8, Place du Parlement 33000 Bordeaux France Tel : 05.56.48.03.87 Fax : 05.56.48.16.83.

ouvert du mardi au samedi de 10h00 à 20h00 et le lundi de 14h00 à 19h00.

Tramway : Bourse (C), Palais (A). Stationnement : Bourse, Camille-Jullian.

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PROGRAMME DES RENCONTRES PREMIER SEMESTRE 2000

 

 


Jeudi 6 juillet à 18h30

Antoine Volodine

Pour son livre Des anges mineurs paru aux éditions du Seuil, pour lequel il vient d’obtenir le prix du Livre Inter 2000.

"On trouvera ici quarante-neuf moments de prose. Dans chacun d'eux, comme sur une photographie légèrement truquée, on pourra apercevoir la trace laissée par un ange. Les anges ici sont insignifiants et ils ne sont d'aucun secours pour les personnages….Car il s'agit aussi de minuscules territoires d'exil sur quoi continuent à exister vaille que vaille ceux dont je me souviens et ceux que j'aime."

Antoine Volodine a déjà publié, entre autres : "Un Navire de nulle part" (Denoël, 1986), "Lisbonne, dernière marge" (Minuit, 1990), "Alto solo" (Minuit, 1991), "Le Nom des singes" (Minuit, 1994), "Le port intérieur" (Minuit, 1996), "Vue sur l'ossuaire" (Gallimard, 1998), "Le post-exotisme en dix leçons, leçon onze" (Gallimard, 1998).

La rencontre sera animée par Maîalen Lafite ; l'auteur lira des extraits de ses textes,


Vendredi 23 juin à 18h30

Thieri Foulc

Plumifère de l'ouvrage "Les très riches heures du Collège de 'Pataphysique" paru aux éditions Fayard.

Pour illuminer la Désoccultation du Collège de 'Pataphysique par ordre de Sa Magnificence Lutembi quatrième Vice-Curateur le présent ouvrage a été compilé & mis en ordre sous l'égide & la surveillance du Corps des Provéditeurs dudit Collège par la Commission des Brouillons & Minutes en collaboration avec la Commission des Imprévisibles, la Sous-Commission du Grand Extérieur, la Sous-Commission des Esprits, l'Intermission des Résomptions & avec le concours du Sérénissime Raymond Fleury pour le Cabinet des Archives de l'Organon Exécutif, du Sérénissime Paul Gayot pour les Archives du Cymbalum Pataphysicum, de plusieurs diligents collectionneurs & de Thieri Foulc, plumifère.

"La 'Pataphysique est la science des solutions imaginaires." Fort de cette définition, le Collège de 'Pataphysique, fondé en 1948, a entrepris de promouvoir la 'Pataphysique en ce monde et dans tous les autres, et de cultiver, avec tout le sérieux qui s'impose, cette science de l'universelle Aberrance. Cette société de "recherches savantes et inutiles" a accueilli dans ses rangs des esprits aussi singuliers que Raymond Queneau, Boris Vian, Marcel Duchamp, Max Ernst, Man Ray, Pascal Pia, le Baron Mollet, Latis, Michel Leiris, René Clair, Paul-Émile Victor, Carelman, Arrabal ou Jean-Christophe Averty. Il a essaimé dans toutes les régions du monde. Il a fondé l'étude d'Alfred Jarry et celle de Raymond Roussel, a publié La Cantatrice chauve et d'autres pièces de Ionesco à l'époque où les éditeurs refusaient ses manuscrits. Toutefois, en 1975, le Collège a suspendu ses activités publiques et s'est "occulté jusqu'à l'an 2000". Pour illuminer sa Désoccultation, le présent ouvrage est proposé à la délectation de tous. Rédigé par les instances collégiales les plus autorisées, puisant dans des archives que l'Occultation avait tenues fermées pendant vingt-cinq ans, il présente l'organisation du Collège, raconte sa vie quotidienne, ses banquets et ses plus mémorables manifestations. Cet album a l'ambition d'éveiller le pataphysicien au berceau, de ragaillardir le centenaire et d'édifier la masse des pataphysiciens qui s'ignorent."

Présentation par le collège de 'Pataphysique.


Jeudi 22 juin à 19h

Jean-Louis Baudry

A propos de la parution de son roman : "A celle qui n'a pas de nom" aux éditions du Seuil (Fiction & cie).

Ancien membre du comité de rédaction de la revue Tel Quel Jean-Louis Baudry est l'auteur de nombreux ouvrages : "Le pressentiment" (Seuil, 1962), "L'effet cinéma" (Albatros, 1978), "Proust, Freud et l'autre" (Minuit, 1984), "Personnages dans un rideau" (Seuil, 1991), "Clémence et l'hypothèse de la beauté" (Seuil, 1996). Il vient de publier dans la collection Haute enfance (Gallimard) un récit autobiographique : "L'âge de la lecture".

"What's in a name ?", se demande Juliette méditant sur la haine qui dresse les uns contre les autres Montaigu et Capulet. Majestueusement posée par Shakespeare, longuement interrogée par Joyce, la question habite plus discrètement le nouveau roman de Jean-Louis Baudry. A sa manière et comme la tragédie ancienne, "A celle qui n'a pas de nom" raconte également l'histoire de deux enfants voués à la prédestination d'un amour fatal. L'anecdote en est simple : dans le Paris d'aujourd'hui, un homme vieillissant fait à une jeune femme le récit de son passé. Il lui raconte l'affection qui, au temps de la Seconde Guerre mondiale, le lia à une petite fille. L'enfant était juive. Elle mourut dans les camps. Roméo survit à Juliette, porte son deuil et, prenant de l'âge, réalise l'ombre que cette disparition a fait peser sur son existence tout entière. Il éprouve la nécessité de transmettre à quelqu'un l'histoire de sa vie mais, pour ne pas emprisonner son souvenir dans l'enveloppe trop étroite d'une identité figée, il se refuse à nommer son amour perdue. Sans visage et sans nom, l'enfant reste, jusqu'à la dernière ligne du livre, ce fantôme que le récit tente de faire se lever dans un problématique paysage d'oubli. Ce qu'il y a dans un nom ? A cette question, le long et lent roman de Baudry constitue la réponse subtilement et savamment différée le temps déroutant d'un récit." (Philippe Forest)

La rencontre sera animée par Patrick Lacoste.


Vendredi 16 juin à 18h30

Jean-Didier Vincent

Pour la présentation de la revue interdisciplinaire de l'Institut universitaire de France "Le Temps des savoirs" publié aux éditions Odile Jacob et dont le premier numéro est consacré au thème de la Dénomination.

"Le siècle passé a résonné de l'opposition des savoirs ; le siècle nouveau résonnera de leur mise en relation ou se perdra. Il est temps de rompre avec les définitions dogmatiques des disciplines, de casser les logiques d'enfermement et de cloisonnement académique, de construire un lieu d'échanges entre les savoirs et de réflexion sur leur implication dans l'histoire politique et sociale. "Le Temps des Savoirs", ou embrasser toutes les formes du savoir pour comprendre le monde présent. Utopie ? Peut-être. Si chacun est prêt à reconnaître la validité intellectuelle du dialogue des disciplines, chacun, aussi, est prêt à l'oublier dans sa pratique de travail, à se recroqueviller et se clôturer dans sa spécialité, à en défendre la suffisance - dans tous les sens du terme. Et il est vrai encore que, au-delà des réflexes d'autodéfense disciplinaire, la mise en relation des savoirs comporte toujours deux risques : celui de réduire le dialogue à une simple juxtaposition de résultats indifférents les uns aux autres ; celui de croire que le vocabulaire, les notions, les outils et les résultats d'une discipline peuvent être immédiatement transférés et utilisés par les autres disciplines.

C'est le dialogue interdisciplinaire que "Le Temps des Savoirs" souhaite proposer en se fondant sur l'expérience menée depuis dix ans au sein de l'Institut universitaire de France. Revue à comité de lecture, paraissant deux fois par an et faisant appel aux contributions de chercheurs étrangers, "Le Temps des Savoirs" est divisé en trois parties : un thème, soumis au questionnement de plusieurs disciplines ; un débat, sur un sujet dépassant les préoccupations de chacun ; une recension, ouverte sur des ouvrages non encore traduits en français. Avec, toujours, la même exigence de donner à chacun les moyens de se comprendre en comprenant le temps présent.

La rencontre est organisée par les rédacteurs du "Temps des savoirs" et les membres de l'Institut universitaire de France.


Mardi 13 juin à 18h30

Taoufik Ben Brik

Pour son livre " Une si douce dictature, Chroniques tunisiennes, 1990-2000" publié aux éditions La Découverte-Cahiers Libres.

" Aujourd’hui, lorsque j’écris une ligne, qui ne sera peut-être jamais publiée, j’entre dans la grotte de l’ogre. Et ma vie, comme celle d’un trapéziste, ne tient plus qu’à un fil. Si je m’arrête, je suis "cuit". Si je continue, un jour ou l’autre, je me casserai le cou ! Mais peut-on rester à l’écart, lorsque depuis deux années ou presque, les Tunisiens sortent de leur léthargie ? […] Je ne sais pas s’il existe un autre peuple sur Terre qui ait suivi plus fidèlement ce fier commandement : "Ne pas accepter, même pour gagner le paradis, de vendre son âme." Ce sont eux qui m’ont appris qu’il n’y a aucune excuse à l’avilissement et à la lâcheté. Ce sont eux qui m’ont appris la liberté et le mépris de la mort. " (Taoufik Ben Brik, " Déclaration de grève ", 3 avril 2000)

Par sa grève de la faim, par son courage, le journaliste tunisien Taoufik Ben Brik est l’homme qui a contraint la dictature du général Ben Ali à mettre un genou à terre. Parce qu’il ne supportait plus les persécutions incessantes dont il était l’objet depuis des années, parce qu’il est un homme libre, il a choisi cette action extrême, dont l’immense retentissement international a contribué à révéler la vérité d’un régime qui a fait de la Tunisie une " prison sans barreaux ". Ce livre est le meilleur témoignage de son combat : on y découvrira les articles qu’il a rédigés depuis dix ans, principalement pour les agences de presse Syfia et Infosud, et pour le quotidien français La Croix. Des textes incisifs, rigoureux, qui tissent une chronique passionnante, et parfois douloureuse. À petites touches, ils restituent la vie dans une dictature féroce, prête à tous les travestissements. Taoufik Ben Brik y décrit les élections truquées, l’extermination des grands oiseaux sauvages par les chasseurs venus des Émirats arabes, le quadrillage de la population par des dizaines de milliers de policiers ; ou encore : les pièges de la vie à crédit, l’audience impressionnante des émissions érotiques reçues par la parabole, les émeutes contre la hausse du prix du pain, l’imaginaire des " brûleurs ", ces jeunes prêts à tout pour fuir le paradis des touristes dans des embarcations précaires…

