa délicatesse et toutes les finesses attachées à un vieux tuf riche en subtilité créatrice, leur permet d'exprimer jusqu'au plus obscur et au plus délié d'eux-mêmes". (L'Orient-Le Jour)

La rencontre est organisée par le Centre d'Études Pluridisciplinaires des Imaginaires du VIN-CEPDIVIN et sera animée par Christine Andreucci (Université Paul Valéry-Montpellier 3) et Christian Coulon (Institut d'Études Politiques-Bordeaux).

La dégustation de vins (Liban et Bordeaux) sera animée par Jean-Marc Quarin, avec Marianne Berry et Jean-Louis Gonzalez


 

 

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