8, Place du Parlement 33000 Bordeaux France Tel : 05.56.48.03.87 Fax : 05.56.48.16.83.

ouvert du mardi au samedi de 10h00 à 20h00 et le lundi de 14h00 à 19h00.

Tramway : Bourse (C), Palais (A). Stationnement : Bourse, Camille-Jullian.

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PROGRAMME DES RENCONTRES PREMIER SEMESTRE 2002

 

 


Jeudi 17 janvier à 18h30

Vincent Pousson et Marie Bardet

Pour la parution du livre : "D'Amour & de Vin" aux éditions La Presqu'île.

 Vincent Pousson, 37 ans, est rédacteur en chef du magazine L’esprit du Sud-Ouest. Il a déjà publié une réédition du "Cuisinier gascon" (Loubatières, 1998) ainsi qu'un "Dico des Bordeaux abordables", avec Jean-Pierre Xiradakis (Milan, 2000).

Marie Bardet, 35 ans, journaliste, évite à cet ouvrage de sombrer dans la plus vile misogynie en donnant la réplique à celui avec qui elle fait notamment vigne commune, dans les Corbières.

 Les Lettres, le Vin et l'Amour… En d'autre temps, on aurait parlé de libertinage. D’Amour & de Vin est un recueil de textes courts, nouvelles ou saynètes, dont chacune consiste en une variation sur un thème érotique un rien provocateur : l'accord femme-vin, un peu à la façon de ces alliances mets-vins qu'imaginent certains cuisiniers. Quel breuvage pour accompagner quelle femme ? Les rencontres charnelles ou liquides composent un itinéraire amoureux où, du Languedoc à la Gascogne, du Bordelais à la Californie en passant par l'Espagne, l'on avance le verre avide et le cœur en émoi.

Pas de dissertations ennuyeuses ou de dégustations fastidieuses. Comme l'écrit Vincent Pousson dans son avant-propos, épargnons-nous "les collectionneurs, méthodiques assassins de l’instant et de la spontanéité ; leurs livres de cave et leurs tableaux de chasse – médiocres comptabilités, mauvaise littérature – n'impressionnent qu'eux-mêmes". Dans cet ouvrage qui évite soigneusement de se prendre au sérieux, les corps, autant que les mots, se boivent et s'offrent sans cérémonie. Ce qui n'empêche pas l'exactitude ni la pertinence, loin s’en faut. L'hédonisme exige la connaissance et un brin de pratique. Ainsi que quelques bonnes adresses…

D’Amour & de Vin est enfin un dialogue entre un homme et une femme, Vincent Pousson et Marie Bardet, qui, à tant aimer le vin et à tant aimer l'amour, n'ont finalement pas su comment les départager. Sauf à en faire un livre.

 La rencontre sera animée par Jean Laforgue et sera suivie d'une illustration apéritive.


Vendredi 18 janvier à 19h45

Christophe Blanquie

Conférence autour de son ouvrage : "Une vie de frondeur, le chevalier de Thodias 1616-1672" publié par le G.R.A.H.C.

Christophe Blanquie est né à Plassac et a accompli ses études à Bordeaux. Docteur en histoire et associé au Centre de Recherches Historiques de l'EHESS, il poursuit simultanément une carrière de haut-fonctionnaire parlementaire et d'historien.

Fils d'un seigneur du blayais-bourgeais, gouverneur du duché de Fronsac et Coutras puis premier jurat de Bordeaux, le chevalier de Thodias incarne un moment de l'histoire de la Guyenne, le parcours d'un cadet de la noblesse provinciale au temps de la Fronde.

 Rencontre organisée par le Groupe de Recherches Archéologiques et Historiques de Coutras.


Mardi 22 janvier à 18h30

Antonio Torres

À l'occasion de la venue en France de l'écrivain brésilien.

Antonio Torres est né en 1940, à Junco, dans l'état de Bahia au Brésil. Depuis 1974, il réside à Rio de Janeiro.

Il a commencé sa vie professionnelle dans le journalisme au "Jornal de Bahia", avant de se mettre en route pour Sao Paulo ou il travaille pour "Ultima Hora". Dans cette première moitié des années soixante, l'inflexion à gauche de la vie politique brésilienne ne tarde pas à être brutalement supprimée par le coup d'état militaire de 1964. L'année suivante, il part au Portugal ou il rencontre le poète portugais Alexandre O'Neill qui exerce sur lui une influence déterminante. Il rentre à Sao Paulo en 1968, retrouvant son pays au début de la période la plus dure de la dictature militaire et commence à travailler comme publicitaire. Il publie en 1972 "Um cao Uivando para a Lua", son premier roman, distingué comme meilleure révélation de l'année. A partir de 1989, il abandonne son travail de publicitaire, se consacrant totalement à la littérature.

Très marqué par la tradition orale - la littérature de "cordel"- et le jazz, il doit autant à la littérature brésilienne des années 30 - Jorge Amado et Graciliano Ramos - qu'à la profondeur introspective d'une Clarisse Lispector ou à la créativité linguistique d'un Guimaraes Rosa.

Il est aujourd'hui considéré comme un des écrivains les plus marquants de sa génération.

Il a publié huit romans, de 1972 à 1997, dont trois ont été traduits en français : "Cette terre" (Métailié, 1984), "Un taxi pour Vienne d'Autriche" (Gallimard, 1992) et "Chien et loup" (Phébus, 2000). Son dernier ouvrage : "Meu Querido Canibal" est en cours de traduction en France.

La rencontre est organisée par la section de portugais de l'Université Michel de Montaigne-Bordeaux III et l'association Macunaïma et sera animée et traduite par Magdeleine Ribeiro et Claudio Cledson


Mercredi 30 janvier à 18h30

Bernard Manciet

Autour du livre que viennent de faire paraître les éditions La part des anges : "Pastel, Alchimie du bleu", illustrations d'Alain Béguerie, Philippe Soussens, Chabrely.com et Tim Clinch.

 Bernard Manciet est né dans les Landes en 1923. D'abord diplomate, il se consacre ensuite à l'écriture et commence à publier en 1955. Il vit et travaille à Sabres dans les Landes. L'essentiel de son œuvre est disponible chez divers éditeurs, et notamment à l'Escampette : "Compresseur", "Aratea : constellations", "Aux portes de fer", "Le dire de Guernica".

 "L'on s'en plaignait assez. Retrouverait-on jamais la douceur du temps, ce climat charmant qui avait régné avec Saint-Louis et Édouard 1er notre roi-duc ? Le ciel alors restait pur, d'un bleu soutenu de miniaturiste, qui s'épanchait en ondulations pareillement bleues des fleuves entourant le monde, ou en ces quatre fleuves du Paradis terrestre. Temps bienheureux où le bleu dit de Chartres inondait les verrières, né des sels de cobalt. Le roi se drapait de bleu, couleur de vertu. D'après Sainte Mathilde, le saphir ne pouvait se confondre qu'avec le cœur de la Vierge Marie. Les champs se couvraient de blé pâle, de vignobles pourpres, de chanvre blond, de lin bleu de lin. Des extrémités de la terre étaient venus les aubergines violettes, le vert de l'estragon, le feu des grenadiers en fleurs, les roses fondants et dorés de l'abricot, mais aussi les dégradés bleus des artichauts, du bleu sombre viril au bleu tendre féminin ? Dans tout le royaume et bien au delà, foisonnaient les touffes de pastel, noyées dans le rouge cuivré des aurores mariales du vitrail, les perles du cobalt surchauffé, ardemment bleues, s'ordonnaient en étoiles succulentes. Ah gober des étoiles matutines !

 Lectures en français par Frédéric Delhoume (Compagnie Gardel) et en occitan par Bernard Manciet, avec la participation de Marie-Christine Moreau. Présentation des aquarelles pastel de Éric Chabrely, débat animé par Patrick Lavaud.


Samedi 2 février à 17h

Alain Garrigou

Pour la parution de son livre "Les élites contre la République" publié aux éditions La Découverte.

 Agrégé d'histoire et de sciences politiques, Alain Garrigou est professeur de sciences politiques à l'université Paris X-Nanterre. Il a notamment publié : "Le vote et la vertu, Comment les français sont devenus électeurs" (Presses de Sciences Po., 1992), "Norbert Élias, La politique et l'histoire" (La découverte, 1997, en collaboration avec Bernard Lacroix), "La santé dans tous ses états" (Atlantica, 2000)

Nombre de critiques et de louanges ont nourri les fantasmes sur Sciences Po. et l'ENA. On prête beaucoup à ces deux écoles au cœur de la sélection des élite françaises : les anciens élèves occupent les sommets de l'administration, ont conquis la tête des partis politiques, des gouvernements, de nombreuses grandes entreprises puis privées.

Les deux écoles attribuent cette réussite à leur excellence. Alain Garrigou se propose dans cet essai décapant de revenir sur l'histoire et la mutation récente de ces deux institutions. Il s'appuie pour cela sur plusieurs enquêtes qu'il a menées au cœur de leurs rouages et de leurs programmes d'enseignement. Cette approche originale lui permet de montrer très concrètement comment la sélection scolaire est aussi une reproduction sociale, par l'inculcation des valeurs intellectuelles et éthiques légitimistes. Cette filière n'est guère transparente : dans sa réussite, la démocratie n'a pas trouvé son compte. Surtout, Alain Garrigou explique pourquoi le lien organique entre Sciences Po et l'ENA est aujourd'hui mis à mal. Sciences Po. tend à devenir une "business school" internationale. A l'inverse, l'ENA s'efforce de convaincre de la nécessité d'un État fort en préservant les modalités de son recrutement. Les politiques des deux écoles sont devenues contradictoires et leurs relations conflictuelles. Toujours sous surveillance de la "noblesse d'État", le gouvernement semble incapable d'ordonner les visions contradictoires d'une irréversible mondialisation et de la défense de l'État. Le "gouvernement schizophrène" semble devenu ordinaire et s'inscrit déjà dans l'enseignement des écoles de pouvoir.