"À l’heure d’Internet, de CNN et de la communication mondiale, la plume des hommes libres peut toujours faire trembler les tyrans. C’est là l’une des leçons encourageantes de la grève de la faim menée pendant quarante-deux jours par le journaliste tunisien Taoufik Ben Brik. Pour protester contre les persécutions permanentes dont il est l’objet de la part du régime tunisien, pour affirmer sa solidarité avec les militants des droits de l’homme dans son pays, le correspondant de La Croix a choisi de mettre sa vie en jeu. L’extraordinaire écho rencontré par son action, tant en Tunisie qu’au plan international, a profondément ébranlé le pouvoir du général Ben Ali : en témoigne la réaction du Ceausescu de Carthage, qui a tenu, le 6 mai dernier, à dénoncer les " mensonges " de la presse internationale dans un discours surréaliste prononcé devant les responsables de la presse aux ordres (discours accessible sur le site officiel Tunisie.com).Mais l’impact de cette action courageuse n’aurait pas été si fort si elle n’avait pas été conduite par un homme qui, depuis dix ans, rend compte au quotidien de la Tunisie réelle dans des articles aussi passionnants que rigoureux. C’est ce qui nous a conduits à publier, dans l’urgence, avec l’aide des agences de presse Syfia et InfoSud, un recueil de ces " chroniques tunisiennes " sous le titre Une si douce dictature… Ce livre est coédité avec l’association Reporters sans frontières (qui a activement soutenu l’action de Taoufik Ben Brik) et les éditions tunisiennes Aloès (récemment interdites d’activité en Tunisie en représailles contre l’engagement de son animatrice, Sihem Bensédrine, dans la lutte pour le respect des droits de l’homme). Complémentaire du livre des journalistes Nicolas Beau et Jean-Pierre Tuquoi, Notre ami Ben Ali (qui avait déjà soulevé une tempête en Tunisie lors de sa parution en octobre dernier), le livre de Taoufik Ben Brik passionnera, nous l’espérons, tous ceux qui sont attachés à la culture et à la tradition d’hospitalité du peuple tunisien, et qui ne supportent pas de voir celui-ci enfermé dans une " prison sans barreaux ". (François Gèze)

La rencontre sera animée par Jean-François Meekel, journaliste à FR3 Bordeaux et Gérard Boulanger, avocat, ancien président du Syndicat des avocats de France et d'Avocats européens démocrates et président de la Ligue des Droits de l'Homme-Gironde.


Samedi 10 juin à 18h

Fatos Kongoli

Pour son roman "Le dragon d'ivoire" publié aux éditions Rivages, traduit de l'albanais par Edmond Tupja.

Fatos Kongoli est né en 1944 à Elbasan, au centre de l'Albanie. Mathématicien de formation, il a été professeur puis responsable des pages culturelles du journal Renaissance Démocratique. Les éditions Rivages ont déjà traduit les deux précédents roman de sa tétralogie : "Le paumé", "L'ombre de l'autre".

"Le dragon d'ivoire" raconte la vie d'étudiant de Kongoli à Pékin dans les années soixante. Il se souvient de ses rencontres avec Sui Lin et de la haine des chinois pour tous les étrangers blancs. Il sera suivi, épié ; son histoire d'amour sera considérée comme de l'espionnage. La peur, le chantage, la délation sont présents en Chine comme en Albanie.

Ce roman, poétique et nostalgique, est un voyage au bout de l'absurde. On y retrouve les bonheurs d'écriture de Fatos Kongoli et son sens de la métaphore, mais sa force est de faire de l'aliénation, plus qu'un simple témoignage sur la société albanaise, une parabole tragique et grinçante sur la noirceur humaine.

La rencontre est organisée par le Carrefour des Littératures dans le cadre de la manifestation Train Littérature Europe 2000, qui transportera à son bord quelques 80 écrivains européens en provenance de Lisbonne et fera étape à Bordeaux les 10 et 11 juin. Elle sera précédée par un goûter littéraire autour des poètes portugais Ana Luisa Amaral et Paulo Teixera, avec des lectures de leurs textes en portugais et en français à 15h30 au restaurant Hercule Potiron (3,rue du Hâ).

La rencontre sera animée par Maïalen Lafite, avec la participation de la journaliste et romancière portugaise Inês Pedrosa et ponctuée d'un verre de Graves, château Villa Bel Air.


Jeudi 8 juin à 19h

Francis Jeanson

Pour le livre d'entretiens qu’il vient de publier aux éditions Le Bord de l'Eau : "Entre-Deux, conversations privées 1974-1999" avec la collaboration de Christiane Philip.

Philosophe, militant, formateur, Francis Jeanson est l'auteur de nombreux ouvrages parmi lesquels : "Le problème moral et la pensée de Sartre" (Seuil, 1966), "Sartre par lui même" (Seuil-Microcosme, 1973), "Montaigne par lui-même" (Seuil-Microcosme, 1975), "Éloge de la psychiatrie" (Seuil, 1979), "La psychiatrie au tournant" (Seuil, 1987), "Algéries, de retour en retour" (Seuil, 1991),

"Christiane Philip, fille de l'ancien ministre, qui partage la vie de Francis Jeanson depuis 40 ans avait enregistré certaines de leurs conversations au cours du dernier quart de siècle. A travers ces coups de zoom sur ce que furent les centres d'intérêt de celui que l'histoire retiendra comme l'initiateur du principal réseau de soutien au F.L.N. - les porteurs de valises - pendant la guerre d'Algérie, on découvre un homme complet.

Du résistant qui sut rejoindre les Forces Françaises Libres d'Afrique du nord et découvrir très tôt que la décolonisation était l'avenir de l'Algérie, au président de l'Association Sarajevo qui sut organiser la lutte aux côtés d'une Bosnie plurielle, Jeanson symbolise un engagement continu, réfléchi et conséquent. Mais il est aussi celui qui fut le bras droit de Sartre aux "Temps Modernes", qui matérialisa par ses critiques le différend avec Camus et qui, aujourd'hui, s'attache à penser la morale contre tous les moralismes. À la fin des années 60, il voulut faire vivre l'animation culturelle, et n'hésita pas, à la demande de Malraux, à mettre les mains dans le cambouis en prenant la direction de la Maison de la Culture de Chalon-sur-Saône.

C'est un peu au bonheur d'une rencontre fortuite qu'il doit, par la suite, son engagement dans le champ psychiatrique. Outre quinze années de séminaire à la faculté de Médecine de Lyon, il crée la SoFoR (sud-ouest-formation-recherche) dont l'objectif est de former des intervenants dans le domaine psychiatrique." (Antoine Spire)

La rencontre sera animée par Patrick Berthomeau.


Vendredi 2 juin à 18h30

Beatriz Preciado

Pour son livre "Manifeste contra-sexuel" paru aux éditions Balland.

Beatriz Preciado est philosophe. Née en Espagne, elle vit entre les Etats-Unis et la France. Membre du groupe Le Zoo à Paris, elle travaille sur la théorie de l'architecture à l'université de Princeton.

"La contra-sexualité se donne pour objet d'étude les transformations technologiques des corps sexués et genderisés. Elle ne rejette pas l'hypothèse des constructions sociales ou psychologiques du genre mais elle les restitue en tant que mécanismes, stratégies et usages dans un système technologique plus large... elle prétend que le sexe et la sexualité (et pas seulement le genre) doivent être compris comme des technologies socio-politiques complexes ; qu'il est nécessaire d'établir des connections politiques et théoriques entre l'étude des appareils et des engins sexuels (traités jusqu'ici comme des anecdotes de peu d'intérêt dans l'histoire des technologies modernes) et les études socio-politiques du système sexe/genre."

"...La nature humaine est un effet de technologie sociale qui reproduit dans les corps, les espaces et les discours, l'équation nature = hétérosexualité. Le système hétérosexuel est un appareil social de production de féminité et de masculinité qui opère par division et fragmentation du corps en imposant la découpe des organes, en général des zones de haute intensité sensitive et motrice (visuelle, tactile, olfactive…) pour en faire par la suite les centres naturels et anatomiques de la différence sexuelle."

Beatriz Preciado sera accompagnée par Marie-Hélène Bourcier, traductrice de son livre et auteur de "Lesvos, Oui" qui vient de paraître aux éditions Gaies et Lesbiennes.

Marie-Hélène Bourcier est sociologue et fondatrice du groupe Le Zoo.

La rencontre est organisée dans le cadre de la LGP 2000.


Jeudi 1er juin à 18h, la L.G.P.Bordeaux invite à la Galerie (18, rue du Parlement Saint-Pierre)

Jacques Fortin

à propos de la parution de son livre "Homosexualités, l'adieu aux normes" paru aux éditions Textuel.

Jacques Fortin est président de l'université euroméditerranéenne des homosexualités, membre fondateur du GLH de Marseille et du comité de rédaction de la revue Masque.

Le débat sera animé par Nicolas Sembel ( université Bordeaux II ).


Mercredi 31 mai à 18h30

Pascal-Henri Keller

Pour l'ouvrage qu'il vient de publier avec Janine Pierret : "Qu'est-ce que soigner ?" aux éditions Syros.

Pascal-Henri Keller est psychologue, maître de conférences à l’université Victor-Segalen-Bordeaux II. Membre du Laboratoire de psychologie clinique, il est notamment l’auteur de "La médecine psychosomatique en question" (Odile Jacob, 1997).

