8, Place du Parlement 33000 Bordeaux France Tel : 05.56.48.03.87 Fax : 05.56.48.16.83.

ouvert du mardi au samedi de 10h00 à 20h00 et le lundi de 14h00 à 19h00.

Tramway : Bourse (C), Palais (A). Stationnement : Bourse, Camille-Jullian.

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PROGRAMME DES RENCONTRES JANVIER-JUIN 2001

 


Samedi 13 janvier à 17h

Israël Rosenfield

Pour son roman "La mégalomanie de Freud" paru aux éditions du Seuil-Librairie du XXe Siècle et traduit par Lydia Flem.

 Israël Rosenfield est médecin, philosophe et professeur d'histoire des idées à la City University de New York. Il collabore à la New York Review of Books. Parmi ses ouvrages traduits en français : "La génétique pour débutants" (éditions La Découverte, 1985), "L'invention de la mémoire" (Flammarion-Champs, 1989), "Une anatomie de la conscience" (Flammarion, 1996). 

Une mystérieuse petite-fille de Freud confie à un neuroscientifique américain un manuscrit inédit de son grand-père, rédigé à Vienne en janvier 1938 : La Mégalomanie. Dernier pied de nez de l'inventeur de la psychanalyse à la postérité, Freud y remet en question le complexe d'Œdipe et lui substitue une conception cruelle et ironique de l'Autorité, de la Connaissance et du pouvoir.

"L'américain Israël Rosenfield invente dans son roman, La Mégalomanie de Freud, un inédit posthume du père de la psychanalyse. Où toutes ses théories se retourneraient contre lui. Où en est aujourd’hui la psychanalyse ? La question peut sembler vaine, mais devient franchement passionnante quand c’est un roman qui tente d’y répondre. Une fiction, voilà ce qui se cache derrière le titre énigmatique de ce livre. Il a eu l’idée assez géniale d’inventer un inédit posthume du vieux Viennois, rédigé en janvier 1938, quelques mois avant sa mort. Ce manuscrit, apocryphe mais vraisemblable jusque dans le style, est au cœur d’une intrigue étrangement inquiétante, pleine de suspens et d’humour savant. Le livre se présente comme une édition critique de La Mégalomanie, texte inédit de Freud. Intrigues, rivalités, vérité historique et inventions romanesques rythment le livre. Les frontières de la fiction sont ici floues, et les miroirs du roman souvent trompeurs. C’est que le mensonge est au cœur de ce livre si soucieux des vérités de la psyché humaine ; au terme de La Mégalomanie de Freud, on en vient ainsi à douter de tout : aussi bien de la validité de la psychanalyse que de la pertinence des neurosciences." (Les Inrockuptibles)

 La rencontre sera animée par Alain Ducousso-Lacaze.


Vendredi 26 janvier à 18h30

Armistead Maupin

Pour la parution de son roman : "Une voix dans la nuit" aux éditions de l'Olivier, traduit par François Lasquin et Lise Dufaux. 

Né en 1944, Armistead Maupin passe ses premières années en Caroline du Nord. Après avoir servi dans la marine au Vietnam, il s'installe à San Francisco en 1971. C'est en 1976, dans les colonnes du San Francisco Chronicle, qu'il commence à publier ses Chroniques de San Francisco, renouant ainsi avec une vieille tradition littéraire du XIXe siècle; elles connaissent un succès immédiat.

"Autant vous prévenir tout de suite, l'affabulation est mon métier : voilà des années que je pille ma vie pour en tirer des fictions. Comme une pie, je ne garde que les objets brillants. Le reste, je le jette. N'a d'intérêt pour moi que ce qui est susceptible d'enrichir l'architectonique d'un récit. Du coup, je ne suis pas très fiable lorsqu'il s'agit de rapporter des faits. Vous n'avez qu'à demander à Jess Carmody ; ayant été mon compagnon pendant dix ans, il a pu observer ma maladie de près. Il lui avait même trouvé un nom, le "syndrome des joyaux de l'éléphant", inspiré d'une anecdote que je lui avais raconté un jour sur un de mes anciens copains de fac…

Où ai-je été chercher les éléphants ? Je n'en sais rien. Tout ce que je peux dire, c'est que j'y croyais dur comme fer. Ils ne me sont jamais apparus comme un mensonge ; pour moi, ce n'était qu'une façon de représenter la vérité sous forme de concentré symbolique, en la rendant plus attrayante. La plupart des récits sont pleins de lacunes qui ne demandent qu'à être comblées par des éléphants couverts de joyaux. Et par malheur, je suis enclin à en fabriquer.

Je ne voudrais pas qu'il en aille ainsi quand je raconterai l'histoire de Pete. Je vais m'efforcer de rapporter les faits exactement comme je me les rappelle, dans l'ordre, en leur ajoutant le moins de joyaux possible. Il en va de mon devoir envers mon "fils"- envers nous deux - et envers les péripéties non écrites de la vie quotidienne.

Mais surtout , il faut que j'arrive à vous y faire croire.

Et de toute façon, ce ne sera pas facile..."

 La rencontre sera animée par Trudy Bolter et Renaud Borderie.


Mardi 30 janvier à 18h30

Danielle Bleitrach

Pour son ouvrage "Défaite ouvrière et exclusion" publié aux éditions l'Harmattan, en collaboration avec Mustapha El Miri.

 Danielle Bleitrach est sociologue à l'université de Provence. Elle est co-auteur de "L'Usine et la vie" (Maspéro) et "Classe ouvrière et social-démocratie" (Éditions Sociales).

 "La fortune du terme d'exclusion tient sans doute au fait qu'il s'agit d'une notion fourre-tout qui permet de désigner l'existence d'une paupérisation prolétarienne massive en niant sa relation avec l'exploitation". Cette critique du processus par lequel la vie de millions d'hommes, de femmes et d'enfants s'étire à la marge de nos sociétés modernes est un peu le filigrane de l'ouvrage que viennent de publier Danielle Bleitrach et Mustapha El Miri, sociologues à l'université de Provence. Pour les auteurs, savants et militants à la fois, la massification du phénomène d'exclusion signale une défaite - avant tout ouvrière -, en même temps qu'un moment particulièrement dramatique dans l'histoire planétaire de la pauvreté. La classe ouvrière y a perdu une partie de ses caractéristiques. Elle se défait. Le chômage isole, la précarité rogne les solidarités. La mise en concurrence des individualités génère angoisse et violence. Même le logement déracine plutôt qu'il ne stabilise. Il s'agit là, certes, d'un aspect partiel de la crise sociale, trop peu étudié jusqu'ici dans son rapport avec la société dans son ensemble. Crise de société, crise de système. L'exclusion, comme signal de la défaite de la classe ouvrière qui a porté tout au long du vingtième siècle les espoirs du renouveau, annonce-t-elle que toute révolution est devenue impossible ? Telle n'est pas la position des auteurs qui font confiance au vouloir vivre des êtres humains."

 La rencontre est organisée par "Espaces Marx" et sera animée par Dominique Belougne.


Samedi 3 février à 17h

Jean-Benoît Puech

Pour l'ouvrage qu'il vient de faire paraître aux éditions Farrago "Louis-René des Forêts, roman".

 Jean-Benoît Puech est né en 1947. Maître de conférences à l'université d'Orléans, il a publié plusieurs récits et essais. Il a codirigé, aux éditions Le Temps qu'il Fait, le "Cahier Louis-René des Forêts". Il a déjà publié : "La bibliothèque d'un amateur" (Gallimard, 1979), "Voyage sentimental" (Fata Morgana, 1986), "Du vivant de l'auteur" (Champ Vallon, 1990), "L'apprentissage du roman" (Champ Vallon, 1992), "Toute ressemblance…" (Champ Vallon, 1995).

 "Aurais-je projeté sur Louis-René mes préoccupations les plus personnelles, au point depuis près de vingt ans de ne rien voir de sa vraie vie ? Aveugle et me servant de la réalité pour ne donner à voir que ma propre vision ? Sourd à ceux de ses propos qui n'allaient pas dans le sens des miens, du moins de mes interprétations, c'est-à-dire de mes préoccupations ?