Le débat sera animé par Michelle Ferrière et Frédéric Neyrat.


Vendredi 8 février à 18h30

Philippe Adam, Pierre Senges

Philippe Adam est né en 1970 à Paris. Études de philosophie à l'université de Tours… Lecture de Pinget, DEA jamais achevé à l'École des Hautes Études, il devient professeur de philo. Il collabore à la revue Inventaire/Invention et vient de publier son premier roman : "De beaux restes" aux éditions Verticales.

Pierre Senges est né en 1968. Il vit aujourd'hui à Grenoble. Il a publié des textes dans diverses revues dont Arsenal, L'Infini et R de Réel et écrit des fictions pour France Culture. Son premier roman : "Veuves au maquillage" vient d'être réédité en Point-Seuil. Il vient de faire paraître aux éditions Verticales : "Ruines-de-Rome".

"Coup de maître pour ce premier roman, atypique tant par l'univers personnel qu'il propose que par son écriture serrée, mentale. Roman mental, comme on parle d'une maladie, proféré par un narrateur insaisissable, qui serait le sosie raté de Carlos Gardel, ou le membre fondateur-professeur d'un cours de tango, aux origines argentines, et qu'on retrouverait au final délirant dans une chambre d'hôpital. Bref, le contraire d'un personnage, plutôt une voix hybride qui multiplie des digressions, passe son temps à contredire la logique chronologique de son récit en faisant notamment mourir, puis revivre et puis mourir encore une octogénaire, ancienne diva des tangos, Betany Mordo, dont il serait l'amant nécrophile - à moins qu'il ne soit le seul membre de son fan-club oublié." (Les Inrockuptibles)

"J'ai trouvé le nom de "Ruines-de-Rome" par hasard, dans un livre consacré aux rues de Paris ; il m'a frappé parce que, si la plante se tient au cœur des villes, le nom de la ville se trouve dans celui de la plante. Il m' a remis en mémoire deux idées : d'abord le cliché de la végétation qui accompagne l'effondrement des civilisations et prend la place des bâtiments. D'autre part l'idée d'une subversion minuscule : le péril le plus grand s'obtient avec des moyens dérisoires…" (Pierre Senges)

Philippe Adam et Pierre Senges liront des extraits de leurs textes.


Samedi 9 février à 17h

Michèle Sales

À l'occasion de la parution de son livre : "La Grande Maison" publié aux éditions du Rouergue.

Née en 1947, Michèle Sales, bibliothécaire, exerce depuis 1993 dans la région Aquitaine une mission de développement de la culture dans les établissements pénitentiaires, soutenue par les ministères de la Culture et de la Justice. De cette expérience sont issues les missions régionales qui se développent partout en France.

Elle a rencontré beaucoup de gens vivant ou intervenant en prison : détenus, surveillants, enseignants, assistantes sociales, éducateurs, et aussi bibliothécaires, auteurs, comédiens, musiciens, cinéastes qu'elle incite à venir exercer là aussi leur métier.

S'appuyant sur son expérience professionnelle, Michèle Sales a construit un récit littéraire sur le monde de la prison, et plus particulièrement sur le livre et ce qu'il implique à l'intérieur d'une prison. La grande maison n'est pas un nouveau témoignage à sensation sur cet univers. Au fil des pages, l'auteur met à jour sa confrontation douloureuse avec l'enfermement, avec cette architecture carcérale qui impose sa logique à tous, prisonniers ou professionnels.

"Sur la question du temps les détenus en savent beaucoup : comment le rétrécir, comment l'allonger, comment l'oublier, ne pas le subir, mais le dresser, le dominer. C'est une question de survie. Mais il y a des jours plus récalcitrants que les autres, des jours où ceux de dehors font la fête sans vous."

"Elle lui avait appris à couvrir les livres avec ces plastiques autocollants difficiles à manipuler, disposer l'ouvrage ouvert, prévoir la largeur du dos et des rabats, couper les angles. Quand elle revient le mois d'après, tous les livres sont hermétiquement enrobés de plastique, côté pages compris, et soigneusement remis dans les étagères. Lui a été libéré." (extraits)

La rencontre sera animée par Éric des Garets.


Mercredi 13 février à 18h30

Éric Audinet

Pour la parution de son livre : "Les derniers jours de Venise" aux éditions Farrago.

Éric Audinet est né à Phnom Penh en 1958. Il vit à Bordeaux où il est éditeur. Il est l’un des créateurs du journal Le Parlement, dont il assume actuellement la direction.

Il a déjà publié "La vie à la campagne" (Spectres Familiers, 1987), "7 suites marseillaises en attendant la guerre" (Spectres Familiers, 1991), "Une difficile expédition" (Spectres familiers, 1992), ainsi que de nombreux ouvrages sur la région dont : "La descente de la Leyre" (Sud-Ouest, 1988), "Ré, l'île blanche" (Sud-Ouest, 1996), "Randonnées dans l'île de Ré" (Sud-Ouest, 2000).

Qu'un collectionneur vénitien commande deux toiles à Monsieur B., artiste-peintre, et celui-ci part les livrer avec son ami Adrien, peintre en bâtiment, trouvant là prétexte à visiter Venise : "Tant de gens le pensent, qu'il doit bien y avoir une raison pour visiter Venise."

Le voyage commence par une excursion à Bruges car les tableaux doivent être réalisés avec l'eau et la terre de cette ville, dont nous apprendrons plus tard la curieuse situation géographique.

Le narrateur s'invite au voyage, nous donnant ainsi une vision quasi cinématographique des aventures des deux amis, qui, entre deux cartes postales jamais timbrées ou non expédiées, des attaques de gangsters au Kalachnikov, quelques bouteilles de gruaud-larose 1961 et des courses-poursuites de série B, s'acharnent à inventorier une Venise qui n'est peut-être pas la cité des Doges.

Les derniers jours de Venise, sorte de Bouvard et Pécuchet d'aujourd'hui, ramène les deux voyageurs au point de vue de départ du narrateur : Michel Leiris eut beau voyager, il ne découvrit que lui-même."

La rencontre sera animée par Dominique Rabaté et sera suivie d'un verre apéritif.


Jeudi 14 février à 19h

Jean Revol

Pour son livre : "La lutte avec l'ange", publié aux éditions Michel Chomarat.

Jean Revol est né à Lyon en 1929. Il vit et travaille à Paris et en Charente-Maritime. Peintre et écrivain, il assure la chronique de critique d'art de la Nouvelle Revue Française de 1949 à 1987. Ses travaux ont fait l'objet d'une quarantaine d'expositions en France, en Europe et aux États-Unis. Il est également le fondateur de "Art-Crise", une association née en 1981 qui a pour mission de mettre en contact des handicapés mentaux avec le travail artistique.

Il a déjà publié : "Secrets de l'évidence" (La Différence, 1984), "Bellmer, peintures, gouaches et collages" (La Différence, 1984), "Art de débiles, débiles de l'art ?" (La Différence, 1988), "Contre Matisse" (La Différence, 1993), "Faut-il décourager les arts" (La Différence, 1994).

"Gaston Bachelard a écrit de Jean Revol qu'il réveille les vivants et les morts. Cette peinture recrée le monde, vision onirique, enchantée, fantastique, fantasmagorique, entre rêve et cauchemar. Comme ses dessins, lutte de l'ombre avec la lumière, en un constant va-et-vient entre angoisse et bonheur." (Pierre Bour)

"Rien n'est plus singulier ni souvent plus incroyable que la réalité. N'est-ce pas Cioran qui affirmait que seul un monstre pouvait dire les choses telles qu'elles sont ? C'est pourtant ce que je voudrais faire : laisser parler d'eux mêmes les évènements qui ont marqué certaines périodes de ma vie au point d'en être s ans doute les grandes césures, les nœuds qui l'ont arrêtée pour lui permettre de repartir. Cela m'est difficile dans la mesure où leur seule évocation a longtemps réveillé une sentinelle dont la vigilance m'interdira autant d'en faire un récit complaisant que d'en dissimuler la substance." (Jean Revol)

Le débat sera animé par Jean Broustra et Jean Lascoumes.


Vendredi 15 février à 19h15

Michel Pétuaud-Létang

Pour la parution de son livre "Mériadeck, défense et illustration des quartiers de peu" (A éditions).

Michel Pétuaud-Létang est né à Mirande en 1938. Jeune architecte, il représente la France à la Triennale de Milan en 1968. Il a depuis remporté de très nombreux concours nationaux et internationaux et publié plusieurs ouvrages.