Les établissements de soin, publics ou privés, ainsi que les professionnels qui y travaillent, sont soumis à des impératifs économiques de plus en plus contraignants. Par ailleurs, depuis 1991, le code de la Santé publique impose de prendre en compte la dimension psychologique des personnes accueillies et soignées. Deux impératifs souvent contradictoires et qui ne vont donc pas de soi. L'intérêt enfin porté à l’aspect individuel de la démarche de soin se traduit par une redéfinition des pratiques professionnelles, mettant en jeu la formation des soignants et leur motivation à s’engager dans une relation singulière avec le soigné. Mais aussi la responsabilité des pouvoirs publics, qui peuvent favoriser cette évolution ou la freiner au nom d’une rationalisation des activités concernées.

Ce livre, qui réunit des contributions d’anthropologues, de sociologues, de psychologues et de médecins, tente de répondre aux questions que se posent à ce propos les professionnels de la santé, les responsables d’établissements de soin, les formateurs et les décideurs en santé publique : la prise en compte de la souffrance psychique par le médecin habitué à traiter la souffrance physique va-t-elle de soi ? Où se situe la frontière entre le médical et le social, le technique et le relationnel dans l’acte de soigner ? Comment mesurer la part du soin qui revient de fait à l’entourage du soigné ? Quelle est la part de la culture du soignant et du soigné dans leur rencontre ? Comment apprendre à soigner aujourd'hui en tenant compte de ces différents paramètres ? Comment envisager pour l'avenir la formation des soignants ?

La rencontre réunira l'auteur et Claude Béraud, co-rédacteur du livre, professeur honoraire à l'université Victor-Segalen, Bordeaux II.


Du 26 au 28 mai

Noir-Ouest

Journées internationales du roman et du film noirs.

La revue "Le Passant ordinaire", le cinéma "Utopia" et la librairie "La Machine à Lire" organisent les premières journées internationales du roman et du film noirs. Elles seront jumelées avec le Festival du roman noir hispanique de Gijon. L'objectif de ces journées est de confronter l'ensemble des genres artistiques qui proposent des créations autour du Noir. Elles associent de nombreux partenaires : l'université Montesquieu-Bordeaux IV, les Bibliothèques municipales de Bordeaux, des collèges et lycées de la Communauté Urbaine de Bordeaux et le quotidien Sud-Ouest.

Les films présentés : Onihi le démon, Scènes de crimes, Le Poulpe, Vent sombre, Fred, Galères de femmes, Mery per sempre, Bloody angels, The glass shield.

Les invités : Michel Bénézech, Éric Bonneau, Stéphane Bourgoin, Yves Buin, Jean-Michel Carré, Hélène Couturier, Bernard Daguerre, Didier Daeninckx, Pascal Dessaint, Michaël Faure, Lionel Germain, Sylvie Granotier, Nathalie Kuperman, Hervé Le Corre, Gilles Mangard, Dominique Manotti, Claude Mesplède, Jean-Hugues Oppel, Hugues Pagan, Jean-Bernard Pouy, Patrick Raynal, Frédéric Schoendoerffer, Paco Ignacio Taibo II et Jean Vautrin.

Les débats : Mœurs et coutumes des héros de romans noirs ; Roman noir et intervention sociale ; Univers carcéral ; Le personnage du flic dans le roman noir ; Le tueur en série, études de cas et le samedi 27 à partir de 22h30 : Nuit blanche pour roman noir in Bordeaux, pérégrination nocturne dans divers lieux de la ville…


Jeudi 25 mai à 18h30

Jean Ziegler

Pour son livre "La faim dans le monde expliquée à mon fils" publié aux éditions du Seuil.

Jean Ziegler, professeur de sociologie à Genève, membre du Parti socialiste et de l'Internationale socialiste, député de Genève, généreux héritier des idéaux sociaux-démocrates de l'après-guerre, est né en 1934. Des études marquées par les engagements, notamment au Parti communiste français. Puis c'est l'Afrique. Employé par l'ONU, il débarque en 1961 au Congo où il découvre une répression coloniale impitoyable ; une expérience déterminante pour son engagement politique et son orientation académique. Sa vie durant, Jean Ziegler défendra en priorité les peuples asservis et exploités du tiers-monde. Jean Ziegler dénonce sans relâche l'hypocrisie d'un système néo-libéral qui s'incarne dans les institutions bancaires de son pays, à peine transformées par le regard du polémiste en vastes zones interlopes au service de l'argent fou.

Il est l'auteur de très nombreux ouvrages parmi lesquels : "Une Suisse au-dessus de tout soupçon" (Seuil, 1976), "Le pouvoir africain" (Seuil, 1979), "Main basse sur l'Afrique" (Seuil, 1980), "La victoire des vaincus" (Seuil, 1988), "Le bonheur d'être suisse" (Fayard, 1993), "La Suisse, l'or et les morts" (Seuil, 1997).

"Rien n'est plus scandaleux : dans un monde de plus en plus riche, trente millions d'êtres humains meurent de faim chaque année. Des centaines de millions d'autres, un peu partout sur la planète, sont gravement mal nourris. Comment est-ce possible ? Pourquoi acceptons-nous une injustice aussi monstrueuse ? Comment peut-on expliquer une telle absurdité ? Sans dissimuler son indignation, Jean Ziegler répond ici aux questions que lui pose son fils. Ce sont celles que se posent tous les enfants du monde."

La rencontre est organisée dans le cadre de la manifestation Ousmane Sow à Bordeaux et sera animée par Bernard Broustet (Sud-Ouest).


Mercredi 24 mai à 18h45

Jacques Abeille

A l'occasion de la parution de son recueil de nouvelles "Celles qui viennent avec la nuit" publié aux éditions l'Escampette.

"Comme on le fait d'une dent malade, quelque temps il s'adonne au jeu morose de palper les rebords de sa mémoire vide. Au fil des jours, l'absence se tait. Albert quitte les enchantements. Jusqu'à ce qu'un nouvel événement dénoue cette paix.Marguerite est sortie. Albert est en plein travail quand il se rend compte que son oreille est agacée de sons, lointains et discrets mais insistants. Il lève la tête, attentif. Ce sont de menus chocs contre un carreau, probablement à la fenêtre de la chambre. On est en plein hiver ; peut-être un oiseau qui a froid. Le silence se fait un court moment, puis les chocs reprennent, insistants, trop réguliers. Albert en soupirant quitte son bureau, se dirige vers la chambre et rêve d'un moineau vague et transi auquel il faudrait porter secours. Un peu de mie de pain, peut-être, rompue dans une soucoupe de lait tiède. On parle aussi d'une goutte de bon vin comme d'un puissant roboratif. Mais ce n'est pas un petit oiseau dont le bec menu frappe au carreau. Cette grande silhouette pâle, dressée sur l'appui de la fenêtre et qui se colle aux vitres, c'est une femme, Dans le contre-jour, Albert ne voit pas bien d'abord si elle est couverte de plumes ou enveloppée d'un voile. Sa chevelure, coupée court, se répartit sur son crâne en mèches d'un blond très clair, presque blanc. Elle ouvre un œil rond, effrayé et transparent. Elle appuie son poing fermé contre un carreau qu'elle frappe de l'ongle de l'index. Comme si elle voulait entrer. En approchant, Albert s'étonne de sa silhouette ensemble si frêle et si charnue, de ses pieds osseux qui se courbent et s'enroulent presque au rebord de la tablette, de la délicatesse de sa tête qui sursaute sans cesse comme pour guetter à la fois dans toutes les directions. Le ciel est vide. Albert décroche l'espagnolette, fait tourner le mécanisme et découvre qu'il fait grand vent. Un souffle glacé s'engouffre dans la chambre. Dans l'appel d'air, la jeune femme vacille et écarte les bras pour retrouver son équilibre ou, plus follement, s'envoler. Albert tend la main et lui saisit le mollet au moment où elle bascule." (extrait : "Le trot des biches")

La rencontre sera animée par Claude Rouquet et Patrick Rödel.


Vendredi 19 mai à 19h

Anne Clancier

Pour la parution de son ouvrage : "Le paradoxe de Winnicott" aux éditions In-Press écrit en collaboration avec Jeannine Kalmanovitch.

Anne Clancier, psychiatre, psychanalyste, auteur de travaux de psychanalyse appliquée à l'art et à la littérature, a une longue expérience clinique avec les enfants et les adultes. Membre de l'Association internationale des critiques littéraires, elle est l'auteur de "Parents sans défauts" (Hachette, 1971), "Psychanalyse et critique littéraire" (Privat, 1973) et "Raymond Queneau et la psychanalyse" (Limon, 1994).

Pédiatre et psychanalyste anglais, D.W. Winnicott (1896-1971) s'est imposé comme l'une des grandes figures de la psychanalyse de ce siècle. Sa capacité d'écoute, son sens du contact avec les enfants, la justesse de ses intuitions lui font occuper une place à part dans l'histoire de la psychanalyse. De sa longue pratique clinique auprès d'enfants et d'adultes est née une œuvre novatrice d'une grande originalité. Les travaux de Winnicott connaissent une audience toujours croissante. Les concepts qu'il a dégagés sont devenus une référence pour les parents, comme dans la pratique quotidienne des psychologues, psychanalystes, pédagogues, éducateurs...

L'ouvrage d'Anne Clancier et de Jeannine Kalmanovitch analyse l'ensemble de l'œuvre de Winnicott, en s'attachant aux concepts clés qu'il a mis au jour. A travers l'étude de l'œuvre se dessine aussi un portrait de l'homme : celui d'une personnalité hors du commun, d'un esprit original et libre.

Paru dans une première édition en 1984, traduit en anglais et italien, l'ouvrage est suivi d'une série d'entretiens avec huit psychanalystes français (Jean-Marc Alby, Evelyne Kestemberg, Raymond Cahn, Serge Lebovici, René Diatkine, Jean-Bertrand Pontalis, André Green, Daniel Widlöcher), dont les réflexions et analyses critiques permettent de mieux cerner la portée de la pensée de Winnicott et l'impact qu'elle connaît aujourd'hui.

La rencontre est organisée par l'association "Trait" et sera animée par Serge Bedère.


Jeudi 18 mai à 18h30

Catherine Clément

Philosophe et romancière, née en 1939 à Paris, Catherine Clément est ancienne élève de l'École normale supérieure et agrégée de philosophie. A partir de 1964, elle enseigne à l'université de Paris I-Sorbonne où elle est l'assistante de Vladimir Jankélévitch avant de devenir journaliste et de prendre la direction de la rubrique Culture au quotidien Le matin de Paris. En 1982, elle entre au Ministère des Affaires étrangères où elle organise les échanges artistiques entre la France et les autres pays du monde.