Mon journal serait donc une sorte de roman (ou du moins les pages de mon journal qui concernent LR) ? Cette sorte de roman auquel on fait crédit comme à un témoignage ? Une sorte de mensonge ? Cette sorte de mensonge auquel le menteur lui-même croit ? Non pas une fiction voulue et reconnue, concertée, mais une invention involontaire - une affabulation ?

"Mon journal n'est donc pas tout à fait un roman. Mais il n'est pas non plus un simple témoignage : l'immédiat de mes notes est encore plus fictieux que la pure fiction.

 La différence d'ailleurs n'est pas entre le roman et le témoignage, mais entre les façons de les lire, l'un comme l'autre : en historien qui cherche même dans le roman à démêler le réel et l'imaginaire, ou en littéraire qui aime un témoignage comme une fiction parce qu'ils sont vrais - mais d'une vérité qui se manifeste aussi bien dans les fables que dans les faits."

 La rencontre sera animée par Dominique Rabaté.


Mardi 6 février à 18h30

Lucette Mouline

Pour la parution de son livre "La tunique de Nessus" publié aux éditions des Écrivains.

 Lucette Mouline est professeur à l'université Michel de Montaigne-Bordeaux III, où elle enseigne la littérature et les arts du spectacle. Elle a publié plusieurs ouvrages dont : "Roman de l'objet : essai sur la genèse de l'écriture proustienne" (Corti, 1981), "L'Œil des phrases : sur la peinture et sur un peintre, Colette Beleys" (Corti, 1987), "Mémoires d'imposture" (Des Femmes, 1986), "Bibliques : critique et prophétie" (Corti, 1984).

 A l'aube du troisième millénaire, que faire de Marcel Proust ? Cette œuvre qu'on déteste, qu'on aime ou qu'on n'a jamais lue nous parle-t-elle ?

 "Et bien que j'eusse déjà avancé dans la compréhension du phénomène qui m'avait paru assurer à ce travail de recomposition du réel par le langage la permanence hors de toute durée qui seule me semblait capable de me satisfaire, je continuais, sur cette place, à être hanté par la dérive des objets dans la lumière, par leur fuite, comparable certes à celle qui s'emparait autrefois de la salle à manger de Rivebelle dont j'étais conscient que je devais l'épouser avec des mots. Cependant, je n'étais plus aussi sûr qu'auparavant de n'avoir besoin que de moi pour cela. Je ne réussissais plus à m'enfermer dans l'être que j'étais d'abord devenu à cette sinistre matinée, et qui devait extraire, entre le passé et le présent, l'essence des choses, afin de ne craindre la mort ni pour son œuvre ni pour lui. Cet être-là que je ne connaissais pas encore, puisqu'il avait seulement été imaginé par moi comme étant celui que j'aspirais à devenir, voilà que je le sentais, quoi qu'incomplet, en train de bouger, de se débattre dans les limbes de mon esprit sans que je pusse savoir pourquoi."

Le débat sera animé par Françoise Lalanne et Serge Canadas.


Vendredi 16 février à 18h

Arnaud Montebourg

Pour son ouvrage "La machine à trahir, rapport sur le délabrement de nos institutions" paru aux éditions Denoël.

 Député de Saône-et-Loire et secrétaire de la Commission des lois, Arnaud Montebourg est l'un des plus jeunes parlementaires socialistes. Il est rapporteur de la mission parlementaire anti-blanchiment qui enquête sur les paradis fiscaux. Il est avocat.

 "Vous qui n'attendez rien de vos dirigeants, qui pratiquez l'abstinence électorale, peut-être à jamais retirés de l'isoloir, lisez ce petit livre, il vous en coûtera seulement un peu de patience.

Vous qui craigniez le pouvoir comme la peste, le croyez dangereux, inutile ou, pire, imbécile. Vous qui êtes parfois envahis par la mélancolie, qui croyez avoir perdu vos héros ou avez jeté la politique à terre comme on tire la nappe avec la soupière, ne vous en prenez pas aux hommes. Ils nous ressemblent. Il en est d'honnêtes et de malhonnêtes, des capables et des incapables, des cyniques et des sincères." (extrait)

 Une Assemblée nationale impuissante, des dépenses publiques incontrôlables, une justice arbitraire, des élus locaux omnipotents et cumulards, des gouvernements autistes, une diplomatie opaque : les citoyens se sentent trahis. Vieilles vaches sacrées, nos institutions paraissent inamovibles. Ce sont elles pourtant qui fabriquent ce dégoût croissant de la vie politique, démoralisent les électeurs et détruisent à petit feu la confiance dans la démocratie. Au sommet de la pyramide, la nature même du pouvoir présidentiel favorise l'inertie, l'irresponsabilité et surtout l'impunité. Arnaud Montebourg raconte de l'intérieur les mécanismes pervers de ce régime épuisé et apporte des solutions inédites à la construction d'institutions nouvelles. La plus importante est la remise en cause de l'élection du Président de la République au suffrage universel, rouage central de cette machine à trahir les espoirs du pays.

 Le débat sera animé par Daniel Lalanne.


Mardi 27 février à 18h30

Dominique Boudou, Marie Pourroy

Autour de la pièce : "Fragments pour une dormeuse" (éditions Opales) créée par le Théâtre de l'Œuf

 Dominique Boudou est né à Paris en 1955. Enseignant, il est l'auteur de nouvelles, de poèmes et de deux romans: "Un grand silence", (Le bord de l'eau, 1995), prix Charles Brisset et "Les boîtes noires" (Gallimard).

Marie Pourroy est comédienne et metteur en scène et dirige le Théâtre de l'Œuf.

 "Fragments pour une dormeuse, je l'ai écrit pour la femme que j'aime, pendant son sommeil, en retrouvant dans les livres qui nous ont fascinés les petits mots qu'elle a déposés sur les pages de garde. Fragments pour une dormeuse est donc une double mémoire. Celle de notre bibliothèque. Celle de notre histoire…"

"Le théâtre, je ne sais pas ce que c'est. L'écriture non plus, je ne sais pas. Je ne me pose pas ces questions-là. Tout discours sur la littérature, quand on écrit, me semble vain. Ce qui m'importe, c'est la magie de l'émotion qui naît Les mots viennent et j'arrive ou non à les faire tenir ensemble, ils sont ou ne sont pas dans ma note. Avec Marie Pourroy, nous sommes dans cette dimension-là, qui donne aux mots une peau et une voix, qui les habille, pour les offrir. Nous lisons. Nous relisons. Encore, et encore. Nous parlons de ce que nous sentons, nous imaginons, nous rêvons, nous délirons, nous nous souvenons. Et, à la façon d'une photographie dont les contours apparaissent lentement dans le bac du révélateur, notre théâtre se construit peu à peu, dans notre note... C'est ce qui se passe avec Fragments pour une dormeuse. Les émotions amènent dans leur timbre des éléments éparpillés de décor, de mise en scène, d'éclairage ou de musique.

A nous de mettre de l'ordre dans ce chaos, pour que le spectateur aussi sente, imagine, rêve, délire, se souvienne. Une formidable aventure à deux puis à plusieurs, qui est dans la vie"

Jean-Claude Chevrier assurera les lectures.

La pièce est jouée au Théâtre du pont tournant du 1er au 10 mars 2001


Vendredi 2 mars à 19h

Jean-Paul Mugnier

Pour l'ouvrage qu'il vient de faire paraître "L'enfance meurtrie de Louis-Ferdinand Céline"aux éditions l'Harmattan.

Jean-Paul Mugnier est directeur de l'Institut d'Études Systémiques à Paris. Il assure des thérapies familiales et de couples ainsi que la prise en charge d'enfants victimes de violences physiques ou sexuelles. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages : "L'identité virtuelle" (éditions E.S.F.), "Les stratégies de l'indifférence" (éditions E.S.F.), "Le silence des enfants" (éditions l'Harmattan).