"Mériadeck, un nom ? Un prénom ? Oui, peut-être, mais à Bordeaux, un quartier et quel quartier ! Bien sûr ce nom n'évoque pas ce que nous en voyons aujourd'hui, mais ce qu'il fut, et il fut un quartier particulier, étonnant, rare. Déjà oublié. Souvent inconnu par les Bordelais récents et jeunes, ce Mériadeck n'est plus rien. C'est ce rien qui est passionnant. Cette absence de monument, de trace, d'éléments archéologiques. Ce vide dans l'espace et bientôt dans nos mémoires. Les quartiers sont-ils si éphémères ? Si peu de choses ? Le lent et fastidieux travail de maîtrise collective du site, la somme d'énergie investie pour créer son lieu de vie par tant de familles ; ces heures de vie intense peuvent-elles être si vite effacées ? Apparemment oui, puisque le bâti a disparu, mais affectivement, non." (extrait)

"Dans ce livre auquel il a consacré ces deux dernières années en recueillant des centaines de témoignages et d'anecdotes, en sélectionnant des milliers de dessins, de cartes postales ou de photos, Pétuaud retrace l'histoire de cette vaste Cour des Miracles construite sur les anciens marais, aux portes de la ville historique, jusqu'à sa transformation radicale en grandes tours principalement remplies de fonctionnaires et d'employés. D'un architecte, on attend aussi une réflexion sur la ville. Sans s'apitoyer sur la destruction d'un quartier, car toute ville naît sur des décombres, Pétuaud regrette surtout que le nouveau Mériadeck ne mérite plus d'être appelé quartier. C'est-à-dire un lieu où les habitants vivent ensemble pour le meilleur ou pour le pire, un lieu de chair et de solidarité." (Benoît Lasserre, Sud-Ouest)

Le débat sera animé par Jacky Élineau et Patrick Rödel.


Mardi 26 février à 18h30

Jacques Blaize

Pour son livre "Ne plus savoir, phénoménologie et éthique de la psychothérapie" publié aux éditions l'Exprimerie.

Jacques Blaize est Gestalt-thérapeute à Nantes, directeur de l'Institut Nantais de Gestalt-thérapie et responsable des formations. Il est agrégé de philosophie et directeur de la rédaction des Cahiers de Gestalt-thérapie.

"A l'évidence, toute forme de psychothérapie, et donc aussi la Gestalt-thérapie, s'appuie sur un savoir. Et pourtant, l'acte thérapeutique véritablement créateur n'est la plupart du temps possible que par la mise entre parenthèses de ce savoir.

Cette suspension, au moins provisoire, du savoir constitué, c'est, pour le thérapeute, la tentative, jamais aboutie mais toujours nécessaire, d'être simplement présent à son patient, comme s'il le découvrait pour la première fois. Une telle positon se fonde, naturellement, sur l'approche phénoménologique initiée par Husserl, c'est même en quelque sorte la définition de cette approche.

C'est donc à une relecture phénoménologique de la Gestalt-thérapie, mais peut-être aussi de l'acte psychothérapeutique en général, que nous convie l'auteur, dans une langue à la fois claire et concise, mais toujours rigoureuse et soucieuse d'éviter les simplifications abusives.

La Gestalt-thérapie, en effet, parfois oublieuse de son fondement phénoménologique, a elle-même trop souvent succombé à la fascination des techniques, à l'illusion de croire que ses concepts étaient des réalités, qui plus est définitives, et qu'elle avait le pouvoir d'exorciser la souffrance et de conduire au bonheur.

Quitter cette illusion, c'est accepter le moment du "ne plus savoir", ce moment où s'articule la possibilité de la nouveauté par la sortie de la répétition névrotique, bref, la possibilité du changement véritable. C'est aussi réintroduire la dimension éthique au cœur même de l'acte thérapeutique.

Présentation des Cahiers de Gestalt-thérapie, rencontre animée par Jean-Marie Robine.


Mercredi 6 mars à 18h30

Figures de l’Art

A l’occasion de la parution du cinquième numéro de la revue dirigée par Bernard Lafargue, intitulé : "l'Art des Figures" (Publications de l'Université de Pau).

"Le mot "figure" est ambigu ; polysémique et polémique à souhait. En lui résonne toujours la vieille condamnation platonicienne de l'art mimétique qui a nourri plusieurs générations de théoriciens aux yeux d'autant plus purs qu'ils sont farouchement demeurés aveugles à l'art de leur temps. En lui résonne aussi le génie de l'artiste qui figure le monde en le feignant.

Il y a encore de la copie de "La République" dans figure. Le courroux de Greenberg ou, pire, de ses zélateurs contre les artistes qui se risquaient à faire des figures dans les fifties n'a rien à envier à celui de Platon ...Out le figuratif ! Du kitsch bon pour les ringards. Du décoratif pour petits-bourgeois attardés…

Il y a encore du conte pour enfants dans la figure. Les anciens grecs ne distinguaient pas le mythe de la pensée, et, quand Platon se risqua à le faire, il prit soin de réserver au mythe la part essentielle dans la profération de la vérité." (Bernard Lafargue)

"Une culture qui favorise l'art des figures est-elle plus respectueuse de ses modèles qu'une culture qui le réserve à Dieu seul ? Pourquoi, à l'aube des grands totalitarismes du XXe siècle, l'art abstrait a-t-il remplacé l'art figuratif ? À quelles conditions a-t-on le droit d'user des figures de rhétorique pour rendre compte des figures de l'art ?" 

Le débat réunira : Cécile Croce (maître de conférences en esthétique et sciences de l'art à l'IUT), Didier Dauphin (professeur de philosophie et chargé de cours à l'université Michel de Montaigne), Lydie Pearl (maître de conférences d'arts plastiques à l'université Michel de Montaigne) et Pierre Sauvanet (maître de conférences d'esthétique à l'université Michel de Montaigne) et sera animé par Bernard Lafargue, rédacteur en chef de la revue.


Mardi 12 mars à 19h30

Christian Prigent

Christian Prigent est né en Bretagne en 1945. Professeur de lettres dans l'enseignement secondaire depuis 1967, il est par ailleurs Docteur ès lettres (thèse sur la poétique de Francis Ponge). Il a fondé en 1969 et dirigé jusqu'en 1993 la revue et la collection TXT aux éditions Bourgois. Il collabore à de nombreuses revues en France et à l'étranger et publie, essentiellement chez P.O.L, des ouvrages de poésie, de fiction et des essais littéraires.

Rencontre-lecture animée par Didier Vergnaud et organisée dans le cadre de la manifestation "Poésie espace public", à l'occasion du Printemps des Poètes.


Mercredi 13 mars à 18h30

Christian Gasset

À l'occasion de la parution de son livre : "C'est pas grave" publié aux éditions Dion et Peyo.

Né en 1960, Christian Gasset vit et travaille à Bordeaux . On peut le rattacher à la tradition bordelaise du dessin d’humour qui a déjà donné Chaval, Sempé, Jean-Luc Coudray, Iturria, Boutant… Prix du meilleur graphisme au festival d'Anglet en 1982 et grand prix du Jury du même festival en 1983. Dessins publiés dans Sud-Ouest, Sud-Ouest Dimanche, FR3, le Poisson soluble, la presse d'entreprise et illustrations publicitaires...

"...Mais c'est ainsi, l'homme fut-il hispide, a ses élégances. En particulier celles de son dessin. Des gravures pour dire le vrai. Armé de son seul burin, le Père Gasset affronte la plaque de cuivre, y creuse quelques interstices par lesquels il chuchote le bonheur qu'il trouve à la compagnie des Swift, Perec, Jarry, Nounours, Conrad, Kerouac, Montalbán… Nous autres, dessinateurs à la plume ou au pinceau, sommes pétrifiés d'admiration. Il fallait oser en cette époque où le vulgaire s'étale (légitime était sa colère le jour où le Père Gasset foutut sa télé par la fenêtre) faire retour aux sources du XVIIIe, s'emparer de la forme hiératique de la gravure pour faire du dessin d'humour. De la gravure pas grave dirait le compassé. Mais comment voulez-vous que le compassé, présent et à venir puisse avoir quelques atomes crochus avec notre Gasset, père de contrastes !

Alors que la place manque ici pour évoquer toutes les fantaisies auquel l'esprit folâtre du Père Gasset l'incite à se livrer, recueillons-nous un instant à la mémoire de son chien Dion ; une seule rencontre avec cet animal diabolique permettait de comprendre pourquoi son propriétaire s'était inscrit à la "Ligue des droits de l'Homme". De toutes façons, mais vous l'aurez deviné à la lecture de cette prose boursouflée, le Père Gasset qui finalement n'a rien de paternel (il est plutôt fraternel : il l'est tellement que ses amis se sont fendus d'une plaque en marbre véritable rivée au frontispice de sa demeure et chantant sa louange sans même attendre qu'il passât de vie à trépas !!! Tellement fraternel que certains vont même jusqu'à l'appeler Christian !) le Père Gasset, il est grave !" (Iturria)

 

La rencontre sera animée par Gérard Boulanger et Michel Iturria.


 

Vendredi 15 mars à 18h30

Jean-Pierre Robert

Autour de son roman : "L'écho du silence" publié aux éditions Gallimard.

Jean-Pierre Robert a été enseignant dans un lycée bordelais. "L'écho du silence" est son premier roman.

1961. Les appelés du contingent s'apprêtent à partir pour l'Algérie. De l'ignorance inquiète des derniers jours en France à l'expérience violente de la réalité algérienne, il n'y a qu'un pas. "L'écho du silence" raconte cet arrachement. L'indignation, la révolte, l'horreur de la guerre et de ceux qui la mènent viennent nourrir une plainte qui est aussi un témoignage : celui d'un jeune homme entraîné malgré lui dans cette folie.