Elle a vécu douze ans à l'étranger de 1987 à 1999 : quatre ans en Inde, cinq ans en Autriche et trois ans au Sénégal. Elle est l'auteur de très nombreux essais sur l'anthropologie et la psychanalyse : "Les fils de Freud sont fatigués" (Grasset, 1978), "L'opéra ou la défaite des femmes" (Grasset, 1979), "Vies et légendes de Jacques Lacan" (Grasset, 1981), "Rêver chacun pour l'autre" (Fayard, 1982), "La syncope, philosophie du ravissement" (Grasset, 1990), ainsi qu'une douzaine de romans parmi lesquels : "Bildoungue" (Bourgois, 1978), "La sultane" (Grasset, 1981), "Le maure de Venise" (Grasset, 1983), "Pour l'amour de l'Inde" (Flammarion, 1993), "La putain du diable" (Flammarion, 1996), "Le voyage de Théo" (Seuil, 1997), "Martin et Hannah" (Calmann-Lévy, 1999). Ses livres ont fait l'objet de 88 traductions en 24 langues.

Elle vient de publier "Afrique esclave" aux éditions Noésis et "Jésus au bûcher" aux éditions du Seuil.

"18 février 1999 : premier dans le monde, le Parlement français reconnaît enfin, par un vote unanime, la traite négrière comme un crime contre l'humanité. L'Afrique en garde encore l'empreinte : tortures, trafics, épidémies et guerres hantent l'île de Gorée, au large de Dakar. Le monde entier y vient en pèlerinage...Des côtes africaines partirent des millions de martyrs marqués au fer-bétail humain échangé contre la pacotille. L'Europe–hélas-déportait les noirs. Mais qui les vendait ? Des Africains, hélas...La plaie est encore ouverte; il est temps de la cicatriser."

La rencontre est organisée dans le cadre de la manifestation Ousmane Sow à Bordeaux et sera animée par Paul Meunier (Sud-Ouest), avec la participation de Sylvain Sankalé, historien et avocat à Dakar et Paris. 


Jeudi 11 mai à 19h

Alain Ricard

Pour l'anthologie qu’il vient de publier aux éditions Laffont-Bouquins : "Voyages de découvertes en Afrique, Anthologie 1790-1890".

La collection Bouquins fête ses vingt ans et son cinq-centième titre.

Alain Ricard, chercheur au CNRS, est l'auteur de plusieurs ouvrages sur la littérature et le théâtre africain parmi lesquels : Théâtre et nationalisme (Présence Africaine, 1972), L'invention du théâtre (L'Age d'Homme, 1986), Naissance du roman africain ( Présence Africaine, 1987), La Mauritanie (Karthala-Politique Africaine, 1994), Littératures d'Afrique noire (CNRS-Karthala, 1995), Le campus ( confluences, 1999). Il dirige la collection Traversée de l'Afrique aux éditions confluences.

" Voyage de découverte en Afrique", tel est le sous-titre que Jules Verne donne à son roman Cinq semaines en ballon, dont le héros est un "découvreur" qui entreprend de rassembler les "notions éparses de la cartologie africaine", à l'instar de ces héros, bien réels, qui firent de l'exploration de l’Afrique l'une des grandes aventures du XIXe siècle.

Issue des interrogations qui hantent les cartographes depuis l'Antiquité sur les mystérieuses sources du Nil, ou qui intriguent les voyageurs depuis la Renaissance sur le sens du cours du Niger, l'exploration moderne commence avec la création de l'Association africaine, à Londres en 1788, et se poursuit jusqu’au partage du continent à la conférence de Berlin (1884). Une nouvelle géographie que le "conquistador " Stanley parachève : il traverse l'Afrique d’ouest en est en 1889 et publie son récit en 1890…

...L’explorateur n’est pas un voyageur ; il est engagé dans un projet scientifique et politique, mais la passion qui l'anime nous entraîne toujours à sa suite. Sans le ballon de Jules Verne, des aventuriers sont partis à la découverte de l'Afrique en suivant les fleuves…"

La rencontre est organisée dans le cadre de la manifestation Ousmane Sow à Bordeaux et sera animée par Jean-Marie Planes.


Jeudi 4 mai à 18h30

Cyril Lemieux

Pour son livre "Mauvaise presse, une sociologie compréhensive du travail journalistique et de ses critiques" paru aux éditions Métailié.

Cyril Lemieux est né en 1967. Il est chercheur au laboratoire de sociologie de l'INSEP et membre du GSPM (EHESS-CNRS). Il enseigne la sociologie des médias à l'IEP de Paris.

"Le présent ouvrage ne constitue donc nullement une énième critique des journalistes. Sous beaucoup d'aspects - en particulier la reconnaissance d'une pluralité de logiques à l'œuvre dans leur travail -, il peut même être regardé, plutôt, comme une défense des gens de presse. Mais il serait plus exact de dire que son ambition normative se limite à ceci : contribuer à une critique du travail journalistique qui, lorsqu'elle mérite d'avoir lieu, soit à la fois moins caricaturale dans ses attendus et plus difficile à relativiser pour les intéressés, c'est-à-dire en somme moins injuste envers les journalistes et plus facile pour eux à utiliser. Notre parti pris, répétons-le, est que pour parvenir à un tel résultat, il nous faut aller chercher par un détour compréhensif une définition de la faute journalistique qui soit acceptable par les journalistes eux-mêmes et aussi, naturellement, par leurs critiqueurs. En définitive, ce parti pris revient à défendre une première thèse générale, ..qui peut s'énoncer ainsi : une condition de félicité de la critique est qu'elle garantisse l'interchangeabilité des points de vue. Cela signifie qu'on ne peut espérer critiquer justement et efficacement l'action d'un individu, tant qu'on se rend étranger aux valeurs qu'il a l'intention d'honorer et qu'on ignore les systèmes de pertinences qui sont les siens."

Ce livre, sans équivalent, n’est pas seulement fondamental pour approcher, de l’intérieur, la profession de journaliste aujourd’hui dans ses pratiques les plus quotidiennes. Il est aussi un instrument incontournable pour toute réflexion actuelle sur l’éthique des médias.

La rencontre sera animée par Gérard Boulanger.


Jeudi 27 avril à 19h

Jean-Jacques Salgon

pour la parution de son livre "Tu ne connaîtras jamais les Mayas" ( 149 pages, 99F, éditions L'Escampette ).

"Jean-Jacques Salgon : un as de l'escampette. Voyager ne dépayse plus. Désormais, pour découvrir le monde, mieux vaut compter sur les récits de voyage. Ce sentiment est magnifiquement conforté par "Tu ne connaîtras jamais les Mayas" de Jean-Jacques Salgon. Ces récits nous embarquent dans un périple allant de l'Amérique latine au Sahara et du Caire à Tombouctou. Dans un doux balancement des mots, Salgon nous fait voir l'autre tel qu'il nous ressemble et tel qu'il refuse de se plier à notre vision de lui. "Voyager seul me semblait être un rpivilège, celui, par exemple, de pouvoir m'allonger sur un lit de l'hôtel Transat et de m'imaginer sue Sartre et le Castor avaient déjà séjourné là", écrit Salgon à Ghardaïa, en Algérie. Ailleurs ce n'est ni triste ni gai, ailleurs c'est ailleurs et parfois c'est surprenant comme la vraie vie." ( L'Événement du jeudi )

“On envoya bien sûr le douanier en émissaire. Mais, c’est un fait universellement avéré, lorsque deux administrations se rencontrent, fût-ce en un lieu aussi neutre que le désert, elles ont peu de chance chacune poursuivant sa logique propre de parvenir d’emblée à un accord. Le teint du chauffeur, tel celui d’un caméléon, était en train de virer du brun terreux au vert-de-gris tandis que s’entamaient, entre le douanier et le plus âgé des motards, des pourparlers préliminaires. Depuis la cabine du camion nous observions le manège des deux uniformes, l'un kaki, l'autre bleu, qui allaient et venaient côte à côte, le douanier murmurant des paroles à l’oreille du motard lequel, les yeux fixés sur la pointe de ses bottes, prenait un air entendu. A chaque nouveau retour le gendarme tendait le bras vers la benne (dont il avait jaugé du premier coup d’œil la nature et la qualité du contenu) et bientôt nous vîmes la main du douanier se poser sur l’épaule du gendarme, composant sous nos yeux une manière d’allégorie (“la Douane subjuguant la Police”) et nous comprîmes que tout était en train de s’arranger. Quelques cartouches de Dunhill étincelèrent un instant dans le soleil couchant, comme de rutilants lingots d’or, quand le douanier en fit présent aux gendarmes, puis il y eut de longues poignées de mains, des saluts fraternels adressés vers nous qui étions restés dans la cabine, des“ Abqua al kheir” lancés à travers les vitres et nous pûmes a nouveau prendre la route.” (extrait)

La rencontre sera animée par Claude Chambard.


Mercredi 26 avril à 18h30

Jakob Arjouni

Pour la parution de son recueil de nouvelles "Un ami" publié aux éditions Fayard.

Né en 1964 à Francfort, Jakob Arjouni est l'auteur de trois romans policiers "Bonne fête, le Turc! " ( Fayard, 1992 ), : "Café turc" ( Fayard, 1992 ), "Demi pression" (Fayard, 1993), d'un roman : "Magic Hoffmann" ( Fayard, 1997) et de nombreuses pièces de théâtre régulièrement jouées en Allemagne.

"C'est vrai et tu as raison. Mais j'aimerais expliquer…" Il ne put aller plus loin.

"Expliquer ! Gueula Ruttke. Moi aussi, j'aimerais bien pouvoir expliquer à ma sœur pourquoi son fils a été flingué au cours d’une rencontre stupide avec des petits rigolos tchétchènes !

- La rencontre stupide avait pour objet une vente de plutonium.

- Ah, du plutonium ! Ruttke lança ses mains en l’air. " D’après ce que je sais, il y avait des couilles de cochon dans les boîtes. C’est pas vrai, peut-être ? " Harry ne répondit pas. C’était inutile.