 "Bien des choses ont été dites et écrites sur Louis-Ferdinand Céline, sur "le cas Céline". Comment comprendre les contradictions du personnage ? Comment supporter la proximité entre le génie et l'abjection ? Quelque chose en nous se révolte et crie à l'injustice à constater chez un homme, chez le même homme, des aspects admirables et d'autres qui interdisent l'estime. Alors les jugements rapides et définitifs se mélangent aux diagnostics variés.

Pour tenter de répondre à ces questions, Jean-Paul Mugnier nous accompagne pas à pas et nous invite à regarder sans faiblir ce que Céline nous décrit. L'enfant abusé, les parents qui ne veulent pas voir, la perte de confiance en soi qui en résulte, la vision du monde et les réactions qui en naissent. Puis il nous propose de réfléchir, à partir de ces faits pris à la lettre, à leur lettre, au contexte familial et aux événements qui ont pu concourir à une telle situation chez Louis Destouches lui-même.

Ses conclusions, concernant la maltraitance paternelle et sa mise en lumière de la position de sa grand-mère, sont tout à fait solides, même si elles peuvent déranger l'image d’Épinal de la biographie célinienne universitaire et en rendre l’abord plus complexe."

(François Balta)

 La rencontre sera animée par Maïalen Lafite.


Jeudi 8 mars à 18h30

Gilbert Molinier

Pour son livre "La gestion des stocks lycéens" publié aux éditions l'Harmattan.

Gilbert Molinier est professeur de philosophie en classe terminale.

"L'École gère des flux d'élèves comme on gère des stocks de marchandises. L'enseignement est déboulonné : l'animation remplace l'instruction ; la pédagogie les savoirs ; les modules, les disciplines ; les contrôles, les exercices ; les évaluations de compétence, les examens ; les objectifs, les finalités de l'enseignement… Cette gestion se solde par des dégâts psychiques considérables. L'entreprise actuelle, dite de rénovation pédagogique, détruit l'intelligence et l'imaginaire en gestation des jeunes en produisant chez eux un interdit de penser."

Le débat est organisé avec la collaboration d'Espaces-Marx et sera animé par Michel Delord.


Mercredi 14 mars à 18h30

Jean Broustra

Pour son livre "Abécédaire de l'expression"aux éditions Érès.

 Jean Broustra est psychiatre, psychanalyste, chef de secteur psychiatrique au C.H. de Libourne. Praticien d'ateliers thérapeutiques d'expression depuis vingt-cinq ans, il est cofondateur et formateur à l'ADAEC/Ateliers de l'art cru. Il a publié de nombreux ouvrages sur l'expression thérapeutique et créatrice. Il collabore à la revue L'information psychiatrique.

 "L'histoire de l'expression, plutôt située classiquement comme un débat philosophique (Aristote, Spinoza et Nietzsche), rejoint l'histoire de la psychiatrie en Europe dans les années soixante-dix.

Dépassant la seule ambition de collectionner des œuvres d'aliénés, au-delà de la fascination réciproque entre génie et folie, l'expression constitue un champ de pratique et de théorie qui a sa légitime part dans le traitement des maladies mentales. Dans le sillage de la psychothérapie institutionnelle, elle a pris son élan en devenant une nouvelle manière de vivre le lien entre société et culture. Elle a ainsi revendiqué sa place dans la pédagogie

(Fernand Oury, Arno Stem), dans le changement social (Max Pagès), dans la philosophie et la psychanalyse (Jean-François Lyotard, Julia Kristeva) mais aussi dans la littérature et les arts contemporains (de Philippe Sollers à Iannis Xenakis).

 L'expression, sous la forme d'ateliers thérapeutiques, contribue au traitement approfondi des patients psychotiques. Dans un cadre habituellement associatif, elle propose aussi des ateliers de créations pour aider à la citoyenneté par développement du lien socioculturel. Interface entre soin et création, l'expression doit tenir une place privilégiée dans l'esprit d'une véritable politique de secteur, ce à quoi l'auteur porte tous ses efforts."

 La rencontre sera animée par Pierre Lafforgue et Michel Minard.


Mardi 20 mars à 18h30

Patrick Rödel

Pour son ouvrage "Pour solde de tout compte, notes acerbes sur la philosophie française du XXe siècle" paru aux éditions du Passant.

 Patrick Rödel enseigne la philosophie en classe préparatoire et vit à Bordeaux. Il a déjà publié deux romans : "La maison blanche de la rue Dubarry" et "L'été d'Elsa" (éditions du Tournefeuille, 1995 et 1996), "Spinoza, le masque de la sagesse" (éditions Climats, 1997), et "Lycée Montaigne" (éditions Confluences).

 "Qui trop embrasse mal étreint : d'où un texte court. Qui trop embrase mal éteint : il suscitera sans doute des brûlures et des démangeaisons. Mais il n'est pas mauvais, de temps en temps, de dénoncer les postures et les impostures de ceux qu'on nomme aujourd'hui philosophes. Du côté des poseurs, ceux qui ont été adoubés par leurs pairs (pères), fils (filles) à papa qui jurent de leur ressembler. Du côté des imposteurs, ceux qui s'autoproclament philosophes et trouvent bien un moyen (média) pour le faire savoir. Reste que la pratique philosophique résiste à ces dé-tournements et qu'elle répond à un besoin toujours plus grand qui dépasse les cadres où on veut l'enfermer et les officines où on veut la vendre."

 "Après tout, pourquoi n'y aurait-il qu'une manière de faire de la philosophie ? Et la Philosophie d'ailleurs existe-t-elle davantage que la science, dont Bachelard disait justement que c'était une pure invention de la philosophie ? Il y a donc différentes sciences qui en sont à différents stades de leur histoire, dont le territoire est plus ou moins bien balisé ; les méthodes et les objets plus ou moins bien précisés, et différentes philosophies qui explorent de manière différente les problèmes que l'époque pose à l'homme - certaines sont plus austères, d'autres plus flamboyantes, certaines ne s'autorisent qu'une démarche à pas comptés, alors que d'autres vont "à sauts et à gambades" ou dansent, ivres de l'air léger et pur où ils ont cru s'approcher de l'Être. Pourquoi pas ?

 Le débat sera animé par Éric Bonneau.


Jeudi 22 mars à 18h30

Jean Mambrino

Pour son livre : "Lire comme on se souvient" publié aux éditions Phébus.

 Jean Mambrino est né à Londres en 1923 d’ancêtres florentins, andalous et champenois. Il est chargé de la chronique littéraire et dramatique des Études. Il est considéré avec Jean Grosjean et Jean-Claude Renard, comme l'un des grands poètes chrétiens contemporains.

Il est l'auteur de nombreux recueils : "Le Mot de passe" (Granit, 1983), "Le Chant profond" (Corti, 1985), "La ligne de feu" (Corti, 1986), "Le chiffre de la nuit" (Corti, 1989), "L'odyssée inconnue" (Corti, 1996), "L'hespérie, pays du soir" (Arfuyen, 2000) et le traducteur de poèmes de Kathleen Raine et Gerard Manley Hopkins.

"Mambrino hérite de cette vigilance chère à des René Char, André Frénaud, Jean Malrieu, il boit la nuit à longues lampées, et le bruit de sa soif est là, sans déguisement, sans lâcheté. Poèmes-nids, sans arbre, sans terre, et qui pourtant font une présence à deux dans la page, lèvent un verre à la santé du désastre, et nous enracinent dans cette petite verticale fragile du dedans : le poème." (Dominique Sampiero, Le Matricule des Anges)

"Transposant le vœu de Joubert : "Écrire après un long repos de l'âme, et comme on se souvient", Jean Mambrino invite ici à une sorte de lecture qui tirerait, comme un miel, ses hautes voluptés du recueillement, de la solitude habitée. Une lecture qui parle sinon à tous en tout cas à beaucoup, dans la mesure où elle s'abreuve aux sources les plus claires. Il propose ici une soixantaine de ces proses, chacune consacrée à un grand et beau livre de littérature paru au cours de ces dernières années : de René char à Henry Millre, de Bradbury à Borges, de Pa-Kin à Kawabata, de Gracq à Jünger, de Michaux à Duras, de Ritsos à Umberto Saba...Une sorte de bibliothèque idéale de l'époque."

La rencontre sera animée par Patrick Rétali.