 

"...Au fond, c'était autre chose qu'il voulait savoir, ce que c'était que ces opérations dont parlaient les journaux et si c'était dangereux pour son fils. C'est là-dessus qu'il revenait toujours au début, pendant les repas, et comme le fils restait dans le vague, parlait des longues marches, des nuits de garde, des camions qui tombaient en panne, de la nourriture qui n'était pas si mauvaise, il avait vite compris qu'il ne voulait pas inquiéter sa mère….

Les parents avaient acheté une télévision et après le dîner, le soir, on la regardait. Aux informations, ils parlaient tous les jours des évènements d'Algérie, on ne disait pas la guerre en ce temps-là, et ces histoires d'émeutes à Alger ou à Oran, ces centaines d'armes récupérées, ces rebelles ralliés ou ces puits de pétrole dans le Sud, c'était tellement loin de ce qu'il vivait là-bas. Il ne voyait pas comment ses parents auraient pu le croire s'il avait eu le courage d'essayer de leur faire comprendre. Et puis ça aurait servi à quoi ? D'ailleurs le père et la mère ne demandaient pas si c'était la vérité. Pour eux ça ne pouvait pas être autrement." (extraits)

La rencontre sera animée par Dominique Rabaté.


Vendredi 22 mars à 18h30

Jacky Mamou

Pour la parution de son livre "L'humanitaire expliqué à mes enfants" publié aux éditions du Seuil.

Jacky Mamou, pédiatre, a été président de Médecins du monde de 1996 à 2000. Il en est aujourd'hui président d'honneur.

"Au retour d'une nouvelle mission humanitaire, mes enfants me demandaient souvent de leur raconter d'où je venais et pourquoi, au juste, j'étais parti. Leurs questions étaient simples mais les réalités l'étaient moins."

"Par l'un de ses responsables, président de Médecins du monde, une explication de la démarche humanitaire qui fut l'une des grandes innovations militantes du dernier demi-siècle. Pourquoi et comment l'humanitaire s'est-il imposé sur la scène mondiale ? Quelles sont les raisons de son succès ? Quels changements a-t-il entraînés sur le terrain diplomatique ? Quels débats nouveaux a- t-il fait naître ?

Car l'humanitaire ne se contente pas d'occuper à grand fracas la scène médiatique. Il fait naître plusieurs grands débats. Certains sont internes au mouvement lui-même (et provoqueront les scissions) ; d'autres opposent la démarche humanitaire à la politique étrangère. Ils tournent autour de quelques questions fondamentales, clairement traitées dans ce petit livre: l'aide humanitaire ne risque-t-elle pas de renforcer certaines dictatures en leur apportant, indirectement, des "moyens" ? La démarche humanitaire - fondée sur l'émotion et les médias - ne devient-elle pas, parfois, l'alibi de la démission diplomatique ? Etc.

À travers quelques exemples emblématiques - Boat People du Vietnam, Kurdes de l'Irak, génocide du Rwanda - l'auteur s'appuie sur sa propre expérience pour répondre à ces questions essentielles."

Le débat sera animé par Françoise Jeanson.


Samedi 23 mars à 17h

Daniel Roquefort

Pour son livre "L'envers d'une illusion, Freud et la religion revisitée" publié aux éditions Érès-Point-Hors-Ligne.

Daniel Roquefort est psychanalyste à Royan. Il est l'auteur de "Le rôle de l'éducateur, éducation et psychanalyse" (L'Harmattan, 1995).

N'est-il pas étonnant que la religion, dans laquelle Freud ne voit qu'une illusion, recèle en son sein le cœur même de la psychanalyse : la reconnaissance de la condition humaine dans ce qu'elle a de plus mystérieux et de plus révoltant, et qui fait dire à l'apôtre Paul : "Je ne comprends rien à ce que je fais : ce que je veux, je ne le fais pas, mais ce que je hais, je le fais".

Que deviennent les affects de haine dont ni la religion ni la société ne veulent rien savoir ? En trois études articulées les unes aux autres, l'auteur montre comment cette question de l'apôtre décida de la rupture entre Freud et Jung, comment elle opposa, quinze siècles plus tôt, saint Augustin à Pélage sur le dogme du péché originel, comment elle traverse enfin, le dernier ouvrage de Freud : L'homme Moïse et la religion monothéiste.

L'enjeu ici n'est autre que l'opposition du refoulé au démenti portant sur le meurtre du père. Il est au cœur de notre époque marquée par le recul du religieux, la déliquescence de la fonction paternelle et l'entrée dans une post-modernité qui, à bien des égards, peut inquiéter. Il constitua jadis la pierre d'achoppement qui amena nombre d'hérésies à rompre avec la religion. Il peut aujourd'hui entraîner la psychanalyse à se dévoyer en une thérapie du bien-être et réduire les rapports humains à n'être plus qu'une gestion sociale des petits plaisirs.

La rencontre est organisée par l'association R.S.I. et sera animée par Jean-Louis Meurant.


Jeudi 28 mars à 18h30

Cynthia Fleury

Pour son livre "Pretium Doloris, l'accident comme souci de soi" publié aux éditions Pauvert.

Cynthia Fleury, docteur en philosophie, travaille dans le cadre du CNRS sur les platoniciens de Perse et les platoniciens de la Renaissance. Elle a publié de nombreux articles dans différentes revues et deux ouvrages "Métaphysiques de l'imagination" (Écart, 2000) et "Mallarmé et la parole de l'imâm" (Écart, 2001). Elle est membre du comité de rédaction de la revue Cités.

"Le "pretium doloris", le prix de la douleur, parachève le "connais-toi toi-même" socratique et le "souci de soi" stoïcien. Quel degré de vérité est-on prêt à endurer ? Quel risque est-on prêt à vivre pour connaître le vrai ? C'est grâce à la figure dionysiaque de démembrement et de métamorphose et à la catégorie de l'accident, pensée comme condition de possibilité d'une connaissance de soi, que le pretium doloris invente la critique imaginale du soi et son face-à-face avec le réel.

L'ordre de la métaphysique de l'imagination est posé. Entre l'Occident et l'Orient, il y a l'accident où l'événement symptomatique du pretium doloris, soit la recherche du "corps propre", indissociable de celle de "l'histoire propre". L'accident, "un-fall" en allemand, mêle les notions d'Orient et d'Occident, pour définir une chute qui est simultanément l'occasion d'un retour et le point de départ d'une orientation.

L'accident c'est le point où la synthèse se brise, l'excès où le réel donne la mesure de son immanence. Par la sollicitation paradoxale du corps, douleur et liberté créent une nouvelle instance d'opérativité. Il est évènement de l'âme puisqu'une synthèse, stigmatisant le corps dans ses maxima, advient. De quelle nature est-elle ? Que nous apprend-elle sur la connaissance de soi et la radicalité de la chair ? Tel est l'enjeu du pretium doloris : l'accident, nouvelle modalité du Souci de soi, réinscrit ontologiquement le sujet.

L'accident rappelle que le sujet existe dans un excès par rapport au réel. La connaissance de soi doit s'acquérir à ce prix : le prix de la douleur.

La rencontre sera animée par Patrick Rödel.

 

 


 

PROGRAMME DES RENCONTRES DEUXIEME TRIMESTRE 2002


Samedi 6 avril à 17h

BPM Odyssée

Présentation du livre illustré : "BPM Odysée" publié par les éditions Studio du Futur.

BPM Odyssée n'est pas une bande dessinée avec un disque compact à côté. L'objet est lui-même une œuvre de création graphique et sonore, une exploration multimédia de l'univers des musiques électroniques et techno, une véritable travail collectif construit autour d'un récit rigoureux.

"Jeûner pendant plusieurs jours. D'abord se forcer comme une adolescente anorexique à en pleurer. Puis oublier. A la fin suis faible. Tout tourne autour, hormis le point que je me suis fixé, stable brillant horizon qui a envahi mes pensées. Finalité ma seule réalité.

Ces soirs-là ne travaille pas. Pas sortir pas les voir ces réels bourgeois qui s'encanaillent le nez. Ces jours-là regarde le bonzaï pousser, écoute mon corps les veines pulser. Aux tympans lentement le sang se met à danser. Penser penser très fort à la vie à la mort au trésor à voyager. Me laisser pénétrer par les vagues de la psyché.

Respirer lentement respirer sur le lit allongée, les doigts en éventail prises dans le soupirail. Entre c'est le monde à l'envers le pont entre les sphères.

Ca monte ça monte ça monte sans arrêt de plus en plus survoltée. Entends les cris de l'autre côté. Gémis comme eux l'envie de se pénétrer." (extrait)

Rencontre avec Hervé Guillen (producteur), Double Face Guss (musique), Paulin Kim, Witkowitch et SH/Stéphane Cassan (graphismes), e-troubadour marco (textes),

animée par Christian Malaurie enseignant à l'université Michel de Montaigne-Bordeaux III.

Projection audio-visuelle des éléments de l'ouvrage.


Mercredi 10 avril à 18h30

Alain Brossat

À l'occasion de la parution de son livre : "Pour en finir avec la prison" publié aux éditions La fabrique.

Alain Brossat enseigne la philosophie à l'université Paris VIII Saint-Denis. Il a publié de nombreux ouvrages, parmi lesquels : "Le Stalinisme entre histoire et mémoire" (Aube, 1991), "Michel Foucault, les jeux de la vérité et du pouvoir" (P.U.Nancy, 1994), "L'épreuve du désastre, le XXe siècle et les camps" (Albin Michel 1996), "Le Corps de l'ennemi, hyper violence et démocratie" (la Fabrique, 1998), "L'Animal démocratique, notes sur la post-politique" (Farrago, 2000).