Ruttke se cala au fond de son fauteuil et grimaça, comme si son costume Armani avait rétréci au pressing. " ...Ce n’est pas que j’aimais spécialement ce gros avorton de neveu. C’était à croire que ma sœur avait baisé avec un éléphant, elle en serait capable. Mais que Ralle ait été le fruit d’une folle nuit avec un pachyderme ou qu’il ait gonflé comme ça à cause des trente Big Macs qu’il s’envoyait par jour - ce que j’ai du mal à croire parce qu’il y a du sésame là-dedans, et on dit que ça fait chier, le sésame... " Ruttke leva brièvement les yeux. Istvan émit un gloussement, admiratif. Harry se força à sourire. Ruttke était très fier de son humour, et ses employés étaient tenus de s’en amuser. "...En tout cas c’était mon neveu! Je ne te parle pas de ces conneries de ritals, la famille avant tout, mais du fait que ma sœur m’appelle sans arrêt depuis quatre jours et passe son temps à pleurnicher et à menacer de révéler je ne sais quelles affaires criminelles où j'aurais entraîné son fils... aucune idée de quoi elle parle. Voilà !" (extrait se "Série noire")

La rencontre est organisée par le Goethe Institut de Bordeaux et sera animée par Philippe-Henri Ledru.


Samedi 22 avril à 17h

François Roustang

Pour la parution de son livre : " La fin de la plainte "  aux éditions Odile Jacob.

Philosophe et psychanalyste de formation, praticien original, François Roustang est sans doute celui qui s'interroge avec le plus de sens critique sur le sens et l'effet des thérapies. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages comme : "Un destin si funeste" ( Minuit, 1976), "Elle ne le lâche plus" ( Minuit, 1980), "Lacan ,de l'équivoque à l'impasse" ( Minuit, 1986 ), "Qu'est-ce que l'hypnose" ( Minuit, 1994), "Comment faire rire un paranoïaque" ( Odile Jacob, 1996).

"L'histoire racontée par Ovide dans ses Métamorphoses est bien connue. Liriope, la mère de Narcisse, vient interroger l’oracle pour savoir si son fils verrait son existence se prolonger dans une vieillesse avancée. L'oracle dont les réponses sont infaillibles fait connaître son verdict : "S'il ne se connaît pas", " Si se non nouerit ". La condition pour atteindre à l’âge de la sagesse est donc posée : ne pas se connaître, surtout ne pas savoir qui l’on est, car ce savoir équivaut à un arrêt de mort." Longtemps ce mot de l’augure parut vain; il fut justifié par l’événement, par la réalité, par le genre de mort de Narcisse et par son étrange délire." Ovide veut donc nous avertir que nous ne pouvons pas lire ce qu’il en advint de Narcisse, la fascination mortelle de sa propre image dans le miroir de l’eau, sans le mettre en rapport direct avec le propos de l’oracle : "Si se non nouerit." L’autoconnaissance est fatale. Et voici, immédiatement après, l’explicitation du moyen terme, de ce qui lie inexorablement l’autoconnaissance et la mort : "Chez beaucoup de jeunes gens, chez beaucoup de jeunes filles il faisait naître le désir; mais sa beauté encore tendre cachait un orgueil si dur que ni jeunes gens ni jeunes filles ne purent le toucher." "Nulli ilium juvenes, nuilae tetigere pueliae." Notation capitale : celui qui ne veut être touché ni par les jeunes gens ni par les jeunes filles, parce qu'il veut se connaître, est un individu sans corps ("Oh ! Que ne puis-je me séparer de mon corps", "O utinam a nostro secedere corpore possem".) Il est déjà frappé de mort."

Le débat sera animé par Patrick Rödel.


Mercredi 12 avril à 18h30

Gérard Chaliand et Sophie Mousset

A l’occasion de la parution de leur livre : “ 2000 ans de chrétientés, guide historique “  aux éditions Odile Jacob.

Diplômé de l'Institut des langues et civilisations orientales, Gérard Chaliand est l'auteur de très nombreux ouvrages parmi lesquels "Stratégies de la guérilla" (Mazarine, 1979), "Atlas stratégique" (Fayard, 1983), "Atlas du nucléaire" (Payot, 1993), "Atlas historique des migrations" (Seuil, 1997), "Les empires nomades" (Perrin, 1998).

"Ce livre, qui ne prêche pour personne, met l’accent sur la diversité des courants chrétiens et cherche à mettre en lumière l’héritage du christianisme, véhiculé consciemment ou non, dans la société occidentale.

C’est une évidence que, dans toutes les sociétés, le phénomène religieux ne se borne pas au domaine spirituel. Toute appréhension d’une civilisation ou d’une culture présuppose une connaissance de leurs fondements religieux. La laïcisation progressive des sociétés occidentales et le recul relatif de l’influence qu’exerçait quasiment sans partage le facteur religieux n’empêchent nullement la prégnance d’un univers culturel déterminé par le christianisme et les valeurs qu’il a prônées.

Cette influence, manifeste dans le domaine des arts de façon à peu près totale jusqu’à la Renaissance et fortement par la suite, en particulier dans la musique, est encore plus profonde sur le plan éthique. Le christianisme, quelle que soit son insistance sur le péché ou la culpabilité, véhicule, par ailleurs, des valeurs à partir desquelles ont pu être progressivement dégagés les principes proclamés du monde occidental. Fondée sur l’éminente dignité de la personne humaine sans exclusive, comme le proclame le christianisme, les Lumières, en partie dirigées contre l’Église mais non contre son esprit, définissaient un corpus de droits de l’homme qui se veut universel, et l’est en partie devenu. C’est cet héritage, qui a fini par bénéficier aussi aux femmes, que, tant bien que mal, la société occidentale propose comme modèle au monde de demain."

Le débat sera animé par Alain Ricard.


Samedi 8 avril à 16h30

Daniel Mermet

Pour la parution de son livre : "Là-bas si j'y suis, carnets de route" publié par les éditions La Découverte.

Daniel Mermet, écrivain, reporter, est producteur délégué à France-Inter. Crée en 1989, l'émission " Là-bas si j'y suis " a obtenu les prix Ondas (1992), SCAM (1993), Goretta (1995) et du Conseil français de l'audiovisuel (1998).

"Fin de siècle, fin de millénaire, mais aussi dix ans de l’émission “ Là bas si j’y suis ”. Dix ans que ces “ingénieux du son” agitent quotidiennement les ondes de France-Inter avec pour devise : “ Se mêler de ce qui ne nous regarde pas alors que personne ne nous demande rien.” Dix ans que des centaines de milliers d’auditeurs se passionnent pour le “regard radiophonique” si singulier de Daniel Mermet et de son équipe : plus de 200 émissions, des centaines de reportages, du monde entier au coin de la rue.

C’est cette atmosphère que l’on retrouvera avec bonheur au fil des pages de ce livre, où Daniel Mermet a réuni et mis en scène les meilleurs moments de ses émissions : de la chute du Mur de Berlin à la Tchétchénie, en passant par le Vietnam, l’inde, la Bolivie ou l’Indonésie, avec des détours du côté de l’église Saint-Eustache ou du Chemin des Dames il nous fait découvrir un extraordinaire foisonnement d’univers et d’histoires, les joies et les peines de femmes et d’hommes passionnants. Porté par un vrai souffle d’écrivain, un regard sur le monde aux antipodes des facilités de l’exotisme.

Un journalisme de rupture ? On nous reproche notre faible pour les fables. C'est vrai que nous préférons les jetables aux notables. Vrai que nous préférons ceux qui luttent, les Malgré tout ” par opposition aux “Malgré nous” pour qui tout se vaut, tout est vu tout est vain. Vrai que la question vient du désir. Vrai qu’à travers le monde nous aimons ceux qui, sans ignorer les faillites de l'histoire, n’ont pas renoncé à croire qu'un autre monde est possible."

La rencontre est organisée avec la participation du Passant Ordinaire et sera animée par Éric Bonneau et Thomas Lacoste.


Jeudi 6 avril à 18h30

Marc Blanchet

Pour la parution de son recueil de poèmes " Sanctuaires " aux éditions Cheyne et à l'occasion du vingtième anniversaire de la création de Cheyne éditeur.

Marc Blanchet est né en 1968 à Bourges. Il a déjà publié des dans Arpa, Aujourd'hui poème, Ralentir travaux, Le Nouveau Recueil, Poésie I, Souffles... Il publie des chroniques dans le magazine Le Matricule des anges, les revues Scherzo, et La Polygraphe. Il vit à Bordeaux.

"La poésie de Marc Blanchet possède une qualité qui excède la simple réussite esthétique, puisqu'elle est aussi soucieuse de vérité, d'être cette parole juste qui fait du poème un viatique pour réapprendre à vivre malgré (et avec) la mort." (Jean-Yves Masson, La Quinzaine littéraire)

Jean-François Manier et Martine Mellinette ont créé leur maison d’édition en 1980 en Haute-Loire. Ils publient de la littérature contemporaine, principalement de la poésie, à raison d’une dizaine de livres par an. A l’écart des modes, Cheyne éditeur a choisi de faire découvrir des œuvres en marche. Après vingt ans d’activité, le pari demeure identique même si, aujourd’hui, il ne s’agit plus exclusivement d’aller à la découverte d’auteurs nouveaux : Cheyne éditeur tient naturellement à suivre l’œuvre désormais reconnue des auteurs de son fonds, fidèlement accompagnés depuis des années. Pour Cheyne éditeur, bâtir un catalogue, c’est prendre des risques, résolument et en toute indépendance : “Un éditeur, doit refuser de se laisser guider aveuglement par des taux de rotation de stock et des prévisionnels de vente “.

Cheyne éditeur imprime ses propres livres. Jean-François Manier travaille au plomb et réalise la fabrication complète, de la conception jusqu’au brochage. Plusieurs jurys nationaux ont reconnu l’excellence du travail de Cheyne comme éditeur typographe : prix Guy Levis Mano 1989, CA d’Or 97, sélection officielle des grands prix nationaux Dunhill prestige 97, prix national de la dynamique artisanale 1999.

La rencontre réunira Marc Blanchet et son éditeur Jean-François Manier.


Jeudi 30 mars à 19h

Du CAB au CABBG

Pour la parution du l'album " Du CAB au CABBG " publié aux éditions Le Castor Astral.