Tous nos remerciements vont à Paul Gayrard, brutalement disparu, et Philippe Gutierrez, inspirateurs de cette rencontre


Jeudi 29 mars à 18h30

Kurt Drawert

Pour l'ouvrage qu'il vient de faire paraître "Anthologie de la poésie allemande contemporaine" aux éditions Seghers.

Kurt Drawert est en résidence au CRL Aquitaine de février à mars 2001. Cette résidence s'inscrit dans les échanges entre l'Aquitaine et le Land de Hese. C'est un auteur "de l'Est", né dans le Brandenbourg ; il a passé une jeunesse "difficile" près de Berlin. A vingt ans, il part pour Dresde et veut devenir électronicien. Mais il a toujours refusé d'adhérer aux Jeunesses Communistes, ne supporte pas de devoir se plier à l'ordre établi ; position difficile quand le père est fonctionnaire de la Stasi. Il doit donc faire des petits boulots. Il devient gardien de nuit dans une bibliothèque. Il se procure les clés des armoires où sont enfermés les livres "contre-révolutionnaires". Il s'abreuve des romanciers américains, de théâtre français, de Sartre et de Camus. Et devient de plus, une sorte de bibliothécaire clandestin, fournisseur des ouvrages interdits auprès d'un petit cercle d'amis. En 1982, il étudie la littérature et s'installe à Leipzig.

En 1986, il passe à l'Ouest officiellement et emménage à Brême. Il vit aujourd'hui à Darmstadt. Depuis 1987, il a publié (en particulier aux éditions Suhrkamp) de nombreux recueils de poésie, des essais autres œuvres en prose. Il est en outre traducteur de littérature russe et écrit régulièrement dans Sinn und Form et Akzente ainsi que dans le Spiegel, Die Zeit et le Frankfurter Allgemeine.

Parmi ses nombreuses distinctions, on notera les prix "Leonce-und-Lena", "Ingeborg Bachmann de Klagenfurt", "Uwe-Johnson" ainsi que la bourse de la Villa Massimo de Rome.

Son œuvre est publiée aujourd'hui aux éditions Suhrkamp.

La rencontre est organisée par le Centre régional des lettres d'Aquitaine et sera animée par Philippe-Henri Ledru.


Vendredi 30 mars à 19h30

Georges-Arthur Goldschmidt

Conférence sur Victor Klemperer à propos de la parution du "Journal" aux éditions du Seuil.

 Georges-Arthur Goldschmidt est né en 1928 à Reinbek, près de Hambourg. Il émigre en France en 1939.

Il a traduit la plupart des livres de Peter Handke, mais aussi Nietzsche et Stifter.

Il est aussi l'auteur de nombreux ouvrages : "Jean-Jacques Rousseau ou l'esprit de solitude" (Phebus, 1978), "Un jardin en Allemagne" (Seuil, 1986), "Peter Handke" (Seuil, 1988), "La forêt interrompue" (Seuil, 1991), "La ligne de fuite" (Flammarion, 1994), "Quand Freud attend le verbe" (Buchet-Chastel, 1991), "La matière de l'écriture" (Circé, 1997), "La traversée des fleuves" (Seuil, 1999) 

Victor Klemperer est né en Allemagne en 1881. Fils de rabbin, converti au protestantisme, et cousin du chef d'orchestre Otto Klemperer, il devient professeur de romanistique à l'université de Dresde. Spécialiste de littérature française, fervent admirateur des Lumières, il est chassé de sa chaire en 1935 par les nazis. N'ayant pu s'exiler, il survivra en paria au cœur même de l'Allemagne hitlérienne, durant les douze années du IIIe Reich. Le convoi qui devait le mener avec sa femme à une mort certaine était prévu le 13 février 1945 ; le terrible bombardement de la ville par les alliés (250.000 morts) ce jour là, les sauve paradoxalement par la grâce d'une chance inouïe et d'un abri de fortune. Rétabli dans ses fonctions après la guerre, il continuera d'enseigner en Allemagne de l'Est jusqu'à sa mort en 1960.

La parution de son journal en 1995 et 1996 en Allemagne et en 2000 en France, véritable évènement éditorial met à la disposition du public un document unique sur la vie quotidienne dans l'Allemagne nazie.

 La conférence est organisée par le Goethe-Institut de Bordeaux.


Mardi 3 avril à 18h30

Emmanuel Renault

Pour son ouvrage "Mépris social, Éthique et politique de la reconnaissance" publié par les éditions du Passant. 

Emmanuel Renault est maître de conférences à l'ENS Lettres et Sciences humaines de Lyon et membre du comité de rédaction de la revue Le passant ordinaire.

Il a déjà publié ; "Marx et l'idée de critique" (Presses Universitaires de France, 1995) et "Le vocabulaire de Marx" (Ellipses, 2001). 

"La philosophie politique à la mode louche singulièrement vers la philosophie morale. Elle prétend s'opposer à la dynamique qui toujours rend notre monde invivable au nom de l'impératif de respect de la dignité et de la justice, mais elle flirte bien curieusement avec l'une des caractéristiques les plus marquantes du nouveau sens commun libéral : la transformation des problèmes politiques en problèmes moraux.

Sans doute est-ce l'une des raisons qui l'empêche généralement de s'opposer véritablement à la banalisation de l'injustice sociale, d'exprimer les souffrances de ceux qui la subissent et de formuler les espoirs de ceux qui s'en révoltent. Plutôt que de partir des normes du bien et du juste, ne faut-il pas prendre les expériences d'injustice et du déni de dignité, les expériences de ceux qui se savent socialement méprisés, pour fil conducteur ?

Cette démarche conduit à l'élaboration d’une éthique de la reconnaissance qui permet à la fois de formuler des normes de justice plus larges et plus opératoires que celles de la traditionnelle justice distributive, et d’intégrer la question du respect des différents niveaux de l'identité (identité personnelle, professionnelle, culturelle…) dans une théorie indissociablement morale et politique : la politisation des exigences morales s'y substitue à la dépolitisation morale de la politique."  

La rencontre est organisée par Le Passant ordinaire, les ateliers-philo d'Espaces Marx et sera animée par Daniel Truong-Loi.


Vendredi 6 avril à 19h

Marie-Rose Moro

Pour la présentation de la revue trimestrielle qu'elle dirige "L'autre, Cliniques, cultures et sociétés", publiée par les éditions La pensée sauvage.

 Marie-Rose Moro est professeur de psychiatrie au C.H.U. d'Avicenne à Bobigny. Elle enseigne à l'université de Paris VIII, et a conduit de nombreux travaux sur la vulnérabilité des enfants de migrants. Elle a publié : "Parents en exil, Psychopathologie et migration"(Puf., 1994), "Face au traumatisme, Psychiatrie humanitaire en ex-Yougoslavie et en Arménie" avec Serge Lebovici (PUF, 1995), "Introduction aux psychothérapies" (Nathan-128, 1996) et "Psychothérapie transculturelle des enfants de migrants" (Dunod, 1998) et de nombreux articles pour la Nouvelle revue d'ethnopsychiatrie.

 "L'autre est né, l'autre, nous-mêmes, l'autre en nous, l'autre et le même, l'autre qui diffère, l'autre qui interroge, l'autre qui dérange, l'autre qui apaise, l'autre qui console, le prochain et le lointain... La question de l'altérité est au cœur de la psychopathologie actuelle comme elle est au cœur de nos sociétés modernes, mouvantes, plurielles, métissées.

Dire, nommer, définir, pour comprendre, pour connaître, pour étudier, pour donner envie de chercher encore et toujours du côté du singulier, de l'humain, de ce qui en nous ne peut être réduit à l’insignifiant par ce qu’un autre l'a jugé comme tel ! Dire pour comprendre et pour soigner, dire pour se métisser, pour se transformer et pour faire reculer les limites de l'incommunicable, de ce qui est supposé n’être pas important car entrant dans une catégorie ; "autre" et non pas "même".