"Pour en finir avec la prison" s'inscrit en rupture avec les discours les mieux partagés sur l'institution pénitentiaire : le sécuritaire et l’humanitaire. Entre ceux qui exigent pour la prison un régime plus sévère et ceux qui revendiquent qu'on y fasse entrer le droit, le faux débat a pour effet d’occulter la véritable question : à quoi servent les prisons aujourd'hui ?

Pour Alain Brossat, l'énoncé inavouable sur lequel se fonde le fonctionnement de l’institution pénitentiaire est celui-ci : il y a, parmi la population dont 1'État a la charge, une part incompressible dont le statut est celui de 1'irrécupérable. Pour cette part, ce n’est pas la dynamique de l'inclusion qui est à l'œuvre, mais bien le décret d'abandon.

C’est pourquoi il ne peut pas y avoir de bonne prison. Il ne se passera pas longtemps avant que la prison apparaisse aux yeux des vivants comme le signe irrécusable de l'état de brutalité, d'arriération des mœurs et des sensibilités dans lequel vivait 1'humanité au XXe siècle, et encore au début du XXIe."

Le débat est organisé dans le cadre des Rencontres philosophiques d'Espaces Marx et sera animé par Philippe Caumières.


Jeudi 11 avril à 18h30

René La Borderie

Autour de son ouvrage : "Les grands noms de l'éducation" publié aux éditions Nathan.

René la Borderie est né dans le Lot, en 1935 ; agrégé d'italien, il commence sa carrière en 1960, au Lycée Montaigne à Bordeaux. Directeur du CRDP en 1965 ; directeur de recherches à l’Université de Bordeaux II en 1980, puis à l’IUFM. Parmi ses publications récentes sur l'éducation : "Le Métier d'élève" (Hachette, 1991), "Vingt facettes du système éducatif" (Nathan 1994), "Éducation à l'image et aux médias" (Nathan, 1997), "L'école du XXIe siècle" (Nathan 2000), "Les sciences cognitives en éducation", avec Jacques Paty et Nicolas Sembel (Nathan, 2000).

"D'où viennent les idées éducatives ? Peut-on encore penser qu'elles sont "spontanées" ? Qu'elles ne s'inscrivent pas dans une culture ? L'hypothèse à l'origine de cet ouvrage est précisément que la culture professionnelle des enseignants peut aider à reconnaître l'enracinement des idées, à les enrichir, à les développer ; à étayer de façon argumentée leurs pratiques et leurs analyses ; à instrumenter les voies de l'innovation. Ces idées s'organisent autour de deux couples de concepts : éducation/instruction, d'une part, égalité/liberté de l'autre. Or ces concepts qui précisément font débat aujourd'hui, et que l'on a tendance à considérer comme liés à l'actualité, sont en réalité profondément enracinés dans l'histoire de l'éducation ; ils sont présents dans les travaux de ceux, théoriciens, innovateurs, politiques, qui ont marqué leur temps de leur réflexion et de leur action.

Tout a-t-il donc été dit, et viendrait-on trop tard ? Les problèmes éducatifs vivent-ils selon la loi de l'éternel recommencement ? Rien n'est-il nouveau sous le soleil ?

A ces questions désabusées, la fréquentation des textes apporte au contraire des réponses plus positives : chaque époque a adapté - appliqué - ces concepts à la situation sociale et politique du moment.

Qu'en est-il de la nôtre ? Quelle est la pertinence aujourd'hui de la question de l'éducation, et de celle de l'égalité ? Quelle peut être la place de l'instruction ? L'enseignement doit-il obéir à des principes de liberté ou d'obligation ? Questions brûlantes de société, généralement éludées, ou tranchées de façon dogmatique, que l'histoire des idées permet d'aborder plus sereinement."

La rencontre est organisée par le Cercle Condorcet de Bordeaux et sera animée par Vincent Taconet et Jacques Paty.


Samedi 13 avril à 17h

Loïc Wacquant

Loïc Wacquant est professeur à l'université de Californie-Berkeley et chercheur au centre de sociologie européenne. Il est l'auteur de nombreux travaux sur l'inégalité urbaine, la domination raciale, la théorie sociologique et l'État pénal. Il a déjà publié : "Les prisons de la misère" (Raisons d'agir, 1999) et "Corps et âme" (Agone, 2000) ainsi que de nombreux articles.

À propos de "Corps et âme" :

"De loin en loin, on a entendu parler de Loïc Wacquant, cet original étudiant en sociologie élève de Pierre Bourdieu, qui, trois années durant, sans avoir jamais pratiqué la boxe au préalable, fréquente le Woodlawn Boys Club de Chicago, jusqu'à partager - seul blanc à l’entour – l'intimité de ses habitués, gagner leur confiance et leur amitié, disputer les "Golden Gloves" locaux ! En 1991, on avait lu un premier texte, aboutissement de cette expérience, dans un numéro de Gulliver où Mc Guane, Charyn, Ford et Irving se bousculaient au gré d’un sommaire musclé. Le revoilà neuf ans plus tard, désormais professeur à Berkeley, proposant – corps & âme bien sûr – tous les tenants et aboutissants de cette unique et incroyable audace. Carnets ethnographiques d'un apprenti boxeur certes, mais surtout une plongée dans le monde "de la cogne", loin des clichés cinématographico-littéraires dont on nous rebat les oreilles, loin du strass du boxing business, là où montent en graine les espoirs, où s'entrechoquent les points de vue, là où, surtout, se perpétue la "grise et lancinante routine des entraînements".

Nulle part ailleurs on a mieux lu cet incessant surplace, ces gestes sans cesse recommencés, ces petits riens qui précèdent et introduisent. Wacquant, alias "Brother Louie", alias "The French Bomber", a tout noté sur son "carnet de terrain". Il y a davantage d'informations dans ce livre sur la réalité du sport américain, sur ses enjeux et ses promesses, que dans mille thèses soi-disant exhaustives et savantes." (L'Équipe Magazine, mars 2001)

La rencontre est organisée avec la participation d'Espaces Marx et sera animée par Frédéric Neyrat.


Mardi 23 avril à 20h

Caroline Fourest et Fiammeta Venner

Présentation du documentaire "Sœur Innocenta" , des éditions et de la revue Prochoix.

Caroline Fourest et Fiammeta Venner sont journalistes et fondatrices de la revue et des éditions Prochoix. Elles ont déjà publié plusieurs ouvrages dont : "Les Anti-Pacs" (Prochoix, 1999), "Le guide des sponsors du Front National" (Castells, 1998), "L'extrême-droite et les femmes" (Golias, 1997).

La soirée est organisée dans le cadre de la Quinzaine du cinéma et sera animée par la LGP et Wake Up!.


Jeudi 25 avril à 18h30

Christian Oster

Pour la parution de son roman "Dans le train" aux éditions de Minuit.

Christian Oster est né en 1949. Il a déjà publié aux éditions de Minuit : "Volley-ball" (1989), "L'aventure" (1993), "Le pont d'Arcueil" (1994), "Paul au téléphone" (1996), "Le pique-nique" (1997), "Loin d'Odile" (1998), "Mon grand appartement" (1999, prix Médicis)), "Une femme de ménage" (2001), et de nombreux ouvrages pour la jeunesse aux éditions de l'École des loisirs.

"Un jour, sur un quai, un homme de taille moyenne tenait à la main un sac très lourd. Cet homme, c’était moi, mais ce n’était pas mon sac. C’était celui d’une femme. Et ce sac était lourd parce qu’il contenait des livres. C’est elle qui me l’avait dit. Ç’avait été notre premier contact. Elle peinait, sur le quai de la gare, haussant l’épaule du côté où elle portait. Un peu de la même façon, elle portait des lunettes, avec une sorte de gêne. Comme si ses lunettes l’eussent empêchée de voir, ou qu’elle eût cherché, à travers, à saisir quelque chose d’abstrait, ou d’idéal, qui eût été en rapport avec le monde et qui n’eût pas été le monde. Quelque chose comme le monde, donc, mais en mieux. Elle devait être myope ou idéaliste, cette femme, ou peut-être les deux, je n’ai pas essayé de trancher.

C’est son sac qui m’a d’abord fait mal. Elle ne le posait pas. Alors qu’elle se tenait immobile, sur le quai, face à la voie. Elle ne voulait peut-être pas en salir le fond. Ça ne me semblait pas une raison suffisante pour souffrir. Mon problème, tout de suite, a été de savoir si je devais lui suggérer de le lui porter, son sac, ou, plus rationnellement, plus économiquement, du point de vue de l’effort – aussi bien du mien que du sien –, de l’amener à consentir à ce qu’elle le posât. La seconde solution manquait à tout le moins de panache, voire de galanterie. La première, comparativement à la seconde, manquait de cette évidente nécessité sans laquelle aborder une femme, pour tout homme, trahit la préméditation. Or rien n’était prémédité, dans mon attitude, j’avais tout de suite éprouvé le besoin de soulager cette femme." (extrait)

La rencontre sera animée par Françoise Auger.


Vendredi 3 mai à 21h

Qui sont vos psychanalystes ?

Présentation de l'ouvrage : "Qui sont vos psychanalystes ?" publié aux éditions du Seuil-Champ Freudien sous la direction de Jacques-Alain Miller.