"Que de chemin parcouru depuis Delphin Loche ! Le rugby des banlieues et des barrières a su séduire la bourgeoise cité de Montaigne. Ne se moque-t-il pas des étiquettes ? Ici, l'on répugne aux apprêts, aux images d'Épinal qui, souvent, empoisonnent l'existence. ( Il fut un temps où les cheminots côtoyaient le premier magistrat de la ville.) On aime un drôle de ballon et ces étranges garnements qui courent après une heure et demie durant. On aime les guerriers…"

"Oui, le CAB est fraternel et populaire. De la morue au radis il n'y a qu'humilité et labeur, symboles de cette banlieue ouvrière d'"omnia labore"...C'est tout cela Bègles, car ici rien n'est comme ailleurs, Héraclite y laissa même sa devise de "lieu où les contraires procédèrent de la plus belle harmonie"… ( Christian Bagate )

La rencontre réunira les auteurs : Alain Béguerie, Jean-Pierre Bodis, Éric des Garets et Jean-François Mézergues.


Samedi 25 mars à 17h

J.-B. Pontalis

Pour la parution de son livre "Fenêtres" publié aux éditions Gallimard, collection Blanche.

Écrivain, psychanalyste, philosophe, éditeur, coauteur du très fameux "Vocabulaire de la psychanalyse " ( P.U.F., 1967 ), J.-B. Pontalis est l’auteur de très nombreux ouvrages entre autres : "Loin" ( Gallimard, 1980 ), "L'amour des commencements" (Gallimard, 1986), "Un homme disparaît" ( Gallimard, 1996).

"D'où vient que nous élisions certains mots ? Qu'il y en ait à nos yeux d'aimables ou de détestables alors que d'autres ne nous disent rien ou plus rien, et qu'il en existe de si lourds qu'ils nous paraisse urgent de nous en délivrer ?

De là est né le projet de fabriquer un petit lexique à usage personnel où je recenserais un certain nombre de mots appartenant à mon Vocabulaire, privé celui-là, et où j'essayerais de dire ce qu'ils signifient, ce qu'ils évoquent pour moi.

Lexique " à usage personnel " : façon d'inviter chacun à aller à la rencontre du sien propre au-delà des notions qui sont le bien commun des psychanalystes, un bien commun auquel chacun recourt comme à une boîte à outils.

En cours de réalisation, le projet initial s'est quelque peu modifié. Ce n'était pas seulement des mots qui me venaient à l'esprit, mais des images, des traces que des rencontres avec des patients, des amis, des lectures avaient laissées en moi.

Et puis il y a nécessairement dans un lexique, même s'il ne suit pas l'ordre alphabétique de A à Z, quelque chose de clos, d'achevé. Or mon propos était opposé à toute clôture comme à tout discours argumenté censé "se tenir" au risque de nous tenir enfermés en lui. Je souhaitais plutôt m'ouvrir et éventuellement ouvrir pour le lecteur quelques fenêtres en faisant mienne la prescription des médecins d'autrefois : " Vous devriez changer d'air, cela vous fera du bien".

La rencontre sera animée par Maïalen Lafite.


Vendredi 17 mars à 19h

Henri Pena-Ruiz

Pour la parution de son livre : " Dieu et Marianne, philosophie de la laïcité "   aux Presses Universitaires de France.

Henri Pena-Ruiz, agrégé de l'université, est professeur de philosophie en première supérieure au Lycée Fénelon à Paris et maître de conférences à l'Institut d'Études Politiques de Paris. Il a déjà publié : "Les préaux de la république" ( Minerve, 1991), "La laïcité" ( Flammarion-Dominos, 1998), "L'école" ( Flammarion-Dominos, 1999 ).

"La République, bien commun aux hommes, a pour raison d'être de promouvoir ce qui unit les hommes, non ce qui les divise et les enferme dans des "différences". La neutralité confessionnelle de la République n'est pas le signe de son hostilité à la religion, mais la marque d'une exigence d'universalité qui lui permet de représenter effectivement tous les hommes.

Dieu et Marianne, affranchis l'un de l'autre par la séparation laïque n'ont pas à se faire complices ou ennemis, car ils relèvent de registres distincts. La laïcité est promotion active, par l'instruction publique, de l'autonomie de jugement qui affranchit les hommes de toute tutelle civile ou politique, qu'elle soit religieuse ou non. La concorde qu'elle rend ainsi possible est la plus authentique

qui soit, car elle ne repose sur aucune sujétion des consciences, aucune emprise idéologique.."

Délier pour unir. Tel est le message d'avenir et d'espoir de l'idéal laïque. Il est possible d'en mesurer toute la portée dans un monde que déchirent à nouveau les quêtes fébriles d'identité par lesquelles on croit pouvoir compenser la froide mercantilisation de toute chose et la misère moderne qui en est la rançon."

"Ce livre propose une philosophie de la laïcité. Il conjugue les approches de l'histoire, de la théologie et du droit. Au-delà des démarches simplement polémiques, il s'efforce d'éclairer les questions actuelles par une réflexion sur les fondements et la genèse de l'idéal laïque."

La rencontre est organisée par le Comité Laïcité République et le Mouvement Europe et Laïcité et sera animé par Bruno Courcelle.


Jeudi 16 mars à 18h30

Figures de l’Art

A l’occasion de la parution du quatrième numéro de la revue dirigée par Bernard Lafargue, intitulé : “ Nude or naked, érotiques ou pornographies de l’art “ ( Eurédit éditeur ).

"Lors des conférences qu'il prononça à la National Gallery of Art de Washington en 1953, Kenneth Clark distinguait farouchement la beauté pure du nude de la beauté vulgaire du naked en gommant ou épilant, il est vrai, un nombre assez considérable d'œuvres d'art et non des moindres. Son livre, le premier à tenter d'embrasser l'art du nu, eut un immense succès ; sans doute car il mettait en images la dichotomie entre le beau artistique, qui appelle un jugement de goût désintéressé ou cathartique, et la belle fille, qui met Hippias en érection, à laquelle la majeure part de la tradition bien pensante s’est montrée particulièrement attachée.

L'art de cette fin de vingtième siècle qui, depuis L'empire des sens, voit les acteurs du porno forniquer avec ceux du classique, tandis que les plasticiens, de Koons à Araki, vont chercher leur Eurydice parmi les stars du porno et les écrivains passer des Femmes libertines de Sollers aux truies de Marie Darrieussecq ou à la "viandographie" de Claire Legendre, nous oblige à brouiller les genres de Clark et à proposer un nouveau paradigme : ut ars pornographia. Si la pornographie montre les relations sexuelles que l'érotisme suggère, l'art contemporain, du moins un de ses courants les plus importants, est pornographique, sinon érotique. Reste à comprendre comment et pourquoi les pornai - professionnel(le)s de l'éros - de Parrhasios, l'inventeur patenté du genre, sont (re)devenues les nouvelles muses de la création artistique. Tel est l'objet du quatrième volume de Figures de l'Art" ( Bernard Lafargue )

Le débat réunira Patrick Baudry ( sociologue), Christian Bougoux ( historien de l'art ), Martine Boyer ( historienne du cinéma ), Francis Dupuy (anthropologue), Jean-Marc Lachaud ( philosophe ) et Lydie Pearl ( plasticienne ) et sera animé par Bernard Lafargue.


Vendredi 10 mars à 16h30

Alfredo Pita

Pour son roman, publié en 1999 : "Le chasseur absent " ( éditions Métaillé ), traduit par André Gabastou et qui a reçu le prix Las Dos Orillas.

Alfredo Pita est né en 1948 au Pérou. Journaliste à Lima dans les années 80, il a couvert l'information au début de la terreur au Pérou. Il vit actuellement à Paris et travaille à l'Agence France-Presse.

I.Araya Zottele, M.Bravo Labbe, M.E.Cazanova, Alicia Lopez, et M.D.Munoz présenteront le livre témoignage paru aux éditions E.S.F. : " Femmes et dictature, être chilienne sous Pinochet "

Ces deux manifestations sont inscrites dans le cadre des "Dix-septièmes rencontres avec le cinéma d'Amérique latine ", sur le thème : les Migrations, organisées par l'Association "France-Amérique Latine"( 152, avenue Jean- Jaurès, 33600 Pessac ), du 6 mars au 4 avril.

Les films seront présentés aux cinémas Jean-Eustache à Pessac, Utopia à Bordeaux, Le Festival à Bègles. Opération Clin d'œil dans toute la Gironde du 15 mars au 4 avril.

Outre Alfredo Pita et Luis Motta, seront invités dans d'autres lieux : Françoise Escarpit (écrivain, journaliste, Mexique ), Miguel Angel Guttierez ( anthropologue, Mexique ), Carlos Montemayor ( écrivain, Mexique ), José Luiz Valenzuela (réalisateur, Mexique ), Esteban Larrain ( réalisateur, Chili ).

Renseignements et programme : 05.56.24.23.02.


Mercredi 8 mars à 19h

Les Mascarons

Présentation du cédérom : "Bordeaux Port de la Lune, rencontre avec les mascarons" publié par Albedo-éditions multimédia.

"Hommage ou secrète prière aux dieux antiques dont Bacchus et Éole sont les émissaires, simple décoration ou symbolique dont le sens s'est perdu ? Toujours est-il que, lorsque ce monde hors du temps appelle votre regard en passant, l'âme de la cité nourrie de ses générations de bordelais prend forme."

Bordeaux, par la renommée mondiale de ses vins, fait souvent oublier au visiteur son harmonie architecturale et ses merveilleux ornements décoratifs. Bordeaux se laisse découvrir aux flâneurs qui prennent le temps de regarder et d'apprécier. Au fil des promenades, une foule de regards retient l'attention et intrigue. Accrochés aux arcs des portes et des fenêtres, des visages humains de pierre, quelquefois d'animaux, souriants ou grimaçants, vous parlent, vous content leur histoire : l'histoire de Bordeaux.

Toutes ces figures que l'on nomme Mascarons, rappellent les masques grecs utilisés lors des concours et des spectacles dramatiques à l'époque antique.

Cette étude sur le thème des mascarons a également pour objectif de présenter une forme originale de la sculpture, la sculpture ornemaniste.

La photographie permet d'apprécier ces sculptures ornementales, jadis hors de portée d'une vue normale. La particularité et la configuration inaccoutumées de cet ensemble de têtes et parfois d'animaux viennent de deux catégories d'inspiration : une locale liée à l'édification des hôtels particuliers commandés au XVIIéme siècle et au XVIIIéme siècle par des marchands, des négociants et des parlementaires et l'autre plus classique liée aux travaux des intendants.