Transculturelle, internationale et interdisciplinaire, L'autre situe au cœur de sa démarche la question de la différence et de l'altérité qui oblige à interroger le statut de la langue, de la culture, des théories, des dispositifs de soins, voire des politiques de santé. L'autre conçoit l'ethnopsychanalyse comme un savoir et des techniques visant à aider des sujets à opérer les métissages nécessaires et créatifs impliqués par l'évolution du monde et la rencontre des cultures."

 

Le débat sera animé par Claire Mestre de l'association Mana.


Samedi 7 avril à 17h

Nathalie Quintane

Rencontre-lecture autour de son dernier recueil "Saint Tropez-Une américaine" aux Éditions POL.

Nathalie Quintane est l'auteur de plusieurs ouvrages : "Remarques" (Cheyne, 1997), "Chaussures" (POL,1997), "Jeanne Darc" (POL, 1998), "Début : autobiographie" (POL, 1999).

La rencontre est organisée dans le cadre du printemps des poètes par l'association Le bleu du ciel avec le soutien des librairies Atlantiques.

Débat animé par Didier Arnaudet et Didier Vergnaud.


Mercredi 25 avril à 18h30

Michel Craplet

Pour son livre : "Passion alcool" publié aux éditions Odile Jacob.

Psychiatre et alcoologue, Michel Craplet est médecin délégué de l'Association nationale de prévention de l'alcoolisme.

"L'alcool participe à la fois au lien social ordonné et au désordre de la fête. Il est utile pour s'intégrer et pour s'exclure. Il sert à proclamer un acte et à enfouir des secrets : il scelle et cèle.

Il faut admettre que la consommation des boissons alcooliques est à la fois l'expérience d'un plaisir intime et d'une passion pouvant devenir dangereuse, elle se solde souvent par "les plaisirs minuscules" de la première gorgée et les grandes souffrances de la dépendance.

Dans l'histoire des civilisations, l'alcool a été une arme politique, économique, sociale. Certes, sa consommation facilite une contestation de l'ordre moral et social, comme on l'entend clairement dans les chansons à boire, mais elle favorise en fait une normalisation."

L'alcool permet-il vraiment à l'artiste d'être plus créatif, au timide d'avoir de l'audace, à l'anxieux de s'apaiser ou l'amoureux d'être plus performant ? Que peut nous apprendre l'histoire du vin et les histoires de buveurs célèbres, d'Alexandre le Grand à Eltsine, ou d'autres amateurs anonymes que nous sommes ? N'est-ce pas l'alcool qui est le responsable de la mort d'une célèbre princesse anglaise sous le pont de l'Alma ?

Le geste social, politique mais aussi religieux qui se joue autour d'un verre suscite de nombreux mythes et tabous. Ni potion magique ni simple drogue, l'alcool doit être compris dans sa complexité, en prenant le recul de l'histoire, de la sociologie et de la littérature, et pas seulement comme un produit psychoactif.

Une balade culturelle au pays de l'alcool, pour savoir en goûter les bénéfices et en déjouer les pièges.

La rencontre sera animée par les Docteurs Benoît Fleury, Michel Lemasson et Michel Demangeat.


Samedi 28 avril à 17h

Daniel Arasse

Pour l'ouvrage qu'il vient de faire paraître "On n'y voit rien. Descriptions" aux éditions Denoël.

Daniel Arasse est normalien, ancien membre de l'École française de Rome et aujourd’hui directeur d'études à l'EHESS. Il est l'auteur de nombreux ouvrages : "La Guillotine et l'imaginaire de la Terreur" (Flammarion, 1988), "Le détail : pour une histoire rapprochée de la peinture" (Flammarion, 1992), "L'Ambition de Vermeer" (Biro, 1993), "Le sujet du tableau : essai d'iconographie analytique" (Flammarion, 1997), "La Renaissance maniériste" (Gallimard, 1997), "Léonard de Vinci" (Hazan, 1997), "L'art italien" (Citadelles, deux volumes, 1997 et 1998), "L'annonciation italienne : une histoire en perspective" (Hazan, 1999).

 Que fait-on quand on regarde une peinture ? À quoi pense-t-on ? Qu'imagine-t-on ? Comment dire, comment se dire à soi-même ce que l'on voit ou devine ? Et comment l'historien d'art peut-il interpréter sérieusement ce qu'il voit un peu, beaucoup, passionnément ou pas du tout ?

En six courtes fictions narratives qui se présentent comme autant d'enquêtes sur des évidences du visible, de Velázquez à Titien, de Bruegel à Tintoret, Daniel Arasse propose des aventures du regard. Un seul point commun entre les tableaux envisagés : la peinture y révèle sa puissance en nous éblouissant, en démontrant que nous ne voyons rien de ce qu'elle nous montre. On n'y voit rien ! Mais ce rien, ce n'est pas rien.

Écrit par un des historiens d'art les plus brillants d'aujourd'hui, ce livre adopte un ton vif, libre et drôle pour aborder le savoir sans fin que la peinture nous délivre à travers les siècles.

"...Le Tableau de la Famille devenu Les Mènines, démontre que le peintre n'a pas besoin d'être un intellectuel pour penser. Tout se passe comme si, là, c'était le tableau qui produisait visuellement du sens, indépendamment et au-delà des idées que le peintre et son commanditaire pouvaient s'en faire - et longtemps après leur disparition. C'est sans doute ça aussi, un chef-d'œuvre."

(extrait)

 La rencontre sera animée par Michel Pierre et Patrick Rödel.


Jeudi 3 mai à 18h30

Dominique Noguez

Á propos de la parution de son livre "Duras, Marguerite" aux éditions Flammarion.

 Dominique Noguez est né en 1942. Il est entré en 1963 à l'École Normale supérieure (et en est sorti). Écrivain, essayiste, romancier, critique, spécialiste du cinéma expérimental et de quelques pochades et canulars littéraires, Dominique Noguez est l'auteur de nombreux ouvrages parmi lesquels : "Le Cinéma, autrement" (Cerf, 1987), "Les deux veuves" (La Différence, 1990), "Les Trois Rimbaud" (Minuit, 1991), "Aimables quoique fermes propositions pour une politique modeste" (Rocher, 1993), "Les Martagons" (Gallimard, 1995), "Amour noir" (Gallimard, 1997, Prix Fémina), "Immoralités" (Gallimard, 1999), "Éloge du cinéma expérimental" (Paris expérimental, 1999), "Le grantécrivain" (Gallimard, 2000).

 "Duras : son style, ses livres, ses films. Elle a relié Nevers et Hiroshima, mêlé le Gange à la Seine, confronté Auschwitz et Trouville, rapproché Madame de Lafayette et Freud. Par quelle magie ?

Dominique Noguez répond par un examen au microscope de son écriture. La grandeur de Duras est dans sa rhétorique sublimée. L'emploi de l'hyperbole, de l'ellipse, du hors champ, voilà certain des secrets qu'il dévoile, en très grand critique.

Marguerite : sa vie, ses amitiés, sa mort. Elle a fasciné les uns, irrité les autres. Par quel mystère ?

Dominique Noguez a été l'un de ses proches. À partir de son journal intime, sur une période de vingt-cinq ans, il fait le portrait d'un monstre sacré. L' "Édith Piaf de la littérature" revit, indomptable, forcément contradictoire." 

Le débat sera animé par Patrick Rödel.


Samedi 5 mai à 17h

Étienne Rousseau-Plotto

Pour son ouvrage "Stravinsky à Biarritz" publié par les éditions Séguier. 

D'origine franco-russe, Étienne Rousseau-Plotto enseigne l'histoire à Biarritz. Il est titulaire d'une maîtrise d'histoire (Bordeaux), d'un premier prix d'orgue (Bayonne) et d'une maîtrise de théologie (Strasbourg). Il est organiste de l'église Saint-André à Bayonne. Il a aussi été libraire.

 "Igor Stravinsky est un compositeur mondialement connu lorsqu'il décide, en 1920, de ne plus retourner en Russie : il choisit de s'exiler en France avec sa famille. Sur les conseils de Chanel, il s'installe à Anglet, puis à Biarritz. Il mène alors une double vie : sur la Côte basque, celle d'un père attentionné ; à Paris et dans le reste de l'Europe, celle de musicien et d'amant dans l'étourdissante ambiance des Années folles.