"Depuis maintenant 50 ans, le milieu des analystes français est divisé, et gelé. Leur crispation a fait prendre aux analystes du retard sur l'évolution de la société. Ils se voient menacés : par la vogue des médicaments psychotropes, par la diffusion des " pratiques d'écoute " de tous genres. Ce livre marque le joyeux réveil du Champ freudien, le dégel commence, le printemps de la psychanalyse s'annonce. Près d'une centaine d'analystes lacaniens ont répondu à l'appel de J.-A. Miller en rédigeant des textes brefs dans une langue limpide, qui montrent toutes les facettes de l'activité psychanalytique : traces laissées par Lacan (les anecdotes fourmillent), pratique quotidienne des praticiens de quartier, cures d'enfants, homosexuels ou toxicomanes en analyse, trajectoires individuelles d'analystes, de Strasbourg à Bordeaux, d'un village d'Amérique latine à Paris. Ce livre fera vieillir d'un seul coup le vieux style compassé des ouvrages psychanalytiques dont le public se détournait. Changement d'époque. Réconciliation de la psychanalyse et du monde contemporain. On entre dans le XXIe siècle."

"Il est temps que l'on prenne à partie les psychanalystes, qu'on les secoue, qu'on les somme de s'expliquer, de se montrer, de se battre un peu pour leur pain, alors qu'ils sont tous à vivre d'une rente de situation, que leur vaut de se recommander d'un Freud ou d'un Lacan" (J.A.Miller)

"Tu peux savoir comment on analyse" à l’École de La Cause Freudienne : tel est le défi lancé par Jacques-Alain Miller. Sept analystes bordelais ont relevé le gant et ont apporté leur contribution à la réalisation de ce volume.

Rencontre avec Carole Dewambrechies-La Sagna, Jean-Pierre Deffieux, Jean–Pierre Klotz, Philippe La Sagna, Alain Merlet, Patrick Monribot et Daniel Roy.

Soirée organisée par l'ACF-Aquitania.


Samedi 18 mai à 19h

Miguel Benasayag

À propos de son ouvrage : "Parcours, engagement et résistance, une vie" publié aux éditions Calmann-Lévy.

Miguel Benasayag est philosophe et psychanalyste et anime le collectif "Malgré tout". Membre actif du mouvement de la nouvelle radicalité en Amérique latine et en Europe, il a publié de nombreux livres, dont "Critique du bonheur" (La Découverte, 1989), "Penser la liberté" (La Découverte, 1994), "Le pari amoureux" (La Découverte, 1995), "Peut-on penser le monde?" (Félin, 1997), "Le Mythe de l'individu" (La Découverte, 1998), "La fabrication de l'information", avec Florence Aubenas (La Découverte, 1999) et "Du contre-pouvoir", avec Diego Sztulwark (La Découverte, 2000).

"L'avenir, qui fut longtemps vécu comme une promesse, presque une poésie, est aujourd'hui chargé de menaces. Pourtant, ici et là, des gens et des peuples recommencent à bouger, sans modèle ni programme, poussés par un désir de liberté...

Miguel Benasayag, qui fut combattant dans la guérilla guévariste en Argentine, puis emprisonné des années durant par l'une des pires dictatures d'Amérique latine, vit aujourd'hui à Paris, où il s'est exilé. Philosophe et psychanalyste, il raconte dans ce livre d'entretiens sa lutte en Argentine et en France, complètement à l'opposé de la militance triste, de ce "devoir être", image rigide et dure, qui continue souvent à caractériser l'engagement.

Engagement joyeux, résistance et création, voilà le parcours présenté ici, non comme "une vie passée", mais comme construit dans des pratiques quotidiennes, loin de cette tristesse et de cette impuissance auxquelles nous contraignent nos sociétés actuelles."

La rencontre est organisée par l'association Mana et les Ateliers philosophie d'Espaces Marx et sera animée par Claire Mestre et Philippe Caumières.


Mercredi 22 mai à 19h

Jean-Marie Harribey

Autour de son ouvrage : "La démence sénile du capital, fragments d'économie critique" publié aux éditions du Passant Ordinaire.

Jean-Marie Harribey est professeur de sciences économiques et sociales à l'université Bordeaux IV, membre du Conseil scientifique d'Attac, de la Fondation Copernic et de la rédaction de la revue Le Passant Ordinaire. Il a déjà publié : "Le développement soutenable" (Économica, 1998) et "L'économie économe" (L'Harmattan, 1998).

"Le capitalisme est en passe de réaliser son rêve le plus dément : transformer totalement les rapports de propriété sur la planète, de telle sorte que la moindre activité humaine, la moindre ressource matérielle ou intellectuelle, deviennent des marchandises, c'est-à-dire des occasions de profit. Avec évidemment la volonté de rendre la chose irréversible. Au nom de l' "ouverture à la concurrence" et de la "liberté des échanges", se prépare un mode de vie insoutenable socialement et écologiquement parce que les richesses seront accaparées par une minorité tandis que la majorité subira une exploitation accrue, parce que les services publics auront disparu, parce que tout le savoir aura fait l'objet de brevets et parce que la gestion des écosystèmes, de l'air et de l'eau aura été privatisée. Le capitalisme n'a donc plus de projet humain pour l'humanité. Il était dément, il est devenu sénile.

Ce livre rassemble des textes courts et incisifs, destinés à fournir aux citoyens et aux travailleurs engagés dans une lutte pour un monde solidaire des éléments de compréhension du capitalisme dont les transformations récentes sont la cause directe des dérèglements planétaires de tous ordres : économiques, sociaux, politiques et écologiques. Il veut être un outil de formation et d'éducation accessible à tous. Pour cela il entend renouer avec la critique de l'économie politique et ainsi démystifier la vision libérale de la société selon laquelle des "lois" économiques incontournables s'imposeraient aux hommes. L'avenir reste ouvert, pour peu qu'on ne craigne pas de penser un après-capitalisme."

La rencontre est organisée par le Passant Ordinaire et sera animée par Jacques Toisier (Attac Gironde). Gilbert Tiberghien lira des extraits du livre.


Jeudi 23 mai à 18h30

Jean Broustra

Autour de son ouvrage : "La vie Rhizome" publié aux éditions Le Bord de l'Eau.

Jean Broustra, ancien chef de clinique de l'Université Bordeaux II est psychiatre et psychanalyste. Il est chef de service d'un secteur de psychiatrie publique où, depuis 1978, il a développé avec une équipe pluridisciplinaire des ateliers thérapeutiques d'expression.

Il est le co-fondateur, en 1975, de l'Institut de Recherche Animation Expression (IRAE) et, en 1984 de l'Association pour le Développement des Ateliers d'Expression Créatrice (Adaec/Ateliers de l'art cru).

Il a publié de nombreux livres et articles sur l'expression dont : "L'expression créatrice" (éditions Morisset, 1995), "L'expression" (éditions E.S.F., 1996) et "Expression et Psychose" (Cahiers de l'Art Cru, 1997), "Toi, psychiatre et ton corps" (L'Exprimerie, 2000) et "Abécédaire de l'expression" (Érès, 2000) ainsi que deux romans : "Le Bain de midi" et "Salines" (éditions de la Presqu'île, 1994 et 1999).

"Le soupir est ce qui nous laisse en suspens entre un passé qui parfois fait mémoire et un avenir dont l'énergie est imprévisible...

Le rhizome, qu'il soit souterrain ou parfois aérien, est une polyphonie multilangagière dont l'expression illimitée laisse aussi des traces de coalescence, des nœuds d'eau...

À travers la traversée du vingtième siècle commencée dans les années 40, se tressent les fils de l'enfance, de l'adolescence, de la médecine, de la psychiatrie, de l'expression, du surréalisme, de la psychanalyse, de la littérature. Jusqu'à ce que la fin du soupir ouvre le seuil qui termine le siècle et s'efforce de donner relais à l'imprévisible.

Tout à la fois chronique, journal poétique, traversées, engagements politiques et éthiques, le rhizome tressé par l'auteur est un roman de la formation."

Le débat sera animé par Philippe Rouyer.


Vendredi 24 mai à 19h

Jean Le Bitoux

Pour la parution de son livre "Les oubliés de la mémoire", publié aux éditions Hachette.

Jean Le Bitoux est né en 1948. Enseignant puis journaliste à Libération, il fonde en 1979 le journal homosexuel Gai Pied. Il est président du Mémorial de la Déportation Homosexuelle.

"Le 30 janvier 1933, Hitler est élu chancelier du Reich. La haine nazie contre les homosexuels se déchaîne : les Allemands doivent avoir des enfants, de très nombreux enfants, de futurs soldats combattant pour la grandeur de la nation et de la race. Les homosexuels sont donc des adversaires, des ennemis qu'il importe d’identifier et d'éliminer.

L'homophobe paragraphe 175 du Code pénal est aggravé par les nazis. 100 000 homosexuels sont victimes de délation, fichés, pourchassés par la police et les SS ou condamnés : 10 000 d'entre eux sont conduits en camps de concentration. Ces persécutions étendues aux territoires annexés frappent ensuite l'Alsace et la Moselle. A la Libération, victimes, témoins et historiens se taisent, la déportation homosexuelle est écartée de la mémoire nationale."

La rencontre est organisée par la Lesbian & Gay Pride Bordeaux


Samedi 25 mai à 17h

Laurent Le Vaguerèse

Autour de son livre "Surfez avec Freud" publié aux éditions Érès, écrit en collaboration avec Carole Menahem.

Laurent Le Vaguerèse est psychiatre et psychanalyste, auteur de nombreux articles et d'un précédent ouvrage, : "Groddeck, la maladie et la psychanalyse" (PUF, 1985).