La rencontre réunira, autour d’une présentation multimédia, Corinne Piguel et Jean-Pierre Salle.


Mercredi 1er mars à 18h30

Lucien Sève

Pour son ouvrage "Commencer par les fins, la nouvelle question communiste" publié aux éditions La Dispute.

Philosophe, membre du Comité central du PCF de 1961 à 1994. Lucien Sève est l'un des initiateurs de la mouvance des "Refondateurs communistes”. Il est l'auteur de nombreux ouvrages dont : "Structuralisme et dialectique", (Éditions Sociales, 1984), "Pour une critique de la raison bioéthique" (Odile Jacob, 1994) et "Sciences et dialectiques de la nature" ( La Dispute, 1997)

"Ce livre est écrit à l'intention de celles et de ceux qui en ont plus qu'assez des potions politiques amères comme des soirées électorales moroses pour la gauche de la gauche et n'en prennent pas leur parti.

Quelle perspective de révolutionnement social après les désastres du siècle? Dans l’indispensable reconstruction conceptuel le d'un futur et d’un présent d'émancipation, n’est-il pas temps d'en venir plus hardiment eux esquisses poussées de l'ensemble?

Ce livre prend le risque d'une réponse. En reconfigurant hardiment un concept du communisme en prise sur le temps de la mondialisation libérale.

En avançant des propositions iconoclastes pour organiser une force communiste nouvelle, en rupture délibérée avec les dramatiques impasses d’hier, ancrée dans le pour quoi de l'humanité et irriguée par l’initiative des individus.

L’exposé théorique rigoureux héberge plus d’une polémique et maints éléments inédits d'autobiographie politique, aussi franchement critiques qu’autocritiques."

La rencontre est organisée avec la collaboration d'Espaces Marx et sera animée par Dominique Belougne.


Jeudi 24 février à 19h

Joël Mespoulède

Pour la parution de son roman : "La vie en dévers" aux éditions Largo-Bleu Nuit.

Cofondateur de Compère Production, Joël Mespoulède est né en 1966 à Bordeaux ; il s'est d'abord essayé à la nouvelle avant de publier son premier roman.

"La nuit fut courte mais ces quelques heures de sommeil et de repos étaient les bienvenues. Nous passâmes la journée suivante enfermés, à zapper de télé en radio, d’un œil comateux. Franky faisait les cent pas, la télécommande en main. Je réussis à le dissuader d’aller jeter un coup d’œil du côté de l’appartement de sa victime, qui deviendrait vite la nôtre si par malheur les flics venaient à le questionner sur sa présence en ces lieux. Il nous quitta juste un moment pour aller chercher les journaux et la fumée des clopes qu’il ramena empuantit rapidement l'atmosphère. Rien ne transparaissait au sujet de notre affaire. Peu à peu, la nervosité montait. Marie lui demanda s'il était bien sur de l'avoir buté. Il l'envoya chier. Je n’osais revenir sur la scène. Quand on ouvre la boite de Pandore, il faut savoir si on a les moyens de la refermer. J’essayais de relire les documents que nous avions raflé, mais la concentration me fit défaut. Les mots défilaient sans signification, idem pour les aventures de Valmont et de Cécile. Marie, devant son ordinateur, quitta le décryptage des fichiers volés pour un jeu à la vertu de laveur de cerveaux. A la fin, tous les deux, nous décidâmes de compter l'argent et d’en faire de jolis petits tas avant de le placer dans des endroits stratégiques où nous seuls pourrions le retrouver au moment voulu. Compter les sous un œil dans le corsage de ma belle compagne ne tarda pas à me rendre l’humeur folâtre, elle non. Quant a Franky, il avait dédaigne toute forme de participation à ce qu’il avait qualifié de jeu infantile ; il préférait l’impression d’activité que lui donnait de fébriles allées et venues. Le soir, il fit irruption dans notre chambre." (extrait)

Le débat sera animé par Patrick Rödel, lectures par François Mauget


Mercredi 23 février à 18h30

Jean Guerreschi

Pour son roman : "Un monde sans Iris" paru aux éditions Denoël.

Né en Ariège vers le milieu du siècle, Jean Guerreschi enseigne dans une université Bordelaise. Il a publié trois romans : "Montée en première ligne" ( Julliard, 1988) prix de l'Humour noir, prix de la Société des gens de lettres, "Comme dans un berceau" (Julliard, 1990), et "Trio Gulliver" (Julliard, 1995).

"C’est donc la géographie d’un monde sans qu’il nous est donné de contempler via le témoignage d’un mort-vivant (?) qui n’en finit pas de tournoyer dans un univers aux contours très flous, du côté du Connecticut et des Indiens errants ; un monde où l’idée de manque a été dépassée depuis longtemps. Le tour d’un monde intérieur en soixante-quatorze brefs chapitres incisifs qui constituent autant de stations pour le "héros" fantomatique d’un roman où se marient érotisme et fantastique, ironie et moralisme. Un monde sans Iris (la messagère des dieux, l’universelle muse), sans Joanna (le modèle aimé de WhistIer et de Courbet), sans Gwendolen (sculptée par Rodin), sans Cécile-Lucile-Cécilia (héroïne à la mode dans les années soixante), sans Marikke, sans Paulina (Pierre Jean Jouve), sans Julia (Orwell) sans Michaela (le véritable prénom d’Iris) : voilà ce qui nous entoure puis envahit le narrateur du roman de Jean Guerreschi. Dès la page deux, il ne nous fait du reste pas mystère de ce qui vient de lui arriver: "Je me suis tué par amour" ou encore, avec d’avantage d’humour : "Iris m’a". (P.J.Rétali)

"Surtout, l'écriture de Guerreschi, ample et puissante, portée par des phrases en apnée dont chaque mot, écho du précédent emportant le suivant, est magnifique, semblable à une orchestration de la pensée dans ce qu'elle a de plus intuitif et fulgurant ( Sophie Avon, Sud-Ouest )

La rencontre sera animée par Patrick-Jacques Rétali.


Mardi 22 février à 18h30

Agnès Villechaise-Dupont

Pour le livre qu’elle vient de publier aux éditions Grasset-Le Monde de l'Éducation  : "Amère banlieue, les gens des grands ensembles".

Agnès Villechaise-Dupont est maître de conférences en sociologie à l'université Victor-Segalen-Bordeaux II, chercheur au LAPSAC (Laboratoire d'analyse des problèmes sociaux et de l'action collective ) et membre du CADIS (Centre d'analyse et d'intervention sociologique).

"La banlieue est perçue à la fois comme un univers pitoyable et menaçant, on la plaint et on la craint dans le même temps. Mais la connaît-on ?

Les gens des grands ensembles souffrent de la mauvaise image de leur quartier, du racisme, du mépris ou de l’arbitraire des autorités. Ces catégories moyennes paupérisées n’ayant ni culture populaire ou identité collective, ni les moyens de s’intégrer de façon satisfaisante à la société de consommation, sont frustrées et se replient sur elles-mêmes.

La recherche s’est déroulée d’une part dans une banlieue de grands ensembles de la rive droite bordelaise, et d’autre part dans un quartier populaire ancien du centre-ville de Bordeaux. L’un et l’autre de ces sites accueillent des populations précarisées. Mais leur profonde différence quant à leur inscription historique et géographique dans la métropole bordelaise, ainsi que la réputation inégale dont ils bénéficient dans la ville, permettent d’expliciter en partie la tonalité très distincte des nombreux témoignages recueillis.

Un livre dont le but premier est de renoncer à une vision a priori dégradante de la cité en écoutant attentivement ses habitants. Une réflexion qui invite la sphère politique et associative à intégrer dans le champ du débat démocratique l’inquiétude et les frustrations des populations des grands ensembles, mais aussi leurs ressources et leurs initiatives. De là dépend sans doute le maintien de la banlieue dans la société, et plus largement la cohésion et le gouvernement démocratique de cette société."

Le débat sera animé par Maylis Durand-Lasserve, agrégée en sciences sociales et économiques.

La collection Partage du savoir, coéditée par les éditions Grasset et Le monde de l'Éducation est soutenue par La Fondation Banques CIC pour le livre.


 

Vendredi 4 février à 21h

Jacky Bourillon

Pour son ouvrage Les criminels sexuels publié aux éditions L’Harmattan.

Jacky Bourillon, psychanalyste, est né en 1947. Il est diplômé de l’Institut d’Administration des Entreprises et titulaire d’une maîtrise de sociologie, ainsi que d’un DESS et d’un DEA de psychologie clinique.

Qui sont les criminels sexuels ? La médecine, la psychiatrie, la psychologie et la criminologie prétendent les connaître. Expliquent-elles les causes des viols, de la pédophilie, des incestes ? Rien n'est moins certain. Au terme de six années de patientes études dans l'enceinte d'un centre de détention, dans un monde que ses rituels cloîtrés coupent de l'extérieur, de tout ce qui peut être humanisant dans la vie sociale et familiale ordinaire, Jacky Bourillon apporte ici un matériel clinique de première main. Il lui sert d'appui pour formuler des diagnostics pertinents, avec l'aide de concepts méthodologiques élaborés par les grands maîtres de la psychanalyse. Au cœur de ses études, une question centrale : peut-on, ou non, tenir un discours approprié, quant aux possibilités de réinsertion et aux risques de récidive des criminels sexuels ? Un travail fondamental, mis au service tant du personnel pénitentiaire que des magistrats, des avocats, des travailleurs sociaux, ou des psychanalystes eux-mêmes.

"...les diagnostics des experts psychiatres se résument à des descriptions de symptômes et de comportements, qui ne permettent pas de savoir à quelle structure clinique on est confronté, ou qui sont simplement erronées… Cette absence de fiabilité des critères psychiatriques s'associe à une pensée magique du type : si on ne porte pas le diagnostic, on n'enferme pas le sujet dans un destin sans issue, alors on peut imaginer qu'il va guérir. Or quels soins adaptés et quelle thérapeutique peut-on utiliser quand le diagnostic reste flou ?"

La rencontre est organisée par le Forum du Champ Lacanien et sera animée par Anita Bénédicto.