À Biarritz, il compose quelques œuvres majeures, marquées par la recherche d'une nouvelle identité. Il conjure peu à peu sa slavitude (transcription de Pétrouchka, Mavra) et s'inscrit dans une perspective de classicisme sous les auspices des grands ancêtres Bach et Mozart (Octuor, Concerto pour piano, Sonate). Il débute une carrière de pianiste et vit en contact avec les personnalités de cette époque : Picasso, Cocteau, Rubinstein, Auric.

Cet ouvrage, consacré à une période particulière de la vie et de l'œuvre du grand créateur russe, livre une analyse de ce tournant accompli dans le cadre prestigieux du Biarritz d'après-guerre."

 "Le séjour des Stravinsky à Biarritz n'a guère marqué la mémoire locale, en dépit des notations précises qu'Igor en a lui-même donné dans ses écrits comme dans ses partitions. Il est temps, sans doute, de réparer cet oubli, alors que nous commémorons en 2001, le trentième anniversaire de sa mort."

Le débat sera animé par France Debes, avec la participation de Nathalie Morel-Borotra et Marie-Cécile Barras


Jeudi 10 mai à 18h30

Jean-Marie Clément

Autour de la parution de son livre "1900-2000 : la mutation de l'hôpital", publié par les éditions des Études Hospitalières.

 Jean-Marie Clément a tour à tour été directeur d'hôpital, inspecteur des Affaires sociales, professeur de droit médical et hospitalier. Il est l'auteur de nombreux ouvrages.

 Cet ouvrage, fruit d'une longue expérience, synthèse sur les pouvoirs au sein de l'hôpital, fait une large place à l'histoire institutionnelle. Replacée dans son contexte économique et social, l'histoire de l'hôpital est celle d'une rupture entre la charité du début du siècle et l'entreprise de soins de l'an 2000. Tout a changé en peu de temps, la ligne de fracture se situant autour des années 1970 ; que ce soit la situation du malade, hier assisté, aujourd'hui client assuré social, que ce soit l'architecture qui s'est complexifiée considérablement, que ce soit l'organisation matérielle qui reste marquée par une division territoriale en services contraire à la spécialisation et à la mise en réseau des soins.

 "L'idée de faire de l'hôpital la clé de voûte du système de santé était avancée dans les années 1970, et la loi hospitalière du 31 décembre 1970 fut celle de l'hospitalo-centrisme… on considère qu'actuellement plus de la moitié des passages dans les services d'urgence n'est pas justifiée médicalement. L'hôpital ne peut être le seul élément de référence du système de santé, il doit travailler avec la médecine ambulatoire et les autres structures de soins… L'avenir de l'hôpital n'est plus dans un concept unique, mais dans une polysémie…

L'avenir de l'hôpital est dans un réseau de compétences qui est, par hypothèse, antinomique à la concentration des grands ensembles. L'avenir de l'hôpital est dans la responsabilisation de chacun qui est aux antipodes du système polyarchique actuel. L'avenir de l'hôpital est dans l'intéressement des acteurs qui est contraire au système de la surproduction statutaire.

Alors, l'hôpital a-t-il un avenir ?" (extraits)

 La rencontre sera animée par Jean-Claude Guyot (Université Bordeaux II).


Mercredi 23 mai à 18h30

Roger Bourderon

Pour son livre "La négociation, été 1940 : crise au PCF" paru aux éditions Syllepse.

Roger Bourderon est maître de conférences honoraire d'histoire contemporaine à l'Université Paris 8-Saint-Denis et l'auteur de plusieurs travaux sur l'histoire du PCF, l'occupation et la libération.

 "Ce livre met fin aux stéréotypes entretenus pendant des décennies sur l'été 1940 des communistes. Il amène à réfléchir sur le fait que les directives de l'Internationale communiste, connues des militants parisiens l'étaient moins en province. La publication récente d'un texte écrit en Seine-Inférieure à ce moment-là, montre que ce n'était pas seulement à Bordeaux, avec Charles Tillon, à Limoges avec Georges Guingouin qu'apparaissaient les prémices de la résistance. L'auteur de ce texte, André Pican, fut d'ailleurs fusillé au mont Valérien en même temps qu'Arthur Dallidet.

Le livre de Bourderon ne conclut pas, ne juge pas, il informe ; il donne à comprendre ce qui oppose Dallidet à Tréand et Catelas. Il livre sur certains points plusieurs vérités puisqu'il ne résout pas toutes les contradictions découlant de l'étude des documents écrits ou oraux. Mais il contribue grandement à établir des vérités essentielles sur les conséquences en France de la politique de l'Internationale communiste découlant du pacte germano-soviétique, sur le mécanisme de fonctionnement de la direction du PCF dans l'été 1940, sur les responsabilités individuelles dans la démarche aux autorités hitlériennes, sur le caractère éphémère et limité, mais inexcusable, de ce dévoiement. L'authenticité des documents livrés totalement aux lecteurs, la sensibilité des témoignages rendent vivants, attachants les personnages en cause. Cela aussi est une vérité : celle de l'humanisme de l'engagement communiste. Beaucoup de ces enseignements donnent à penser sur d'autres événements - grands ou petits - de l'histoire communiste ultérieure.

On dit parfois que "toute vérité n'est pas bonne à dire". En tout cas, celles que porte le livre de Roger Bourderon sont bonnes à lire." (R.Leroy)

 La rencontre est organisée par Espaces-Marx et sera animée par Dominique Belougne.


Samedi 26 mai à 16h30

Hervé Le Corre

Pour son roman : "Copyright" publié aux éditions Gallimard-Série Noire.

 Hervé Le Corre vit et travaille dans la région bordelaise. Il est l'auteur de plusieurs romans publiés dans la Série Noire : "La douleur des morts" (1990), "Du sable dans la bouche" (1993), "Les Effarés" (1996).

Il se passe des choses bizarres et sanglantes dans ces années 50-là. Un meurtre est commis sur la Lune par un curieux secrétaire d'État américain. Des êtres désemparés ou pleins de fureur errent un peu partout sur terre à la recherche de modèles. Ils sont traqués par des tueurs des services spéciaux pour lesquels il ne s'agit que de déchirer quelques photocopies. Des savants, pas si fous, ignorent les droits de reproduction mais respectent les lois du marché. Mais qui jette des grains de sable dans ces rouages plus vulnérables qu'on le croit ?

Les années 50 ? On est déjà à mi-chemin. 

"Là, sous la gigantesque bulle pressurisée, il courut, tout sanglant, vers le quai d'embarquement des navettes en bousculant des quidams qui vaquaient, et se trouva nez à nez avec un groupe de huit soldats. Le chef de la patrouille lui demanda de se rendre, de poser ses armes devant lui gentiment, en l'interpellant par ses titres, en lui donnant du monsieur. Mais le secrétaire d'État, indifférent au respect qui lui était dû, entreprit de vider un chargeur sur l'escouade, dont un homme sauta en l'air, frappé à la gorge par un tir groupé. Le combat, ensuite, fut extrêmement bref : le triple assassin prit aussitôt en pleine tête une balle de fort calibre, et mourut sans un mot, troué vingt-trois autres fois par le zèle des gardiens de l'ordre." (extrait)

La rencontre est organisée dans le cadre du deuxième festival Noir-Ouest et sera animée par Patrick Rödel.


Jeudi 31 mai à 18h30

Jacques-Henri Michot, Nathalie Six

De l'écrit à l'écran.

Jacques-Henri Michot, écrivain et Nathalie Six, artiste vidéaste sont en résidence à Bordeaux.

Ils travaillent à la création d'un film vidéo à partir du livre de Jacques-Henri Michot : "Un ABC de la barbarie" (éditions Al Dante), abécédaire dont le propos est la dénonciation de la violence des médias par opposition à un ardent éloge de l'Art, seul refuge possible face aux "assourdissantes rumeurs de notre époque".

La rencontre-lecture est organisée par l'association Permanences de la littérature.