En quelques années, ont fleuri sur le net de nombreux sites et forums concernant la psychanalyse. A l'image des explorateurs des siècles passés, les auteurs sont partis à l'aventure sur le web, contrée qui leur était en grande partie inconnue. Cet ouvrage dresse une carte de ce territoire neuf que les auteurs ont cependant limité à la psychanalyse d’inspiration freudienne en y ajoutant quelques ressources disponibles en psychiatrie.

L'état des lieux ainsi dressé offre des repères solides pour se diriger dans ce paysage mouvant en associant un catalogue documentaire à une solide connaissance de la situation de la psychanalyse dans le monde.

Laurent Le Vaguerèse est l'inventeur du site Oedipe, un des premiers sites consacrés à la psychanalyse sur internet. A ce titre, il fait figure de pionnier, et son témoignage et sa réflexion sont un apport précieux. Exerçant comme analyste depuis de nombreuses années, son éclairage ne peut que relancer la réflexion de chacun.

Critiques, ambivalences, paradoxe entre appétit pour le partage de savoirs, désir de communiquer et défiance devant un nouvel outil, l'ouvrage suscite des réticences sinon une véritable polémique dans ce qu'il est convenu d'appeler "la communauté" analytique.

Devant l'épreuve d'avoir à en passer par de nouvelles modalités, de s'approprier une technique nouvelle, beaucoup de repères se dissolvent et la tentation du rejet est bien souvent première.

Pourtant que de questions : transmission, frustration, castration, confrontation des savoirs et nouvelle distribution des jouissances, les analystes à leur propre école en somme...

La rencontre est organisée par l'association Trait et sera animée par Serge Bedère.


Vendredi 31 mai à 18h30

Guy Pervillé

A propos de son livre "Pour une histoire de la guerre d'Algérie" publié aux éditions Picard.

Guy Pervillé, né en 1948 dans l'Oise, est professeur d'histoire contemporaine à l'Université de Toulouse-Le Mirail (après celle de Nice). Il a publié de nombreux articles et plusieurs ouvrages sur l'histoire de l'Algérie coloniale et de sa décolonisation, notamment sa thèse "Les étudiants algériens de l'Université française, 1880-1962" (CNRS, 1984) et "De l'Empire français à la décolonisation" (Hachette, 1991) ", "1962, la paix en Algérie" (La Documentation Française, 1992), "L'Europe et l'Afrique" (Ophrys, 1991), "Alger 1940-1962 : une ville en guerres" (Autrement, 1999).

La guerre d'Algérie (1954-1962) est aujourd'hui encore, et plus que jamais, un enjeu d'affrontements passionnés entre les partisans de mémoires opposées. Ce livre plaide pour la faire passer de la mémoire à l'histoire, en démontrant qu'une histoire de la guerre d'Algérie est à la fois possible et nécessaire.

Penser historiquement la guerre d'Algérie, c'est l'éclairer par ses origines, expliquer les logiques de son déroulement et de son dénouement, dresser un bilan de ses résultats et de ses conséquences. C'est aussi contribuer à créer les conditions d'une véritable réconciliation entre les deux peuples et à l'intérieur de chacun d'eux, qui permettrait d'en finir avec cette guerre sans fin. L'auteur conclut en définissant le rôle d'arbitres et de médiateurs qu'il propose aux historiens, et particulièrement aux jeunes historiens.

"La repentance unilatérale ne saurait être la solution. Les Algériens et les Français ont également besoin de reconsidérer leur passé avec esprit critique, en distinguant clairement les actes qui méritent d'être honorés et ceux qui ne le méritent pas… Si cette condition se trouve accomplie un jour, il sera enfin possible d'en finir avec la guerre d'Algérie."

Le débat sera animé par Gérard Boulanger.


Samedi 1er juin à 17h

Catherine Millot

Autour de son dernier ouvrage : "Abîmes ordinaires" publié aux éditions Gallimard.

Écrivain et psychanalyste, Catherine Millot est l'auteur de nombreux ouvrages : "Horsexe, essai sur le transsexualisme" (Point-Hors-Ligne, 1983), "Freud, anti-pédagogue" (Navarin, 1983, réédité chez Flammarion-Champs, 1997), "Nobodaddy : l'hystérie dans le siècle" (Point-Hors-Ligne, 1988), "La vocation de l'écrivain" (Gallimard, 1991), "Gide, Genet, Mishima : intelligence de la perversion" (Gallimard, 1996).

"Avoir été un jour au monde sans défense et sans réserve, tout abri renoncé, aussi vide que le vide où se tiennent toutes choses, libres et sans frontières, est une expérience inoubliable. C'est aussi une expérience humaine fondamentale qui enseigne à trouver son sol dans l'absence du sol, à prendre appui dans le défaut de tout appui, à ressaisir son être à la pointe de son annihilation."

"...L'histoire du bouton de col n'est pas sans rappeler le mot d'esprit, rapporté par Freud, du condamné à mort qui doit être exécuté un lundi, et qui s'exclame, en montant sur l'échafaud : "La semaine commence mal." Il y a dans l'état mystique, qui fait si peu de cas de vous, comme un trait d'humour. Abandonnant son moi au sort hostile, le sujet adopte le point de vue supérieur du surmoi à l'égard des humbles contingences de la conservation de soi. Le soulagement économique qui en résulte libère du plaisir. Dans le mot d'esprit, c'est le rire. Peut-être l'extase représente t-elle le degré au-dessus."

La rencontre est organisée par l'association RSI et sera animée par Marie-Noëlle Combet-Jourzac.


Jeudi 6 juin à 18h30

Ronald Shusterman et Jean-Jacques Lecercle

À propos de leur ouvrage : "L'emprise des signes, Débat sur l'expérience littéraire" publié aux éditions du Seuil.

Jean-Jacques Lecercle est professeur à l'université de Cardiff, spécialiste de littérature anglaise et de philosophie du langage. Il a déjà publié : "Le dictionnaire et le cri" (Presses Universitaires de Nancy, 1995), "La violence du langage", (PUF, 1996), "Frankenstein, mythe et philosophie" (PUF, 1997).

Ronald Shusterman est professeur à l'université Michel de Montaigne-Bordeaux III où il enseigne la littérature anglaise et la théorie littéraire. Il a déjà publié : "Critique et poésie selon I.A.Richards" (Presses Universitaires de Bordeaux, 1989), "Cartes, paysages, territoires" (Presses Universitaires de Bordeaux, 2000), "L'infini" (Presses Universitaires de Bordeaux, 2002).

"Ce livre a pour objet l'expérience littéraire: que fait-on quand on lit et qu'on interprète un texte littéraire ? A quoi sert une telle expérience ? La littérature est-elle en crise ? Faut-il encore la pratiquer et l'enseigner ?

Ces questions ne sont pas nouvelles, mais la manière dont on y répond ici est tout à la fois inhabituelle et très savoureuse, car ce livre consiste en un véritable débat, contradictoire et sans concessions. Les auteurs, qui enseignent tous deux la littérature, attachent à cet enseignement une grande importance et tiennent l'expérience littéraire pour irremplaçable. Mais les arguments qu'ils avancent pour justifier ces sentiments, comme les cultures philosophiques dont ils procèdent, sont fort différents ; ce livre est ainsi le relevé et l'aboutissement de leur confrontation. On y trouvera peut-être, en fin de compte, des raisons convergentes pour comprendre la crise et la surmonter."

L'ouvrage de Jean-Jacques Lecercle et Ronald Shusterman est publié dans la collection Poétique, dirigée par Gérard Genette.


Mercredi 12 juin à 19h

Michel Gribinski

Pour la parution du premier numéro de la revue : "Penser/rêver, le fait de l'analyse" intitulé "L'enfant dans l'homme" aux éditions Mercure de France.

Michel Gribinski est psychanalyste, membre de l'A.P.F. et directeur de la revue "Penser/rêver, le fait de l'analyse". Il a publié de nombreux articles dont les Varia de la Nouvelle Revue de Psychanalyse (réédités en deux volumes chez Gallimard en 1974), un recueil de textes inédits de Donald Winnicott : "La crainte de l'effondrement" (Gallimard, 2000) et deux essais : "Le trouble de réalité" (Gallimard, 1996), "Les séparations imparfaites" (Gallimard, 2002).

"On connaît, ou on croit connaître, l'enfant dans l'adulte. Si polymorphe, si complexe soit-il, on a tôt fait de l'identifier : c'est lui qui regarde et qui est aveugle, qui observe et qui hallucine, qui s'étonne de presque tout. Avec sa capacité de souffrance et de pensée magique, avec sa faiblesse et son abandon confiant, c'est lui qui touche le cœur des amants. Impuissant et tout-puissant, sexuel et amnésique, c'est encore lui qui s'allonge sur le divan du psychanalyste, et lui qui résiste à une analyse dont il est sans doute le seul adversaire pertinent. Ce qu'il a d'inachevé est cela même qui ne saurait renoncer à se reproduire : il est soumis au principe de plaisir.

L'enfant dans l'homme, c'est autre chose, c'est peut-être même une autre histoire. D'abord il n'est pas facile à attraper. Il est moins daté, moins historique, moins crédible que le premier.

...Un enfant qui, contrairement à celui de l'adulte, connaîtrait le temps et vieillirait, tout en restant cependant identique, comme les traits d'un visage. C'est l'enfant dans l'adulte que je retrouve lorsque quelque chose se répète ; mais c'est l'enfant dans l'homme que je rencontre chaque fois que quelque chose a changé : sans lui, je serais moins assuré de mon temps humain. Et de mon genre humain."