Mercredi 2 février à 18h30

Hélène Sarrazin

Pour son ouvrage Bordeaux la traite des noirs publié aux éditions C.M.D.-Questions de Mémoire.

Hélène Sarrazin vit à Bordeaux et voue une passion à l'histoire. Elle aime fouiner dans les recoins un peu dédaignés de l'histoire officielle. Elle a déjà publié, entre autres : A la rencontre d'Élie Faure ( Fanlac, 1982 ), Les chevaux de bronze (Découverte, 1991), Le pont de la Garonne ( Aubéron, 1993), Adrien Marquet, l'homme d'une ville ( Presqu'île, 1995 ).

"Bordeaux, qui somnolait au début du XVIIIe siècle, voit sa prospérité s’envoler dès 1740. Sa flotte coloniale est passée d’une cinquantaine à cent trente navires, et cette flotte l’unit aux îles sucrières dont la perle est Saint-Domingue. Partis du port de la Lune, les voiliers cinglent vers l’ouest, toutes voiles déployées, traversent l’Atlantique, résistent aux tempêtes, y succombent parfois, reviennent à Bordeaux chargés de sucre, de rhum, de café, de tabac, de coton et d’indigo qui va ruiner le pastel languedocien. Ces marchandises coûteuses, ces gâteries devenues indispensables sont exportées vers l’Europe septentrionale avec de consistants bénéfices.

La fortune des négociants, le luxe dont ils s’entourent, les maisons qu’ils édifient excitent l’envie, aiguisent les appétits. Confluent vers Bordeaux les jeunes ambitieux nés avant leurs rentes : des cadets de familles protestantes du Languedoc, persécutés chez eux, viennent chercher dans la ville à la fois la liberté religieuse et la possibilité de s’enrichir. Les Juifs, qui constituent la Nation portugaise, sont à pied d’œuvre depuis près d’un siècle. Des Allemands de la Baltique, des Danois, des Irlandais catholiques, mal vus dans leur île, arrivent, les dents longues.

Des hommes entreprenants, des capitaux, tout est prêt pour donner son plein essor au grand commerce. Encore faut-il avoir de la matière à transporter !"

Le débat sera animé par Dominique Lormier.


Vendredi 28 janvier à 18h30

Nicolle Kress-Rosen

Pour la parution de son ouvrage : Du côté de l'hystérie aux éditions Arcanes-Hypothèses.

Nicolle Kress-Rosen est psychanalyste. Elle a déjà publié Trois figures de la passion aux éditions Arcanes.

"L'invention de la psychanalyse n'aurait pas eu lieu si Freud n'avait pas été à l'écoute des hystériques. Cent ans après y a-t-il encore matière à poursuivre une réflexion sur ce thème ? La relecture de certains destins - Dora la patiente, Hélène Smith le médium, Sabina Spielrein et Hélène Deutsch, deux disciples que tout opposait - nous invite à explorer des pistes nouvelles : l'amour dont l'hystérique se veut le martyr, le sacrifice qu'il lui fait de son désir, l'ailleurs enfin qu'il veut rejoindre et dont ses symptômes ne cessent de proposer l'énigme à la science.

Aussi les folies auxquelles l'hystérie peut mener sont-elles la passion amoureuse dont l'érotomanie est la figure ultime, mais également, sur un mode inversé, la haine qu'entraîne la crainte du vol d'idées, conséquence en miroir de la fusion amoureuse. Passions qui peuvent aller jusqu'à rencontrer l'intérêt forcené pour l'Autre - majuscule nécessaire on le verra - dont témoignent les transsexuels.

Freud lui-même n'échappa guère à l'hystérie au cours de la période féconde de sa relation avec Fliess où il élabora sa découverte : aveuglement de l'amour, "parenté d'âmes", production de symptômes offerts à son interlocuteur, rien ne manqua au tableau. Il put ainsi effectuer le travail sur lui-même dont témoigne L'Interprétation des rêves ; preuve s'il en fallait du lien nécessaire entre l'hystérie et la psychanalyse. Mais cette première œuvre majeure marque aussi une limite dans son abord de la question, limite que ce livre se propose d'interroger."

La rencontre est organisée par l’association "Trait" et la Société de Psychiatrie d'Aquitaine et sera animée par Michel Demangeat.


Samedi 22 janvier à 17h

Roland Pfefferkorn

A l’occasion de la sortie de la nouvelle édition de son ouvrage : Déchiffrer les inégalités paru aux éditions Syros-Alternatives Économiques.

Roland Pfefferkorn, professeur agrégé en sciences sociales, enseigne à l'université Marc-Bloch de Strasbourg. Il est également l'auteur avec Alain Bihr de Hommes-Femmes : l'introuvable égalité ( éditions de l'Atelier, 1996 ) et Alexis Carrel cet inconnu, quand la science prétend justifier le racisme ( Golias, 1997 ).

Les inégalités sociales, qui se réduisaient après guerre, s’aggravent à nouveau depuis une vingtaine d’années. Effet de la crise? Pas seulement, puisque la production de richesses a augmenté sans discontinuer (+35% entre 1982 et 1992.) tandis que le nombre de pauvres s’alourdissait (+ 15 %). Ce livre se propose d’éclairer ce paradoxe, d’abord en dressant tin constat précis de ces inégalités (une douzaine de thèmes sont analysés inégalités de revenus, de patrimoines, de pouvoirs d’achat, inégalités face à l’emploi, au logement, aux prestations sociales, à l’école, à la consommation au temps libre, à la santé...), ensuite en montrant en quoi ces inégalités agissent les unes sur les autres, en général en se cumulant.

Ce travail unique en son genre (c’est le seul ouvrage regroupant toutes ces données, en général éparses ou confidentielles), dont la première édition est devenue une référence classique en la matière (elle a été réimprimée plusieurs fois), a été entièrement actualisé.

Un excellent outil de travail et d’analyse de la société française. ( Le Monde diplomatique )

A l’heure des débats sur la réduction du temps de travail, sur les retraites, sur les fonctions de l’école, sur la parité,... Roland Pfefferkorn, syndicaliste et membre de l’association ATTAC, propose quelques outils pour comprendre et lutter...

La rencontre sera animée par André Rosevègue.


Mercredi 19 janvier à 19h

Noël Mamère

Pour le livre qu’il vient de publier aux éditions Ramsay : Non merci, Oncle Sam ! en collaboration avec Olivier Warin.

Journaliste et homme politique, Noël Mamère est député Vert de Gironde et maire de Bègles. Il a déjà publié entre autres : Telle est la télé ( Megrelis, 1982 ), La dictature de l’audimat ( La Découverte, 1988 ), Gens de Garonne, les forçats de la mer ( Ramsay, 1997 ), Ma république ( Le Seuil, 1999 ).

"Nous devons beaucoup aux Américains: nous adorons le jazz, les westerns de John Ford, Marilyn, Faulkner et Paul Auster. Et nous nous souvenons du Débarquement. Merci Oncle Sam! Mais, dix ans après la chute du Mur l’Amérique essaie d’imposer son ordre moral, économique et militaire. Elle règne sur le FMI, tient en dépendance les pays les plus pauvres, favorise la corruption en Russie. Elle dicte sa loi à l’ONU, soutient les Talibans d’Afghanistan et veut faire de l’Otan le maître militaire du monde.

Voilà, maintenant, qu’elle tente de coloniser nos assiettes avec son bœuf aux hormones et les OGM de Monsanto. Elle rachète nos entreprises avec ses fonds de pension, exigeant de faire fondre la "mauvaise graisse” des salariés. Elle se dote d’une milice planétaire, l’OMC, à laquelle elle donne mission de régenter le commerce mondial, culture et santé comprises... Il y a l’autre côté du miroir. L’Amérique, c’est le record d’obèses, le record absolu d’armes détenues par des personnes privées (233 millions!), la peine de mort appliquée aux mineurs, le poids du puritanisme et des sectes, la dépendance des politiques vis-à-vis des lobbies et de la mafia, de plus en plus de pauvres... Non merci, Oncle Sam!

Pour répondre à la "mondialisation", il faut mondialiser la résistance. Sans corporatisme, ni nationalisme, mais avec la conscience que ce qui compte, loin au dessus de la finance, c'est l'âme."

Le débat sera animé par Pierre-Marie Cortella.


Jeudi 13 janvier à 18h30

Bernard Cadoux

Pour son livre Écritures de la psychose paru aux éditions Aubier.

Bernard Cadoux, psychologue clinicien et psychothérapeute, est chargé d'enseignement à l'université Louis-Lumière-Lyon II. Il organise, depuis plusieurs années, des ateliers d'écriture avec des psychotiques. Il est par ailleurs membre associé des Ateliers d'art cru (Bordeaux) et membre de la revue Art et Thérapie (Paris).

"Un drôle de truc, l'écriture. Pourquoi on se double de ça ?" se demande Marguerite Duras

" L'écriture, contrairement peut-être à d'autres modes d'expression, n'a pas uniquement vocation d'autofondation narcissique, elle est peu ou prou portée par un mouvement objectal. Elle se réfère à un avant ancestral et porte la trace inscrite de la loi du père; c'est à ce titre qu'elle permet au sujet de s'abstraire de l'arbitraire et de l'incohérence ou de l'absence du récit maternel… Le raconter maternel invente le rapport d'intimité avec l'enfant , en conjure la malignité fusionnelle en le bornant d'une autre scène d'intimité avec le père et dont l'enfant est exclu."

" Que peut apporter l'écriture à celui que guette le mutisme ou la confusion psychotique ? Quel recours offre-t-elle aux patients réunis au sein d'un atelier d'écriture ou à des auteurs tels que Rodanski, Artaud ou Pessoa ? Écrire permet-il de recoller les morceaux d'une identité perdue ou de multiplier ses doubles jusqu'à se perdre ?

N'est-ce pas plutôt, comme le soutient Bernard Cadoux, une manière de restaurer ou d'inventer le récit maternel premier qui aurait dû permettre à l'enfant de devenir sujet de son histoire ? L'expérience clinique de l'auteur, en appui sur la lecture qu'il fait de ces écrivains de la folie, le montre : l'écriture, dans une adresse faite à un autre, essaie de fabriquer de l'intime, cet "espace du dedans" cruellement manquant lorsque les parents n'ont pas pu en esquisser le contour." 

La rencontre sera animée par Jean Broustra et Jeanine Chauvin.


 

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