Vendredi 1er juin à 18h30

Antonio Tabucchi

Antonio Tabucchi est né à Pise en 1943. Actuellement professeur de langue et littérature portugaise à l'Université de Sienne, il est l'auteur de nombreux livres, entre romans et récits, traduits dans 18 pays. Il a traduit en italien l'œuvre de Fernando Pessoa. En vrai européen, il partage son temps entre Florence, Paris et Lisbonne.

La plus grande partie de l’œuvre d’Antonio Tabucchi a été traduite en français : "Nocturne indien" (Bourgois, 1986, prix Médicis en 1987), "Femme de Porto Pim" (Bourgois, 1992), "Petits malentendus sans importance" (Bourgois, 1993), "Les trois derniers jours de Fernando Pessoa" (Seuil, 1994), "Piazza d'Italia" (Bourgois, 1994), "L'ange noir" (Bourgois, 1997), "Le petit navire" (Bourgois, 1999), "L'atelier de l'écrivain" (La Passe du vent, 2001).

"La fonction d'un homme politique est d'apaiser, de montrer que tout va bien grâce à sa seule présence. Mon rôle est d'inquiéter, d'instiller le doute. La faculté de douter est très importante chez l'homme. Si nous cessons de douter, nous sommes perdus ! Les doutes sont comme des tâches sur une chemise impeccable. Moi, j'aime les chemises tâchées. Lorsqu'une chemise est trop propre, trop blanche, le doute est la première chose qui me vient à l'esprit. La fonction de l'intellectuel et de l'écrivain est de douter de la perfection. Les théologiens, les dictateurs ainsi que les tenants de la pensée totalitaire croient en la perfection."

"La xénophobie s'exerce surtout contre des civilisations et des cultures qui sont plus fragiles parce qu'elles ne possèdent ni biens, ni moyens de subsistance, ni terres. Les populations nomades sont, pour cette raison, les cibles toutes désignées de l'agression. Parfois, il ne s'agit pas de violence physique mais d'une violence liée à des conditions de vie intolérables, infra humaines, comme celles que subissent les Gitans installés aux alentours de Florence. Beaucoup de ces Gitans ont fui leurs pays, notamment à cause de la guerre en Yougoslavie, ils sont nomades par nécessité. Une société qui se considère elle-même comme civilisée ne peut traiter ainsi des êtres humains. C'est contraire à l'idée de culture, d'hospitalité, à l'essence même de notre civilisation dont les fondements sont la Grèce antique et l'humanisme européen."

Antonio Tabucchi sera à Bordeaux les 1er et 2 juin à l'invitation des habitants du Village Andalou. Le débat sera animé par sa traductrice, Lise Chapuis.


Samedi 9 juin à 17h

Gisèle Chaboudez

Pour son livre "L'Équation des rêves", publié par les éditions Denoël-Espace analytique.

Gisèle Chaboudez est psychiatre, psychanalyste, membre d'Espace analytique et médecin-directeur de consultation médico-psychologique.

Cent ans après la publication de "L'Interprétation des rêves" de Freud, la psychanalyse avance-t-elle dans la compréhension du rêve ? Comment peut-on l'aborder aujourd'hui ? C'est ce que cet ouvrage interroge. Témoignage d'une pratique qui a recours à l'ensemble de l'apport lacanien, il en propose des prolongements et montre une logique à l'œuvre dans le rêve. Un matériel, recueilli auprès d'adultes et d'enfants, est confronté à quelques grands rêves de la tradition freudienne, et à un rêve de la littérature médiévale. On y rencontre une unité de structure qui complète ce que Freud a écrit au seuil du 20e siècle. Ainsi sont esquissées les bases d'une interprétation renouvelée des rêves.

La rencontre sera animée par Ignacio Gárate-Martínez.


Mercredi 13 juin à 18h30

Emmanuel Hocquard

Pour son livre "ma haie, Un privé à Tanger 2" paru aux éditions POL.

Emmanuel Hocquard vit et travaille à Bordeaux. Il est l'auteur de nombreux ouvrages dont : "Le consul d'Islande" (POL, 2000), "Un test de solitude : sonnets" (POL, 1998), "Le voyage à Reykjavik : chronique" avec Alexandre Delay (POL, 1997), "Tout le monde se ressemble : une anthologie de poésie contemporaine" (POL, 1995), "Le Commanditaire" avec Juliette Valéry (POL, 1993), "Théorie des tables" (POL,1992), "Les Élégies" (POL, 1990), "Le Cap de Bonne-Espérance" (POL, 1988), "Un Privé à Tanger" (POL, 1987), "Orange Export Ltd : 1969-1986" (Flammarion, 1986), "Aerea dans les forêts de Manhattan" (POL, 1984), "Les Dernières nouvelles de l'expédition sont datées du 15 février 17... : élégies et autres pièces" (Hachette, 1979), "Album d'images de la villa Harris" (Hachette, 1978).

"Petit, j'étais désordonné, mais désordonné comme il n'est pas possible de l'être. J'étais champion toutes catégories de désordre. Ma mère disait que le désordre dans ma chambre était à l'image du désordre dans ma tête. Et elle avait raison. J'en ai beaucoup souffert. Toutes mes tentatives de rangement se sont toujours soldées par des échecs épuisants, physiquement et moralement. En dépit de mes efforts pour mettre de l'ordre dans ma tête via ma chambre, je ne suis jamais arrivé à rien parce que je ne parvenais pas à concevoir un principe d'ordre satisfaisant. Et j'abandonnai.

Je regarde maintenant mon désordre comme un penchant. Ou un besoin. "Chez moi", les choses sont aujourd'hui à peu près en ordre. Mais ce n'est qu'une ruse. En fait, mon désordre s'est déplacé. Il est aujourd'hui caché au cœur de mon ordinateur. Quand j'allume mon ordinateur, il y a quelques grands dossiers : mes Cours à l'École, mon Courrier, ma Banque, mon Grand Frère, ma Vie, mon Œuvre, mon Éditeur, etc. Un de ces grands dossiers s'intitule ma Haie. C'est là. Là que gisent, pêle-mêle, une quantité de documents inclassables, sans liens entre eux, sorte de rhizome incontrôlé (amorces de textes, bouts de journal, notes, blaireaux, Dernières nouvelles de la cabane, lettres privées...) dans lequel j'ai puisé une bonne part des éléments qui constituent ce livre."

 Rencontre et lectures animées par Éric Audinet et suivies d'un apéritif.


Samedi 16 juin à 17h

Jean-Pierre Lebrun

Pour l'ouvrage publié sous sa direction "Les désarrois nouveaux du sujet" aux éditions Érès-Point-Hors-Ligne.

Jean-Pierre Lebrun est psychiatre, psychanalyste, ex-président de l'Association freudienne internationale et de l'association freudienne de Belgique, formateur associé au Centre de guidance de l'Université catholique de Louvain. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages : "Il, donc - conversations avec Jean Oury" (10/18, 1978), "De la maladie médicale" (De Boeck, 1993), "Un monde sans limite" (Érès, 1997).

"Jean-Pierre Lebrun rend compte ici des élaborations théoriques nouvelles survenues depuis et grâce aux multiples discussions et débats qui ont suivi la parution d' "Un monde sans limite" discernement entre fonction paternelle et patriarcat, variation de l'Autre dans l'histoire, fin de la prévalence de la parole, distinction entre société pas-toute phallique et toute-pas phallique, expérience limite du sujet contemporain, difficultés nouvelles pour la subjectivation, lecture de la distinction qu'a faite Lacan entre Nom-du-Père et "nommer à", déterminants des possibles d'un nouveau pacte social, enjeux pour le désir de l'analyste...

Dans une seconde partie, à son invitation, des psychanalystes venus de plusieurs horizons institutionnels tentent, à travers leur pratique quotidienne, de rendre compte des effets de la configuration actuelle du social sur le sujet. Pas question ici d'exhaustivité, seulement des points de la clinique à partir desquels se réinterroge le désir de l'analyste dans ce contexte de postmodernité : errance, violence, école, médecine, victimisation, toxicomanie, maltraitance, lien social, exclusion, capitalisme... Les auteurs apportent ici leurs contributions sans céder à la nostalgie d'un passé révolu, mais sans non plus sous-estimer les difficultés subjectives qu'entraînent les mutations actuelles du social.