Ce premier numéro est réalisé avec les contributions de : Paul-Laurent Assoun, Pierre Bergounioux, Jean-Philippe Dubois, Bernard Favarel-Garrigues, Edmundo Gomez Mango, Clarisse Herrenschmidt, Didier Lett, Danielle Margueritat, Manuela Utrilla Robles, Loup Verlet, Paul Denis, Yvonne Cazal, Marie Desplechin, Jean Imbeault, Henri Raczymow, Giovanni Vassalli et Jean-Bernard Pontalis.

Le débat sera animé par Henri Normand.


Mercredi 19 juin à 18h30

Area revue)s(

Autour de la première livraison de la revue Area.

Dirigée par Alin Avila, qui est l'initiateur d'une manière nouvelle d'interroger les différentes composantes de l'art les unes par les autres, Area Revue se veut  "la revue plurielle qui interroge l’art contemporain". Alin Avila s'applique à faire partager ses convictions autant qu'à analyser celle des autres. Il a rassemblé autour de lui des esprits engagés, concernés et de tous horizons qui nourrissent les thèmes centraux de chaque numéro par l'émulation de leur différence.

La rencontre réunira Alin Avila (éditeur, critique), François-Xavier Fagniez (peintre, membre du comité de rédaction) et sera animée par Patricia Proust-Labeyrie (plasticienne, invitée de la revue).


Samedi 22 juin à 17h

Catherine Preljocaj et Pascal Keller

D'origine albanaise, Catherine Preljocaj, est écrivain, auteur de "Le bonheur pour une orange n'est pas d'être un abricot" (éditions Favre, 2001).

 

"Livré dans le fracas d'une langue qui semble guidée par l'inconscient, l'ouvrage de Katrin Preljocaj, impose au lecteur d'écouter surgir ses propres émotions, en découvrant, bribe par bribe, celles de l’héroïne… Car la trajectoire de vie proposée par l'auteur(e) de "Le bonheur pour une orange n’est pas d’être un abricot", pourrait tout à fait, en définitive, être celle de tout un chacun : parvenir enfin à mourir à soi-même. Alors que la mort est présente d'un bout à l'autre de ce livre superbe, il n'y est pourtant question que des forces de vie qui bouillonnent chez Katrin, et qui s'imposent dans son existence, comme malgré elle. Malmenés ou sublimés, délaissés ou aimés, endeuillés ou comblés, perdus ou triomphants, les personnages qui ont façonné et façonnent encore la vie de Katrin sont traités au cours de ce récit comme le lecteur lui-même : sans ménagement. Il faut dire que Katrin, pour nous faire partager l'essentiel de sa tumultueuse existence, ne ménage elle-même ni sa peine, ni son plaisir ; elle ne nous épargne d'ailleurs, ni ses terreurs, ni ses engagements, ni le moindre de ses frémissements (ceux de son corps comme ceux de sa pensée). En fin de compte, elle parvient presque à nous faire perdre la notion du temps, avec lequel elle joue sans complexe ; et quant à l'espace, elle s'en joue tout autant, nous faisant parcourir et découvrir son Albanie d'origine avec autant d'aisance que New York... ou Tours!" P.H.K.

Psychologue clinicien, Pascal-Henri Keller est enseignant-chercheur à l'université Bordeaux II. Il a déjà publié : "La médecine psychosomatique en question : le savoir du malade" (Odile Jacob, 1997), "Qu'est ce que soigner ? : le soin du professionnel à la personne" (Syros, 2000) et "Médecine et psychosomatique" (Flammarion-Dominos, 2000).

Rencontre autour du thème : Interrogations personnelles et théoriques en psychosomatique, place de la maladie dans le roman familial.


Vendredi 28 juin à 21h30

Hugo Freda

Psychanalyste, membre de l'École de la Cause Freudienne, Hugo Freda présentera les dernières publications de Jacques-Alain Miller : "Lettres à l'opinion éclairée" (éditions du Seuil) et "Un début dans la vie" (éditions Gallimard).

Soirée bibliothèque organisée par l'ACF-Aquitania.


Samedi 29 juin à 18h30

Miguel Torga et le vin de Porto

Conférence - Lectures - Dégustation

Avec : Ana Maria Binet, maître de conférences à Bordeaux III, Jean-Jacques Cabassy, oenologue, Gérard Fronty, acteur, metteur en scène, professeur de philosophie, Amancio Tenaguillo y Cortázar, professeur de lettres.

La rencontre est organisée par le Centre d'Études Pluridisciplinaires Des Imaginaires du VIN - CEPDIVIN.


Jeudi 4 juillet à 18h30

Théo Klein

À l'occasion de la parution de son livre : "Le Manifeste d'un Juif Libre" aux éditions Liana Levi.

Avocat aux barreaux de Paris et d'Israël, Théo Klein a été durant les années 1942-44 un des responsables de la résistance juive. Président du CRIF de 1983 à 1989, il plaide pour une autre politique en faveur de la paix..

Rencontre organisée par la Ligue des Droits de l'Homme et animée par Gérard Boulanger.


 

Rappel des rencontres des trimestres précédents :

 

 

Hubert Damisch, Malek Chebel, Maurice-David Matisson, Le Club Merleau-Ponty, Philippe Mohlitz, Marie-Frédérique Bacqué, François Weyergans, Allain Glykos, Roger Establet, Philippe Videlier, Jean-François Pradeau, Les Mots du Théâtre, La Bibliothèque Oulipienne, Xavier Audouard, Daniel Bensaïd, Nathalie Heinich, Jacques Wittwer, Le Passant Ordinaire, Marcel Sassolas,Le Bord de l'Eau,  Art et Science : Classer,  François Bon,   François Dubet,  Michel del Castillo, Cerveau et Mémoires, Patrice Lancel, Pratiques, Cahiers de la Médecine Utopique, Xavier Darcos, Le Parc Lescure, Serge Halimi, La Honte des Origines, François Regnault, Jean Mauriac, Alain-Julien Rudefoucauld, Michel Pouquet, Jean-Paul Loubes, Nathalie Zaltzman, Christophe Bident, Jean-Marie Robine,Catherine Mathelin, Michel Chaillou, Laure Adler, Thierry Fabre, Monique Chemillier-Gendreau, Gérard Wajcman, Denis Tillinac, Michel Auvray, Elisabeth de Fontenay, Apprendre à l’école, Keith Dixon, Martine Segalen, Sophie de Mijolla-Mellor, Odette Bassis, Dominique Boudou et Brigitte Giraud, Christian Delécluse et Jean Vautrin, Geneviève Brisac et Claude Ponti, Alain Accardo, Christophe Dabitch et Patrick Balbastre, Kenneth White, Sophie Avon, François Ménard, Kerstin Jentzsch, Didier Eribon, Yves Buin, Ahmadou Kourouma,Fred Deux, Ginette Michaud, Vincent de Swarte, Jean Cuisenier, Pierre Bruno, Jean Broustra, Pierre Tournier, Roland Gori, Emmanuel de Waresquiel, Norman Spinrad, René Girard, Jean-Pierre Vernant, Vincent de Gaulejac, Éric des Garets, Sophie de Mijolla-Mellor, Bernard Cadoux, Noël Mamère, Roland Pfefferkorn, Nicolle Kress-Rosen, Hélène Sarrazin, Jacky Bourillon, Agnès Villechaise-Dupont, Jean Guerreschi, Lucien Sève,Alfredo Pita, Henri Pena-Ruiz, J.-B. Pontalis, Daniel Mermet, Gérard Chaliand, François Roustang, Jakob Arjouni, Jean-Jacques Salgon, Cyril Lemieux, Alain Ricard, Anne Clancier, Jacques Abeille, Jean Ziegler, Pascal-Henri Keller, Jacques Fortin, Antoine Volodine,Beatriz Preciado,Thieri Foulc, Jean-Louis Baudry, Jean-Didier Vincent, Taoufik Ben Brik, Fatos Kongoli, Francis Jeanson, André Bolzinger, Robert Lafore,Fouad El-Etr, Jean-Louis Sous, Thierry Groensteen, Évelyne Charmeux, Laurent Mauvignier, Fred Forest, Marie-Hélène Briole, Colette Soler, Érik Porge, Bertrand Hell, Israël Rosenfield, Armistead Maupin, Danielle Bleitrach, Jean-Benoît Puech, Lucette Mouline, Arnaud Montebourg, Dominique Boudou, Marie Pourroy, Jean-Paul Mugnier, Gilbert Molinier, Jean Mambrino, Kurt Drawert, Georges-Arthur Goldschmidt, Emmanuel Renault, Marie-Rose Moro, Nathalie Quintane, Michel Craplet, Daniel Arasse, Dominique Noguez, Étienne Rousseau-Plotto, Jean-Marie Clément, Roger Bourderon, Hervé Le Corre, Jacques-Henri Michot, Nathalie Six, Gisèle Chaboudez, Emmanuel Hocquard, Jean-Pierre Lebrun, Marie-Hélène Bourcier, Jean-Luc Romero, Tanguy Viel, Valérie Mrejen, François Bon et Pierre Bergounioux, Catherine Rey, Jorn Riel, René Passet, Vincent Ravalec, Eugène Durif, Jean Delumeau, Marie-Dominique Ribereau-Gayon, Patrick Espagnet, Alain Vircondelet.

 

 


 

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