Cet ensemble permettra à ceux qui le souhaitent d'appréhender autrement qu'en termes déficitaires ces désarrois nouveaux du sujet."

La rencontre est organisée par l'association R.S.I. et sera animée par Jean-Pierre Conchou.


Mardi 19 juin à 18h30

Marie-Hélène Bourcier

Pour son livre "Queer zones" publié aux éditions Balland.

Marie-Hélène Bourcier est normalienne, docteur en sociologie et enseigne la théorie des genres et des sexualités à l'Université de Reims. Elle a déjà publié un roman : "Lesvos, oui : printemps 92-hiver 94" aux éditions Gaies et lesbiennes.

 "Une théorie, c'est exactement comme une boîte à outils... Il faut que ça serve, il faut que ça fonctionne. Et pas pour soi-même. S'il n'y a pas des gens pour s'en servir, à commencer par le théoricien lui-même qui cesse alors d’être théoricien, c'est qu’elle ne vaut rien, ou que le moment n'est pas venu... Traitez mon livre comme une paire de lunettes dirigée sur le dehors, eh bien, si elles ne vous vont pas, prenez-en d'autres, trouvez vous-même votre appareil qui est forcément un appareil de combat." (Gilles Deleuze en conversation avec Michel Foucault)

 "Queer zones : une réflexion inédite sur les ressources et les politiques de l'identité gaie, lesbienne et hétéro aujourd'hui. Convoquant à la fois la théorie queer (Foucault, But1er, De Lauretis) et le post-féminisme pro-sexe, Marie-Hélène Bourcier nous livre sa vision/déconstruction des sexualités et des genres.

Le sm, la pornographie, les discours sexologiques et médicaux du XIXe siècle, les femmes travesties et les "inverties, la lesbienne chez Simone de Beauvoir, les homoqueers et les transgenres…

C'est que Marie-Hélène Bourcier n'a que faire de la figure de l'intellectuel et a fondamentalement rompu avec l'idolâtrie pour la "haute culture" et la théorie pure. Pour la théorie qui ne lui sert pas ou qu'elle ne peut pas utiliser elle-même.

Un futur classique."

La rencontre est organisée par la LGP-Bordeaux dans le cadre de la Pride 2001


Mercredi 20 juin à 18h30

Jean-Luc Romero

Pour son livre "On m'a volé ma vérité" paru aux éditions du Seuil.

 Jean-Luc Romero est un homme politique singulier. Issu d’une famille ouvrière du nord de la France (il est né en 1959 à Béthune), il a choisi très jeune le camp "gaulliste" et est aujourd’hui conseiller régional d'Île de France et membre du comité politique du RPR. Jean-Luc Romero est homosexuel. Sans chercher à donner le change en affichant une fausserie familiale "normale", il n’en faisait pas étalage. Mais il a milité ardemment pour le PACS et créé une association très active : les élus locaux contre le sida (ELCS).

 En octobre 2000, Jean-Luc Romero se prépare à effectuer ce qu’on appelle son coming out. Il a pris rendez-vous avec une journaliste pour glisser cette confidence dans une interview. Mais son homosexualité est sournoisement et brutalement dévoilée par un journal gay qui lui fauche l'herbe sous le pied et lui vole sa vérité. AFP, médias, tout déferle. Toute la vie de Jean-Luc Romero bascule. Sa vie intime. Et sa vie politique. Ce texte est le récit spontané, sincère, dégagé de toute langue de bois, du premier outing français.

C'est son histoire, ce peut être la nôtre. A tous.

 "Comme Che Guevara, ma nouvelle devise sera : "Soyons réalistes, exigeons l'impossible". Me battre contre toutes les formes d'exclusions liées à la couleur de la peau, à la sexualité ou au sexe ; travailler avec ceux qui partagent mes idéaux de tolérance pour les faire progresser et, bien sûr, vivre en harmonie, sans mensonges, avec ceux que j'aime… Un journaliste, le 19 octobre 2000, m'a volé une partie de ma vérité. Ce vol de mon intimité m'a donné, aujourd'hui, une force considérable."

  La rencontre est organisée par la LGP-Bordeaux dans le cadre de la Pride 2001.


Jeudi 21 et vendredi 22 juin

Les Nuits Atypiques

En avant-première du festival des Nuits Atypiques de Langon, les éditions Daiqui et la librairie présentent deux concerts.

Daqui est le label discographique créé par les Nuits Atypiques de Langon. Il compte, à ce jour, 8 références avec des artistes d'ici (Pascual Gallo, Michel Macias) ou d'ailleurs (Bâuls (Bengale), Saaba (Burkina Faso), Celso Machado (Brésil), Mamar Kassey (Niger), René Lacaille (La Réunion), Feo-Gasy (Madagascar).

Créée en 1992, les Nuits Atypiques de Langon fêtent cette année leur 10e anniversaire du 1er au 5 août 2001. Les concerts, au nombre de quarante, associent des "têtes d'affiches" (Manu Chao, Eliades Ochoa (du Buena Vista Social Club), Emir Kusturica & no smoking orchestra, Manu Dibango, Fabulous Trobadors, Orchestre National de Barbès, Compagnie Lubat, Taraf de Haïdouks) et des artistes moins connus et à (re)découvrir absolument (Mamar Kassey, Romano Drom, Feo-Gasy, Luzmilia Carpio, Pascual Gallo, Nadrendra Bataju, Michel Macias, Ciocarlia, etc.). A tous ces concerts s'ajoutent un colloque co-organisé par Attac sur l'AGCS (accord général sur le commerce des services), un Forum "Nuits Atypiques contre pensée unique", des débats, des rencontres avec les artistes, des projections de films (Emir Kusturica) ou des expositions de photographies.

Jeudi 21 juin à 18h30 : Pascual Gallo

Guitariste flamenco aquitain, Pascual Gallo a publié son premier disque "Emma" sur le label Daqui en 1999. "Pascual Gallo est un guitariste d'une grande sensibilité, un grand musicien doté d'une technique admirable. Ce disque traduit l'émotion d'un guitariste authentiquement flamenco."

Vendredi 22 juin à 18h30 : Michel Macias

Accordéoniste girondin, Michel Macias nourrit sa musique de la valse musette, de la biguine antillaise, du rondeau gascon, des airs tsiganes ou des Balkans. Son dernier disque "Caï caï caï" vient juste de paraître sur le label Daqui.

Entrée libre, la Galerie 18 rue du Parlement-Saint-Pierre.


Mercredi 27 juin à 18h

AACM

Rencontre-débat autour de l'A.A.C.M. (Association for the Advancement of Creative Music) coopérative d'artistes noirs américains.

A partir de 19h30, sur la Place du Parlement, concert "J.U.B.A. Jazz" avec Kahil El Zabar, Ari Brown, Robert Irving, Fareed Haque...

 Manifestation organisée par Musiques de Nuit et le Festival des Hauts-de-Garonne.


Jeudi 28 juin à 18h30

Laurent Mauvignier

Lauréat du prix du Livre-Inter 2001 pour son roman "Apprendre à finir" publié aux éditions de Minuit.

 Laurent Mauvignier avait été reçu à la librairie pour son second roman le 26 octobre dernier. Il viendra remercier ses lecteurs autour d'un verre.

"Où Laurent Mauvignier trouve-t-il donc ces mots qui viennent de si profond qu’on a l’impression qu’ils ont été arrachés aux entrailles ?… Ce n’est pas tous les jours qu’on rencontre un écrivain si dérangeant, si différent des autres." (Jérôme Garcin, Le Nouvel Observateur)

 Laurent Mauvignier rencontrera ses lecteurs à la librairie autour d'un verre apéritif à partir de 18h30.


Samedi 7 juillet à 15h30

Danièle Devynck

À l'occasion de la parution de son livre : "Toulouse-Lautrec, les affiches" (éditions Odyssée).

Danièle Devynck est conservateur en chef du Musée Toulouse-Lautrec à Albi.

 Rencontre-signature organisée avec le soutien du Musée Toulouse-Lautrec d'Albi et du Château-Malromé, accompagnée d'un verre de vin.


 

 

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